AIN AR DAD TRS
carotides , non-seulement toutes les artères du cerveau le seront par elle, mais encoré la matière de l'injection parviendra dans la carotide du côté opposé et dans l’artère vertébrale ; ét descendra ‘jusque dans l'aorte et les artères sous-clavières. De plus, si vous injectez l’artére sous-clavière , l'injection passera de lartère vertébrale, par les mêmes communications, dans la vertébrale opposée, ainsi que dass les artères carotides. Plusieurs fois des physiologistes ont lié én même temps les | deux carotides chez des animaux, et les fonctions de Pencéphale n’ont pas paru ‘souffrir la plus légère interruption ; enfin, tout récemment, Yon a fait chez l’homme la ligature de la carotide commune avec un plein succès pour la guérison de’plusieurs cas d’anévrismes. Les branches de communication entre les deux artères carotides et les artères sous-clavières la suppléent-en quelque sorte dans cette circonstance, én transmettant un fi: let de sang dans la portion supérieure du vaisseau oblitéré. J’ai disséqué un chien dont les deux artères carotides avaient été liées plusieurs mois avant la mort de l'animal. Les artères vertébrales paraissaient plus grosses qu’à l'ordinaire. Les branches provenant de la portion supérieure des carotides oblitérées
avaient un grand nombre d’anastomoses avec.
celles qui sont fournies par les artères vertébrales , cervicales et sous-clavières. Toutefois, YP ao IE de ces anastomoses n’égalait pas le calibre d’une seule des artères carotides dans son état naturel, et la différence me parut” assez grande pour m’amener à penser que l’encéphale, sans être lésé dans ses fonctions , n’avait pu étre privé tout-à-coup d’une quantité aussi considérable de sang, à moins que, dans l’état naturel, il nereçüt davantage de ce fluide qu’il ne lui était nécessaire. Néanmoins vance cette opinion avec beaucoup de réserve, parce que je n’ai pas vérifié jusqu’à présent par l’expérience si le cerveau recevait suffisamment de sang par les conduits d’anastomoses quand ses quatre troncs prin- cipaux , les deux carotides et les deux vertébrales, sont liés à-la-fois. |
Les anastomoses visibles qui se distribuent autour des articulations constituent probablement des canaux par lesquels une circulation collatérale s'établit quelquefois, même dans Pétat naturel du membre.
Les mouvemens exécutés par les extrémités placent souvent l'artère principale dans une position angulaire, et apportent ainsi de grands obstacles au pasege du sang dans sa
LA
334 OT Mar nres À si cavité. Sans doute que les larges anastomoses qui se distribuent sur les côtés dés principales articulations sont destinées , lorsque le membre est fléchi pie prévenir la stagnation du sang, en laissant alors à ce liquide la liberté de les parcourir, au lieu de continuer : à suivre la principale artère.
Il est remarquable que, db À tout le corps, les anastomoses des artères se distribuent de manière à former des arcades qui unissent différentes portions du même tronc, en sorte quesle sang peut être porté d’une extrémité à l’autre d’un vaisseau sans passer dans sa cavité. C’est ainsi que les anastonioses entre les branches de l’iliaque interne et celles de la
crurale profonde forment une arcade vascu-
laire par laquelle le sang peut être transmis à
la cuisse sans parcourir l’artére iliaque externe.
En outre, les branches de la crurale profonde
communiquent avec celles qui naissent de Partere poplitée, en formant une arcade par Jaquelle le sang peut passer dans la jambe quand une grande portion de l’artère fémorale est oblitérée. Ces anastomoses sont unies les unes aux autres d’une manière absolument semblable , c ’est-à- -dire, par de petites artérioles qui forment une chaine étendue par laquelle la circulation peut se continuer
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 335 quand il y a oblitération d’une grande partie de la principale artère. Cette disposition existe dans tout le système. Les communications des vaisseaux les uns avec les autres sont d’autant plus nombreuses qu’ils diminuent davantage de volume (1).
