LE
après la ligature, par suite de l'épuisement de ses forces.
— M. Albert , à l'hôpital d’York , Chelsea, en 1812. La tumeur était volumineuse, et le membre prodigieusement tuméfié avant l'opération. Dartere fut liée par une seule ligature. Le membre se mortifia, et le malade mourut avec des symptômes de tétanos, trois semaines environ après l'opération. La ligature s’était précédemment détachée. .
— M. Brodie, à l’hôpital Saint-George, en 1815. L’artere fut liée avec une seule ligature. Le malade se rétablit, et M. Brodie m’apprend qu’il est maintenant en parfaitè santé. We
— M. Norman, à V’hépital de Bath, au mois d’octobre 1813. On appliqua une seule ligature ; elle se dé-
de douleur. Le pouls a quatre-vingt-dix pulsations. Il a mange avec grand plaisir du riz cuit à l’eau. La plaie, exam née, a ete trouvée presqu’entiérement réunie ; un peu de pus de bonne nature entourait la ligature. Le membre malade avait une température de quatre degrés au-dessous de celle du membre sain, (Therm. de Fa:bt. )
Depuis cet instant, aucun changement remarquable n’est survenu 5 la ligature s’est détachée le quatorzième jour apres Poperation 4 et en peu de temps la plaie s’est complétement Cicatrisce , sans Pap-. parition d’aucun symptôme fâcheux. Le vingtième jour, la garde chargée de surveiller le malade s'étant absentée , il s'est levé «le son lit, s’est promené dans sa chambre ; les jours suivans, il a fan le même exercice sans en éprouver d’inconvénient. La tumeur de laine diminue successivement , et son volume est aujourd’hui réduit de beaucoup *.
* Elements of surgery , etc. , by J. S. Dorsey; vol. u, p. 180. Philadelphia , 1813.
de l'artère fémorale au-dessous de l’origine de la crurale profonde. J’ai vu deux cas dans
tacha: le dix-neuvieme jour. Le malade guérité et re couvra l’usage parfait de son membre.
— M. Lawrence, à l’hôpital Saint- Rarthelem B 8 janvier 1814. L’arter@fut liée avec une seule ligature , qui se déiacha le vingt-septieme jour. Le sac, sur lequel il s’était formé une escarre de la largeur d’une demicouronne, fut ouvert le 12 février ; l’ouverture était fermée le 12 mars ; et moins de trois mois apres l’opération, le malade sortit de l'hôpital, n’ayant plus qu’un pelit trou fistuleux à l'endroit de sa plaie. |:
— M. Bouchet, chirurgien en chef de l’hôtel-Dieu de Lyon. La eee de l'artère iliaque externe fut faite dans cet hôpital le 15 août 1812. Celle opération guérit le malade d’un anévrisme inguinal du côté droit ; mais au bout de quelques mois , une tumeur semblable s’étant développée sur le membre opposé, elle s’accrut avec une telle rapidité que l’opération ne put pas être pratiquée, et le malade succomba à cette seconde maladie (a). |
(a) «J. Pontella, prisonnier de guerre espagnol, entra dans l’hôpital de Lyon le 8 juillet 1812, pour une tumeur volumineuse à l’aîne droite , qui le mettait dans l’impossibäité de continuer sa route. Le caractère anévrismatique en était si évident, qu’on ne pouvait s’y méprendre. Tumeur oblongue, du volume d’un petit melon, occu= pant la partie tout-a-fait supérieure , interne et antérieure dela cuisse droite, se prolongeant en haut jusqu’à larcade crurale, qui en était soulevée. Immediatement au-dessus de cette arcade se trouvait une bosselure du volume d’une pomme ordinaire, qui, se détachant comme une tête du reste de la tumeur , s’élevait du côté du ventre. ' En bas , la tumeur se prolongeait jusqu'au milieu de la cuisse, ayant
Jesquels, tant par Ja situation des tumeurs que par l’exposé que les malades faisaient de
Outre tous ces cas, j’ai été informé d’une maniere certaine que, récemment, l'artère iliaque externe avait été liée avec succès à Dublin.
en tout six pouces et demi de longueur sur six de largeur ; rénitente , fluctuante, offrant des palsations isochrones au pouls, grandes, vehémentes , visibles à plusieurs pas de distance, soulevant la main avec force. Cette tumeur cessait ostensiblement de battre lorsqn’on exerçait une forte ptession au-dessus de l'arcade crurale; mais cette pression , très-douloureuse en raison même de la force qu’elle exi= geait, devenait insupportable au bout d’une demi-minute. Le membre conservait son volume , sa force, sa chalenr ; point d'infiltration , peu ou point de douleur dans la position horizontale ; mais la station, et surtout la marche, occasionnaient bientôt un sentiment de tiraillement ou d’engourdissement, et une douleur assez vive dans tout le membre. .
