‹ Traité des maladies des artères des veinesChapitre 15 sur 49 · IT · texte numérisé non relu

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currente, à travers les larges rameaux du pied, peut, dans quelques cas, être assez

leur était tres-violente, cette partie se tuméfiait, Le mouvement de l’articulalion était un peu gêné.

24 octobre. L’incision ordinaire pour l’anévrisme po= plité fut pratiquée, et on appliqua autour de Il’artere une seule ligature dont les extrémités furent coupées tres-pres. Les bords de la plaie furent rapprochésau moyen de l’emplâtre agglutinatif; la substance qui servit de ligature fut de la corde de boyau, préalablement ramollie dans de l’eau à la température de 100 degrés, th. de F. Les membranes de l’artère étaient tres-relachées , en sorte qu’il en résulta quelque difficulté pour l’embrasser avec la ligature.

A cing heures et demie du soir , quatre heures environ après l'opération , le malade seplaignit d’une sensation de froid et de malaise dans le membre opéré. Sa température

offrait 80 degrés, et celle du membre sain 84. Le pouls battait soixante-seize fois par minute, il était plein et tres+ irrégulier, mais il ne fut pas sans intermittence.

25 octobre. La nuit ne fut pas tres-bonne; le matin, Je malade allait passablement : le membre opéré conservait 84 degrés de température ; celle du membre sain ne s’élevait qu’à 92; le pouls offrait soixante pulsations et des intermittences , mais tres-rarement.

26 octobre. Le malade passa une bonne nuit et se trouvait mieux, quoiqu'il se plaignit encore parfois dé douleurs violentes dans la jambe ; la température du membre

affecte était de 89 degrés; celle du membre sain de 92 : le pouls offrait une intermittence toutes les dix ou douze pulsations,

puissante pour déterminer laccroissement d’un anévrisme développé sur une des artères

27. = Même état que la veille ; température du mem bre affecté, 89 degrés; ceile du membre sain, 87.

28. — La plaie fut pansée pour la première fois, et on la trouva complètement réunie ; le pouls variait beaucoup dans ses intermittences ; mais au total , elles étaient beaucoup moins fréquentes depuis qu'avant l’opération.

29. — Température du membre affecté, 89 degrés ; du membre sain, 37.

30. — Température du membre affecté, 89 degrés ; du membre sain , 93. La tumeur du jarret diminua considérablement et n’offrit aucun battement; on ne découvrit également aucune pulsation dans les artères tibiales anterieure ou postérieure , quoiqu’une libre circulation parit s’opérer dans les veines superficielles.

31,— Température du membreaffecté, go; du membre sain, QI.

1°7 novembre. Température des deux membres, gt de~ grés.

7 novembre. Rien de nouveau: très-peu de variations dans la température du membre, ou dans l’état de la tumeur anévrismale , qui continuait graduellement à diminuer, La plaie restait parfaitement réunie ei exempte d'irritation.

15 novembre. La tumeur continua à diminuer de volume et setrouva beaucoup plus molle : on ne découvrit aucune pulsation dans les artères tibiales antérieure ou postérieure ; la santé générale du malade parut très-

tibiales, lorsque la ligature a été appliquée a une certaine distance de la tumeur : cela pro-

bonne, et il commença à se promener dans la salle avec une béquille.

24 novembre. Il allait de mieux en mieux; il n’y avait aucune apparence d’irritation causée par les ligatures; nulle pulsation danses artères tibiales antérieure ou postérieure.

Trois semaines apres l’opération , le malade marchait avec l’aide d’une béquille, et dans le cours de la première semaine, il ne se plaignit que du froid dans le pied de ce côté et d’une douleur légère au talon.

17 décembre. Sasanté paraissait parfaitement bonne; il marchait sans l’aide d’un bâton ; la tumeur se trouvait réduite à un petit volume.

M. À Cooper avoue que la réussite de cette opération lui a causé beaucoup de plaisir ; le grand âge du malade, la simplicité de la méthode opératoire, l'absence de l’irri= tation constitutionnelle et conséquemment du danger, et le rétablissement tres-prompt du malade, lui font espérer que, par la suite, l’opération de l’anévrisme deviendra infiniment plus simple qu’elle ne l’a été jusqu’à présent,

On a peut-être attribué trop d'importance à la nature des ligatures; car , d’après mes recherches et mes expériences sur les animaux, je crois que c’est moins à la com position organique de ces liens qu’à leur forme, leur vor lume , leur nombre, la durée de leur séjouf , la force de Jeur constriction qu’on devrait s’attacher.

J’ai employé des ligatures de lin, de soie , de cordes de boyau , de parchemin , de peau de chamois, etc. , et leur

séparation s’est faite à-peu-près à la même époque pour

viendra de ce que le sang qui pénètre dans le sac par l’extrémité inférieure du vaisseau

les unes comme pour les autres , lorsque des circonstances particulières n’influaient pas sur leur séjour, ou lorsque la ligature ne comprenait dans son anse que le vaisseau seu lement. Dans l’observation suivante . on verra que la higature , quoique composée de deux brins de fil de lin, a parfaitement atteint le but que se proposait l’opérateur , et que la guérison a été prompte, sans qu’on ait cherché à réunir la plaie par première intention.

