‹ Traité des maladies des artères et des veines (volume 2)Chapitre 10 sur 46 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

StlO MALADIES

leurs affections, on ne pouvait guère douter qu'elles ne vinssent ou du commencement de

3) Tel était l'état du malade, lorsqii'ayant de pris en Catalogne , il fut envoie en France. Le voyage dura un mois ; il le fit sur des charrettes , dont les secousses étaient tiès-douioureuses et augmemaieas le volume de la tumeur.

3> Pontella citait âp;é de trente-six ans, d'une constitution forte et atliletique , d'un tempérament sanguin et bilieux, d'un moral forl irascible. Il jouissait , à sa tumeur pics, d'une très-bonne santé; sa îaille était d'à-peu-près cinq pieds un pouce j comme cbez la plupart des Catalans , son bassin était étroit ( sept pouces d'une épine jliaqae à l'autre).

aPeu après son entrée h l'hôpital de Lyon, sa maladie , abandonnée à elle-même , augmonta en quatre ou cinq jours de près d'un quart. L'accroissement se faisait surtout en haut, vers la bosselure, qui, de moment en moment , devenait plus saillante. La couleur de la peau plus sombre , un amincissement manifeste de la poche , louî annonçait que la maladie marchait rapidement à sa Gii. Six jours après i'entrée du malade, M. Bouchet convoqua une consultation nora- Ijieuse et choÎMC. 11 proposa l'opération , qui fut rcjeiée à la grand» majorité des voix.

}) Après quelques débis , le i5 août , le malade ayant pris nn lavement la veille au soir et un le matin même, l'opérateur , en présence des mêmes consultans et de l'élite de la médecine et de la cliiiuigie de Lyon , fit la ligature de l'ai tère ainsi qu'il suit :

î) Le malade était couché sur le bord droit de son lit, la cuisse correspondante étendue; avec nn bistouri en rondache, une incision de trois pouces de longueur , qui intéressait la peau et le muscle oblique externe, fut pratiquée à la partie antérieure, latérale eti nférieure de l'abdomen ; elle commençait h nn pouce et demi environ au-dessos de l'épine iliaque supérieure et antérieure , et à trois ou quatre lignes seulement plus en dedans, et venait se terminer audessus du milieu de l'arcade crurale, qui fut laissée intacte. On lia une petite ai tère.

» Par une seconde incision , faite d'un seul coup avec la pointe d«

DES AB-TilRES ET DES TEÏNES. 211

îa crurale profonde, ou de l'artère fémorale au-dessous de l'origine de celle branche. Dans

l'iiistiunieni , !e péritoine fut mis à tlocouvert. Passant alors le doia;t indicaieiir de la main gauche sons le ranscle transverse, et s''en servant pour soulever celui-ci, l'ope'ratenr acheva de le couper jnsqu'en bas; les intestins^ poussant devant eux le pe'ritr,ine, se présentèrent aussitôt dans la pîaie. Un des consaltans fut chargé de les repousser et de les maintenir. Alors avec le doigt index de Ja main gauche , dcchirant le tissu cellulaire en haut et en bas , M. Bouchot diitacha le péritoine de dessus le muscle iiiaque, en repoussant en decians le ccscuni , qui e'tait presque vide.

D Cette dilace'ratioii fut facile ; la fibres apone'vroliques dont parlent MM. Cooper et Delaporte ne furent point rencontre'es ; mais ce ne fut qu'après avoir prolonge la dissection en bas que l'artère put étrje saisie sur le reborfl du détroit supérieur du bassin , entre la veine et le plexus crural. La douleur fut peu vive; quelques gouttes de sang seulement s'ccouièreni. Pris entre le pouce et i'inder de la main gauche , et avec les ongles de ces deux doigts , qui n'avaiens pas été rognes , le tissu cellulaire qui l'unit aux autres Taisscanx fut également dilacéré. Elle fut isolée : en la comprimant entre les deux doigts , tout battement cessa dans la lumeum Une aiguille courbe , semblable à celle de M. Deschamps , mais tout-à-fait moussa à la pointe et sur les côtés , et un peu inclinée sur le manche , fut enfoncée dans .la plaie à l'aide du doigt index qui la recouvrait^ L'artère ayant été soulevée fut embrassée dans la courbure de l'aiguille , qui portait à son sommet un cordon de fil ciré. Il fut saisi avec une pince à disséquer , et servit à passée un lacet de fil plat et; fort de la largeur de deux lignes. L'anse de fîl , et avec elle le lacet en double , furent retirés avec l'aiguille, ce qui fournit deux ligatures : la supérieure fut serrée !a première et tout doucement , jusqu'à ce qu'on ne sentît plus battre ni la tumeur ni l'artère. La seconde fut placée un demi-pouce plus bas , douze ou cjninze lignes au-dessus de l'arcade crurale; elle fut serrée plus fort que l'autre et comme elle par deux nœuds. L'artère ne fut pas coupée entre «lies : elles furent bieu isolées , et la plaie fut pansée , en réunissant ,

les deux cas, on fit la ligature de Tarière iîkque externe , et les malades se rétablirent.

