‹ Traité des maladies des artères des veinesChapitre 9 sur 49 · IL · texte numérisé non relu

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bablement la formation d’un-caillot dans le vaisseau; et dansces circonstances, adhérence récente de l'extrémité de l'artère pourra être détruite par la forte impulsion du sang chassé dans un vaisseau aussi près du cœur (1). On doit donc faire en sorte que la ligature ne soit pas plus rapprochée de cet organe central de la circulation que ne lest l’origine de Partère vertébrale.

L’artére sous-clavière peut être liée de la . manière suivante sur le côté trachéal du scalène, et sur le cadavre cette opération s’exécute avec facilité. :

On fait a la peau et au muscle peaucier , immédiatement au-dessus de l’extrémité sternale dela clavicule, une incision horizontale longue de trois pouces. On passe un directeur au-dessous de Vinsertion claviculaire du muscle sterno-mastoidien que lon divise. L’opérateur sépare avec son doigt, ou le manche de son instrument, le tissu cellulaire qui se trouve dans le fond de la plaie , jusqu’à ce qu’il arrive au muscle scalène antérieur. Il suit alors le bord trachéal de ce muscle pour parvenir à l’artère qui passe derrière lui. Les

(1) Voyez les observations faites précédemment sur

cette cause d’hémorragie secondaire,

arteres vertébrale et thyroidienne inférieure naissent de la sous-clavière près du bord du scalène. En passant aiguille à anévrisme audessous de l’artére , opérateur doit employer

les plus grandes précautions pour ne pas dé-

chirer la plèvre sur laquelle l’artere est située.

Une autre manière de faire la ligature de l'artère sous-clavière droite est de détacher les deux insertions sternale et claviculaire du muscle sterno-mastoidien, et de suivre l’artere carotide jusqu’à l’éendroit où elle prend

naissance de l’artéreinnominée. On trouvera

dans cet endroit l'artère sous-clavière, et l’on pourra en fairela ligature, soit là, soit ui pen plus près du scaléne. | On a proposé de lier Partère iii dans des cas d’anévrisme dé l’artére sous-claviére. Les faits que j’ai rapportés au commencement de cette section ainsi qu’au chapitre de l’anévrisme de la carotide, démontrent que la circulation dans le cerveau et dans le bras peut se continuer après l’oblitération dés artères carotide ou sous-clavière. M. Allan Burns a trouvé que lorsqu'on liait l'artère innominée sur un cadavre, et qu’on poussait dans laorte une injection grossière, cette injection pénétrait facilement par les branches d’anastomoses dans les artères du bras droit,

en les remplissant complètement ainsi que les vaisseaux du cerveau (1). On a lié à-la-fois les deux artères carotides chez des animaux sans le moindre dérangement apparent des fonctions du cerveau, et, d’après ce fait, il est probable qu’on pourrait retrancher avec un égal succès la quantité de sang fournie par une carotide et une vertébrale. Il y a donc peu de doute que le cerveau et le bras recevraient la quantité de sang qui leur est nécessaire , malgré l’oblilération de l'artère innominee.

Il n’est pas difficile, sur le cadavre , en renversant la tête en arrière et en divisant la portion sternale du sterno-mastoidien, ainsi que les muscles sterno-thyroidien et sternohyoïdien , de suivre l’artére carotide jusqu’a l'endroit où elle prend naissance de l’artére innominée, et de passer une ligature au-dessous de cette dernière ; mais, sur le vivant, cette opération serait extrêmement difficile et périlleuse. Quand la tête est renversée en arrière , l’artère innominée est ramenée en haut à la base du cou; mais il serait impossible à un malade de conserver cette position

(1) Burns, on the surgical eagatomy. of the head lid neck , page 31.

