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SECTION IV

Des Veines variqueuses.

Lorsque la circulation est empéchée dans une veine, la portion inférieure du vaisseau et les branches qui s’y rendent sont dilatées par l'accumulation du sang dans leurs cavités. Si Pobstruction continue, la dilatation des veines devient permanente, et leurs valvules étant hors d'état de supporter le poids du sang, la maladie est augmentée par la pression de la colonne de ce fluide dans

(1) Opuscula pathologica, obs. xxur, tab. r Tausannæ , 1768. Voyez aussi ge que j’ai rapporté précédemment à la page 1° de la seconde partie de cet ou-

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la partic supérieure du vaisseau dilaté. Il est probable que quelquefois Jes valvules se rompent par suite d’un exercice musculaire trop fort ou d’une violence externe ; et dans ces circonstances, la pression de la colonne de sang est la cause première de la dilatation des veines. Quelquefois aussi la maladie paraît provenir d'une faiblesse contre nature dans les parois des veines : tels sont les cas ou, sans aucune cause évidente , elle existe dans diverses parties de Ja même personne. Quand une veine est oblitérée , les canaux d’anastomoses par lesquels la circulation se continue deviennent , en général, variqueux, par Vafflux extraordinaire du sang dans leurs cavités. Ce fait a été remarqué par le docteur Baillie, dans un cas d’oblitération de la veine cave, et plusieurs observations que lon verra plus loin viennent encore à l’appui de ce que nous disons.

Quand une veine est dilatée, elle augmente , en général, de longueur, de manière qu’elle ne peut plus être contenue dans l’espace qu’elle occupait dans son état naturel. Par suite de cette disposition, une veine dilatée prend un cours tortueux. et lorsque les parties environnantes ont une texture lâche , ses circonyolutions sont quelquefois

DES ARTERES ET DES VEINES. 487 repliées les unes sur les anires comme celles de Vintestin et forment une tumeur vari~ queuse. Une petite portion de veine se trouve parfois plus dilatée que le reste et devient une tumeur proéminente à laqucile on-donne le nom de varice. Les parois de la veine épaississent à proportion de leur dilatation, s’attachent aux parties voisines, et une hémorragie grave est, dans certains cas, la conséquence de la rupture du vaisseau dilaté. |

Les grands troncs veineux deviennent quel.

quefois variqueux, Quand la maladie a son siége près du cœur , elle est accompagnée de

pulsations qui peuvent la faire prendre pour un anévrisme. Morgagni a observé que les veines jugulaires étaient parfois très. dilatées el avaient même une pulsation (1). Il rapporte aussi un exemple où la veine azygos, dans l'étendue d’une palme , était tellement dilatée qu’on pouvait la comparer à la veine cave. Le malade mourut subitement par suite de la ruplure de cette varice dans le côté droit du thorax (2)., On lit un fait semblable dans Pouvrage de M. Portal; on y voit

(1) Lettre xvii, art. 9, 10, 11.

(2) Lettre xxvi, art. 29.

aussi une observation où la veinesous-claviére droite étant excessivement dilatée se rompit dans la poitrine (1). M.Cline a raconté dans ses cours l'histoire d’une femme: ‘qui avait une large tumeur pulsative au cou, qui finit par souvrir et par causer une hémorragie funeste. Un sac naissait de la veine jugulaire interne; l’arlère carotide était logée dans un enfoncement à la partie postérieure de ce sac.

Les veines des membres supérieurs deviennent trés-rarement variqueuses. À l’exception des cas de varices anévrismales, je ne connais qu’un seul exemple de varice au bras , et il est décrit par Petit (2). Chez son malade , il y avait une yarice au pli du bras; son embonpoint était tel, que ne pouvant trouver aucune autre veine pour le saigner, Petit se détermina à piquer cette varice, et répéla même plusieurs fois l'opération de cette manière. Les veines épigastriques superficielles peuvent quelquefois être variqueuses ; mais les vaisseaux les plus exposés à cette affection sont les veines saphenes , spermatiques et hemorroidales.

= Cours d’Anatomie médicale , tome nr, page 354,

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te Traité des Maladies chirurgicales , t, 11, p. 49.

T/ uterus chargé du produit de la conception, des tumeurs à la partie inférieure de l'abdomen ou du bassin, et des collections de matières fécales dans les intestins, en génant le retour du sang par les veines iliaques, sont des causes fréquentes de dilatation des veines superficielles des membres inférieurs. Un exercice continuel et forcé de ces mêmes par= ties, Pusage de jarretières serrées et la pression de certaines tumeurs produisent des effets semblables. La dilatation est, en général, bornée aux veines superficielles (1), et dans le plus grand nombre des cas, elle commence près de articulation du pied. Quelquefois les varices occupent non-seulement les troncs, mais encore les ramifications cutanées les plus ténues des veines : dans d’autres circonstan- ces, élles se bornent au tronc, qui, outre, sa dilatation générale, s'étend dans quelques

(x) Les veines profondément situées des extrémités de- ‘viennent rarement variqueuses. La veine fémorale, im médiatement au-dessous du ligament de Poupart, est quelquefois dilatée en forme de tumeur qu’on pourrait : prendre pour-une hernie fémorale. On peut néanmoins la distinguer d’une hernie en comprimant la veine audessous de la tumeur : si cette derniere est formee par une dilatation variqueuse de la veine fémorale, elle diminuera de volume par ce moyen.

endroits sous forme de tumeurs bleuâtres, de dimensions variées depuis celle d’une petite noix jusqu’à celle d’un œuf de pigeon.

Quand une veine variqueuse est en contact avec un os, ce dernier éprouve souvent une perte de substance par l’absorplion, en sorte qu'il en résulte une cannelure pour loger le vaisseau, La dilatation des veines est fréquemment accompagnée de douleurs excessives et quelquefois d’une inflammation de la peau et » du üissu cellulaire. Cette inflammation peut se terminer par la formation d’abcès autour de la veine : d’autres fois, sa marche est plus lente , et elle produit alors des ulcères indolens. Ils sont situés, en général , près de Varticulalion du pied, et se font remarquer par leur opiniâtreté extrême. | Il arrive aussi, dans certains cas, que le sang dépose des couches de coagulum dans les veines variqueuses : lorsque cela existe, le vaisseau ne peut se vider par la pression , il est dur au toucher ; le dépôt, en général, ne remplit pas la veine, mais en diminuant son calibre, il retarde Ja progression du sang, augmente Ja dilatation de la portion inférieure du vaisseau et des branches qui s’ouvrent dans son intérieur. Petit, qui connaissait celte disposition, avait coutume d’ou-

DES ARTERES ET DES VEINES. 491 vrir les veines variqueuses et d’en retirer les couches de coaguluin (1). En enlevant cette cause d’obstruction , non-seulement il arrétait les progrès du mal, mais en outre il obtenait souvent par cette opération la diminution du calibre des vaisseaux dilatés. Il peut arriver néanmoins que le coagulum s’accumule en assez grande quantité pour oblitérer Complètement le vaisseau malade. Jai vu quatre fois des varices se guérir ainsi spontanément. Il est probable que dans ces cas , le coagulum s’accumulait jusqu’à cequ’il eût complètement rempli la varice ou la portion supérieure de la veine qui communiquait avec elle; le sang, ne pouvant passer plus avant, se coagulait dans une étendue considérable du vaisseau; ce coagulum était graduellement absorbé : à mesure que son absorplion avançait, les parois de la veine revenaient sur elles-mêmes; le vaisseau était définitivement oblitéré, et le sang transmis par les canaux collatéraux.

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(1) Traité des Maladies chirurgicales, PS D> 42000

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