aaiani que possible , avec un linge lin enduit de céiat , par-dessus lequel on mit quelque» poignées de tharpie brute et des Ci.flipresses J une large ceiniare de contil , serrée par de» boucles , luainlini le touî. « L'opération , y compris le pansement , dora neuf minutes j elle fat peu donlooreuse : aussitôt après , le pools ne s'étant pas elcTe , on ne fit pa» pratiqtier de saignée. Ua calmant fnt donn^ , et la membre fut enteloppe de linges chauds j le pied et la jambe fnren» tenns élerës.

» Le malade fat tranquille tout le reste de la jonme'c j la nnit fuc bonne. Le lendemain se passa également bien, sans fièvre, ainsi que la seconde nDit< La clialear et la sensibilité da membre se sont conservées.

» Le troisième jonr, la tometir parait moins tendue j la peati qni ]« recouvrait est on pea ridée ; le pouls est plein* ( Saignée. ) Monvetnent de fièvre , céphalalgie, altération , nuit agitée.

» Le quatrième, laxaiif avec le tamarin ; deux selles; fiètre moindreé Le cinquième } le bas de la jambe et le do» du pied ont moin» de chalenr^ donh:oi au gros orieiU (Sacbets de »able chaud.) Le eixième , douleurs plus fortes se prolongeant an troisième orteil , froid plus sensiible j nnit mauvaise. ( Caïman» , boissons rafrat* chissatites. ) Les choses restent plusieurs jours dan» cet état, le membre conservant dans le reste cle son «tendue plus de chaleur même que Pautre, avec nne moiteur bien prononcée. Douleur» Tives. La tameur s'affaisse, mais reste fluctuante. ( Pansement sin7j>lc matin et soir. )

9 Cependant , dès le septième jonr, le» face» inierne» des premier » •econd et tioisièrae orteils, ofifrent une peiiir rou;genr qui paraît le •iége de la douleur. Chaque jonr ce point ans^mente de largeur , mais lentement, et sa coolear devient livide, pnrs noirr; l'épiderme se détache ^ ri se forme «le» escarrhes; one gangrène sèche se manifeste , sans que rien pât calmer la doalear.

a> Au beizième jour, dans le pansement , chute spontanée de la liga» t,nr« «ap«rieurc. L« leodcmain , chute de la lecoade. Dcpnis lor» i%

DES ARTÈRES ET DE» VEINES. 2.îS

II y a deux manières de faire la ligature de l'artère iliaque externe : la première, dont

plaie marche rapidement vers sa guerison , et au Tingt-qoatrièm* jour, la cicatrisatioD eut complète.

■ Cepemlant , les doalears aux orteils et le froid de i.i partie infcrîeare do memhrt cuntinnent. Les taclies s'élargissent inbensibleraent. Dans l«conrs da second mois seulement » les escarrlies ne bornent et CommCDCentà se détacher dans leur circonfcrence. L'nlcère ke dcierge lentementet guérit enfin. Par la chute des escarrhes , les ar'icuîaii'ins des première et deuxième phalanges sont mises à découvert. A la fia de cemémernnîs, celle du gros orteil se sc'parcanssi, et son iiIcAre va jdsqu*^ l*os. Dans le courant de novembre , ammitation dn second orteil sans écoulement d'une goutte de san^r. An cinquième jnar , la reunion parait parfai te j mais leg lambeaux se détachent, l'os fait •aiirie,nn gonflement inQammatoîre s'empare de tout le pied, les douleurs deviennent aiguës , rengorg<;ment augmente, un phlegmoa occupe la plante du pied , le pus fuse dans la gaine dn tendon et s'é» coule lentement au dehors par la plaie de l'atnpniatinn. Une inci» ■ion lai fonmit une plus libre issue; la detersinn du foyer 6'opêre, ti la plaie se cicatrise ao bout d'un mois el demi.

• Au milieu de décembre , tout-à.conp les doulenrs se re'veîlient dans le gros orteil ; il se s[)hacèle en entier j tout le pied et le b is de la jambe se gonflent «t s'enflamment, ce qui coïncide avec une brusque diminution de la tumeur , qui devient plus dure. Au bout de douze jonts environ, la gangrène se borne, les accidens diminuent ; on attend i'exfoliation de Tos , qui a lien circuluiiem^nt aa bout de vingt jonrs ; mais elle marche si lentement , qa^au mois d'^a« vril , la plaie a presque la même largeur.