L'opération a été faite par mon ami M. J. Aussandon , docteur en Médecine, auquel je servis de second, et en présence de M. le professeur Dupuytren, et de MM. les docteurs Biett, Manry et Rey.

Henry Brunlet, âgé de quarante-deux ans, charpentier, d’un tempérament sanguin et nerveux, d’un caractère irrascible , s’était livré avec exces aux plaisirs vénériens, et contracta , il y a vingt ans, une syphilis caractérisée par des chancres, un bubon, des pustules et une blennorrhagie. Il fut traité à trois époques différentes par les frictions mercurielles. Vers le commencement de cette année, il ressentit dans le jarret droit une douleur assez vive; la main ne put y reconnaître aucune grosseur; mais un mois apres, une tumeur du volume d’un œuf de pigeon exis= tait dans ce point. Deux chirurgiens furent consultés, et la maladie fut reconnue par l’un d’eux, qui conseilla à Brunlet de se rendre à Paris pour se faire opérer. Il n’en fit rien , etcontinua de se livrer à ses travaux ordinaires. Pen=.

dant quatre mois et demi la tumeur n’augmenta pas sensi=.

blement de volume, lorsque le malade fit un voyage dequeés

passe ensuite, en traversant le sac, dans les branches qui naissent de l'artère entre l’ané-

ques lieues pour affaires de son état. En voulant charger sur une voiture des pièces de bois d’une pesanteur considérable, et se trouvant mal secondé par les personnes qui se trou~ vaient avec lui, il fit de violens efforts et s’abandonna à un acces de colère. Des cet instant, et dans l’espace de vingt-quatre heures, la tumeur acquit le volume d’un gros œuf de poule. Jusqu’a cette époque l’anévrisme, qui n’avait fait éprouver que des douleurs peu vives, en fit ressentir de tres-violentes, et le malade se décida à se rendre à Paris pour se faire traiter. Il y arriva te 2 juillet 1818, et peu de jours après je le vis avec M. Aussandon: nous jugeames l’un et l’autre que la maladie était un anévrisme de l’arière poplitée, que l’opération était indispensable , et qu’il était urgent de la pratiquer, car la tumeur et les souffrances du malade allaient toujours en croissant. On prescrivit des boissons délayantes, et la veille de l’opération , M. Aussandon crut devoir pratiquer une saignée du bras.

Le 6 juillet, asept heures du soir, l'opération fut faite de la manière suivante: le malade, placésur un lit et couché sur le dos, Cans une direction horizontale, Popérateur fit une incision à la partie antérieure et interne de la cuisse, un peu au-dessus de ja partie moyenne de sa hauteur, et dans la direction du bord interne du muscle couturier, qu’on porta légèrement en dehors. Une petite artère musculaire fut intéressée et liée immédiatement, L’artere fut mise à découvert à l’aide du bistouri et de la sonde cannelée. Après l’avoir convenablement isolée, on passa la sonde sous elle, et à l’aide d’unsstylet en ai-

vrisme et le siége de la ligature. On doit done chercher, dans tout anévrisme qui est dû a

guiile, qu’on dirigea le long de la cannelure du premier instrument, une ligature fut placée autour de l’artère fémorale, La sonde et le stylet retirés ,et prenant les bouts de la ligature d’une main, de l’autre pressant avec l’index sur le côté antérieur du vaisseau, on interrompait à volonté la circulation dans cette artere, et l’on faisait cesser ou reparaître les battemens de la tumeur en comprimant ou cessant de comprimer de la sorte l’artere crurale. Enfin on serra et on noua la ligature. Aussitôt toute pulsation disparut dans la tumeur. Deux ou trois cuillerées de sang, tout au plus, furent répandues pendant l’opération. Le malade montra beaucoup de calme et de courage; mais peu d’heures apres, un mouvement d’impatience de sa part occasionna de l’agitation, et il survint un peu de fièvre pendant la nuit. On prescrivit une potion calmante , et pour boisson, de l’eau de groseilles. On ne chereha point à séunir par premiere intention , et la plaie fut pansée a plat.

Il se manifesta, pendant plusieurs jours, une fievre assez intense et de l'agitation ; le pouls s’éleva jusqu’à cent vingt pulsations par minute ; il y eut de l’insomnie et quelques symplômes nerveux ; mais les boissons délayantes et acidulées, les doux minoratifs et les légers anti-spasmodiques. dissipérent heureusement ces accidens. Le membre opéré offrit pendant assez long-temps une température plus élevée que celle du membre opposé ; mais peu à peu l’équilibre se rétablit. Des le troisième jour apres l’operation on put remarquer que la tumeur anévrismale dimi~. guait sensiblement ; vers cette époque une rougeur éryst=.

une des arteres tibiales; au-dessous de la par~ tie moyenne dela jambe, à lier le vaisseau aussi près que possible du sac. On m’a assuré que lartére tibiale ayant été liée à la partie moyenne de la jambe, pour un anévrisme

pélateuse se manifesta à la partie antérieure et supérieure de Ja cuisse ; elle donna plus d’intensité à la fievre, et bientôt après un phlegmon se forma dans le même pointet se termina par suppuration. Les cataplasmes émolliens , les Jaxatifs en boisson, enfin une position convenable et une douce compression exercée pour favoriser l'issue du pus, ce fin à cette complication.