» La maladie avaitcommencé, quatre ans auparavant, à la suite d’un effort que fit Pontella en jouant à la barre *. Au moment même il éprouva une vive douleur au pli de Paine ; quatre ou cing jours après , il y observa une tnmeur , avec battemens , de la largeur d’un éca de trois livres. Quinze jours ensuite, poursuivi par des cavaliers francais , il franchit un large canal. Le soir même , la tumeur com= mença à croître avec des douleurs telles dans l’aîne et le dessus de la cuisse, que la marche en devint presque impossible, surtout en montant. Ayant été réformé pour cette maladie, Pontella servit pendant deux on trois ans un lieutenant-colonel : pendant ce temps , sa tumeur s’accrut toujours , Ce qui lui fit faire usage d’une sorte de tourniquet compressif qui ne produisit aucun bon effet, A chaque
changement de temps , elle grossissait, et était le siége de douleurs aiguës,
* Sorte de jeu qui consiste à lever une barre de fer yet a la lancer ensuite auss: loin que possible.
il. 14
lears affections, on ne pouvait guère douter qu’elles ne vinssent ou du commencement de
» Pel était l’état du malade, lorsqu’ayant été pris en Catalogne, i! fut envoyé en France. Le voyage dura un mois; il le fit sur des charrettes, dont les secousses étaient très-douloureuses et augmentaient le volume de la tumeur. à
» Pontella était Agé de trente-six ans, d’une constitution forte et athlétique , d’un tempérament sangüin et bilieux, d’un moral fort irascible. Ii jouissait , à sa tumeur pies, d’une très-bonne santé; sa taille était d’à-peu-près cing pieds un pouce : comme chez la plupart des Caialans , son bassin était étroit (sept pouces d’une épine iliaque à l’autre ).
>» Peu après son entrée à l'hôpital de Lyon, sa maladie, abandonnée à elle-même , augmenta en quatre ou cing jours de près d’un quart. L’accroissement se faisait surtout en haut, vers la bosselure, qui, de moment en moment, devenait plus saillante. La couleur de la peau plus sombre, un amineissement manifeste de la poche, tout annonçait que la maladie marchait rapidement à sa fin. Six jours après l’entrée du malade, M. Bouchet convoqua une consultation nom breuse et choisie. Il proposa l'opération , qui fut rejetée à la grande majorité des voix.
» Après quelques délais , le 15 aout, le malade ayant pris un lavement Ja veille au soir et un le matin même, l’opérateur , en présence des mêmes consultans et de l’élite de la médecine et de la chirurgie de Lyon, fit la ligature de l’artère ainsi qu’il suit :
» Le malade était couché sur Je bord droit de son lit, la cuisse correspondante étendae ; avec un bistouri en rondache, une incision de trois pouces de longueur, qui intcressait la peau et le muscle oblique externe, fut pratiquée à la partie antérieure, latérale etinférieare de abdomen : elle commencait à un pouce et demi environ au-dessus de lepine iliaque supérieure et antéricure , et à trois ow quatre lignes seulement plus en dedans , et venait se terminer audessus du milieu de l’arcade crurale, qui fut laissée intacte. On lia une petite artère.
» Par une seconde incision , EC d’un seul coup avec la pointe’ de
la crurale profonde, ou de l'artère fémorale au: dessous de l’origine de cette branche. Dans
l'instrument , le péritoine fat mis à découvert. Passant alors le doigt
indicateur de la main gauche sous le muscle transverse, et s’en servant pour soulever celui-ci, l’opérateur acheva de le couper jusqu’en bas : les intestins, poussant devant eux le péritoine, se pré< sentèrent aussitôt dans la plaie, Un des consultans fut chargé de les repousser et de les maintenir. Alors avec le doigt index de la main gauche, déchirant le tissu cellulaire en haut et en bas, M. Bouchet détacha le péritoine de dessus le muscle iliaque, en repoussant en dedans le cœcum, qui était presque vide.
» Cette dilacération fut facile ; les fibres aponévrotiques dont parlent MM. Cooper ct Delaporte ne furent point rencontrées ; mais ce ne fat qu'après avoir prolongé la dissection en bas que Partère put être saisie sur le rebord du détroit supérieur du bassin, entre la veine et le plexus crural. La douleur fut peu vive; quelques gouttes de sang seulement s'écoulèrent, Pris entre le pouce et l'index de Ia main gauche, et avec les ongles de ces deux doigts, qui n’avaient | pas été rognés, le tissu cellulaire qui Punit aux autres vaisseaux fat également dilacéré. Elle fut isolée : en la comprimant entre les deux doigts, tout battement cessa dans la tameur. Une aiguille courbe , semblable à celle de M. Deschamps , mais tout-à-fait mousse à la pointe et sur les côtés , et un peu inclinée sur le manche, fut enfoncée dans la plaie à l’aide du doigt index qui la recouvrait, L’artère ayant été soulevée fut embrassée dans la courbure de l’aiguille, qui portait à son sommet un cordon de fil ciré. Il fat saisi avec une pince à disséquer , et servit à passer un lacet de fil plat et fort de la largeur de deux lignes. L’anse de fil, et avec elle le lacet en double , furent retirés avec Vaiguille, ce qui fournit deux ligatures : la supérieure fat serrée la première et tout doucement , jusqu’à ce qu’on ne sentit pins battre ni la tameur ni l'artère. La seconde fat placée un demi-pouce plus bas , douze ou quinze lignes au-dessus de Varcade cruraie; elle fut serrée plus fort que l’autre et comme elle par deux nœuds. L’artére ne fat pas coupée entre
elles : elles furent bien isolces , et la plaie fut pansée , en réunissant,
212 MALADIES Jes deux cas, on fit Ja ligature de Partère iia que externe, et les malades se rétablirent.
‘ oe =>
autant que possible, avec un linge fin enduit de ecrat, par-dessus lequel on mii queiqües poignées de charpie brute et des ce mpresses : une large ceinture de coutil , serrée par des boucles ; marntint le tout.