■ Craignant alors les ravages dje la pouniture d'hépital , M Bou-» ehet envoie Poniella i la campagne , où il reprend bientôt ses forces et «a santé'. Le ao août i8i3 , l'ulcère est entin complètement gue'rî , e.t la santé est parfaite ; le membre opéré est presque aussi fort et aussi volumineux que Tautre j la. tumeur n'a plus que le quart de son vo» liume , c'est- i-dire deux ponces en tous sens* Elle est pins dure t M partie supérieure qu'à l'iafiirisuie.

je Yais donner la description, est employée par M. Abernethy ; la seconde est adoptée

— M. Mouliiucî , en j8i5 , à Marseille (a).

3) Mais alors l'arlèie crnralc opposée Comrrence h devenir anevrisniatiuue dans le même lieu. Elle prend de l'accroisserneiit vers le milieu d'octobre , dans un effort pour soulever m.e grosse pieirc ; elle devien't douloureuse, et son volume paraît double. Les saignc'cs , les rcfrigcrans , etc., sont employés en vain. I/ope'ration fut de nouveau proposte et acceptée, les consuliaiis furent reimis, et Ja rejetèrent. La tumeur, nioins volim/ineusa que la précédente , s'éievait un bon ponce pins haut. Deux jours après , il n'y a plus rien à tenter ;'la tumeur soulevait la paroi abdorcinaic jusqu'h i'oiubilic, et Pontelia mourut subitement dans la soirée.

3) Par l'ouverture du cadavre, ou fut convaincu qu'il aurait fulla aller chercher l'artère pour la lier h une profondeur îaimeuse et à «n demi-pouce de la naissr.nca de l'hypogastvirjne. L'injection de l'artère iliaque da côt-i opéré ne réussie pas; mais on put reconnaître que la veine crurale et le nerf crural étaient sains ; que l'artère de ce nom manquait entièrement dans l'étendue d'un ponce , ek que ses deux extrémitées coupées étaient converties en une sorte de ligament ; que l'artère était diminuée de volume en haut , jusqu'à la naissance de l'hypogastriqne , qu'aucune de ses branches , n'était plus dilatée qu'à l'ordinaire 5 que la tumeur renfermait un gros Ciiillot fibrinenx , couleur de bois de noyer , mollasse , humide , sans adhérence avec les parois du kyste 5 que le lesie de l'artère crurale , la poplitée et les artères de la jambe étaient comme resserrées sur elles-mcmes ; ou'il n'y avait aucuue anastomose plus marquée qu'à l'ordinaire; ç[ue les, muscles étaient un peu amincis ; que les articulalions étaient souples »,

. (a) (c Michel Fassi , âgé de trente ans , l'un des marins dn pori «le Marseiilc , est le sujet de cette observation. Ce marin entra à J'Iiôpilal dirigé par M. Moulaud , en août i8i5, pour y être traité <1 on engorgVment oedémateux qui occupait toute l'extrémité inférieure droite , avec une tumeur peu apparente , circonsci il» î» l'aîue.

Di:S ARTÈRES ET DES V£IN£S. 2l5

par M. AslJeyCooper. Voici celle de M. Abernetliy :

— M. Je professeur Dnpuytren , eu i8i5, pour un ane'vrisme inguinal. Peu de temps après cette opération ,

Un même côle, et si peu incommode , que M. ÏNIonlaud crut ne devoir s'occuper que de l'engorgement du membre.

» Le malade fut d'abord saigne et purge h plusieurs reprises 5 des substances résolutives fui eut appliquées sur le membre affecté , et l'on prescrivit un régime relatif.

)> Ces moyens , en réîlnisant l'œdème , isolèrent la tumeur inguinale , que l'on prit d'abord pour un bubon vénérien ; mais examinée de plus près , M. Moulaud reconnut dans cette tumeur tous les signes d'un anévrisme ayant la forme et la grosseur d'un oeuf da poule, situé sur le trajet de i'aitère crura'e et très-près de l'arcade du même nom , derrière laquelle cette tumeur paraissait se propager.

M il fut décidé, dans une consnllation nombreuse , que l'opération de l'anévrisme à l'artère iliaque externe était le seul moyen de sauver la vie à ce malade, et M, Moulaud y procéda de la manière suivante :

» Il fit d'abord sur les tégumens du bas-venlre une incision qui s'étendait obliquement de quelques lignes au-devant et nu-dessus de l'épine supérieure de l'os ilium, h la partie moyenne du ligament de Falloppe, et très-près du point où la tumeur faisait saillie. Après plusieurs autres incisions faites sur le trajet de la première , il parvint dans la fosse iliaque. Cette partie de l'opéiation terminée , il fît soulever par un aide les intestins que le péritoine recouvrait , et il dégagea avec ses doigts l'artère iliaque eïteriie de la veine et du plexus crural , avec lesquels elle était intimement unie au moyen d'uri tissu cellulaire épais 5 il passa ensuite autour de ce premier, à l'aide d'une aiguille de son invention , deux rubans de fil ciré. Les deux ligatures étant écartées autant que les adhérences celiulenses le permirent, M. Moulaud plaça entre elles et l'artère un rouleau d'emp'.âtre 'itcndu en sparadrap , et il parait qu'après avoir fait un noead

siG MALADIE»