Apres s'être m:nifesté à la cuisse et s’être terminé par suppuration, l’érysipele survint à la face et envahit successivernent les diverses régions de la tête. Mais dix-sept jours apres l’opération il était à son déclin : la plaie était belle, elle se réunissait vers son angle supérieur , ét en soulevant la petite compresse aqui contenait les bouts de la ligature, on vit que celle-ci ne tenait plus et l'on en fit Vextraction. Alors on rapprocha les bords de la FEES avee des bandelettes agglutinatives.. 3

Le 25 juillet et le 10° jour de lopération, le malade avait retrouvé toute sa gaîte , ‘et la plaie marchait vers sa réunion. +$

Le 10 août la cicatrisation était complete; toutes les fonctions du malade s’exécutaient bien ; il avait repris son embonpoint antérieur ; la tumeur anévrismale se trouvait véduite à un noyau de la grosseur d’une noix, On ne sentai, aucun battement dans l’artere pédieuse.

( Note du Traducteur:}

DES ARTÈRES ET DES VEINES. 281 situé à Particulation du pied, la pulsation et l'accroissement de la tumeur n’en avaient pas moins continué après l’opération.

‘On peut lier Partére tibiale postérieure à la partie moyenne de la jambe, en faisant une incision longue de trois à quatre pouces aux tégumens, sur le bord interne du tibia.

- Le muscle solaire doit être détaché du tibia dans toute l'étendue de la plaie externe. Le fascia qui s'étend du tibia au péroné et qui couvre les niuscles profonds de la jambe, sera mis ainsi à découvert. L’artére marche sous ce fascia sur les muscles tibial postérieur et fléchisseur des orteils. Lenerftibial est situé sur le côté péronier de l’artére , qui se trouve entre deux veines. Sur le cadavre , cette operation s’exécute avec facilité; mais pendant la vie , elle est rendue difficile par la résistance des muscles, et elle exige une division étendue du muscle solaire et de l’aponévrose qui recouvre l'artère. |

Derrière l'articulation du pied, lasituation de l’artère tibiale postérieure est très-superficielle : elle se trouve plus près du talon que les tendons des muscles tibial postérieur et fléchisseur des orteils. Elle conserve la même position relative, par rapport à ses veines etau nerftibial, qu’à la partie moyenne de la jambe.

L’artère tibiale antérieure peut être liée aux parties supérieure et moyenne de la jambe, en faisant une longue incision aux tégumens sur le bord péronier du muscle tibial antérieur. On divisera ensuite l’aponévrose dense qui va du tibia au péroné, dans toute l'étendue dela plaie externe. Le muscle tibial antérieur sera séparé de l’extenseur des orteils. L’artére se trouve sous ces muscles et sur le ligament interosseux; elle est accompagnée de deux veines et d’un nerf; le nerf, en général, s’étend sur l’arteére.

À quelques pouces au-dessus de larticulation du pied, la situation de lartère tibiale autérieure est plus superficielle. Elle marche sous les tégumens et le fascia, entre les tendons de l’extenseur du pouce et de l’extenseur commun des orteils (1).

rence

(1) Cas d’anévrisme poplité dans lequel un procédé particulier pour l’oblitération de Vartere fémorale fut employé avec succès.

Le professeur Assalini de Milan (*)a fait connaïtre une nouvelle méthode d’oblitérer les artères pour la guérison des anévrismes. L’instrument qui sert à la compression de l’artere ressemble aux pinces de M. Percy, dont j'ai

(+) Voyez Manuale di Chirurgia »p- 81. Milan , 1812,

*parlé dans la premiere partie de cet ouvrage. Il consiste

en deux branches d’argent , courtes , unies ensemble à la inauiere des pinces ordinaires à pansement. Les extrémités des branches entre lesquelles l’artere est comprimée sont larges et aplaties. Un ressort composé d’une pièce d’acier élastique, est attaché à l’autre bout de l’une des branches , et ce ressort, en pressant sur la branche opposée, retient en contact les extrémités aplaties de Pinstrument. Le degré de pression est régularisé par une vis qui passe dans Je manche de l'instrument.

Un homme âgé de cinquante -un ans portait un anévrisme poplité qui, le 2 novembre 1811 , était parvenu à un volume considérable. La compression ayant été essayée pendant plusieurs jours, on procéda à l’opération, en divisant les tégumens qui recouvraient les vaisseaux fémoraux sur le côté interne du muscle cou-. turier. L’artere fémorale étant bien découverte, on la placa entre les branches du compresseur, sans toutefois la soulever de sa place, L’action du ressort du compresseur , sans l’emploi de la vis , fut suffisante pour arrêter la pulsation dans l’anévrisme ; mais le jet du sang dans la portion supérieure de Vartere communiquait a l’instru— ment une oscillation tres-sensible. Les bords de la plaie furent aussi rapprochés que le permit l’intervention de l'instrument, qui était environné de charpie Le malade fut tranquille pendant le jour et la nuit suivante. Trentesix heures apres l’opération, il se manifesta un leger. degré de fièvre. Le pouls était dur et frequent, mais la peau était moite et la jambe dans son état naturel. Il y avait une tres-légere pulsation dans la tumeur. Gomme il parut alors que le ressort de instrument n’était pas.

