‹ Traité des maladies des artères et des veines (volume 2)Chapitre 12 sur 46 · SECTION IX · texte numérisé non relu

SECTION IX

Des Anèvrismes des artères fessière et ischiatique.

Les anèvrismes de l'artère fessière ont été généralement regardés comme incurables , et le seul cas connu où la guérison de cette maladie ait été obtenue par une opéralion chirurgicale est rapporté par M John Bell. M. Bell ouvrit un anévrisme énorme provenant d'une plaie de l'aitère iHaque postérieure , et lia le vaisseau divisé. Le sac suppura, le sacrum et l'iléon s'exfohèrent, mais le malade ne finit pas moins par se rétablir (i).

Le danger qui suit l'ouverture de la cavité d'un anévrisme dans un endroit où il est impossible d'arrêter Técoulenient dti sang par la compression de l'artère au-dessus delà tumeur, a détourné les chirurgiens d@ répéter l'opération de M. Bell.

Le docteur Stevens, de l'ile de Sainte- Croix, a communiqué à la Société médical©

{\\fPrinci'ples of Surgery , vol. i ^ p. 4^ r .

DES ARTÈRES ET DES VEINES. 25l

et chirurgicale de Londres l'histoire d'un anévrisme de l'artère fessière guéri par la ligature de l'artère iliaque interne (i). Je suis redevable au docteur Stevens de l'extrait sui* vant de ce cas important.

Maila, négresse , fut importée comme esclave aux Indes occidentales en 1790. Je la YÏs, pour la première fois, au commencement de décembre 1812. Elle portait alors à la hanche gauche , imniédiatement sur l'échancrure sciatique, une tumeur qui présentait de fortes pulsations. Elle oflrait presque Iç volume d'une tête d'enfant. La malade ne pouvait assigner aucune cause à son affection, qui avait commencé neuf mois avant que je la visse, et qui , graduellement , était parvenue , avec une douleur légère, jusqu'au volume qu'elle avait alors. Elle était très -affaiblie, souffrait beaucoup , et était décidée à se soumettre à l'opération qu'on lui proposerait.

Je consultai les docteurs Lang et Van- Brackle sur ce cas, et je leur proposai la ligature de l'artère iliaque interne, à laquelle ils consentirent : en conséquence, le 27 décembre 1812, je procédai à celte opération

(i) Med'co-Cliirurgical Tran^^ actions , vol. v.

232 vMALADÏES

de la manière suivante, en présence des docteurs Lang et Van-Braclde, de M. Nelthropp et de M. Ford , intendant de la plantation, à laquelle cette femme appartenait.

Une incision d'environ cinq pouces de longueur fut faite sur le côté gauche de la parlie inférieure et latérale de l'abdomen , parallèlement au trajet de l'artère épigastrique , et à près d'un demi-pouce du côté externe de ce vaisseau. La peau , le favScia superficiel, et les trois muscles abdominaux furent successivement divisés ; le péritoine fut séparé de ses adhérences lâches avec lès muscles iliaque interne et grand psoas, et ensuite repoussé à l'intérieur dans la direction de l'épine antérieure et supérieure de l'iléon , à la division de l'artère iliaque commune. Dans la cavité que je venais de faire , dit M. Stevens , je distinguai Partère iliaque interne , et ayant insinué derrière elle l'extrémité de mon doigt , je la comprimai entre mon indicateur et mon pouce. Le docteur Lang toucha en même temps Fanévrisme et observa que la pulsation y avait cessé , et qu'il était diminué. J'examinai le vaisseau dans le bassin , avec mon doigt : trouvant qu'il était sain , je le détachai avec précaution des parties environuanles. Je passai en-

suite une seule ligature sous l'artère avec une petite aiguille mousse, et je la liai à un demi- pouce environ de son origine.

La tumeur disparut presque immédiatement après l'opération, et la plaie marcha favorablement. Vers la fin de la troisième semaine , la ligature se détacha , et au bout de six semaines , la malade était parfaitement guérie. Sur le point de quitter les Indes occidentales, au mois de mai 1814, plus de dixsept mois après l'opération , je fis appeler cette femme et la trouvai en parfaite santé.

J'ai plusieurs fois répété cette opération sur le cadavre , et je n'ai rencontré aucune difficulté à faire la ligature de l'artère iliaque interne , selon la méthode du docteur Stévens. Le milieu de l'incision des tégumens et des muscles abdominaux correspondra presque vis-à-vis de l'épine antérieure et supérieure de l'iléon; le péritoine sera ensuite séparé des muscles iliaque et psoas, et l'artère iliaque externe suivie jusqu'à son origine de riliaque commune. Là se trouvera l'iliaque interne, sous laquelle on fera passer une ligature, au moyen d'une aiguille ordinaire à anévrisme. Les nombreuses communications qui existent entre les branches de 'iliaque interne et les artères fémorales et

2^4 MALAÎ3ÏE3

lombaire fourniront une quantilé suffisante de sang après l'oblitération du premier de ces vaisseaux ; ainsi les parties qii^il est appelé à nourrir , dans l'élat naturel des choses , n'en souffriront en aucune manière.

Page 1