‹ Traité des maladies des artères des veines (volume 2)Chapitre 8 sur 50 · LA · texte numérisé non relu

LA

(1) Transactions of c a society jor ie improvement of medical‘ and chirurgical knowledge ; ; c’est-à-dire, Transactions d’une société’ pour l'avancement dés connaissances médicales * chirurgicales, vol. prt st:

(2) Surgical observations; ow Observations chirurgi- | cales, part. Iv, p- 232, premiere edition.

3) Ozume, Diss. de Morbis recens-natorum infantum Phare Lips. 17734

rence naturelle, tandis que, dans les cas d’inflammation aiguë que j'ai examinés, la membrane moyenne offrait toujours un degré de vascularité contre nature. Cette apparence rouge de la surface interne d’une artère s’observe souvent dansle voisinage d’un coagulum, et elle n’est alors probablement que l'effet de la transsudation après la mort. Mais trés-fréquemment aussi , je lai remarquée dans des artères qui n’ayaient pas de caillots, et dans celles qui avaient été long-temps exposées à lair dans les salles de dissection. Cependant des - sujets examinés peu d’heures apr ès leur mort présentaient aussi celétal, qui,

chez eux , ne pouvait être considéré comme étant at par l’expositiona lair. Je ne puis.

donc encore déterminer si Von doitle considérer comme une apparence morbide oucomme un changement qui survient apr ès la cessation de la vie. D’après M. Corvisart, cette couleur rouge plus ou moins foucée de la membrane interne de. l'aorte, existant sans augmentation d'épaisseur de cette membrane, aurait été trouvée dix-neuf foi:, dans toute pipes des artères, par le célèbre docteur Frank, qui la regarde comme pouvant causer une fievre particulière (1). | : |

(1) CorvisanT , Essai sur les Maladies du cœur, p.350.

10 MALADIES Les artères sont aussi sujettes à une inflammation chronique qui devient le fondement de diverses altérations morbides de leurs tissus, L'inflammation chronique $ observe en général dans les artères épaissies et encroûtées de matière calcaire, et particuliérement chez les individus disposés aux anévrismes. Dans quelques cas on peut la regarder comme l'effet de ces maladies, quoiqu’il soit plus probable que de pareilles altérations de structure sont occasionnées par l’augmentation de l’action vasculaire. La membrane interne du vaisseau est molle, épaissie , et dune couleur rouge foncée qui n’est pas uniforme , mais distribuée irréguliérement dans le voisinage des ulcérations , des épaississemens , ou des dépôts de matière calcaire (1). Cette apparence des artères est connue depuis long-temps, et elle a été décrite avec soin par divers auteurs : les anciens médecins Vattribuaient aux effets des humeurs morbides et acrimonieuses de la syphilis ou du scorbut qui avaient infecté tout lesystème. Quelques écrivains modernes, et entr’autres MM.Scarpa(2),

(1) Plandheis 75 , fig. hs (2) Scanrva, sur l’Anévrisme, traduction de M. Delpech.

\ DES ARTÈRES ET DES VEINES. in.

Corvisart (1) et Richerand (2), sont portés à l’attribuer à des causes semblables, et particulièrement à l’action du virus syphilitique ou à celle du mercure employé pour la guérison de cette maladie. 11 résulte de mes observations particulières ,que la plupart des anévrismes et des altérations organiques qui accompagnent leur formation, se sont rencontrés chez des sujets qui avaient eu un grand nombre de maladies vénériennes , ou qui avaient pris des quantités considérables de mercure. Il paraît donc assez probable que la membrane interne des artères est une des parties sur lesquelles plusieurs maladies spécifiques peuvent exercer leur influence particulière. Au moins, nos connaissances à cet égard ne sont pas assezétendues pour aütoriser le rejet total des opinions tant soit peu appuyées sur l'observation , quoique ces mémes opinions soient trop hypothétiques pour qu’on puisse regarder le fait comme démontré. Je n’en fais donc mention ici que comme d’un sujet qui mérite l’attention des praticiens. 44

(1) Cornvisart, Essai sur les maladies du cœur, p. 519. (2) RicueranpD , Nosographie chirurgicale, t. 1v, p. 73.

1% she MALADIES

SECTIO N II.

De [ Ulcération des Mem branes artérielles.