ù 284 MALADIES

rT EE . , suffisant pour résister à Vimpulsion du sang en circu=

Jation, et pour maintenir en contact les parois de Vartere , on augmenta la compression au moyen de la vis passée dans le manche de l'instrument. Par la, la circulation dans l'artère fut totalement interceptee. Le malsde n’éprouvait aucune douleur ni aucune autre incommodité, si ce n’est une sensalion de froid à l’articulation. Vingt - quatre heures apres que l’instrument eût élé resserré, on ne sentait plus de pulsation dans la tumeur , qui était devenue molle et qui avait diminué d’un tiers. Soixante heures apres le resserrement de l’instrument , on crut que les parois de l'artère étaient réunies, et que sa présence dans la plaie était inutile et pouvait entrainer des conséquences funestes, On résolut donc de desserrer d’abord la vis, mais de ne pas encore enlever le compresseur , afin de s’en servir au besoin. La compression sur l'artère ayant été discontinuée, on n’en découvrit pas davantage de pulsation dans l’anévrisme ; l’on retira l'instrument. Quatorze jours après l'opération, la plaie était guérie, et au bout de quarante jours, le maladé quitta l'hôpital. Sa tumeur était alors réduite au volume d’un petit œuf.

Le professeur Assalini assure que dans deux cas d’ané= vrisme poplité où il a employé ce mode d’oblitération pour l'artère fémorale , depuis l’occurrence du cas ci-dessus, linstrument n’est resté appliqué sur l'artère que pendant vingt-quatre heures. La pulsation n’a point reparu ensuite dans les anévrismes, et les malades ont été guéris très-promptement.

Hisioire d’une blessure de l ariere péronière lrattée avec

succès par M, George Guthrie.

La chirurgie des artères malades et blessées a fait dé tels progres depuis quelques années, qu’il este mai

peu de chose à ajouter aux principes sur lesquels reposent les opérations relatives aux vaisseaux les plus importans du corps humain. Les artères iliaques externe et interne, la carotide , la fémorale et Vaxillaire ont deja été liées plusieurs fois, et l’on a essayé souvent, mais jusqu’à ce jour sans succes, la ligature de l’artère sous-clavière.

L’individu qui fait le sujet de mon observation , Henri Vigarelie , fut blessé à la bataille de Waterloo par une balle qui perca la jambe droite, immédiatement derrière et dessous le condyle interne du tibia. Cette balle, se dirigeant inférieurement et devant une partie des muscles solaire et gastrocnémien, sortit en les traversant à une distance de quatre pouces trois quarts au-dessous de la tête du péroné, presque à la partie moyenne et du côte du gras de la jambe. Il est évident que, dans ce trajet, la balle doit avoir passé pres des artères tibiale postérieure et péronière ; mais comme il n’y eut que peu d’inflammation et point d’hémorragie immédiate, on considéra la plaie comme légere, Le dernier jour du mois de juin ; il sortit un peu de sang par la plaie; mais le 1°° juillet une hémorragie considérable eut lieu ; on la supprima par application du tourniquet, et elle ne reparut pas de suite après l’enlèvement de cet instrument, Il sortit néanmoins par intervalles du sang pendantla nuit, et il devint nécessaire de réappliquer le tourniquet, et de songer à ce qu’on devait faire après.

Cet individu avait perdu une grande quantité de sang par toutes ces hémorragies; son pouls était à cent dix pulsations ; la pean était chaude, Ia langue chargée , la figure tres-abattue ; le membre s'était tuméfié par suite de la pplication du tourniquet, et une grande quantité de sang coagulé s’etait infiltrée sous le muscle solaire et dans Je trajet des muscles, augmentant par là le volume du mem- , bre; il sortait du sang rouge par les deux ouvertures lorsqu'on interrompait la compression sur l’artère fémorale. En introduisant le doigt dans l'ouverture extérieure et en l’appuyant contre le péroné, on pouvait sentir dessous une petite tumeur anévrismale; la cessation de ’hémorragie qui existait alors indiquait, d’après toutes les pro= babilités, que l'artère péroniere était le seul vaisseau lésé.

Dans cette circonstance, outre la lésion de l’artère, il y avait une grande quantité de sang épanché entre les muscles, et l’on sait que cette complication est toujours dangereuse dans les plaies d’armes à feu accompagnées d’inflammation, parce qu’il en résulte une suppuration abondante des parties voisines, et fréquemment la gangrene: son évacuation est donc une considération importante , même quand l’hémorragie a cessé spontanément.

Le malade , couché sur le ventre, le gras de la jambe tourne en haut , je fis une incision longue de près de sept pouces dans l’axe du membre, en prenant l’ouverture de la balle pour point central, et la prolongeai, par des coupes successives à travers les muscles gastrocnémien et solaire, vers l’artère péronière, que je cherchai à découvrir; mais cela fut plus difficile qu’on ne le croirait apres qu’on eut fait une telle ouverture.

Les parties furent difliciles à séparer , à cause de l’in-

flammation qui était survenue , et celles qui étaient dans le trajet immédiat de la balle se trouvaient à différens degrés, depuis le sphacele jusqu’à l’état sain, selon l’effet produit sur elles par la balle, ou selon que leurs forces vitales avaient élé en état ou non de soutenir l’action du corps vuinérant.

