‹ Traité des maladies des artères des veines (volume 2)Chapitre 28 sur 50 · FETES · texte numérisé non relu

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de manière à former une couche épaisse de coagulum quisétend des deux côtés du sac aux ramifications les plus importantes qui naissent de cette artère. La circulation par là ne peut plus se faire par le vaisseau malade; le sang parcourt alors les conduits collatéraux et ils’établit une autre route qui tend à diminuer le volume de la tumeur et à faire reprendre aux parties environnantes leurs fonctions naturelles. La formation du coagulum n’a qu’un but temporaire. Semblable au caillot qui s'amasse à l'extrémité d’une artère à laquelle on a appliqué uneligature , il sert seulement à parvenir au but, qui ne pouvait être atteint tant que les parties étaient soumises à l'impulsion de la circulation. Ce coagulum est repris par les absorbans, et le sac et Partére dans lesquelsils’était amassé se contractent jusqu’à ce que cette dernière devienne un cylindre plein, et l’autre une petite tumeur charnue. |

‘On en rapporte de nombreux exemples ; mais importance de ce procédé dans la gué- -yison de l’anévrisme, et les circonstances qui influent sur sa production ne me paraissent pas avoir obtenu l'attention que méritait ce point intéressant de pratique. Desault (1) eut

(1) Journal de Médecine de Paris, tome uxx1, p. 431.

occasion d'examiner un anévrisme de l’artère poplitée dans lequel une guérison spontanée était survenue récemment. Il trouva la poche remplie de couches de coagulum, et un caillot qui pouvait avoir trois pouces de longueur s’étendait dans l'artère poplitée. Petit (1) fit — l'examen des vestiges d’un anévrisme de Partére carotide droite qui s'était guéri d’une manière spontanée quelques années auparavant.

La tumeur qui, primitivement, avaiteu le volume d’une pomme, était alors réduite à la grosseur d’une olive. Dans une partie de la mème artère plus rapprochée du cœur, il existait un autre anévrisme dans lequel un procédé semblableavaitoommencé à s'établir; ce dernier était presque rempli de couches concentriques de coagulum qui avaientune apparence charnue ; tandis que l’autre était convertien une sorte de pelotte ligamenteuse solide. Le docteur Baillie (2) atrouvé un anévrisme de l'artère carotide droiteentièrement rempli de couches de coagulum. Dans la ca-

(1) Académie royale des Sciences de Paris, année 1965. | .

(2) Transact. of a Society for the improvement of medical and chirurgical knowledge, volume 1, page

166 : vga A mia Dis rotide gauche du même individu, ily avait un anévrisme plus volumineux dans lequel amas de coagulum tendait à fermer le passage à travers le kyste, M. Ford (1) a rencontré le sac et l'artère poplitée remplis d’une substance épaisse, quelques semaines aprés la guérison spontanée d’un anévrisme au jar- “ret; et Guattani (2), après un intervalle de temps plus considérable, en trouva un qui s'était changé en un cordon ligamenteux sohide. ;

Ces autorités confirment mes observations qui: résultent. de Ja; dissection d'un grand nombre) de:cas semblables ; et que je don- ‘neral en traitant de la: guérison spontanée add Panévrisme par Pamas du: coagulum. On peut: décrire brièvement le: procédé cura- ‘if en le divisant dans ies trois hones suiwantes sin! Vi

roe Line iit du sac se rempli doi ment de couches decoagulum; ©) 01-11

22%. Dans Ja plupart desicas , la: circulation à travers le vaisseau est cmistuhEs par l’extension de ce coagulum à l'origine des ramifi-

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(1) London Medical Journal; vol. 1x. .

(2) De externis.. Aneurysmatibus, hist. .1¥; P 16, tab. i, fig. 2 ,

DES ARTERES ETTDES VEINES. 157 cationsdes plus importantes fournies par l’artère d’où provient la maladie; —

3°, Le coagulum est absorbé graduellement, et l'artère et le sac se contractent jusqu'à ce que l'une devienne un cylindre imperméable et l’autre une petite tumeur charnue.

C’est une opinion commune , que la guérison radicale d’un anévrisme ne peut: avoir lieu sans oblitération de l'artère d’où provient la maladie (1). |

Cela est dû probablement à cette idée, que les anévrismes de l'aorte ont été en général considérés comme des maladiesincurables, et qu’en conséquence on a donné si peu d’attention à leur traitement. Le danger qui, en beaucoup de circonstances, doit suivre un obstacle à la circulation dans ce vaisseau , a con-

(1) Scarpa affirme comme un fait certain et incontes- “table , dans la pratique chirurgicale, que la guérison complete et radicale d’un anévrisme ne peut s’obtenir , dans quelque partie du corps que la tumeur. boit située, à moins que l'artère ulcérée, lacérée ou blessée, qui a donné lieu à la naissance de l’anévrisme , ne soit , par le secours de la nature seule ou de la nature aidée par l’art, oblitérée et convertie en une substance ligamenteuse solide, dans un certain espace au-dessus et au-dessous de l’ulcération, de la déchirure ou de la blessure. ( Traité sur l’Anévrisme, traduction de M. Delpech. }:

158 : ANT MATAUDIES duit les pathologistes à imaginer qu’on ne pou: vaitemployerqu un traitement palliatif contre les anévrismes de l'aorte, sans jamais obtenir. de guérison radicale, attendu l'impossibilité d'empêcher l'entrée du sang dans le sac par l’oblitération de cette portion du vaisseau d’où provient la maladie. Les faits que je rapporterai prouveront suffisamment , je pense :

1° qu'un amas de coagulum peut avoir lieu dans unsac anévrismal et devenir assez considérable pour interdire entièrement la communicationentre sa cavité et celle de l'artère quilui a donné naissance ; 2° qu’un sac ainsi rempli de coagulum ne peut devenir funeste par sa rupture ; 3° que l'absorption graduelle de la matière qu’il contient. et la contraction subséquente du sac peuvent se faire d’une manière telle qu’il en résulte la guérison de la maladie sans aucune obstruction dans le calibre du vaisseau qui lui a donné naissance.

Quoique la dissection n’ait pas encore démontré la manière dont se fait absorption du coagulum et la contraction de la poche anévrismale dans cette période de la maladie, il ne parait pas néanmoins impossible que, dans quelques cas, cela ne puisse avoir lien, et si le dépôt qui est dans l’intérieur du sac le rend incapable de s'ouvrir, en prévenant Pabord

du sang qui s’y rendait auparavant, je pense que ces circonstances peuvent être considérées comme des moyens de guérison. Dans les cas suivans, ce procédé eut lieu d’une maniére telle qu’il prévint la possibilité de la rupture du sac qui, en général, est regardée comme la terminaison fatale de l’anévrisme , et jen rapporterai plus tard quelques autres exemples dans lesquels l'existence actuelle des malades rend probable qu’une guérison permanente de la maladie s’est opérée. Le sujet de l’observation suivante recevait les soins ‘de mon ami M. George Young, auquel je suis redevable de sa communication et de l'examen des parties malades.

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