Le malade étant placé sur une table , dan» une posilion horizontale, on fait une incision

le malade a pu reprendre ses travaux, et je l'ai vu jouissant d'une santé parfaite. J'ai cependant cru remarquer

iramédiatement snr le rouleau , il serra les deux ligatures , appuyant plus fortement sur l'inférieure ; la plaîe fut garnie de charpie , el nn appareil conteniif termina le pansement. Le malade fut couché dans son lit , le membre mis dans une position favorable et recouvert de sachets de cendres chaudes ; des boissons rafraîchissantes et des potions anti-spasmodiques furent prescrites.

J> Une sorte de formicaiîon et un sentiment de froid se manifestèrent dans le niembre au bout de (juciqaes heures , et pendant ta nuit , il y ent de Tagitaiion qn'oD apaisa par ta saignée et antre» moyens indiqués ; néanmoins des symptômes inflammatoires se déclarèrent successivement, et ne s'apaisèient qu'an quatrième jourï depuis cette époque , amélioration graduée et successive jusqu'au huitième La suppuration était déjà abondante, et les pansemens se renouvelaient journeilcmen t. Dans la nuit du 8 au 9 , une hémorragie assez forte s'éiant déclarée , les officiers de santé de garde crurent devoir faire appeler te chîruigien en chef. M. Mouland s'étant fait rendre compte de la nature de celte hc'mDrra?;ie ( occasionnée par U rupture de la portion d*artère étranglée par la ligature inférieure ) , ne jugea pas à propos de se rendre près de son malade , et il se contenta de donner ses instructions à l'aide-major qui était venu l'appeler à son secours. En eflet, les Jeux chiiurgiens de gardt levèrent l'appareil, qu'on trouva imbibé de sang, et la plaie était remplie dy ruillots du même liquide ; le sac anévrismal avait disparn presqn'en entier , et en pressant avec lu main le fond de cette pocbe. Il sortait par la plaie du sang noirâtre dont l'efifnsinn fut suspendue temporaîremeni par l'application d'an noovel appareil 5 mais l'écoulement sanguin se renonvela le lendemain , et continna , en plus od moins grande quantité, ja&qn'à l'entière dispatition de la tumear anévri&male. Le malade fut affaibli et menacé plus lard d'une fièvre derniclQUïe, adrihaée par l'autenr aux influences qu'il avuit reçue»

DES ARTÈRES ET DÉS VEINES. fiXJ

de quatre pouces aux tégumens de l'abdomen , dans la direction de l'artère iliaque

que le membre gauche , qui est celui où existait l'anévrisme , paraissait un joeu moin* nourri que l'autre {a).

de plasiears malades atteints dn typhns nosocomial , et voisins de Fassi. Son transport dans nnc salle plus salnbre tt l'usage dn quinquina changèrent en bien l'ëtat de ce malade , et il continua d'allet de mieux eu mieux jusqu'au \ingt-cinquieme jour, époque où une diariht'e se déclara ; mais , chose remarquable , o'n employait des drastiques le matin et des e'molliens anodins le soir; cependant les ligatures se de'tachèrent le vingt-huitième jour , et la diarrhée •'arrêta. La plaie se cicatrisait lentement ; une éruption psorique s'e'tant manifestée sur toute l'habitude du corps, cette plaie se ferma, et le malade fut en peu de jours conduit à la guerison. M. Moulaud croit pouvoir rapporter à la répercussion d'une éruption analogne la cause de l'anèvrismc de Fassi. Qnoi qu'il en soit, ce marin fut «n e'tat de sortir de l'hôpital le a6 avril 1816 j il avait repris do l'embonpoint 5 l'action musonlaire et tontes les propriétés vitale* •'étaient rétablies dans le membre lèse *. »

(a) Berger (François) , tailleur de pierre, âgé de quarante-cinq ans, d'une constitution forte et saine , d'un tempérament sanguin et nerveux, d'un caractère extrêmement irascible et impatient, jouissait d'une santé qui n'avait jamais été altérée que par huit on dix ccoulemens vénériens et deux fois la gale , qu'H avait contractés dans sa jeunesse, et dont il se trouvait parfaitement guéri. Ayant fait au mois de juin i8i5 un effort pour soulever une planche dont nnc extrémité était appuyée sur l'aîne gauche , il ressentit dans cette partie une douleur très- vive, mais qai ne fut que momentanée. Elle ne l'empêcha nnllement de continuer son travail ce jour-lb et les suivans. Au bout dedenxmois .Berger sentit à l'aîne gauche, à deux pouces au-dessous