La marche tortueuse des anastomoses | , lorsque le tronc artériel est oblitéré et que la circulation du membre se continue par elles, est due probablement à leur allongement : cet allongement est la suite de l'augmentation de impulsion du sang contre leurs parois, qui fait qu’elles ne peuvent être contenues dans le même espace qu’elles occupaient dans l’état naturel. Si l’on injecte avec une grande force une artère dans un cadavre, elle devient en général flexueuse. La distension graduelle des membranes d’un vaisseau sanguin, ainsi que de presque tous les tissus membraneux , est suivie d'une augmentation d’accroissement des parties qui les composent : de là vient qu’une anastomose, au lieu d’être amincie par la distension , acquiert un degré sufi-
(1) Les branches d’anastomoses des principales artères ont été décrites avec beaucoup de soin , et supérieures
ment représentées par Scarpa, dans son ouvrage sur l'Anéyrisme.
. 556 .,, MALADIES à
sant de force quila met en état. de remplir toutes les fonctions d’une artère, et cela au moyen de l’accumulation d'une nouvelle matière.
La dilatation phe vaisseaux par lesquels la circulation collatérale se continue s'opère principalement dans les ramifications les plus déliées. Les troncs des branches d’où naissent ces ramifications sont très-peu élargis, même lorsqu'il y a un long espace de temps écoulé depuis l'établissement de la circulation collatérale. Dans plusieurs préparations que j'ai examinées à différentes époques après la ligature de Vartére , ,: le commencement des branches au-dessus de l'endroit de Voblitération de l'artère principale ne paraissait pas plus large que dans l’état naturel, ét dans quelques cas seulement , à peine apercevaiton une légère dilatation. Il paraît donc vraisemblable que ce n’est point aux branches d’où elles tirent naissance que les ramifications les plus déliées doivent l’affl ux extraordinaire du sang après l’oblitération de la principale artère , mais bien à leurs anastomoses étendues avec les nombreuses artères qui viennent de différens points (2).
HU NE | EOOg Lae
(1) Un fluide poussé passe d’aujant plus facilement
Les'anastomoses par lesquéllés Ja circulation collatérale s'établit définitivement ne sont point les mêmes dans les membres: des différens individus. Ainsi une branche qui, dans la cuisse d’un sujet, aura produit une ramification considérable, n’auracontribué eh rien, chez un autre, à la transmission du sang dans les troncs inférieurs du membre. Des circonstances accidentelles peuvent occasionner cette variété. La pression d’un sac ané- — vrismal dans une direction particulière, la -position du membre après une opération, et diverses, autres causes, peuvent empêcher -Vélargissement d’un vaisseau qui, probablement, dans des circonstances opposées, serait devenu un canal de communication considérable. iit | A ee
“Toutes les parties: us ‘corps eae FS jouir de la:faculté d’avoir: une circulation collaté-
dans ces tubes qu’il y rencontre moins de résistance. De Ja vient que lorsque le cours direct d’une- artère. est obli-
téré, le sang venant des ‘autres points passera en plus grande quantité dans ses anastomoses, qui sont vides, que dans celles des vaisseaux, qui sont déjà remplies, D’apres cette explication; ilvest évident que les anastomoses d’une artère qui ne regoivent point de sang du tronc d’où -elles naissent, en recevront en place une plus grande quantité des vaisseaux ayec lesquels elles communiquent.