» L'opération , y compris le pahsement , düra neuf minutes ; elle fut pea doûlonrieuse : aussitôt après , le pouis ne s'étant pas elevé, on ne fit pas pratiquer de saignée. Un calmant fut donné, et le membre fut enveloppé de linges chauds ; le pied et Ja jambe furent tenus élevés.
» Le malade fat tranquilie tout le reste de là journée; la nuit fut bonne. Le lendemain se passa également bien, sans fièvre, ainsi que Ja seconde nuit. La chaleur et la sensibilité du membre se sont conservées.
» Le troisième jour, la tamenr paraît moins tendue ; la peau qni la recouvrait est un peu ridée; le pouls est plein. ( Saignée. ) Mouvement de fièvre, céphalalgie, altération , nuit agitée.
» Le quatrième, laxatif avec le tamarin ; deux seliés; fièvre moindre. Le cinquième , le bas de la jambe et le dos du pied ont moins de chaleur; doulcur au gros orteil. (Sachets de sable chaud.) Le sixième , douleurs plus fortes se prolongeant au troisième ortcil , froid plus sensible ; nuit mauvaise. (Calmans, boissons rafraie chissantes.) Les choses restent plusieurs jours dans cet état, le membre couservant dans le reste de son étendue plus de chaleur mème que l’autre, avec une moiteur bien prononcée. Douleurs vives. La tumeur s’affaisse , mais reste fluctuante. ( Pansement simple matin et soir.) |
» Cependant , dès le septième jour, les faces internes des premier , second et troisième orteils, offrent une petite rougeur qui paraît le siége de la douleur. Chaque jour ce point augmente de largeur, mais lentement, et sa couleur devient livide, puis noire; l’épiderme se détache ; il se forme des escarrhes; une gangrène sèche se mani= feste , sans que rien put calmer la douleur.
» Au seizième jour, dans le pansement , chute spontance de la liga= sure supérieure. Le lendemain , chute de la seconde. Depuis lors la
Tl y a deux manières de faire la ligature de l'artère iliaque externe : la première, dont et a A A LC Et re eee enrrerseel
plaie marche rapidement vers sa guérison, et au vingt-quatrième Jour , la cicatrisation est complète.
» Cepenidaut, les douleurs aux orteils et le froid de la partie inférieure du membre continuent. Les taches s’élargissent insensiblement. Dans le cours du second mois seulement , les escarrhes se bornent et commencenta se détacher dans leur circonférence. L’nlcére se déterge lentementet guérit enfin. Par la chute des escarrhes , les articulations des première et deuxième phalanges sont mises à découvert. A ia fin de ce même mois, celledu gros ortcil se sépare aussi, etson ulcère va jusqu’: Vos. Dans le conrant de novembre , amputation du second orteil sans éconlement d'une goutte de sang. Au re de la réunion paraît parfaite ; mais les lambeaux se détachent, l’os fait saillie, un gonflement inflammatoire s'empare de tout le pied, les douleurs deviennent aiguës , engorgement augmente, un phlegmon occupe fa plante da pied , le pus fuse dans la gaîne du tendon et s’écoule lentement au dehors par la plaie de l’amputation. Une ineision lui fournit une plus libre issue ; la détersion da foyer s’opère,, et la plaie se cicatrise au bout d’un mois et demi. :
» Au milieu de décembre, tout-à-coup les douleurs se réveilient dans le gros orteil ; il se sphacéle en entier ; tontle pied et le bas de la jambe se gonflent et s'enflamment, ce qui coincide avec une brusque diminution de la tameur, qui devient pius ure. Au bone de douze jours environ, la gangrène se borne, les accidens diminuent ; on attend Pexfoliation de l'os, qui a lieu circulairement au bout de vingt jours ; mais elle marche si lentement, qu’au mois d’avril , la plaie a presque la même largeur.
» Craig int alors les ravages de la pourriture d'hôpital, M: Bou= chet envoie Pontella à la campagne , où il reprend bientôt ses forces et sa santé. Le 20 août 1813, l’ulcére-est enfin complètement gucri , et la santé est parfaite ; le membre opéré est presque anssi fort et aussi volamineux que l’autre ; la tumeur n’a plus que le quart de son voyume , c’est-à-dire deux pouces en tous sens. Elle est plus dure à $a parlic supéricure qu'à l’inférieure.
214 MALADIES je vais donner la description, est employée par M. Abernethy; la seconde est adoptée
— M. Moulaud , en 1815, à Marseille (a).
» Mais alors l’artère crurale opposée commence à devenir anévrismatiuue dans le même lien. Elle prend de l’accroissement vers le milieu d'octobre , dans un effort pour soulever une grosse pierre ; elle devient douloureuse , et son volume paraît doublé. Les saignées , les réfrigérans , etc., sont employés en vain. [opération fui de nouveau proposée et acceptée, les consultans furent réunis, et la rejetèrent, La tumeur, moins volumineuse que la précédente , s'élevait un bon pouce plus haut. Deux jours après, il n’y aplus rien à tenier ; la tumeur soulevait la paroi abdominale jusqu’à l’om- ‘bilic, et Pontea mourut subitement dans la soirée.