DES ARTERES ET DES VEINES. 199 pendant une opération douloureuse. T’inflammation excitée dans les parties imporiantes situées à la région supérieure du thorax peut amener les conséquences les plus — dangereuses, et la force de la circulation dans un lieu aussi proche du cœur peut déchirer Vadhérence de l'extrémité de Yartére ,à moins qu'un caillot n'existe dans sa cavité. Il est difficile également d'imaginer un cas où la ligature de lartère innominée soit nécessaire, parce que, dans toutes les circonstances, il sera aussi facile de lier l'artère sous-clavière du côté trachéal du scalène.

La ligature de l'artère innominée ou celle de l'artère sous-clavière du côté trachéal du scaléne, doit être regardée comme extrèmement périlleuse. J’ai pensé toutefois que je devais décrire ces opérations, parce qu’il se rencontre des cas particuliers où le devoir d'un chirurgien est de les entreprendre (1).

(1) Observation sur un anévrisme de l'artère axillaire guéri par la ligature de ce vaisseau au-dessous de la clavicule ; par Richard Chamberlaine.

Un nègre fort et musculeux, Agé de vingt-cinq ans, eut un anévrisme à l’aisselle gauche, occasionné par une plaie faite à Partere axillaire avec la pointe d’un coutelas , le 5 octobre 1814. L’hémorragie, me dit-on,

fut abondante et ne s’arréta que par suite d’une syncope

NE ee A ON Eu long-temps prolongée. La plaie des tégumens se guerit en trois jours sans que l’ EE reparût. Ce ne fut qu'environ neuf semaines après l’accident que je le vis pour la premiere fois. La cicatrice était à peine sensible. La tumeur avait le volume d’une grosse orange, et ses pulsations étaient tres-fortes. La douleur dans l’aisselle par suile Ge la pression des nerfs, paraissait extreme ; mais il n’y avait pas d'œdême du bras ni d’élévation de la clavicule. La pulsation de l’artère radiale n’était pas si forte que celle de l’autre bras. La tameur continua à faire des progrès jusqu’au 10 janvier; elle devint alors beaucoup plus dense, puisque je ne pouvais plus, comme dans ‘le principe, faire sortir le sang de la partie qui proeminait en devant de laisselle. La pulsation dans l’artere. radiale ne se faisait plus sentir, et la douleur à Vaisselle était devenue si atroce, qu'elle privait.entièrement le malade de repos. Les tégumens, sur l’anévnsme et tout a l’entour, paraissaient sains. I] me sembla, apres un examen attenlif, que l'opération devenait le seul moyen de sauver la vie du malade, et qu’on ne pouvait pas la différer sans lui faire courir de grands dangers. En. conséquence; je la pratiquai le 17 janvier 1815. On plaça-le -malade -sur-une table à opération avec un oreiller sous les épaules et la tête fat soutenue. Une incision transversale longue de trois pouces fut faite aux icgumens et au muscle peaucier, le long et sur le bord inférieur de la clavicule, a trois doigts de l’extrémité sternale de cet os, et on la termina a environ un pouce de l’acromion, Celte incision divisa une petite artere qui fut liée immédiatement. Une seconde incision longue de trois pouces fut pratiquée obliquement à travers les

tégumens sur les muscles deltoide et pectoral, interessant le premier de ces muscles presque dans son centre. On détacha ensuite la portion claviculaire du grand pectoral , et on enleva la graisse et le tissu cellulaire qui s'étendent sur les vaisseaux sous-claviers. L’artere fut alors découverte, et ses pulsations la firent aisément distinguer des parties conligues; mais je ne pus, à cause de sa profondeur, la détacher ni passer la ligature au-dessous d’elle avec la facilité que j’espérais. Apres plusieurs essais in= fructueux , je réussis, au moyen d’un stylet pourvu d’un chas et courbé à ce dessein, à l’embrasser avec une ligature ; et ramenant l'extrémité de l'instrument avec une paire de pinces, je liai l’artere à lendroit où elle sort de dessous la clavicule pour s’avancer vers l’aisselle. Le nœud ne fit éprouver que peu de douleur, et la plaie . fut rapprochée par la suture sèche avant que le malade retournat à son lit.