530 +. aia MALADIES
rale après l’oblitération de leur principale artère. S’il y avait oblitération de Paorte:descendante, les branches qui prennent naissance de sa partie supérieure ont un si grand nombre d’anastomoses avec celles de sa partie inférieure , qu’on verrait sur-le-champ s'établir une circulation collatérale. M. Astley Cooper a lié, sur plusieurs chiens, l'aorte entre les deux artères mésentériques. Ces animaux ont survécu aux expériences, et n’ont pas paru souffrir du dérangement apporté chez eux à la circulation. Le sang était conduit dans la portion inférieure de l'aorte par des anastomoses nombreuses des artères lombaires entre elles et les deux artères mésentériques , dont l’une naissait au-dessus de l'endroit du vaisseau qui avait été. oblitéré par la ligature; et l’autre au-dessous (1). Scarpa à remarqué que si on liait l'aorte sur un cadavre, immédiatement au-dessous de sa cour-
(1) Medico-Chirurgical Transactions, vol. 1, p.258. On met à découvert l’aorte avec. assez de facilité chez les petits chiens, en faisant une incision de trois: pouces de longueur aux muscles du dos , sur le côté gauche des vertèbres lombaires. Le péritoine étant écarté avecle doigt, on sent distinctement les pulsations de }’aorte. Au moyen d’une aiguille courbe à anévrisme , il est aisé de l’entourer d’une ligature. 15 ny
ee
DES ARTERES.BT DES VEINES. 539 bure, et qu’on fit ensuite une injection fine dans Ja portion supérieure du vaisseau , cette injection passait dans les artères des extrémités inférieures (1). Jai assisté à la répétition de cette expérience sur un sujet denviron quatre ans. L/aorte fut liée au-dessus de l’artére cœliaque, et l’on injecta de l’eau dans l'aorte ascendante par un tuyau qui fut fixé à l'origine de ce vaisseau. L’artére tibialé postérieure fut ensuite divisée à l’articulation du pied : l’eau qui y avait pénétré en sortit en assez grande quantité. L’aorie avait été liée si fortement que ses membranes interne et moyenne étaient divisées : aucune goutte de fluide n’avait pu la traverser dans cette situation. On rapporte plusieurs cas où le calibre de l’aorte était très-diminué et même oblitéré ; et néanmoins le sang avait trouvé des canaux par lesquels il se rendait dans les parties inférieures du corps. Stenzel trouva dans le cadavre d’un homme deux tumeurs stéatomateuses , formées dans la substance des membranes de l'aorte, immédiatement au-dessous de sa courbure : elles oblitéraient presque.entièrement la cavité du Vaisseau, et cependant le corps de cel homme
(1) Réflexions et Observations anatomico-chir urgicales sur l’Anéyrisme, traduct. de Delpech, page 68.
540 . MALADIES | | portait tous les signes de la santé et de la force. Meckel, dans les cadavres de deux sujets,
trouva l'aorte, au - dessous de sa courbure, —
tellement épaissie et resserrée, que le sang poussé par le cœur n’avait pu passer qu’en petite quantité et avec de grandes difficultés, et qu'il avait reflué avec tant de force vers le coeur, que les yalvules semi-lunaires en avaient été déchirées : toutefois rien n’annongait dans les viscères de Pabdomen ou dans les extrémités inférieures que ces parties eussent été privées de la quantité ordinaire de sang qui les parcourt (1). M. A. Séverin parle de la dissection d’un anévrisme de l’artère cœliaque. La cavité de l’aorte , au-dessus des artères rénales , était complètement remplie par une concrétion (2). Fantoni observa
(1) L'observation de Stenzel sé trouve dans sa Dissertation De Steatomatibus Aorte. Celle de Meckel a été publiée dans les Mémoires de l’Académie royale de Berlin, 1756, obs. xvir, xvi. Storck en rapporte une semblable, Ann. med.,t. 1, p.171. Voyes l’ouvrage de Scarpa, traduct. de Delpech , p. 68. :
(2) Exorti igitur ab inferioribus , postquam ad arte
rias emulgentes pervenimus , superata jam parte qua magna arteria primos divaricatus sentit, corpuscula offendimus tria ex pituita concreta (hujus uber est modus arteriæ , longeque amplior quam venæ ) vi caloris, opinor, sibimetipsis incumbentia , quæ obturabili cujus-
dans la cavité de l'aorte, au-dessus de sa bifurcation et au-dessous d’un large anévrisme, des concrétions polypeuses très-denses qui empéchaient le passage du sang dans les artères iliaques (1). M. Paris injecta le corps d’une femme de cinquante ans chez laquelle Vaorte, un peu au-delà de sa courbure, était contractée de manière à ne plus présenter que ~ le diamètre d’une plume à écrire. Les membranes de lartère avaient leur épaisseur na-
tur elle, et Yon ne rencontra rien dans le tissu
dam modo arteriæ ductui sic offarcta transversim erant, ut spirilui se transfundenti præcluderent viam : continuo autem ad superiora facto transgressu , tandem celiaca sese obtulit ita dilatata, ut compressum pugnum admitteret, que nature suæ modo vix annularis digiti crassitudinem æquat : in quo sinu sanguis abunde stagnabat ater , grumosus in putredinem abeuntis imaginem pre se ferens; à quo uno arteriæ sic depravato statu profectam interilus caussam , nemo est qui dubitet. SEVERINUS, de Reconditd natura abscessuum , p. 325.
