‹ Traité des maladies des artères et des veines (volume 2)Chapitre 18 sur 46 · OBSERVATION XLII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLII

Une femme âgée de trente ans , présentait, à la partie inférieure de la cuisse, une tumeur dont l'accroissement , depuis plusieurs mois, était accompagné de fièvre et d'une douleur cruelle. Son aspect était absolument semblable à celui de la maladie que nous venons de décrire : elle avait son siège au mêmç endroit, mais avec un volume plus petit. Son origine était attribuée à une extension violente des muscles de la cuisse. Le membre fut amputé; mais la malade, qui était ejctrêmement affaiblie par ses souffrances antérieures, mourut au bout de quelques semaines. Ou disséqua avec soin les artères principales et le» veines du membre amputé : elles parurent être dans îenr état naturel, et on n'y décou- 'vrit aucune rupture ni la moindre condition morbide. Le sac avait une structure membraneuse très-mince; il était divisé en cellules nombreuses qui contenaient du sang dan*

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difFérens étals de coagulation. Une matière calcaire se trouvait en dépôt dans quelques endroits de celte pocîie , et le fémur était carié.

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Un sujet maigre et délicat, âgé de douze ans, portait vine tumeur au côté externe de la jambe droite, qui, par degrés, avait atteint le volume de la tête d'un enfant nouveau - né. Les caractères de cette tumeur coïacidaieirt en tous points avec la desciiplion que fait Potfc de cette maladie. Elle avait commencé immédiatement audessous du genou et s'étendait plus bas que le ventre du muscle gastrocnémien. Le sommet de la limieur paraissait très-enflammé, et sur ses côtés les veines étaient variqueuses. La s^ nsibilité du membre restait comme dansTélat naturel , ainsi que le pouls à l'articulation du pied. Quelquefois l'enfant se plaignait de douleur dans la tumeur, mais le plus souvent elle était insensible. A sa parlie inférieure, elle présentait une lluctualion imparfaite; sa partie su[)érieure paraissait solide. On lui lit une incision qui fit sortir une grande quantité de sang fluide, mêlé de beaucoup de coa- •^ulum. Le doigt aj^aut été introduit dans sa

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cavité , OU y découvrit des dépôts considérables de matière osseuse, et l'on s'aperçut que la tête du péroné était totalement détruite. Le membre fut amputé. Le sac était formé par un tissu dense , renfermant des cellules innombrables, composées principalement de matière osseuse. Ces cavités contenaient du sang fluide et du coagulum , dans divers états de densité. On trouvait dans quelques endroits du coagulum , de petites masses de matière calcaire. La partie supérieure du péroné était détruite dans une étendue de trois pouces. Les muscles , trèsamincis, s^épanouissaient sur la tumeur. Le contenu de la tumeur ayant été enlevé , et de l'eau ayant été poussée dans l'artère fémorale , elle se rendit dans le sac par un grand nombre de petits vaisseaux. Les artères du membre furent ensuite injectées avec de la cire ; mais dans la dissection on ne put découvrir aucun vaisseau considérable qui communiquât avecle sac. Les artères poplitée, tibiale et péronière étaient saines dans leur tissu , et n'offraient aucune interruption dans leur trajet (i).

(i) Ce cas s'est iirésenlé dans la pratique de M. Freer de Binningham , et je lui dois l'extrait que je viens d'e»

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Ces observations prouvent évidemment que les artères principales ne sont pas toujours intéressées dans la production de cette maladie, ainsi que l'avance Polt ; et il est probable que la tumeur est due à la rupture de quelques-unes des plus petites artérioles(a). L'extirpation paraît être la seule

donner. (Voyez Observations on Aneiirism, p. 28, pi. III , etc. )

(i) Celle circonslance a engagé M. Freer à donner à cette maladie le nom d'«fneVmme des plus petites artères» ( Voyez Observations on Aneitnsm , p. 20. ) Des observations sur cette maladie sont rapportées par Else (Medical observations and inqidries^ vol. m , p. 169.)

Pêarson , Medicalcommunications , vol. 11 , p. 95 , etc.

ScARPA, Réflexions et Observations anafomico -cliirurgicaîes sur l'Anévrisme , traduction de Delpecli 9 p. 4^5. Dans deux des cas rapportés par M. Else , une sonde introduite par les grandes veines du membre arrivait facilement jusqu'aux tumeurs j mais dans ceux que je viens de décrire, les veines principales étaient saines, et l'on ne put découvrir aucune communication entre elles et la maladie. Dans les Observations de M. Pearson et de Scarpa , les tumeurs présentaient des pulsations si fortes qu'on pouvait les prendre pour des anévrismes de l'artère tibiale antérieure. Dans celle de M. Pearson , toutefois, on reconnut par la dissection que la tête du tibia était tellement détruite, que la partie postérieure de la tumeur se trouvait en contact avec les grandes artères ^u membre, auxquelles elle empruntait ses pulsations.

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manière convenable de traiter cette affection, et dans les cas que j'ai observés , l'amputation du membre a été jugée nécessaire par suite des effets du mal sur les os et les parties environnantes.

Dans celle de Scarpa , semblable à celle de M. Pearson , tant par l'apparence de la tumeur que par sa situation , on apercevail distinctement que la portion inférieure du corps du tibia n'était plus continue à la supérieure.

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