L’ dlegeaeient survient rarement dans une artère dont les tissus n’ont pas éprouvé précédemment quelque altération morbide. J] n’est pasrare d’en rencontrer dont la circonférence offre des dépôts calcaires et l’intérieur unamas de matière athéromateuse (1). Lesmembranes artérielles sont parfois si complètement détruites par de semblables ulcérations , que le sang, en passant dans le tissu cellulaire qui entoure le vaisseau , en forme une\espèce de sac, et tel est un des modes de production de Vanevrism e. Quelquefois une matière pu- rulente peut sortir de dessous les bords de pareilles ulcérations. J’ai vu un large ulcère situé immédiatement au-dessous des valvules semi-lunaires de l'aorte qui contenait une quantité considérable de pus (2). Néanmoins . on rencontre rarement du pus dans ces ulcères, parce qu’il est emporté par le sang qui circule dans le vaisseau, à mesure qu’il est sécrété. Il n’est pas improbable que la memva), EG NN ER A tae QU AE

(1) Planche 1, fig. 1.

(2) Ibid., fig. 7.

brane interne des artères, pendant l’inflammation , puisse sécréter du pus sans qu'il y ait pour cela d’ulcérations , comme on en voit desexemples dansles membranes séreuses. Mais le cours du sang dans le vaisseau empéchera toujours de reconnaître un tel état. | Plusieurs hémorragies passives, comme l’apoplexie , l’hématémèse ; l'hémoptysie etc.

reconnaissent pour cause eette condition des

artères. L’ ulcération provient fréquemment aussi des parties environnantes, et l’inflammation n’appartenant pas alors aux inflammationsadhésives, et conséquemmentn ’dyant pas le pouvoir de fermer le canal artériel , il en résulte des hémorragies. Cela arrive souvent dans les ulcères cancéreux et phagédéniques. J’ai été témoin d’une ulcération étendue de l'estomac qui avait gagné l'artère coronaire ,et qui occasionna une hématémèse funeste pour le malade. Dans un autre cas, une tumeur squirrheuse était attachée à la face postérieure de l’estomac ; l’ulcération s’étendit à l’artére splénique, et le résultat fut lé même. L’hémorragie pulmonaire doit fréquemment son origine à l’altération que subissent les artères du poumon par des vomiques , comme dans le cas qui suit.

Le

14 aaa MALADIES OBSERVATION II.

Un homme ayant Ja complexion d’un phthisique, éprouvait depuis quelque temps de la toux et une difficulté de respirer. Dans cet état , il fut tout-à-coup saisi par une douleur du côté gauche quirendait sa respiration très-laborieuse. Il ne pouvait se coucher sur le côté droit ; la face était pâle et abattue , le pouls fréquent et faible. I] resta deux jours dans cet état et mourut le troisième. Le coté gauche du thorax contenait une grande quantité de sang coagulé; un grand nombre de vomiques étaient renfermées dans les poumons, et dans Pune d’elles s'était ouverte une branche considérable de l'artère pulmonaire. Cette vomique avait crevé dans la cavité thoracique , et ’hémorragie était due à cette cause. L’aorte était épaissie et encrottée de matière calcaire.

SECTION IIT.

De la Mortification des Membranes artérielles.

L'inflammation bornée à la membrane interne des artères se termine très-rarement par la gangrene : au moins n’en ai-je aucun exemple. Toutefois, les artères sont fréquemment envéloppées dans la mortification des parties environnantes, et alors le sang, en gé-

néral, se coagule dans les vaisseaux bien au-

dessus de la ligne de séparation entre les par-

ties mortes et les parties vivantes. Cette circonstance prévient ’hémorragie lors dela séparation de l'escarré, et le coagulum étant

absorbé , le vaisseau se contracte et finit par

s’oblitérer.La cause de la formation de ce coa-

gulum n’est pas connue , quoiqu'il soit proba-

ble que l’état du vaisseau mortifié arrête le

passage du sang dans son intérieur , et donne

ainsi lieu à la production d’un caillot qui

s'étend aux branches collatérales les plus

importantes. L/amputation est faite quelque-

fois un peu au-dessus de la ligne de séparation , sans qu’il suit nécessaire pour cela de faire la ligature des artères, les parties détruites par le sphacèle se séparant sans hémorragie, à cause du coagulum qui oblitère la

cavité des vaisseaux.

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