♦Bulletin» de la Faculté d* M<!deeiin d« P«r)8 et de U Soeléli Public dam faa teia,

-» T, p. 535. Anoéaa i8i0 «j j8 J7,

2i8 MALADIF.»

externe- Celte incision doit êive située à environ un pouce et demi de l'épine antérieure

des ligaiaens de Poupart , nne Itiniour du volnmc d'ime noisette , pru'faitemenl indolente , et h laquelle mèrac il porta peu d'attention. Celte tumeur fit des progrès presque insensibles jusqu'au mois d;; juin 1816. A cette époque, le malade ayant fuit un nouvel eftbrt pour soulever une planche , la tumeur acquit le volume d'un œuf lie poule. Enfin , il y a environ trois semaines qu'il tomba snr la rampe d'un large bassin de cuivre employé' pour la cristallisation du s;ilpètre. Dans cette chute, le poids du corps porta, par une sorte de faialilé, snr la région ln a,uinale gauche : la tumeur prit alors un tel développement que Berger en conçut quelques inquiétudes , ce qui le décida à consulter un rliirnrgien qui , ayant reconnu la maladie , lui conseilla d'enirer h l'Hôiel-Dieu. Il vint dans cet hôpital le aj aoùî 1816 : la tumeur, située h l'aîne gauche , avait alors le volume et la forme d'une grosse poire, dont la base était lonrne'e en haut et le sommet en bas et en dedans , commençant un peu au-dessus de l'arcade crurale ; elle s'étendait à quatre pouces au-dessous • sa largcui? était de deux pouces et demi ; elle présentait des mouvemens de dilatations et de resserrement isochrones îi ceux du pouls. Si l'on exerçait une compression au-dessus de la tumeur, sur un point de l'artère iliaque externe, on suspendait toute espccp de battement dans la Inbieur, et l'on faisait diminuer son volume. Si l'on exerçait la compression au-dessous d'elle, ses battemens paraissaient plus forts , et la tumeur plus volumineuse; la compression pratiquée sur la tumeur elje-même la faisait en partie disparaître , et l'on^entait alors que les parties étaient inégales ou de consistance cartilagineuse. D ailleurs ^ ja tumenr était parfaitement indolente, et la peau n'oftVait atrcuu changement de couleur. Couune cet homme était habitue à 1 usage du vin, on lui en donna un demi-litre, et on le mit h la por-> lion.

Deux méthodes de traitement s'offraient naturellement, la ligatura et la compression ; si cette dernière r.c réussissait pas, elle devait avoir l'avantage dé préparer le snccès dé la première j l'application do la gliice iiu la tumeur devait aussi favoriicr le succès de la,

et supérieure de l'iléon , vers la ligne blanche ; son extrémité inférieure se terminera à en-

compression par la concrétion du sang contenu dans la tnnieur. On rasa la partie, et, pendant plusieurs jours, M. Dapuyuen se contenta d'observer la tumenrjiiiais s'e'tant bientôt convaincu , par plusieurs essais , de la facilite avec laquelle on pouvait comjJiiiner l'iliaque externe sur la turface du corps du punis, et suspendre entièrement la circulation par l'applicaiion du doigt indicateur, il fit faire une machine au moyen de laquelle un appui étant pris sur le sacrum, il n'y eut en avant qu'un seul point de comprime' j savoir, la partie de l'iliaque externe qui rt'pond à la face interne du corps du pubis. Celte machine était formée par une large plaque de fer qui avait buit on dix pouces de hanieur, et dont la largeur était égaie à celle du bassin. Elle présentait une concavité' qui s'accommodait à !a convexité de celui-ci. De ses parties latérales partaient deux branches qui, arrivées au niveau du périnée , se réunissaient pour n'en former plus qu'une seule. Celle-ci remontait en avant et à gauche jusqu'au-dessus de l'arcade crurale, où elle se terminait par une mortaise à laquelle on pouvait adapter une autre pièce de fer que l'on faisait mouvoir à droite ou à gauclie , et qu'on fixait au moyen d'une vis très-courte. Elle o.RPrait à son extrémitu conlournée à gauche, deux longues tiges de fer soutenant une vis de pression terminée intérieurement par une pelote qui avait deux' pouces de hauteur sur un poxice et demi die largeur; sa direction était telle qu'elle exerçait sur la fin de l'iliaque externe , dnns le lieu où celte artère correspond à la face interne du corps des pubis , ' une compression d'avant en arrièie , de haut en bas et dedioile à gauche. Cette machine était recouverte de toute part de peau de chamois , et en arrière d'un large coussin. Ce fut lé 2 septembre que l'on en fit l'application ; on plaça sous le jarret gauche du malade un coussin pour tenir le membre inférieur constamment dans la demi-flexion j la pelote de i.a machine fut appliquée h un pouce environ au-dessus de la tumeur anéyrisraale 5 et la circulation étant parfaitement suspendue ainsi que les batiemens de la tumeur, on appliqua sur celle-ci de la gl?xe pilée enfermé*'

aao HA LABIE»

viran un demi-pouce au-dessus du ligaTrirsl de Poupart. Les bords de cette iocisioiv des

rfanc une Tessie de porc et qu'on renouvelait. Tomes les partie» ▼oisines fuient recouvertes de chap en plusieurs dnubles, dfe tdle manière que la glace ae pouvait ag^ir ^tie frur la tutaeur elle» iaétaeé

