‹ Traité des maladies des artères des veinesChapitre 26 sur 49 · JE · texte numérisé non relu

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tré ala Faculté de Médecine un grenadier chez lequel la maladie avait son siége audessous de la clavicule, et élait produite par une blessure de la grosse artére-et de la veine dans cet endroit. I} y avait en outre un tremblement évident dans toutes les veines superficielles du bras (1).

(1) M; Larrey (Mém. de chirurgie milit., tom. 1v , pag. 541) rapporte deux exemples de cette espece d’anévrisine variqueux.

Le premier fut offert par un invalide qui, à la suite d’un coup d’épée reçu à l’aisselie droite, eut une varice anévrismale dans tout le système veineux du bras. Lorsque le membre était abandonné à son propre poids, toutes les veines s’engorgeaient, et les plus saillantes donnaient des battemens isochrones aux pulsations des artères. Lorsque le bras était élevé sur la tête, les vaisseaux se désemplissaient, et les pulsations disparaissaient enliere~ ment.

Le second exemple de ce genre de varice anévrismale a cté fourni au chirurgien que nous venons de nommer par un grenadier de l’ex-garde, qui fut présenté à la Société de Médecine de la Faculte.

s« Cadrieux (Pierre), âgé de trente-deux ans, appelé en duel le 20 novembre 1811, reçut un coup de sabre à la partie supérieure de la poitrine, au-dessus de Karticulation sterno-claviculaire gauche : la pointe de l’arme, dirigée en arrière , en dehors et en bas, au moment où ce grenadier était fendu sur son adversaire, le bras tendu

DES ARTERES EY DES VEINES. 53973 La tumeur, qui est rapidement formée par la dilatation de la veine blessée, diminué en

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. et très-élevé, coupa uné portion de l’attache du musclé Sterno-mastoidien , le premier scalene, l'artère sous-cla— Vière très-avant sous la clavicule, la veine du même nom; et probablement aussi une grande portion du plexus bra~ chial. Une hémorragie foudroyante eut lieu au même insiant, et le blessé chancela; il fit néanmoins quélques pas pour gagner une maison Voisine du champ de bataille; mais il tomba bientôt én syncope et resta comine mort , étendu dans l’une des chambres de cette maison. Les assistans exercerent un point de compression sur la plaie ; on le réchauffa ; on lui fit prendre un peu de bon vin; enfin il fut rappelé à la vie ét transporté à l'hôpital du Gros Caillou, où il entra pendant la nuit. — ae Gras » À la visite du matin, ce blessé offrit tous les six genes d’une fin prochaine : il était froid comme le marbre; il avait le visage empreint de la paleur de la mort, les levres décolorées ; les yeux ternes , presque fermés j sa voix était téllement affaiblie > qu'on ne pouvait entendre ce qu’il articulail qu’en portant l'oreille sur sa bouche. La blessure, de plus d’un demi-pouce d’étendue, ne donnait point de sang ; on maintint ses bords rapprochés par des bandelettes agglutinatives , et l’on appli~ qua par-dessus une compresse trempée dans du vin chaud camphre, La clavicule du méme côté était effacée par une tumeur considérable qui se manifestait au - dessus et audessous , donnant des battemens isochrones au pouls : ces battemens étaient plus marqués dans la tumeur formée au-dessous de la clavicule. On sentait et on entendait en

peu de temps, quand les veines voisines sont assez dilatées pour permettre un libre passage

outre, plus profondément et dans la direction de la veine azillaire, un bruissement singulier , tel que celui que produirait un liquide qu'on ferait passer à travers plusieurs tuyaux tortueux et métalliques. Le bras était glacé, insensible et sans mouvement ni pulsations dans ses ar~ teres, pas même à l’axillaire ; le pouls du bras opposé était petit, et à peine sensible; cependant la respiration - était libre, et l’on n’apercevait aucun des signes qui carac— térisent l’épanchement de sang dans la poitrine. Maigré le peu d’espérance que nous offrait ce blessé, que ses an= goisses et son anxiété annoncaient être dans le danger le plus imminent ,.M. Larrey se hata de faire envelopper tout le bras malade dans une flanelle tres-chaude , ayant eu soin de le faire frotter auparavant avec de l’huile de camomille fortement camphrée. Des embrocations treschaudes avec le mème liniment furent faites sur toute l'habitude du corps. On lui fit donner de bon bouillon avec un peu de vin de Bordeaux, et pour boisson une infusion de camomille. Les forces et la chaleur générale se rétablirent graduellement.

ss A la visite du soir, on trouva le blessé agité, inquiet, et avec quelques symptômes de fièvre d’irritation. Le membre lésé était dans le même état, ainsi que la tumeur anévrismale ; mais les veines jugulaires du côté affecté s'étaient engorgées et donnaient des batiemens. On substitua à l’infusion de camomille une tisane faite avec le gruau et le chiendent, acidulée avec l'alcool nitrique , et édulcoréeavec du sirop. On prescrivit pour la nuit deux

sane ; et l’on prescrivit des lavemens émolliens. |

au sang. Le degré de dilatation des veines environnantes ainsi que le volume de la tu-

verres d’émulsion , et un chirurgien fut placé pres du blessé. |

% Le 22, au matin, la tumeur anévrismale , sans avoir augmenté de volume, donnait des battemens plus forts ; la veine jugulaire du même côté était considérablement dilatée ; les pulsations des carotides et des artères du bras sain avaient également augmenté ; le visage était coloré, et le malade éprouvait aussi des battemens douloureux et très- violens dans la tête, On fit ouvrir la veine du bras droit, et appliquer sur la tumeur des compresses épaisses trempées dans du vinaigre camphré , ammoniacé et à la glace, qu’on renouvelait toutes les heures.

» Le traitement interne et externe qu’on avait prescrit la veille fut continué : ; cependant l’on ajouta de l’eau de poulet nitrée, à sedate alternativement avec Ja ti

5 ‘La nuit fut agitée. A la visite du 23, M. Larrey trouva les vaisseaux extrémement gonflés. Une cé~ phalalgie violente et le délire se manifestaient ainsi que de très- forts battemens dans les vaisseaux jugulaires, Le pouls du bras sain était fébrile et nerveux. On ouvrit la veine jugulaire gauche, dans l'intention de désemplir les vaisseaux du cerveau, de calmer les batte~ mens douloureux, el de prévenir une apoplexie dont if était menace. Le sang sortit en arcade de la veine jugulaire ; il était vermeil et présentait tous les caractères du sang artcriel, Celte saiguée dissipa .en grande partie le

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