» Par l'ouverture du cadavre, on fut convaincu qu'il aurait fallu aller chercher Vartére pour la lier à une profondeur immense et à un demi-pouce de ja naissance de Vhypogastrique. L’injection de l'artère iliaque du cété opéré ne réussit pas; mais on put recon- “naître que la veine crurale et le nerf crural étaient sains ; que l’artère de ce nom manquait entièrement dans l'étendue d’un pouce, et que ses deux extrémitées conpées étaient converties en une sorte de ligament ; que l’artère était diminuée de volume en haut , jusqu’à la naissance de l’hypogastrique , qu'aucune de ses branches, n’était plus dilaiée qu'à l'ordinaire; que la tumeur renfermait un gros caillot fibrineux , couleur de bois de noyer , mollasse, humide, sans adherence avec les parois du kyste ; que le reste de l’artère crurale , Ja poplitée et les artères de la jambe étaient comme resserrées sur elles-mêmes; qu’il n’y avail aucune anastomose plus marquée qu’à Pordinaire; que les muscles étaient un peu amincis ; que les articulations étaient souples ».
(a) « Michel Fassi, âgé de trente ans, l’nn des marins du, port de Marseille, est le sujet de cette observation. Ce marin entra à Vhopital dirigé par M. Moulaud , en août 1815, pour y être traité d'un engorgement œdémateux qui occupait toute l’extrémité inférleure droite , avec une tumeur peu apparente , circonscrite à l’aîne
DUS ARTÈRES ET DES VEINES. 215 par M. Astley Cooper. Voici celle de M. Abernethy :
— M. le professeur Dupuytren, en 1815, pour un anévrisme inguinal. Peu de temps apres celte opération,
du même côté, et si peu incommode, que M. Mouland crut ne devoir s'occuper que de engorgement du membre.
» Le malade fut d’abord saigné et purgé à plusieurs reprises ; des substances résolutives furent appliquées sur le membre affecté, et l’on prescrivit un régime relatif.
» Ces moyens , en réduisant l’œdème, isolérent la tumeur inguinaie , que l’on prit d’abord pour un bubon vénérien ; mais examinée de plus près, M, Moulaud reconnut dans cette tumeur tous les signes d’un anévrisme ayant la forme et la grosseur d’un œuf de poule, situé sur le trajet de Pariére crurae et très-près de l’arcade du même nom, derrière laquelle cette tumeur paraissait se propager.
» Il fut décidé, dans une consultation nombreuse , que l’opération de l’anévrisme à l’artère iliaque externe était le seul moyen de sauver la vie à ce malade, et M. Moulaud y procéda de la manière suivante : |
» ll fit d'abord sur les tégumens du bas-ventre une incision qui s'étendait obliquement de quelques lignes au-devant et au-dessus de l’épine supérieure de Pos ilium, à la partie moyenne du hgament de Falloppe, et très-près du point où la tumeur faisait saillie. Après plusieurs autres incisions faites sur le trajet de Ja première , il parvint dans la fosse iliaque. Cette partie de Vopération terminée , il fit soulever par un aide les intestius que le péritoiue recouvrait , et il dégagea avec ses doigts l’artère iliaque externe de la veine et du plexus crural , avec lesquels eile était intimement unie au moyen d'un tissu cellulaire épais ; il passa ensaite autour de ce premier, à l’aide d’une aiguille de son invention, deux rubans de fil ciré. Les deux ligatures étant écartées autant que les adhérences cellulenses le permirent, M. Moulaud placa entre elles et l'artère un rouleau d’em-
plâtre étendu en sparadrap , et il paraît qu'après avoir fait un nœud
Le malade étant placé sur une table , dans une position horizontale, on fait une incision
Je malade a pu reprendre ses travaux, et je lai vu jouissant d’une santé parfaite. J’ai cependant cru remarquer
immédiatement sur le rouleau, il serra les deux ligatnres, appuyant plus fortement sur l’inférieure ; la plaie fut garnie de charpie , et nn appareil contentif termina le pansement. Le malade fut couché dans son lit, le membre mis dans une position favorable et recouvert de sachets de cendres chaudes ; des boissons rafraichissantes et des potions anti-spasmodiques furent prescrites.
» Une sorte de formication et un sentiment de froid se manifestèrent dans le membre au bout de quelques heures , et pendant la nuit, il y eut de l'agitation qu'on apaisa par la saignée et autres moyens indiqués ; néanmoins des symptômes inflammatoires se déclarèrent successivement , et ne s’apaisèrent qu'au quatrième jour: depuis cette époque, amélioration graduée et successive jusqu’au huitième. La suppuration était déjà abondante, et les pansemens se renouvelaient journellement, Dans la nuit du 8 aug, une bémorra~ gie assez forte s’étant déclarée , les officiers de santé de garde crurent devoir faire appeler le chirurgien en chef. M. Moulaud s’étant fait rendre compte de la nature de cette hémorragie ( occasionnée par la rupture de la portion d’artère étranglée par la ligature inférieure }, ne jugea pas à propos de se rendre près de son malade, et il se contenta de donner ses instructions à l’aide-major qui était venu l'appeler à son secours. En effet, les deux chirurgiens de garde levèrent l’appareil, qu’on trouva imbibé de sang, et la plaie était remplie de caillots du même liquide; le sac anévrismal avait disparu presqu’en entier , et en pressant avec la main le fond de cette poche, il sortait par la plaie du sang noirâtre dont l’effusion fat suspendue temporairement par l'application d’an nouvel appareil ; mais l’éconlement sanguin se renouvela le lendemain , et continna , en plus om moins grande quantité, jusqu’à l’entière disparition de la tumeur anévrismale, Le malade fut affaibli et menacé plus tard d’une fièvre dernicieuse, attribuée par l’auteur aux influences qu’il avait-recues
de quatre pouces aux tégumens de labdomen, dans la direction de lartère ilaque
que le membre gauche, qui est celui où existait l’anevrisme, paraissait un peu moins nourri que l’autre (a).