Dans la soirée du même jour, le pouls resta dans son état naturel ; la peau était fraîche, la chaleur du bras af- Elie de l’autre. Le ma—

Fecté parasisdil plus grande cn

lade se platgnast de douleur dans la plaie.

18 janvier. Le malade n’a pas dormi de la nuit; la température des deux bras est la même; la tumeur anévrismale paraît moindre; la langue est nette et humide.

Six heures du soir. Le malade n’a pas dormi dans après-midi à cause de la douleur de la plaie ; il se plaint de mal de tête : on lui prescrit une potion antimoniale.

19 janvier. I] a un peu reposé pendant la nuit; le pouls est plein et naturel, la langue blanche; il éprouve teujours de la céphalalgie ; le bras affecté paraît beaucoup plus chaud ; la tumeur est plus molle; il ne ressent pas de

douleur à Vaisselle depuis l'opération : on lui prescrit ne potion purgative.

Deux heures de l’apres-midi. L’appareil est levé ; la p'aie a un aspect favorable; la potion a produit trois selles ; la langue est nette et humide ; le pouls est régulier; le malade a un peu dormi dans la matinée; le volume de la tumeur est évidemment moindre.

Six heures du soir. Le malade a dormi apres le pansement; il se plaint d’engourdissement dans les doigts et de -picotemens dans la plaie, le pouls est plein, quoique régulier , le ventre libre : on répète la potion.

20 janvier. Le malade a passé une bonne nuit; le bras affecté paraît plus chaud que l’autre et est couvert de sueur ; il n’éprouve pas de douleur dans la plaie; le pouls est mou et régulier , la peau et la langue sont comme auparavant : on continue la potion.

21 janvier, La température des bras se correspond. Le malade a passé une bonne nuit ; tous les Symptomes sont

les mêmes qu’hier.

22 janvier. L’appa de nouveau été levé aujourd’hui ; la plaie se remplit de granulations saines ; le majade a passé une bonne nuit, et dit n’éprouver aucune douleur dans la plaie ou dans l’aisselle : on continue la potion.

25 janvier. La tumeur paraît considérablement moindre; les bras ont la même température; le malade a bien dormi; le pouls est naturel ; les fonctions des intestins sont régulières : on continue la potion. |

24 janvier. L’apppareil a encore été renouvelé aujour-. d’hui , et la plaie est couvert. de granulations de bonne

nature; le malade a passé une bonne nuit; les autres

symptômes sont les mêmes qu’hier : on continue la po= tion.

25 janvier. Le malade s’est tenu sur son séant la plas grande partie de la journée et a paru plus enjoué qu’à aucune autre époque depuis que je le vois ; la température des bras continue à se correspondre ; à tous les autres égards , il est comme hier : on cozitinue la potion.

27 janvier. Nouveau pansement; la plaie va bien et se cicatrise sur ses bords ; le bras est beaucoup plus faible que l’autre; la tumeur est de moindre volume et ne fait plus de saillie en arriere.

30 janvier. La ligature s’est détachée nent , et on l’a trouvée dans I’ appareil. Les granulations s’étant

élevées beaucoup au-dessus de la surface traumatique, on © les a touchées avec le sulfate de cuivre : la température

me

des, bras est la même ; le malade est sorti de son hit et

s’est promené.

22, février. La plaie est guérie ; la tumeur anévrismale est maintenant de fa grosseur d’un œuf, et tres-solide ,

mais ne Cause aucune douleur quand on la touche. En

. Comparant les deux membres thoraciques, celui du côté

gauche me parut plus petit; peu à peu la puissance musculaire de ce bras s’améliora, en sorte qu'il put reprendre de la force et de la fermeté (a).

(a) A case of axillary aneurism , for which the artery was tied below the clavicle. Voyez Medico-Chirurgical Transactions , vol. vi, p. 128. London, 1815.

( Note du traducteur. )

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