‹ Traité des maladies des artères des veinesChapitre 16 sur 49 · EE D RE PER R P · texte numérisé non relu

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terne du muscle sterno-cléido-mastoïdien , à trois travers de doigt au niveau du larynx, le tissu cellulaire environnant fut soulevé avec la sonde cannelée et divisé avec le bistouri jusqu’à ce qu’on eut isolé le tronc artériel, la veine jugulaire et les nerfs. On introduisit le même instrument derriere l'artère pour faire glisser dans la cannelure un stilet aiguillé portant un ruban ; alors la ligature, composée de deux brins de fil ciré, fut serree convenablement ; mais avant de la nouer , on ré- — péta plusieurs fois l’expérience de comprimer le vaisseau dans l’anse qui l’embrassait, et de faire cesser cette constriction, et par ces inanceuvres on yoyail cesser ou reparaître à volonté les battemens dans les vaisseaux des régions auriculaires et temporales, ainsi que dans la tumeur du pavillon de l’oreille.

Aussitôt que la ligature fut serrée, le malade éprouva une douleur vive dans l’une des dents petites molaires supérieures du même cote: c’est le seul accident primitif qu’on ait observé. La tumeur diminua beaucoup, cependant elle resta toujours d’un volume bien supérieur à celui de l’autre oreille. Lesoir, le malade se plaignit d’une céphalalgie frontale. On le saigna et on lui mit les pieds dans de l’eau ‘sinapisée; il prit pour tout aliment du bouillon, qu’il vomit; il se plaignit d’une sensation d’en= gourdissement dans tout le membre thoracique gauche.

Pendant la premiere nuit la douleur de tête. devint plus légère et diminua graduellement jusqu’au cinquième jour. Alors des picotemens et de la démangeaison à la

des vaisseaux dilatés dépendent de Faction :

inflammatoire des artères environnantes , de

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tumeur tourmentèrent le malade, qui ressentit aussi quelque douleur à la plaie. Le deuxième jour, le vomissement reparut; mais le sommeil fut constant pendant les nuits suivantes ; le troisième jour, rétablissement de l'appétit, dissipation de l’engourdissement du membre thorachique gauche et des battemens de la carotide audessous de la ligature, qui, dans les premiers temps de l'opération , battait avec une tres - grande force. Le cinquième jour, levée du premier appareil, bonne suppuration , diminution et affaissement progressif du pavillon de l'oreille. Le neuvième jour, il survint un léger acces de fièvre marqué par la fréquence, lélévation du pouls , la chaleur et la sécheresse de la peau, VY oppression , Vanorexie, un enduit blanchaire sur la langue; il est dissipé le lendemain par une saignée. Le onzième jour, chute de la ligature (toujours diète sévere et repos absolu ). Le dix-septieme jour, légers mouvemens d'expansion et d’affaissement du tissu .érectile de Voricule, quoiqu’il ait diminué d’un tiers; on fait une compression exacte avec de la charpie et des compresses trempées dans l’eau blanche, un petit foyer purulent est découvert au bas de la plaie de l'opération ; on le vide en pressant sur ses parois ; un peu de gêne de la poitrine , de chaleur de la peau et de fréquence du pouls sont combattus par l’application de vingt sangsues; on essaie pendant quelques jours de comprimer le pavillon de l'oreille en appliquant dessus une couche épaisse de plâtre de statuaire qu’on trouva fendue le soir même ‘par l’action

sorte qu’en diminuant cette action inflammatoire, on arrétera en même temps les prosrès de la maladie: Poblitération des vaisseaux dilatés sera aussi favorisée par une pression égalé et permanente. M. Abernethy rapporte quelques cas où ce traitement a été suivi de succès (1). La partie fut comprimée par des bandelettes agglulinatives, ou par des bandes constamment humectées avec une lotion propre à s’évaporer. Les tuineurs disparurent entièrement au moyen de ces remèdes continués pendant plusieurs mois, et la maladie fut guérie radicalement. Dans une des ob-

continue de la force d’expansion des vaisseaux ; on main= tent rapprochées par une bande placée autour de l’oreille les deux parties du moule de plâtre ; une douleur assez vive est produite par cet appareil ; cependant il amene une diminution dans la maladie. Le malade sort de l’hôpital apres y avoir reslé soixante-six jours. La tumeur était réduite à un tiers de son volume antérieur ; mais les mouvemens alternatifs d'expansion et d’affaissement ont reparu , ceux de soulèvement ne sont pas manifestes ; il v’existe plus ni bruissemens ni sifflemens dans l'oreille. (Note du traducteur. )

(1) Surgical observations on injuries of the head, and on miscellaneous subjects , p. 224 ; c’est-à-dire, Observations chirurgicales sur les lesions de la tête et sur divers sujets, etc.

DES ARTERES ET DES VEINES. | 505 servations de M. Abernethy, Vaffection ayant son siége à Porbite, l'emploi de Ja compression, dans une certaine étendue , était évidemment impraticable. La soustraction de la chaleur, par l’usage continuel @un “aude trés-évaporable, fit diminuer la tumeur pai deares, et au bout de quelques mois, il n'en restait plus aucun vestige (1). M.; Pelle ian a guéri une tumeur semblable située sur le front, par une pression constante . (2). Je donne maintenant des soins à un enfant chez lequel la maladie est presque guérie au moyen de la compression, La tumeur a son siége sur le cuir chevelu. Quand Venfant vint an

monde ; elle était trés-petite; mais peu après

la naissance, elle commença à faire des progrès rapides. Elle était d’une couleur pourpre,

et augmentait de volume quand lenfant poussait des cris. Par la pression, on pouvait la vider; elle n’offrait pas de pulsations, mais les artères et les veines qui s'y rendaient étaient dilatées d’une manière remarquable. Jai commencé la compression

(1) Ibid, p. 228. Un cas semblable est rapporté par

M. Boyer, dans son Traité des Maladies chirurgicales,

Lu, p« 269. | 2) Clinique chirurgicale , t. u , p. 68.

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sur la tumeur, depuis sept semaines, au moyen d’un morceau de carton fortement fixé par des bandelettes agglutinatives. La tumeur est déjà diminuée au moins des deux tiers.

Lorsque la situation du mal ne permet pas d'avoir recours à ’emploi des remèdes dont je viens de parler, il faut alors extirper promptement ces tumeurs.

Pott a donné la description d’une tnmeur particulière qui avait son siége au gras de la jambe, et dont l’origine pouvait être attribuée à une condition morbide ou à la rupture de lartère tibiale postérieure.

Elle avait commencé par une petite grosseur dure et profondément située, quelquefois trés-douloureuse et quelquefois’ très-peu, — ne gênant le malade que lorsqu'il prenait de l'exercice ; elle n’avait point altéré la couleur de la peau, au moins avant d’être parvenue à un très-grand volume; elle s’était accrue graduellement, mais en demeurant toujours dure et incompressible dans sa plus grande partie, à mesure que son volume augmentait. Ayant atteint un diamètre considérable , elle paraissait contenir un fluide que Pon pouvait sentir dans son fond, ou à Ja partie postérieure des os. Ce fluide paraissait peu abondant, et ne consistait qu’en

DES ARTERES ET DES VEINES. 907 une malière purulente mêlée de sang grumeleux (1). Dans les faits suivans, que j'ai en occasion d’examiner, les artères principales des membres étaient parfaitement saines : la maladie paraissait provenir de la rupture de quelques-unes des plus petites artérioles qui s'ouvraient dans la tumeur.

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