de plusieurs malades atteints du typhus nosocomial , et voisins de Fassi. Son transport dans une salle plus salubre et l’usage du quinquina changérent en bien l’état de ce malade, et il continua d'aller de mieux en mieux jusqu’an vingt-cinquième jour, époque où une diarrhée se déclara ; mais, chose remarquable , on employait des drastiques le matin et des émolliens anodins le soir; cependant les ligatures se détachèrent le vingt-huitième jour, et la diarrhée s'arrêta. La plaie se cicatrisait lentement ; une éruption psoriqne s'étant manifestée sur toute l'habitude du corps, cette piaie se ferma, et le malade fut en peu de jours conduit à la guérison. M. Moulaud croit pouvoir rapporter à la répercussion d’une éruption analogne Ja cause de l’anévrisme de Fassi. Quoi qu’il en soit, ce marin fut en état de sortir de Phôpital le 26 avril 1816; il avait repris de Pembonpoint ; l’action mascnlaire et toutes les proprictés vitales s’étaient rétablies dans le membre lésé *, » | | (a) Berger (Francois) , tailleur de pierre , âgé de quarante-cing
ans, d’une constitution forte et saine , L'an tempérament sanguin ét nerveux, d’un caractère extrêmement irascible et impatient, jonissait d’une santé qui n’avait jamais été altérée qne par huit ou dix écoulemens vénériens et deux fois la gale, qu'il avait contractés dans sa jeunesse, et dontil se tronvait parfaitement guéri. Ayant fait au mois de juin 1815 un effort pour soulever une planche dont une extrémité était appuyée sur l’aîne gauche, il ressentit dans cette partie une dou leur trés-vive, mais qui ne fut que momentanée. Elle ne l’empécha nullement de continuer son travail ce jour-là et les snivans. Au bout
de deux mois , Berger sentit à l’aine ganche, à deux pouces au-dessous
* Bulletins de la Faculté de Médecine de Paris et de la Soeidté établie dang son sein, t v, pe 935. Années 1825 et 1810,
externe. Cette incision doit être située à environ un pouce et demi de l’épine antérieure
me
des ligamens de Poupart, une tnmeur du volume d’une noisette , parfaitement indolente , et à laquelle même il porta peu d’attention. Cetie tumeur fit des progrès presque insensibles jusqu’au mois de juin 1816. A cette époque, le malade ayant fait un nouvel effort pour soulever une planche, la tumeur acquit le volume d’un œuf de poule. Enfin, il y a environ trois semaines qu’il tomba snr la rampe d’un large bassin de cuivre employé pour la cristallisation du salpêtre. Dans cette chute, le poids da corps porta, par une sorte de fatalite, sur la région inguinale gauche : la tumeur prit alors un tel développement que Berger en concut quelques inquiétudes , ce qui le décida à consulter un chirurgien qui, ayant reconnu la maladie , lui conseilla d'entrer à l’Hôtel-Dieu. Il vint dans cet hôpital le 23 août 1816 : la tumeur, située à l’aîne gauche, avait alors le volume et la forme d’une grosse poire, dont la base était tournée en hant et le sommet en bas et en dedans , commencant un peu au-dessus de l’arcade crurale ; elle s’étendait à quatre pouces au-dessous ; sa largeur était de deux pouces et demi; elle présentait des mouvemens de dila~ tations et de resserrement isochrones à ceux du pouls. Si l’on exer= ¢ait une compression au-dessus de la tumeur, sur un point de l’artère iliaque externe, on suspendait toute espèce de battement dans la tumeur , et l’on faisait diminuer son volume. Si l’on exercait la compression au-dessous d’elle, ses battemeus paraissaient plus forts, et la tumeur plus volumineuse ; la compression pratiquée sur la tüumeux elle-même la faisait en partie disparaître, et l’on sentait alors que les parties étaient inégales ou de consistance cartilagineuse. D'ailleurs, la tumeur éthit parfaitement indolente, et la peau n’offiait aucun changement de couleur. Comme cet homme était habitué à Vusage du vin, on lui ‘en donna un demi-litre, et on le mit à la portion,
Deux méthodes de traitement s’offraient naturellement, la ligature et la compression ; si cette dernière ne réussissait pas, elle devait avoir lavantage de préparer le succès de la première ; l'application, de la glace sur la tumeur devait aussi favoriser le succès de la