La compression exercée par celte macLiae présenta pltuicnrs in» conveniens. Les battcmens de la tumeur anévrismale qui , lors de l'application rccente dé cette mécanique, étaient exactement suspendus,, reparaissaient anssitâi que le malade parlai: , toussait , oa tien au plus léger mouvement. Son coi ps , quoique place sur ur plan hori^optal , glissait vers les pieds do lit et dérangeait la compvession. Enfin celle-ci , lorsqu'elle était exacte , devenait si douloureuse pour ce malade , qui s'iii paiientail de tout , qu'il pouvait à peine, lasupporter pendant quinze ou vingt mioutes, surtout si l'on faisait en même temps les applications de la glace. Il sapporlait quelque» fois la compression pendant une demi -heure lorsqu'on l'cjerçaift seule , la glace tendant les douleurs presque intolérables l e malade compaiail leur effet tout à-la- fois h u»t sentiment de brûlure et do déchirure , qui persistait encoie plusieurs minutes après la cessation de leur emploi. Ces douleurs étaient évidemment dues ^ t'a com> pression du nerf crural. M. Dupuytrcn fît sub'ur à cette machine ptasieur» coirectionsi mais comme elle avait l'inconvénient de. ne p»int faire corps avec le malade «et le bassin glissant toujours ▼ers le pied du lit, la compression ne pouvait point éire exacte et «onlinucj, elle ne fui exercée que jusqu'au 18 septembre. Les donleutt devinrent alors si intenses , qu'on fut contraint d'abandonnée la compression.

La tumeur ayant diminue d'aune manière manifeste, M. Dupnytren permit au malade de se lever. Cet homme éprouva en marchant un sentiment de gène et de roideur dans l'articulation fcmoro-cibiale gauche , qui fut dissipé au bout de quarante-huit heures. Les difficuitét qu'il fallait vaincre pour exercer une compression constanta et dans le lieu que i'ai indiqué, loin de faire renoncer à cctie-

méibode I Cûtiiuii l'idée d'uue aouvellc aucbine plus simple que iâ^

tiégiimerts étant écartés , l'aponévrose da muscle oblique externe se trouvera à dé-

première , analogne an bandage de Camper , et construite d*aprés les ai^tncs ^lincipes. Elle consistait en une bande d'acier e'Iastiqne , formant les cinq sixièmes d'un ovale ; l'extrémité droiie , assez large, prenait un appui sur la hanche du même côie 5 l'extrémité gauche , plus étroite et contournée de haut en bas > d'avant en arrière et de droite à gauche » offrait, à six ponces de sa terminaison, une petite pelote dont les dimensions étaient absolument semblables h celle dont j'ai de'jà parle dans la description delà premièie machine, et répondait parfaitement an point où i'artcre iliaque externe passe sur le corps du pubis j ce bandage exerçait la compression par son élasticité et au raoyeo de deux sons-cuisses qui , partant de la partie postérieure de l'ovale qu'il représente, venaient se fixer en avant h deux petits boutons de cuivre ; l'extrémité gauclie , qui était un peu relevée en avant , et qui se prolongeait de gauche à droite , foimait nn levier an moyen duquel on pouvait facilement graduer la compression, <{u'on modifiait à l'aide dn soas-cnisse gnnche percé de trous à trois ou quatre lignes de distance les uns des autres. Ce bandage était recouvert de tonte part de peau de ohamois , et l'on avait soin de placer le petit cotiiisin dans les lieux oii il prenait ses points d'appui- ce fut le a8 septembre an soir que l'on commença à en faire l'application { ii fut facile de Voir que le bandage avait sur la piemière machine l'avantage de permettre an cor[is de faire tons les monvemens , avantage qai donnait à la compression une exactitude et une fixité qni anraient certainement atteint le but qu'on se proposait si le malade eût été plus courageux et moins impatient. On recommença le» applications Je glace pilée qu'on renouvelait aussi souvent qu'il était nécessaire j la compression , qui pouvait être graduée et faite Qvec la plus grande exactitude an moyen du levier et du sous-cuisse dont j'ai parlé , n'était pas supportée par le malade plus long-temps que lorsqu'elle était exercée par la piemière machine ; il l'endurail même plus difficilement. Dix jours après l'application de ce nonvean bandage, cet homme de<uanda à être opéré par la ligature. Co fat en rain qu'on lai fit seazic tons ks avantage* de la compressioa

222 MALAD3:ES

couvert, et on en fera îa division dans ioute retendue de la plaie externe. On introduira

et les dangers que ferait comir ia ligature 5 il se refusa h l'emploi du premier movea,et sollicita ardemment l'opcraiion.