La matière de la suppuration, mêlée de sang coagulé, cédait aisément sous l'instrument , mais 1l fut difficile de l'enlever, On distinguait la place par laquelle sortait le sang artériel; on ne put apercevoir l’artere; la profondeur de la plaie rendait à son égard toute opération difficile. Pour obvier à cet inconvénient , je fis une Incision transversale en dehors de l'ouverture de la plaie,

sur le bord du péroné , ce qui me mit en état de renver— ser deux petits lambeaux, et de me servir avec plus de facilité de mes instrumens. Je pus alors passer le £enaculum au-dessous de l'endroit d’où le sang sortait, et le soulever un peu, mais sans distinguer néanmoins l'artere blessée, à cause de l’état d’altération des parties, qui ne permettait pas de l’en séparer. Je passai en con séquence une petite aiguille avec deux ligatures à une distance suffisante au-dessus du tenaculum pour me faire croire qu’elle était dans les parties saines ; jen compris tres-peu dans la ligature, et l’hémorragie s'arrêta. J’en passai une autre de laméme manière plus bas et jeretirai le senaculum. Le coagulum , au-dessous du muscle solaire, fat enlevé ; la cavité fut neltoyée au moyen d’une certaine quantité d’eau tiede, qui fut injectée à travers l’ouverture externe ; la plaie fut doucement rapprochée par deux ou trois bandelettes d’emplâtre agglutinatif, et le membre enveloppé dans des linges constamment humec-

tés avec de l’eau froide Le blessé fui mis à la diète lactée.

Deux jours apres l’opération , on renouvela l’appareil; la plaie allait bien. On appliqua seulement deux bandelettes d’emplatre agglutinatif pour empêcher les parties de se séparer. Le lendemain , on plaça un cataplasme au lieu d’eau froide. Le qualrieme jour, comme ja plaie, quoiqu’ouverte dans toute son étendue, ne paraissait pas vouloir se séparer davantage, on discontinua les bandelettes, et l’on appliqua seulement un cataplasme. Les cinquième et sixième jours, la sappuration fut louable, et le huitième jour apres l’opération , les ligatures se détachèrent. Le membre n’éprouvait plus de tension, et la santé générale était bonne. |

Des -lors fa plaie marcha vers la guérison sans accidens, mais lentement. Un petit abcès se forma au bord interne et inférieur du muscle solaire ; il se ferma peu apres qu’on eut donné issue à la matiere qu’il contenait. La plaie était entièrement guérie au bout dé trois mois ; mais la jambe était fléchie sur la cuisse, et exigeait des moyens mécaniques pour son extension,

La longueur du pérone est de seize pouces; la cicatrice de la plaie faite par la balle est de quatre pouces trois quarts au-dessous de la tête du péroné ; le membre sain, à quatre pouces trois quarts au-dessous de la tête du péroné, a treize pouces trois quarts de circonférence. Le membre opéré n’a que onze pouces trois quarts, ce qui est une diminution de deux pouces. La longueur de la cicatrice est de six pouces et demi. L’artere a donc été liée, par supposition , à un pouce un quart au-dessous de l'endroit où elle naît ordinairemeni -de la tibiale postérieure.

Cet individu marche maintenant sans paraître boiter ,

Del Anévrisme par anastomose, et des tumeurs anomales qui proviennent des artères malades.

Cette affection particulière , appelée par M. John Bell (1) anévrisme par anastomose :

peut être rangée avec raison parmi les maladies des artères. Elle est formée par un amas de petites cellules dans lesquelles des artères

versent du sang, qui est ensuite reçu par des

veines ou d’autres artères, en sorte que sa structure est semblable à celle du pénis, du placenta ou dela rate; elle est en général accompagnée de pulsations ou d’une sensation de vibration qui ressemble à celle qu’on observe dans la varice anévrismale.

Dans quelques cas, cette maladie est Ia

temo

quoigu’il ne puisse faire beaucoup de chemin. II n’éprouve d'autre douleur qu’une sorte de crampe qui se fait par fois ressentir à la cheville du pied, et un peu de contraction aux orteils, quand il se lève le matin, ce qui dure une minute ou deux, jusqu’à ce qu'il les ait étendus avec sa main, Je n’attribue pas cet effet à l'opération , mais bien à la lésion de quelque nerf produite par fa balle dans son trajet à travers la jambe,

(1) Principles of Surgery, vol. «, p.450, et vol. 1e,

FE HE 2 EN) 9 elec.

suite d’une violence accidentelle, d’autres fois, elle résulte du développement de ces marques rouges ou défauts de structure de la peau qui existent au moment de la naissance.

Dans sa première période, la tumeur nest qu’une simple tache qui paraît être due à un amas d’artéres et de veines. Elle est alors consistante , et la vibration ne s’y peut distinguer ; mais à mesure que la structure cellulaire qui forme en définitif le volume de la tumeur , prend des développemens, elle devient plus compressible, et la pulsation y est plus manifeste. A la fin, elle semble consister dans une réunion de petits sacs ou poches d’une couleur pourpre ou livide, qui se rompent de temps en temps, et qui alors produisent une hémorragie abondante. La pulsation est augmentée dans la tumeur par toutes les causes qui accélèrent l’action du cœur et des artères. Elle diminue pendant le sommeil, et s’accroit par tout exercice du corps ou par une passion quelconque de l’âme, ainsi que pendant la menstruation. Quelquefois même une hémorragie périodique par la tumeur prend la place de cette dernière évacuation (1).