" +, «RCE À ———
et supérieure de V’iléon, vers la ligne blanche; son extrémité inférieure se terminera à en-
PR EE OT EEE SE à OS SG à
compression par la concretion du sang contenu dans la tumeur. On rasa la partie, et, pendant plusieurs jours, M. Dupuytren se contenta (observer la tumeur; mais s’étant bientôt convaincu , par plusieurs essais , de la facilité avec laquelle on pouvait comprimer'. Viliaque externe sur la surface du corps du pubis, et suspendre entièrement la circulation par l'application du doigt indicateur, il ft faire une machine au moyen de laquelle un appui étant pris sur le sacrum, il n’y eut en avant qu'un seul point de comprimé ; savoir, la partie de Viliaque externe qui répond à Ja face interne du torps du pubis. Cette machine était formée par une large plaque de fer qui avait huit ou dix pouces de hauteur, et dont la largeur était égale à celle du bassin. Elle présentait une concayiié qui s’accom- ! modait à la convexité de celui-ci. De ses parties latérales partaient deux peanebes ans arrivées au niveau du périnée , se réunissaient pour n’en former plus qu’une seule. Celle-ci remontait en avant ‘et à gauche jusqu’au - dessus de l’arcade crurale, où elle se termi= nait par une mortaise à laquelle on pouvait adapter une autre pièce de fer que l’on faisait mouvoir à droite ou à gauche, ét qu'on fixait au moyen d’une vis très-courte. Elle offrait à son extrémité contournée à gauche, deux longues tiges de fer soutenant une vis de pression terminée inférieurement par une pelote qui avait deux pouces de hauteur sur un ponce et demi de largeur ; sa direction était telle qu’elle exercait sur la fin de Viliaque externe, dans le lieu où cette artère correspond à la face interne du corps des pubis y une compression d’avant en arrière, de haut en bas et de droite à gauche. Ceite machine était recouverte de toute part de peau de ehamois , et en arrière d’un large coussin. Ce fut le 2 septembre que l’on en fit l’application ; on placa sous le jarret gauche du malade un conssin pour tenir le membre inférieur constamment dans la demi-flexion; la pelote de ja machine fut appliquée à un pouce environ au-dessus de la tumeur anévrismale ; et la circula= tion étant parfaitement suspendue ‘ainsi que les battemens de la
tumeur, on appliqua sur celle-ci de la glace pilée enfermce
viron un demi-pouce au-dessus du ligament de Poupart. Les bords de celte incision des
dans une vessie de pore et qu'on renouvelait. Toutes Jes parties voisines furent recouvertes de drap en plusieurs doubles, de telle manière que la glace ne pouvait agir que sur la tumeur ellemême.
La compression exercée par cette machine présenta plusieurs inconvéniens. Les battemens de la tumeur anévrismale qui, lors de l'application récente de cette mécanique, étaient exactement suspendus, reparaissaient aussitôt que le malade parlait, toussait, ou bien au plus léger mouvement. Son corps, quoique placé sur un plan horizontal , glissait vers les pieds du lit et dérangeait la compression. Enfin celle-ci, lorsqu’elle était exacte , devenait si douloureuse pour ce malade, qui s'impatientait de tout, qu’il pouvait à peine la supporter pendant quinze on vingt minutes, surtout si l’on faisait en même temps les applications de la glace. Il supportait quelquefois la compression pendant une demi -heure lorsqu'on l’exercait seule , la glace rendant les donieurs presque intolérables. Le malade comparait {eur effet tout à-la-fois à um sentiment de brülure et de déchirure , qui persistait encore plusieurs minutes après la cessation de leur emploi. Ces douleurs étaient évidemment dues à la compression du nerf crural. M. Dapuytren fit subir à cette machine plusieurs corrections; mais comme elle avait l'inconvénient de ne point faire corps avec le malade, et le bassin glissant toujours vers le pied du lit, la compression ne pouvait point étre exacte et continue ; elle ne fut exercée que jusqu’au 18 septembre. Les dou= leurs devinrent alors si intenses , qu’on fut contraint d'abandonner la compression.