(1) Dissecto cadavere apparuit aneurisma. arteriæ magne pauld supra iliacas, et infra locum aneurysmatis aderant crassissimi polypi, qui sanguinis fluxum versus tliacas impediebant. Aderat etiam extravasatio sanguinis intra luniças mesentérit, ef enormis circa renes hemorrhagia. 7 iscera omnia sanissima erant, arteriæ iliacæ prorsus inanitæ. BoneTus , Sepuichte tum. analomicum , t. ey p: SG
du vaisseau, ou dans l’état des parties environnantes, qui put expliquer cette constriction remarquable. L’aorte, au-dessus de la partie rétrécie , offrait une légère dilatation : au - dessous, elle avait son diamétre ordinaire. La circulation se continuait en partie par la portion contractée de Paorte; mais une quantité plus grande de sang était envoyée par le cœur a travers les artères mammaires, cervicales, thoraciques et scapulaires, dans les artères intercostales, diaphragmatiques et épigastriques. Tous ces vaisseaux , ainsi que l'artère innominée et la sous-clavière gauche, étaient dilatés d’une manière remarquable, et communiquaient les uns avec les autres par de larges anastomoses (1). On a clairement démontré que la plupart des principales branches de laorte pouvaient être oblitérées sans que, pour cela, les parties dont les vaisseaux prennent naissance de ces mêmes branches manquassent de sang. Au commencement de cet ouvrage, j'ai rapporté une observation d’oblitéralion de l'artère sousclavière à son origine , et le bras de ce côté n'en était pas moins bien nourri (2). J’ai vu également la cavité de lartére iliaque com-
2) Observation xix, p. 149, pl.ur.
(1) DesautT, Journal de Chirurgie, t. 11, p. 107. (2
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 345 mune oblitérée par un caillot consistant de lymphe, provenant d’une inflammation, et dans combien d’autres cas n’a-t-on pas lié avec succès, pour la guérison de plaies ou d’anévrismes, les artères iliaques externes, carotides, brachiales et fémorales! -
‘La circulation qui se fait par Jes anastomoses suffit et à la nourriture du membre et à l’accumplissement des sécrétions. J'ai eu occasion de reconnaitre ce fait en examinant un rein dans la cavité duquel l’artére rénale était oblitérée par une accumulation de matière ‘athéromateuse et calcaire dans ses membranes. Le tissu glandulaire était parfaitement naturel. Le bassin contenait de Puriné,-ét la vessie renfermait une quantité considérable de ce fluide. Le rein recevait du sang; tañt d’uné grosse branche provenant d’une des artères lombaires, que des artères de Ja capsule rénale. Une circonstance remarquable est que le sujet dont nous. parlons avait été, affligé de diabètes (1). Dans l’observation: «x.x111 (2), les orifices des artères. cœliaque et mésentérique-supérieures étaient
ite
(1) Bichat à remarqué que’, “däns le diabètes, les arlères.
rénales sont quelquefois contractées. bé isc eéne-
rales tit} po 39.) sg À (0) Vofez page 166.