Tara

(1) Desauzr , Journal de Chirurgie, t 11, p. 71.

Selon M*ohn Bell, cette tumeur consiste en une réunion de petites artères, de veines absorbantes et de cellules intermédiaires. L'irritation ou l’action accrue des artères remplit de sang les cellules ; ce sang est repris par les veines dans les vacuoles, qui ne sont. peut-être elles-mêmes sous cette forme que les extrémitées dilatées des veines (1). Ce tissu ressemble à ce parenchyme imaginaire ou tissu cellulaire, que les premiers anatomistes croyaient être placé, dans toutes les parties du corps, entre les extrémités des artères et celles des veines. Dans quelques cas , les veines environnantes sont dilatées d’une manière remarquable, et forment le volume de la tumeur. M. Pelletan a trouvé une dilatation et une grosseur extraordinaire, non-seulement aux veines, mais aussi aux troncs artériels et à leurs branches, qui entretenaient la maladie (2). ay

Nous sommes redevables à M. John Bell de exposé le plus exact de cette maladie. La plupart des auteurs en rapportent toutefois des exemples , mais sous diverses dénominations. Dans presque toutes ces observations ;

(1) Principles of Surgery, vol. x; p- 457, etc.

(2) Clinique chirurgicale, t. ur, P: 50, 66, 68,

l'affection avait son siége aux tégumens de la tête , et provenait généralement de quelque marque congéniale ou défaut de la peau.

On doit toujours avoir recours à la prompte extirpation de ces tumeurs, quand elles ont leur siége sur des parties où l’opération est praticable. On doit aussi avoir soin que les incisions soient faites à une distance telle du mal, que Jes vaisseaux qui l’entretiennent soient divisés avant de s'être beaucoup ramifiés. Les artères sont très-larges et tres-nombreuses auprès de la tumeur; mais lorsque Yincision a lieu à une certaine distance d’elle, on divise les troncs au lieu de ces branches dilatées, et l’hémorragie est arrêtée d’une manière plus facile. L’enlèvement partiel de la tumeur par la ligature (1) ou par lapplication du caustique est, en général, suivi de son . accroissement.

La diminution de la force de la circulation dans la tumeur arréte non-seulement sa croissance, mais encore effectue sa guérison radicale. La connaissance de ce fait est d’autant plus importante , qu’elle met a notre disposition un moyen d'arrêter les progrès de la

(1) Foyez Peureran, Clinique chirurgicale, tome tr, p. 70.

tumeur quand, par son étendue ou sa situation, on ne peut lextirper. M. Travers ha l'artère carotide chez une femme dont Fœil avait été chassé de l'orbite par une tumeur pulsative qui remplissait la plus grande partie de cette cavité. La moitié supérieure de l’angle interne de l’œil était occupée par une tumeur vibratoire trés-compressible , donnant au toucher une sensation comme si elle renfermait de la laine , et offrant même une légère pulsation quand on la comprimait fortement. Les veines de la paupière supérieure étaient variqueuses par distension; la peau devenait extrémement tuméfiée sur le sac lacrymal, et les veines des ailes du nez paraissaient trés-distendues. La tumeur inférieure qui s’avançait audessus du trou sous-orbitaire avait une forme conique, et était trés-élastique au toucher.

La paupière inférieure était soulevée jusqu’à lPangle externe de lorbite, au-dessus de la partie supérieure de la joue. On pouvait vider ou repousser en arrière dans l’orbite cette tumeur inférieure; mais alors la pulsation devenait violente , et la douleur était insupportable par suite de la pression augmentée du globe de l'œil sur le fond et le côté de orbite. Une compression exacte des artères temporale , angulaire et maxillaire, ne pro-

duisait aucun effet sur Panévrisme. Au contraire, quand lartère carotide commune était comprimée, la pulsation cessait entièrement , et le bruissement de la petite tumeur devenait si obscur, qu'il était difficile de déterminer sil continuait ou non. La compression de la tumeur produisait une douleur insupportable , et les applications froides avaient été essayées sans succès. Eclairé sur les causes de la maladie, sachant le peu de risque. que l’on court à placer une ligature sur l’artère carotide, dans des circonstances favorables , et considérant surtout que Poblitération d’un tel canal devait, dans tous Jes cas, être suivi d’une diminution sensible et permanente de l'impulsion du sang destiné à Ventretien de l’anévrisme , M. Travers n’hésita pas à faire la ligature de l'artère carotide. J'ai décrit précédemment tout ce qui, pouvait avoir rapport a Vopération. Avant que la malade quittât la table, elle observa que la douleur était suspendue et que le bruit de la tête avait entièrement cessé. La petite tumeur sur l'angle de. l'œil était encore vibrante, mais d’une manière très-obscure. Le troisième jour après l’opération , on observa, au moyen d’un léger contact du doigt, une sensation de vibration dans les deux tumeurs:

par une forte compression , l’'inférieure présentait même une pulsation. Le cinquième jour , les tumeurs étaient considérablement diminuées, et l’œil se trouvait moins proéminent ; le globe oculaire communiquait une légère pulsation. Au bout de cinq semaines, les tumeurs, ainsi que la pulsation, étaient évidemment diminuées , et la malade était délivrée des douleurs cruelles qui l'avaient tourmentée pendant plusieurs années. Quatre mois après, le volume des tumeurs était bien moindre, de même que leur mouvement de vibration. Cinq mois apres l’opération, la malade fit une fausse couche qui entraîna une hémorragie considérable ; elle eut des syncopes, et resta dans un état de débilité extrême. Le lendemain matin, on remarqua que latumeur supérieure était aplatie et que la pulsation avait entièrement cessé. Dans le courant du mois qui suivit cet accident, la tumeur supérieure et le gonflement des tégumens entre les sourcils disparurent totalement ; l'œil faisait moins de saillie, la tumeur inférieure n’était plus élastique et n'offrait plus de pulsation. La malade resta pendant quelque temps dans cet état de faiblesse , qui fut encore augmenté par des évacuations de sang par les selles. Deux mois

apres, le seul vestige que l’on pit découvrir de Ja maladie était une petite tumeur du volume,d’un pois, à Pangle interne de loi] (1).

J'ai eu dernièrement occasion d'examiner cotte femme cinq ans après la ligature de l’artére carotide : elle est en parfaite santé et a eu trois couches depuis son opéralion. La guérison de l’anévrisme est si complète, qu'il est impossible de découvrir dans l'orbite aucune trace de cette maladie (2).

(1) Medico-chirurgical Transactions , vol. u, por

(2) L'opération entreprise par M. B. ‘Travers a eté tres-heureuse , et el'e semblait promettre contre le genre de maladie où on l’a mise en pratique un-moyen efhicace que le chirurgien aurait toujours à sa disposilion ; mais. l'expérience a démontré, en Angleterre comme en France, que la ligature des troncs SE CAL PES dont le branches nourrissent et servent au développement des tumeurs dont nous parlons n’ayait parfois aucune action contre ce genre de maladie. L'observation suivante pent en être la preuve.

Dumand ( Etienne) apporta en naissant deux petites laches rouges placées sur l’anthélix de Voreille. droite.

Un sentiment de démangeaison qu’il 'satisfaisait, un écoulement de sang peu abondant qui en était la suite, un léger défaut de proportion entre l'oreille de,ce côté, qui était plus large, et celle da côté oppose faventy jusqu’à Page de douze ans les seules choses qu’on observa.

Des cette époque ces taches s’étendirent, Fanthélix

Dans un cas semblable, on pourrait aider Ja guérison , après l'opération , par la diète et

tout entier , l’hélix et la conque de l’orcille furent en oe ; l'oreille dans toute sa région supérieure acquit un volume plus considérable , et même double de celui de Voreille gauche. De légers mouvemens de dilatation et d’affaissement alternatifs se firent observer. Elle prit generalement une teinte violette, une peau plus mince la recouvrit, et huit mois après que le malade se fut aperçu des de un mouvement violent imprimé à son chapeau suffit pour donner lieu à une hémorragie assez difficile à arrêter, même en tamponnant , et qui affaiblit le malade en même temps qu’elle diminua momentané-

ment le volume de la tumeur et les battemens dont elle

etait le siége.

Le malade, averti par l'augmentation de volume, de

mouvement et de chaleur dans sa tumeur que les exer-

cices de son âge en favorisaient le développement, s ’abslint des jéux et des plaisirs actifs.

Il se ceignit habituellement la tête d’un bonnet serré : qui produisait de la diminution dans l’étendue et dans ies battemens de l’oreille.

Deux hémorragies eurent lieu spontanément par la parte la plas élévée de l’anthélix , elles s’arréterent faci-- lement, l’une d’elle-même, l’autre par le moyen de … Pagaric.

Des astringens ne prodaisirent aucan effet sur la tumeur. Un onguent ne fut pas plus utile.

Le malade , contraint de se livrer à la profession active de charron, souffrait beaucoup dans le travail,

les saignées. La diminution de la tumeur, chez la malade de M. Travers, a été tres-

Une quatrième hémorragie dans laquelle il perdit une palette de sang, arrêtée par l’agaric, l’engagea à entrer à l'hôpital de Sens (28 juillet 1817 ). Le pavillon auriculaire était d’un volume triple de celui du côté cpposé , d’une épaisseur de quatre lignes supérieurement, d’un poids

tel, qu’abandonné à lui-même, la partie supérieure

venait en se courbant tomber au niveau du conduit au-

ditif externe ; il était agité de mouvemens de soulève-

mens de totalité, et d’une expansion et d’un affaissement successifs isochrones aux battemens du cœur.

Une tumeur , décrivant les trois quarts d’un cercle autour de l’insertion de l'oreille, soulevait jusqu’à un pouce

de distance dans la fosse temporale et dans la région

mastoidienne , le cuir chevelu bosselé, saillant de quelques lignes, se resserrant et se dilatant d’une mamiere semblable.