M. Dupuytren, cédant h ses ii}stances , remit l'ope'ration à hnit jours, et permit au malade de se lever. La tumeur ane'vri;inale était alors réduite aux deux tiers de son volume , et la force des batteraens notablement diminuée. Le g et le 10 octobre, le malade éprouva des douleurs dans la tumeur ane'vrisuiale ; elles se fîrentsentir à son côte interne et s'étendaient jusqn'à la partie moyenne de la caisse 5 elles revenaient par intervalle et avec assez de vivacité pour réveiller le malade en sursaut. Les douleurs de la tuaienr avaient cessé le i3 ; mais à la partie postérieure de la cuisse, et suivant la direction du neif sciatique , il survint des douleurs qui, quoique moins vives que les antres , avaient le même caractère. Le malade étans habituellement constipé , on lui administra le i4 et le i5 des lavemeus émolliens qui ne procurèrent que deux petites selles de matières dures et noires. L'opération devant être pratiquée le lendemain , M. Dupujtrcn prescrivit une once de sirop diacode, ce qui produisit un sommeil tranquille pendant six heures. On rasa la partie , et le 16 octobre l'opération fut exécutée.

L'appareil se composait de plusieurs bistouris convexes sur le tranchant, d'un bistouri boulonné droit , d'une sonde cannelée , de deux stylets aiguillés , enfin de larges rubans de fils cirés, de plusieurs antres ligatures, de l'aiguille à manche de M. Deschamps, de pinces, de ciseaux , de plusieurs petits cylindres de linges et d'épongé.

Le malade étant dans une position horizontale, M. Dupuytren p placé h sa gauche , pratiqua au - dessus de l'arcade crurale gauche et en dehors du cordon des vaisseaux spermatiques une incision qui , partante un ponce «le l'épine du pubis , fut prolongée obliquement jusqu'à un demi-pouce au-dessous de l'épine antérieure et supérieure de l'os des ilcs ; la pcnn , l'a[)onévrose et les muscles qui forment la paroi abdominale ayant été coupés couche par couche et avec beaucoup de précaution , on trouva ensuite da tissu cellulaire jau- BÎ\tre et légèrement injerté, mais d'une densité et d'une résistance

DES ARTÉilES ET DES TEINKS. 22v>

alors le doigt au-dessous des bords inférieurs des muscles oblique interne et transverse,

très-iemarqnahles , et intimement confondu avec un grand nombre de giaudes lympliatiqnes qui enveloppaient l'artère iliaque externe et ailhe'raient intimemeut avec elle. Cette circonstance augmenta les difficultcs pour parvenir h ifiettre l'artère à découvert. JNon-seulenient il fallut enlever le tissu cellulaire couche par couche , mais encore , pour favoriser cette dissection pénible, il fallut faire , au moyen des ciseaux, à l'aponévrose, fortement tendue , plusieurs petites incisioji» transversales à la première. L'artère ayant cte' dégagée en dehors du tissu cellulaire qui l'environnait, M. Dupuyiren la sépara en dedans de la veine iliaque au moyen du doigt indicateur, et avec beaucoup de précaution , il parvint à la soulever avec ce mémo doigt , pendant qu'un aide engageait au - dessous d'elle la sonde cannelée. M. Dupuj'tren , comprimant alors l'artère entre la sonde et l'indicateur, suspendit tout battement dans la tumeur ; bien convaincu par cette manœuvre que l'artère était saine , la première li« gature fut placée à an demi-pouce environ an dessus de la tiimenr anévrismale, au moyen d'un stylet aiguillé conduit dans la cannelure de la sonde j on engagea la ligature d'attente de la même manière , un demi-ponce plus haut. L'opérateur souleva ensuite l'artère à l'aide ilc la première ligature, et plaçant le doigt indicateur de la maiti gauche par-dessus , il suspendit de nouveau la circulation : l'artère ayant d'ailleurs été parfaitement isolée, on ne pouvait commettre d» méprise. La ligature fut alors serrée immédiatement et sans aucune interposition de corps étrangers; elle ne le fut que médiocrement, et cependant assez pour suspendre tout battement dans la tumeur. La première ligature fut placée dans l'angle inicrieur de la plaie , la ligature d'attente dans l'angle supérieur j l'on enveloppa l'une et 1 autre d'une petite cosapresse ; .la plaie fut pansée avec un linge troué et enduit de cérat , que l'on recouvrit de charpie fine ; des compresses triangulaires et le spica de i'aîne completlèrent l'appareil. Ce qu'il y eut de remarquable pendant l'opération , c'est que le malade, contractant forteraent les muscles de l'abilomeu , les bords de la plaie étaient presque mis en contact, et le péritoine, reponss**

de manière à protéger le péritoine j tandis que l'opérateur divisera ces muscles avec