344 : MALADIES oblitérées; le malade n’éprouva pendantsa vie aucun dérangement particulier des. fonc-tions.du canal alimentaire ; le FE la rate étaient dans l’état sain. :! | ey, La, dilatation des; petites asiténes ne: ave pas être entièrement due à Veffet mécanique de l’augmentation de force avec laquelle le sang.s'y.porte, quand son ‘passage par lartere) principale est arrêté. Lorsqu'on fait la ligature d'une artère après une amputation, l'extrémité du vaisseau , quoique exposée:a l'impulsion du coeur et sie artères, ne s’élargit pas, et les branches auxquelies ce vaisseau donne naissance au-dessus de:la ligature ne sont. pas pour cela dilatées. J’ai disséqué plu: sleurs moignons , et j'ai-tou yours trouve. une contraction remarquable'tant dansune grande étendue. de. l'artère principale que, dans les branches qui en Proveuaieit' (a). La dilatation
( ÿ Warner rapporte u: un ‘cas “dans lequel : un grand noinbre d'anévrismes se formérent successivement dans unie artère ‘brachiale qui avait. été liée. après une? aipus tation. Voici Jes détails de cette observation remarquable: Le bras d'un, homme fot,ampute à la suite d’une maladie du coude. Les artères furent assujelties par une ligature, Quelgues jours après l'opération 5 l'extrémité de l'artère brachiale était tellement, dilatée. qu'on’ pouvait.craindre qu “elle ne se déchirat. On eut recours à l’opération de J’anévrisme , et on lia l'artère au-dessus de l’extrémité supé-
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 345 permanente des branches collatérales' semble dépendre d’'uné propriété du système
rieure dela dilatation de ses membranes. Le malade parut bien aller pendant quelque temps, lorsque tout-à-coup un autre anévrisme se manifesta au-dessus de la seconde lie gature. La maladie fit des progres si rapides qu ’il fallut recourir une seconde fois à l'opération. Tout allait bien , et lesmmoïgnon était presque guéri, lorsqu'un’ troisième anéyrisme parut à l’extrémité de l’artere. Une nouvelle operation fut faite avec succès, L’artère.brachiale fut liée pres del’ aisselle , et le malade se trouva enfin radicalement guéri. “(Wanwen , Cases. in Surgery > P 139. } Rüysch rapporte uné observation semblable ë à la précédenté! à à quelques égards. Tl lia les deux extrémités de l'artère brachiale dans un’ anévrisme: provenant d’une plaie faite au pli du bras. Un morceau. de cuir fat intera posé entre l'artère et les ligatures, qu’on enleva le troisième et le quatrième. jour, ,, sans leur laisser le temps de se sépar er spontanément. Un appareil fut appliqué sur la plaie: Le sepuème jour il survint une légère hémorragie : ‘on voyait dans le ford de la plaie les deux extrémités de Vartëte. Le dixiéiné jour, elles furent cachées par des granulations. Peu: äprés elles:se montrérent de nouveau, formant deux anévrismes par-leur dilatation. Une de ces tumeurs ; qui avait, le volume d’ un Pois, s ’ouvrit: On arréta, par la. compression , hémorragie qui en fut la suite, puis on fit disparaître la tumeur par l'usage des saignées, d’ une diéte sévère et par la compression. L’autre anévrisme persista quelques j jours de plus; à la fin il disparut et le malade se rétablit. ( Ruyscum Opera, ‘ Observationes anatomico-chirurgice ; 1:13 p.4:) |
vasculaire, d’après laquelle le volume des vaisseaux est toujours en rapport avec celui de la partie qu’ils doivent nourrir: de là vient que , dans l'accroissement de volume des articulations ou des viscéres, tels que le foie ou la rate, et dans les tumeurs sarcomateuses , les artères qui s’y rendent deviennent extrémement grosses : aussi, dans l’extirpation de ces dernières, se trouve-t-on obligé de lier des vaisseaux qui n’eussent pas été apparens dans l’état naturel des parties. De même, lorsqu’une artère principale est oblitérée, tout le membre est dans la dépendance des branches collatérales pour recevoir la quantité de sang qui lui est nécessaire, et l’on peut alors les regarder comme une partie accessoire où surnuméraire qui | lui fournit toute sa nourriture. En conséquence, ces branches collatérales 5 ’élargissent assez pour transmettre la quantité convenable de sang, de la même manière qu'elles se: dilatent pour l’entretien des tumeurs morbides. sh L’afflux extraordinaire du sang dé Je ramifications les plus déliées apres I’ oblitération soudaine d’une principale artère, est, en général, suivi d’un accroissement rem An dansla température du membre. Dans le plus grand nombre des circonstances , immédiate-
