‹ Traité des maladies des artères des veinesChapitre 23 sur 49 · SECTION III · texte numérisé non relu

SECTION III

Varice anévrismale et Anévrisme variqueux.

Quand une veine est percée par un instrument tranchant qui divise en même temps l'artère soujacente, de maniére à former une communication directe entre les deux vaisseaux, communication par laquelle le sang passe de l’artére dans la veine, et dilate cette dernière comme un sac, on donne a la maladie le nom de varice anévrismale.

Cette aifection est caractérisée par une petite tumeur bleualre , circonscrite , formée par une veine dilatée , ayant un mouvement particulier, et accompagnée dun bruissement qui dépend du passage du sang par une ouverture étroite de Yarticre dans la veine

dilatée. En général, cette tumeur n’est pas plus grosse qu’une noix muscade, et elle est compliquée d’un état variqueux des veines environnantes , qui s'étend à une légére distance vers la partie supérieure du membre.

Elle disparaît entièrement par la pression , et quand le membre est élevé de manière à favoriser le retour du sang veineux vers le cœur , son volume diminue ainsi que sa pulsation ; mais lorsque le membre est pendant, ou lorsque la pression a lieu dans le trajet de la veine au-dessus de la tumeur, elle augmente alors de volume, et peut. acquérir à l'extérieur une grosseur considérable. Quand la veine est comprimée au-dessous de la tumeur, sa pulsation et son volume ne diminuent pas. Quand l’artére est comprimée audessus de la tumeur, la pulsation cesse immédiatement et ne revient qu’à l'instant où la compression est interrompue. Le tronc de l'artère, au-dessus de la varice, est considérablement élargi, et ses pulsations sont plus fortes que celles du membre opposé; mais la pulsation des artères au-dessous de la tumeur est plus faible que dans les vaisseaux correspondans de l’autre côté du corps.

La dilatation de Vartére au-dessus de la tumeur paraît être l'effet de cette propriété

en vertu de laquelle le volume des artères s'adapte à celui des parties qu’elles sont des~ tinées à nourrir. La quantité de sang qui, à chaque pulsation du cœur, passe dans la veine par la plaie faite à l’artère , est autant de pris sur celle qui est destinée à la nourriture du membre. Pour compenser cette quantité de sang qui sort par la plaie de ses parois, l’artère principale se dilate de la même manière que lorsqu’elle doit nourrir une tumeur contre nature.

Il est évident que la varice anévrismale peut survenir dans toutes les parties du corps où une artère est en contact immédiat avec une veine; mais son siége le plus fréquent est au pli du bras, à la suite d’une saignée mal faite. A l’exception des deux cas que je vais rapporter, je n’en connais qu’un seul autre où cette maladie ait existé ailleurs qu’au pli du bras.

On ne doutera pas, je pense, que dans les observations qui suivent , cette maladie n’ait eu réellement son siége aux extrémités inférieures. La première m'a été communiquée . par M. Barnes d’Exeter; j'ai eu occasion de recueillir Ja seconde.

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