«u debors par tes intestins , venait se prtîsenter sous le bistonri : ces circonstances obligèrent un aide à repousser le pcriioine et les intestins d'une main , tandis qne de l'antic il tenait les bords de la p4aie écartes.

Le malade supporta l'opération sans proférer la moindre plainte ; mais il éprouva des envies de vomir et une légère syncope.

Après le pansement , i! fut transporte dans son lit , la tête ^evc'e par des oreillers , les cuisses et les jambes fléchies sar le bassin ; un coussin fut placé sous les jarrets ; on enveloppa le membre ganche abdominal de sachets remplis de cendres chaudes qu'on recouvrit de draps. On prescrivit pour boisson l'infusion de fleurs de tilleul et de fenilles d'oranger édulcore'e , et poar aliment denx boailluns.

Pendant tout le conrs delà journe'e, le malade n'e'prouva ancnn engourdissement dans le membre j la sensibilité et la myotilité se conservèrent dans tonte leur plénitude j la chaleur ne diminua pas un seul instant dans le membre, et le malade y éprouvait même une sensation de chaleur supérieure à celle do coté opposé. L'application de la main n'y faisait remarquer ancune difTérencc ; cepeu* daat la figure était décomposée. Berger éprouva d<^s douleurs assei vives h l'abdomen et principalement à la région épigastrîque , avec nne érnctation presque continuelle. Au milieu du jour , il ressentit une chaleur générale , un peu de soif j la face se colora fortement; le ponis devint fréquent et dur; le soir, la région épigastrique était distendue, ballonnée; le malade était dans une anxiété extrême. M. Dupuy tren prescrivit deux pots d'infusion de camomille et d'anis ^dulcorée , et des frictions sèches sur la région épigastrique. Ea outre , il ordonna de pratiquer une saignée s'il se manifestait des symptômes de congestion vers le cerveau. Il y eut pendant la nnii des douleurs fixes à la région épigastrique avec éructation d'une grande quantité de gaz.

Le lendemain an matin , le membre jouissait toujours de tontes* •ensibilité et de la mobilité. La chaleur étant supérieure à c«lle da

un bistouri ordinaire ou boutonné. On passe ensuite l'indicateur derrière le péritoine , jus-

membre oppose. On Ô!a les sachets de sable chand , et ron se contenta de l'envelopper de draps. Les douleurs de l'épigastre étaient tnujoiiis très -vives; l'estomac se trouvait si distendu par des gaz, qu'il se dessinait h travers les pavois de l'ab<lomen • il y avait éructation d'une grande quantité de fluides tijstîques. Le pouls paraissait moins développé que la reille. La face était grimpée, la langue sèche et couverte, ainsi que les lèvies et les dents, d'un eaduit noirâtre. On prescrivit une potion d'eau de menihe à prendre par cuillerée avec un peu de sucre. On donna un lavement composé d'une décoction de deux onces de tamarins dans huit onces d'eau; mais comme il ne produisit aucune évacuation , on en administra un second fait avec deux onces de tamarins dans dix onces d'inlusion de camomille. Celui-ci fut rendu peu de temps aprèf , coloré par les matières fécales ; il provoqua l'issue de quelques vents qui soulagèrent le malade momentanément et lui procurèrent quelques instans de sommeil. La douleur de l'épigastre se renou- \ela bientôt; elie était toujours accompagnée d'une abondante éructation de gaz par la bouche.

Au milieu dn jour , la face se colora fortement , le pouls devint dur et fréquent , la douleur de l'épigastre s'étendit aux hypocondres. M. Dupuytren prescrivit une saignée du bras , de deux palettes et demie , des lavemens émolliens et une limonade végétale. Ces moyens procurèrent quelques heurts de sommeil.

Le soir , il y avait nn peu de trouble dans les idées , le malade ne conservait aucun souvenir de ce qui s'était passé pendant la journée. La région épigastrique était toujours douloureuse, distendue , el résonnait par la percussion. Il se faisait par la bouche un dégagement presijue continuel de gaz ; la langue était rouge et sécha, le pouls dur et fréquent. Une seconde saignée de deux palettes fut pratiquée pour combattre le trouble des idées , et l'on administra des lavemens émolliens. L'on introduisait souvent dans le rcctnm une sonde de gomme élasti^ae pour favoriser la sortie des gaz. II

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