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 347 ment après l’opéralion de Panévrisme, latem- pérature du membre malade est au-dessous de celle du reste du corps; elle augménte au bout de quelques heures, et le second et le troisième jour , elle est de quatre ou cing degrés -plus élevée que celle da membre opposé. Elle reste dans cet état pendant plusieurs jours, c'est-à-dire, pendant tout le temps que les canaux d’anastomoses sont dilatés; elle diminue ensuite graduellement, et le membre revient à la même température que les autres parties du corps. Ce fait a été observé par qu ‘sieurs auteurs. Sir Everard Home dit qu’après la plupart des opérations d’anévrismes poplités, exécutées par Hunter, la témpérature du membre malade était plus élevée pendant plusieurs jours que celle du membre opposé (1). Scarpa a fait là même remarque dans six cas différens, après la ligature des “artères fémorale et brachiale (3): M. Forster a mesuré les variations dé"température du membre après la ligature de Partérefémorale pour un anévrisme poplité: Le léndemain de Yopération, la températuré du jarret, où Pa-
(1) Trans. of a Society for improvement of medical
and chirurgical knowledge , vol.1, p. 159, 162 et 165. (2) Réflex. et Observ. anat. -chirurg. sur l'Anévr., trad. de Delpech , p. 449, 452, 460, 461. |»
548 LATE MALADIES névrisme avait son'siége, était de quelquede= grés au-dessous de celle: du membre opposé.Le second jour, la température était de trois degrés plus élevée au jarret malade qu’ au jarret sain , et du troisième au sixième jour, la disproportion dans, la température des deux membres avait passé de trois à cinq degrés (therm. de Far.). La chaleur du membre malade diminua graduellement , et au bout de trois se- -maines, la température des deux membres.se trouvail égale (1). J’ai eu occasion de remarquer l'accroissement de température dans plusieurs membres où l’on avait fait la ligature de l'artère fémorale pour la guérison d’anévrismes, Pendant la première semaine, la chaleur était en.général.de.cing.a huit degrés plus élevée dans.le membre sain que dans l’autre.
La seconde semaine elle diminuait graduellement, età lafin: de la troisième on ne pouvait établir aucune différence dans la température des deux extrémités. Néanmoins un accroissement dans la température du membre malade après l’opération de l’anévrisme ne survient pas toujours. Dans,un-cas que j'ai eu occasion d’examiner-sous ce rapport, on ne pouvait pas reconnaître la plus légère différence entre la chaleur du membre sain et celle du mem-
(1) Medical ee and Observations , vol. Y, p. 41
DES ARTERES ET DES VEINES. 349 bre dont l'artère fémorale avait été liée (1). Cette circonstance peut s’expliquer par la probabilité d’une circulation: collatérale déjà établie, en conséquence de Ja difficulté apportée au passage du sang dans l'artère principale par l'accumulation du coagulum dans le sac anévrisinal. L’accroissement de tempé-
(1) Dans un second cas rapporté par M. Forster, la température du membre dont l'artère fémorale avait été liée, était moindre. que celle de l’extrémité opposée. Voyez son ouvrage, p. 16. Après une des opérations de Hunter , la chaleur des deux jambes fut, examinée avec soin deux fois par jour, depuis le second après l’o-
pération jusqu’ au neuvieme, et ‘le membre opéré fut constamment plus froid que l’autre. ( Transactions of a Society for the improvement of medical and chirurgical knowledge, vol.1; ps 164. ) L’accroissement -de température quia été observé après l’opération de l’anévrisme ne peutfêtre provenu seulement de l'application de yélemens chauds , puisque , dans un des cas de M: Forster, où l'examen paraît avoir été conduit avec la plus grande exactitude possible , la chaleur du membre malade fut de plusieurs degrés au-dessous de celle du membre sain, . quoique la partie, aussi bien que la boule duthermomètre, eussent été environnées de flanelle. La chaleur devrait être mesurée dans cet endroit du membre où sont situées les principales branches d’anastomoses : ainsi quand l’artere fémorale est liée , le thermomètre devrait être appliqué à la partie postérieure de la cuisse et dans le voisinage du genou.
550 oy MAL ADIESX | rature d’un membre après la ligature de la principale artère, paraît provenir de Vafflux extraordinaire du sang dans les rameaux les plus déliés. On peut dire que la partie dans laquelle se trouvent les vaisseaux d’anastomoses est alors dans un état de véritable inflammation qui esttoujours suivi d’un accroissement extraordinaire de chaleur. La condition d’un membre dont l'artère principale a été liée, vient pleinement éclaircir cette théorie de l’inflammation fondée sur la supposition d’une erreur de lieu dans les plus gros globules du sang (1). à Plusieurs circonstances dans Ja condition du membre, dans les membranes des artères ou dans le système en général, peuvent empêcher l’établissement de la circulation collatérale. Une blessure transversaleétendue, dans laquelle les principales branches d’anastomoses sont divisées, ou application de bandages trop serrés, peuvent oblitérerles canaux par — lesquels la circulation se serait continuée
(x : Moeclia dé: croyait que les vaisseaux sont de différentes grosseurs pour la circulation du sang , de la lymphe et. du sérum, et que lorsque les plus gros globules passent dans les plus petits vaisseaux par une erreur de lieu , il survient une obstruction qui donne naissance à tous les phénomènes de l’inflammation.