La tumeur ayant diminné d’ane manière manifeste, M. Dupnytren permit au malade de se lever. Cet homme éprouva en marchant un sentiment de gêne et de roideur dans l’articulation femoro-tibiale gauche , qui fut dissipé au bout de quarante-huit heures. Les diffis cultés qu’il fallait vaincre pour exercer une compression constante et dans le lieu que j'ai indiqué, loin de faire renoncer à cette
mcthode , fournit l’idée d’une nouvelle machine plus simple que la
DES ARTERES ET DES VEINES. 22% tégumens étant écartés, VPaponévrose du muscle oblique externe se trouvera a dé-
première, analogue au bandage de Camper , et construite d’après Jes mêmes principes. Elle consistait en une bande d’acier élastique , formant les cinq sixiémes d’un ovale; l'extrémité droite , assez large, prenait un appui sur la hancbe du même côté; l’extrémité gauche, plus étroite et contournée de haut en bas, d’avant en arrière et de droite à gauche, offrait, à six pouces de sa terminaison, une petite peiote dont les dimensions étaient absolument semblables à celle dont j'ai déjà parlé dans la description de la première machine, et répondait parfaitement au point où l'artère iliaque externe passe sur le corps du pubis ; ce bandage exercait la compression par son élasticité et au moyen de deux sous-cuisses qui, partant de la partie postérieure dé l’ovale qu’il représente , venaient se fixer en avant à deux petits boutons de cuivre ; ’extremité gauche, qui était un peu relevée en avant, et qui se prolongeait de gauche à droite , formait un levier au moyen duquel on pouvait facilement graduer la compression, qu’on modifiait à l’aide du sous-cuisse gauche percé de trous à trois ou quatre lignes de distance les uns des autres. Ce bandage était recouvert de toute part de peau de chamois, et l’on avait som de placer le petit coussin dans les lieux où il prenait ses points d’appui; ce fut le 28 septembre au soir que l’on commeuca à en faire l’applica= tion; il fut facile de voir que le bandage avait sur la première ma chine l’avantage de permettre au corps de faire tous les mouvemens , avantage qui donnait à la compression une exactitude et une fixité qui auraient certainement atteint le but qu’on se proposait si le malade eût été plus courageux et moins impatient. On recommenca les applications de glace pilee qu’on renouvelait aussi souvent qu'il était nécessaire ; la compression, qui pouvait être graduée et faite avec la plus grande exactitude au moyen du levier et du sous-cuisse dont j’ai parlé , n’était pas supportée par le malade plus long-temps que lorsqu'elle était exercée par la première machine ; il l’endurait même plus difficilement. Dix jours après l'application de ce nouveau bandage, cet homme demanda à être opéré par la ligature. Ce fat en vain qu’on lai fit sentir tous les avantages de la compression
couvert, ef on en fera la division dans toute l'étendue de la plaie externe. On introduira
et les dangers que ferait courir la ligature ; il se refusa à l’emploi du premier moyen, et sollicita ardemment l’operation.
M. Dapuytren, cédant à ses instances, remit l’opération à huit jours, et permit au malade de se lever. La tumeur anévrismale était alors réduite aux deux tiers de son volume , et la force des battemens notablement diminuce. Le 9 et le 10 octobre, le: malade éprouva des douleurs dans la tumeur anévrismale ; elles se firentsentir à son côté interne et s’etendaient jusqn’à la partie moyenne de la cuisse ; elies fevenaient par intervalle et avec assez de vivacité pour réveiller le malade en sursaut. Les douleurs de la tumeur avaient cessé le 13; mais à la partie postérieure de la cuisse, et suivant la direction du nerf sciatique , il survint des douleurs qui, quoique moins vives que les autres, avaient Île méme caractère. Le malade étant habituellement eonstipé, on lui administra ie 14 et le 15 des lavemens émolliens qui ne procurèrent que deux petites selles de matières dures et noires. L’opération devant êtré pratiquée le lendemain, M. Dupuytren prescrivit une once de sirop diacode, ce qui produisit un sommeil tranquille pendant six heures. On rasa Ja partie , et le 16 octobre l'opération fut exécutée.
L'appareil se composait de plusieurs bistouris convexes. sur le tranchant, d’un bistouri boutonné droit, d’une sonde cannelée , de deux stylets aiguillés, enfin de larges rubans de fils cirés, de plusieurs autres ligatures, de l’aigniile à manche de M. Deschamps, de pinces, de ciseaux, de plusieurs petits cylindres de linges et d’éponge:
Le malade étant dans une position horizontale, M. Dapuytren, placé à sa gauche, pratiqua au - dessns de l’arcade crurale gauche et en dehors du cordon des vaisseaux spermatiques une incision qui, partant à un pouce de l’épine du pubis , fut prolongée obliquement jusqu’à un demi-pouce au-dessous de l’épine antérieure et supérieure de l'os des iles ; la peau , l’aponévrose et les muscies qui forment Ja paroi abdominale ayant été coupés couche par çouche et avec beaucoup de précaution, on trouva ensuite du tissu cellulaire jaunâtre et légèrement injecté, mais d’une densité et d'une résistance
SAR Tr dei
alors le doigt au-dessous des bords inférieurs des muscles oblique interne et transverse,
CR, go ro
très-remarquables , et intimement confondu avec un grand nombre de glandes lymphatiques qui enveloppaient l'artère iliaque externe et adhéraient intimement avec elle. Cette circonstance augmenta les difficultés pour parvenir à mettre l'artère à découvert. Non-seulement il {allat enlever le tissu cellulaire couche par couche , mais encore, pour favoriser cette dissection pénible, il fallut faire, au moyen des cis seaux, à l’aponévrose, fortement tendue, plusieurs petites incisions. transversales à la première. L’artére ayant été dégagée en dehors du tissu cellulaire qui l’environnait, M. Dupuytren la sépara en dedans de la veine iliaque au moyen du doigt indicateur, et avec beaucoup de précaution, il parvint à la soulever avec ce même doigt, pendant qu’un aïde engageait au-dessous d'elle la sonde cannelée. M. Dupuytren, comprimant alors l'artère entre la sonde et l'indicateur , suspendit tout battement dans la tumeur ; bien convaincu par cette manœuvre que l’artère était saine, la première li« gature fut placée à un demi-pouce environ au-dessus de la tumeur anévrismale, au moyen d’un stylet aiguillé conduit dans la cannelare de la sonde ; on engagea la ligature d’attente de la même manière , un demi-pouce plus haut. L’opératenr souleva ensuite l’artère à Vaide de la première ligature, et plaçant le doigt indicateur de la main gauche par-dessus , il suspendit de nouveau la circulation: l’artèré ayant d’ailleurs été parfaitement isolée, on ne pouvait commettre dé méprise, La ligature fut alors serrée immédiatement et sans aucune interposition de corps étrangers ; elle ne le fut que médiocrement, et cependant assez pour suspendre tout battement dans la tumeur. La première ligature fut placée dans l'angle inférieur de la plaie, la ligature d’attente dans l'angle supérieur ; l’on enveloppa l’une et Vautre d’une petite compresse; la plaie fut pansée avec un linge troué et enduit de cérat , que l’on recouvrit de charpie fine ; des compresses triangulaires et le spica de l’aine complettèrent l’appareil, Ce qu’il y eut de remarquable pendant lopération, c’est que le malade, contractant fortement les muscles de l’abdomen, les bords
de la plaie étaient presque mis en contact, et le péritoine , repoussé
de manière à protéger le péritoine, tandis que opérateur divisera ces muscles avec
en dehors par Jes intestins , venait se présenter sous le bistoufi : ces circonstances obligèrent un aide à reponsser le péritoine et les intestins d’une main, tandis que de l’autre il tenait les bords de la plaie écartés.