Une légère ulcération sur l’anthélix indiquait le point par lequel s’opérait ’hémorragie.

Une compression méthodique sur le trajet des arleres temporales , auriculaire et occipitale au moyen des tampons de charpie, n’ayant pu être supportée, la ligature des deux premieres fut tentée et n’eut pour résultat qu’une légère diminution dans les battemens et le volume de la tumeur.

Le vingt-unième jour apres l’apphcation de ces premières ligatures (treize jours après leur chute), une hémorragie eut lieu par la plaie de lanthelix; arrêtée

par la compression, elle se renouvela trois jours apres.

remarquable apres des hémorragies excessives de Putérus et des intestius.

On Varréta de nouveau par le tamponnement ; il se forma une escarre gangreneuse qui s’étendit à une grande partie de l’hélix et de la conque, et qui ne tomba que sept jours apres sa formation, et le trente-cinquieme jour de la ligature des artères temporale et auriculaire.

Huit jours apres ( quarante-trois jours apres la premiere opération ) on pratiqua la ligature de l’artere occipitale, et le malade guérit de cette nouvelle et infructueuse opération, retourna chez lui après trois mois de séjour à l’hôpital. :

Un nouvel accroissement dans le développement et cans les battemens de la tumeur ne tarda pas à le décider à venir à Paris essayer contre son mal les dernières ressources de l’art.

l’'Hôtel-Dieu le 3 avril 1818, any mois apres sa sortie de Vhépital de Sens.

L’oreille est plus haute des deux tiers que celle du côté opposé. Elle est déplissée, et n’offre, de la conque vers l’anthélix qu’une surface plane, violette ; on y voit Ja trace d’une cicatrice avec enfoncement léger. Le con-

Il entra

tour arrondi de cette surface est échancrée supérieurement dans le point correspondant à l’escarre gariprenense dont nous avons parlé, )

La pean qui recouvre ces parties, amincie, laisse voir a travers son lissu un réséau vasculaire à mailles laches et des cloisons séparant des espaces que le sang , particu- Jiérement dans le moment de diastole, colore a un reuge violet,

nl

Il ya une espèce de difformité congéniale qui ressemble beaucoup à l'affection dont je

CS

Ces cellules se dilatent , la peau se détend , le volume augmente, soit en not sens dans lequel il prend environ six lignes, soit en hauteur, qui est égale à deux pouces et demi à chaque contraction du cœur,'et la masse totale de l’oricule s’éloigne de la tête durant un temps égal à chacune de ces contractions.

Moins sentis et moins visibles, ces mouvemens sont eependant appréciables dans les régions RIRES et mastoidienne.

L’artère carotide primitive cesse-t-elle de battre par une compression exercée sur elle ; paleur de l’oricule , décoloration, flétrissure, diminution de volume et de température, mollesse, chute du pavillon de l’oreille vers la tête, son immobilité complete et cessation des battemens des arteres temporales. Le sang reprend-il son cours; sensation de chaleur et de mouvement, bruissemens et sifflemens.incommodes daris l’oreille » mouvement de soulèvement , dilatation , rougeur et tension s’étendant par secousses du centre à la circonférence dans la durée de huit à seize pulsations, réappariion des battemens artériels de.la fosse temporale.

M. Dupuytren considéra la tumeur comme étant formée par les artères lésées d’une manière anévrismatique; niais il y a de plus, suivant ce grand chirurgién , à leurs rameaux les plus extrêmes un entre- Jacement en mille sens divers, interceptant des espaces et figurant des cavités tout-a-fait analogues à la struc-

ture des corps caverneux ; il pense que la maladie

traite maintenant. Elle consiste en un amas de vaisseaux dilatés ou de cellules distendues

a sa source dans l’activité de la circulation capillaire. L’insuffisance des ligatures faites aux artères temporale, auriculaire , primitivement , et en second lieu à l’occipitale , prouve trop bien que le cercle anastomotique envi ronnant l'oreille est un obstacle insurmontable à la réussite de toute ligature partielle. On a cru devoir ici attaquer le mal dans sa source : on suspendait un instant seulement les battemens par la compression de la carotide externe , celle de la carotide primitive les arrétait sans retour; en conséquence on pensa que c’élait là qu’il fallait intercepter le cours du sang. Cependant on concevait de justes craintes que les anastomoses des vertébrales et des carotides internes , plus que suffisantes pour entretenir la circulation nécessaire à la vie ,.ne ramenassent avec elle ja force impulsive qui avait produit le mal. |

Les progrès rapides de la maladie, qui bientôt oteront au malade la faculté de se livrer impunément à l’exercice le moins fatigant et qui le tiendront dans lattente cruelle d’une mort prompte au moindre oubli des precautions les plus minutieuses , s’ils ne suffisent pas pour la produire spontanément , rendent la ligature de l’artère carotide primitive une ressource peu dangereuse par elle-même et une voie de salut qu’on serait coupable de ne pas essayer. Le bruissement et le sifflement continuels dont la tumeur est le siége seraient peut-être suffisans pour déteruiiner le malade à cette ligature,

L'opération fut pratiquée le 8 avril ; on fit à la peau une incision de deux pouces le long du bord in

302 MALADIES par lafflux du sang. M. Abernethy pense

que la distension et l’élargissement consécutifs

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