dans des circonstances contraires, Si , après une opération , l’on place le membre dans une position telle que la plus grande partie de son poids pèse sur l’endroit où sont situées Jes principales branches collatérales, il en peut résulter un empéchement a leur dilatation:
de là vient que l’on doit éviter, après l’opération de l’anévrisme, une telle position, aussibien que les bandages circulaires. Lorsqu'un | anévrisme a acquis un volume énorme , il a probablement détruit les parties dans lesquelles sont placées quelques-unes des principales branches d’anastomoses , ou bien, par sa pression , il peut empécher leur dilatation. Cette circonstance vient encore fortifier les raisons que nousavons données pour entreprendre promptement lopération avant que Yanévrisme n’ait acquis un volume considérable. Un amas étendu de matiére: calcaire dans les membranes des artères les rend également incapables de dilatation. C estoun fait bien connu qué les dépôts de matière calcaire
surviennent plus souvent dans les artères des -personnes âgées que dans celles des jeunesgens. De là vient sans doute que la mortification du membre est une suite plus fréquente de l'opération de Panévrisme chez les vieillards que chez les jeunes sujets. Dans un âge
552 114 MALADIES avancé, la propriété d’élasticité des artères est diminuée ; et la plupart de leurs ramifi: cations les plus déliées paraissent oblitérées. Jai déjà fait’ remarquer précédemment: la différence qui existe dans laivascularité des membres des: vieillards et des jeunes-gens.
. Lesanatomistes savent que’, pour réussir dans une injection délicate , il est nécessaire ‘de choisir un sujet jeune: ou d’un Age moyen.
En effet a: une époque peu avancée de l'existence ; non-séulement les forces du cœur sont plus grandes, mais encore les artères sont ‘plus nombreuses et plus capables de ‘distension. Ces circonstances rendent donc l’établissement de la circulation collatérale plus incertain: chez les malades avancés em âge que chez tous les autres. ter Un état languissant) de la civtaabdtiees est contraire à la dilatation: des branches d’anastomoses, et empéche le membre de recevoir par les vaisseaux collatéraux la qu antité -de sang qui est nécessaire à sa nourriture.
Aussi l'opération de Vanévrisme ne réussitelle pas quelquefois chez les individus affaiblis antérieurement par des maladies continuelles. Une circulation vigoureuse est donc nécessaire pour l'établissement de la circulation collatérale, et l’on doit défendre les sai-
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 553 gnées copieuses après l'opération de lanénévrisme. J’ai appris de mon ami M. George Young, qu'aussitôt:après l'introduction de la méthode moderne à Paris, on employa en même temps les saignées répétées , et que la gangrène du membre était une suite fréquente de cette pratique. La mortifica2 tion des extrémités a été regardée par quelques auteurs comme l'effet d’un état languissant de la circulation, en conséquence d’un obstacle apporté à la transmission du sang par les artères principales. Fabrice de Hilden (1), Lancisi (2):et Senac (3) ont cherché à expliquer de cette manière Ja coexistence de la gangrène des extrémités avec les anévrismes du cœur et des grosses artères.
M, Corvisart (4) rapporte deux exemples dans lesquels un obstacle au passage du sang à travers le cœur fut suivi du sphacèle du bras.
La mortification des pieds des vieillards, chez lesquels le cours du sang dans les artères principales est empêché par un dépôt de matièré calcaire, provient sans doute de létat lan-
(1) Opera, cent. 1, obs. 49.
(2) De Motu cordis et Aneurysmatibus. |
(3) Traité deta structure du cœur , t. 11, p. 415. (4) Essai sur les Maladies du cœur , p. 177.