Le malade supporta l'opération sans proférer la moindre plainte ; mais il éprouva des envies de vomir et une légère syncope.
Après le pansement , il fut transporté dans son lit, la tête élevée par des oreillers , les cuisses et les jambes fléchies sur le bassin ; un coussin fut placé sous les jarrets ; on enveloppa le membre gauche abdominal de sachets remplis de cendres chaudes qu’on reconvrit de draps. On prescrivit pour boisson infusion de fleurs de tilleul et de feuilles d’oranger édulcorée, et pour aliment deux bonillons,
Pendant toutle cours de la journée, le malade n’éprouva aucun engourdissement dans le membre; la sensibilité et la myotilité se conservèrent dans toute leur plénitude; la chaleur ne diminua pas un seul instant dans le membre, et Je malade y éprodvait même une sensation de chaleur supérieure à celle du côté opposé. L’application de la main n’y faisait remarquer aucune différence ; cepen~ dant la figure était décomposée. Berger éprouva des douleurs assez vives à l’abdomen et principalement à la région épigastrique , avec une éructation presque continuelle. Au milieu du jour, i ressentit une chaleur générale , un peu de soif ; la face se colora fortement; le pouls devint fréquent et dur; le soir, la région épigastrique était distendue , ballonnée; le malade était dans une anxiété extrême. M. Dupuytren prescrivit deux pots d’infusion de camomille et d’anis édulcorée , et des frictions sèches sur la région épigastrique. En outre , il ordonna de pratiquer une saignée s’il se manifestait des symptômes de congestion vers le cerveau. Il y eut pendant la nuit des douleurs fixes à la région épigastrique avec éructation d’une grande quantité de gaz.
Le lendemain au matin , le membre jouissait toujours de toute sa sensibilité et de sa mobilité. La chaleur étant supérieure à celle du
. eet DES ARTÈRES ET DES VEINES 225
un bistouri ordinaire ou boutonné. On passe ensuite l'indicateur derrière le péritoine , jus-
‘membre opposé. On dra les sachets de sable chaud, et l’on se contenta de Venvelopper de draps. Les douleurs de l’épigastre étaient toujous trés - vives ; l’estnmac se trouvait si distendu par des gaz, qu’il se dessinait à travers les parois de l'abdomen; il y avait éructation d’une grande quantité de fluides elastiques. Le pouls paraissait moins développé que la veille, La face était grippée ; la langue sèche et couverte, ainsi que les lèvies ei les dents, d’un enduit noirâtre, On prescrivit une potion d’eau de menthe A prendre par cuillerée avec un peu de sucre, On donna un lavement composé d’une decoction de deux onces de tamarins dans huit onces d’eau ; mais comme il ne produisit aucune évacuation > on en admi= Mistra un second fait avec deux onces de tamarins dans dix onces d’infusion de camomille, Celui-ci fut rende pea de temps après, coloré par les matières fécales ; il provoqua l'issue de quelques vents qui soulagèrent le malade momentanément et lui procurèrent quelques instans de sommeil. La douleur de l'épigastre se renoue vela bientôt; elle était toujours accompagnée d’ane abondante éractation de gaz par la bouche,
Au milieu da jour, la face se colora fortement, le pouls devint dur et fiéqnent, la douleur de l’épigastre s’étendit aux bypoe condres. M. Dupuytren prescrivit une saignée du bras , de deux palettes et demie, des lavemens émolliens et une limonade végétale. Ces moyens procurèrent quelques heures de sommeil.
Le soir, il y avait un peu de trouble dans les idées , le malade ne conservait aucun souvenir de ce qui s'était passé pendant la journee. La région épigastrique était toujours douloureuse, distendue , et résonnait par Ja percussion. Il se faisait par la bouche un dégagement presque continuel de gaz ; la langue était rouge et sèche, le pouis dur et fréquent. Une seconde saignée de deux palettes fut pratiquée pour combattre le trouble des idées , et l’on administra des lavemens émolliens. L’on introduisait souvent dans le rectum une sonde de gomme élastique pour favoriser la sortie des gaz, I