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tré à la Faculté de Médecine un grenadier chez lequel la maladie avait son siège audessous de la clavicule, et était produite par une blessure de la grosse artère- et de la veine dans cet endroit. Il y avait en outre un tremblement évident dans toutes les veines superficielles du bras(i).
(i) M. Larrey {Mcm. de chirurgie milit. , tora. iv , pag. 541 ) rapporte deux exemples de celle espèce d'anévrisme variqueux.
Le premier fut offert, par tin invalide qui , à la suite d'un coup d'épée reçu à l'aisselie droite, eut une varice anëvrismale dans tout le système veineux du bras. Lorsque le rcenibre était abandonné à son propre poids , toutes les veines s'engorgeaient, et les plus saillantes donnaient des batteraens isochrones aux pulsations désaltères. Lorsque le bras était élevé sur la iêle, les vaisseaux se désemplissaient , et les pulsations disparaissaient entièrement.
Le second exemple de ce genre de varice anevrisir^ale a clé fourni au chirurgien que nous venons de nommer par un grenadier de l'ex-garde , qui fut présentéà la Société de Médecine de la Faculté.
i< Cadrieux (Pierre) , âgé de trente-deux ans, appelé en duel le 20 novembre i8i i , reçut un coup de sabre à la partie supérieure delà poitrine, au-dessus de l'articulatian slerno-clavicul.iirc gauche : la pointe de l'arme > dirigée en arrière, en dehors cl en bas, au moment où ce grenadier élail fendu sur son adversaire, le bras tendu
t>ËS ARTERES ET DES VEINES. O^l
La tumeur , qui est rapidement formée par îa dilatation de la veine blessée, diminue en
et très-eleVe, coupa une portion de l'attache du muscle slerno-masto'fdien , le premier scalène ^ l'artère sous-clavière Irès-avant sous la clavicule, la veine du même nom, et probablement aussi une grande portion du plexus brachial. Une hémorragie foudroyante eut lieu au même insiant, et le blessé chancela j il fit néanmoins quelques pas pour gagner une maison voisine du champ de bataille^ mais» il tomba bientôt en syncope et resta comme mort , étendu dans l'une des chambres de cette maison. Les assistans exercèrent un point de compression sur la plaie ^ on le réchauffa^ on lui fit prendre un peu de bon vin 5 enfin il fut rappelé à la vie et transporté à l'hôpital du Gros- Caillou, où il entra pendant la nuit.
y» A la visile du matin, ce blessé offrit tous les signes d'une fin prochaine : il était froid comme le marbre j il avait le visage empreint de la pâleur de la mort, les lèvres décolorées, les yeux tei*nes , presque fermés ) sa voix était tellement affaiblie , qu'on ne pouvait entendre ce qu'il articulait qu'en portant l'oreille sur sa bouche. La blessure, de plus d'un demi-pouce d'étendue, ne donnait point de sangj on maintint ses bords rapprochés par des bandelettes agglutinatives, et l'on appliqua par-dessus une compresse trempée dans du vin chaud camphré. La clavicule du même côté était effacée par une tumeur considérable qui se manifestait au-dessus et audessous , donnant des batfemcns isochrones au pouls : ces batlemens étaient plus marqués dans la tumeur formée au-dessous de la clavicule. On sentait et on entendait en
072 MAT^ADIE^
peu de temps, quand les veines voisines sont assez dilatées pour permettre un libre passage
outre, plus profondément et dans la direction de la veine a^illaire, un bruissement singulier, tel que celui que produirait un liquide qu'on ferait passer à travers plusieurs tuyaux tortueux et métalliques. Le bras était glacé, insensible et sans mouvement ni pulsaiions dans ses artères, pas même à l'axillaire; le pouls du bras opposé était petit, et à peine sensible; cependant la respiration était libre, et l'on n'apercevait aucun des signes qui caractérisent l'épanchement de sarig dans la poitrine. Malgré le peu d'espérance que nous offrait ce blessé , que ses angoisses et son anxiété annonçaient être dans le danger le plus imminent, M. Larrey se hâta de faire envelopper tout le bras malade dans une flanelle très-chaude , ayant eu soin de le faire frotter auparavant avec de l'huile de camomille fortement camphrée. Des embrocations trèschaudes avec le même lininient furent faites sur toute l'habitude du corps. On lui fit donner de bon bouillon avec un peu de vin de Bordeaux, et pour boisson une infusion de camomille. Les forces et la chaleur générale se rétablirent graduellement.
>> A la visite du soir, on trouva le blessé agité, inquiet, et avec quelques symptômes de fièvre d'irritation. Le membre lésé était dans le même état, ainsi que la tumeur nnévrismale ; mais les veines jugulaires du côté affecté «'étaient engorgées et donnaient des battemens. On substitua à l'infusion de camomille une tisane faite avec le gruau et le chiendent, acidulée avec l'alcool nitrique, vt édulcorceayec du sirop. On prescrivit pour la nuit deux
DES ARTÈRES ET DES VEINES. SyS
ail sang. Le degré de dilatation des veines environnantes ainsi que le volume de la tu-
verres d'emulsion , et un chirurgien fut placé près du blessé.
•>'> Lft 23 , au malin , la tumeur anévrismale ^ sans avoir augmenté de volume , doimait des Laltemens plus forts j la veine jugulaire du même côté était considérablement dilatée ; les pulsations des carotides et des artères du bras sain avaient également augmenté; le visage était coloré, et le malade e'prouvait aussi des batîemens douloureux et très-violens dans la tête. On fit ouvrir la veine du bras droit , et appliquer sur la tumeur des compresses épaisses trempées dans du vinaigre camphré, ammoniacéet à lat glace , qu'on renouvelait toutes les heures.
» Le traitement interne et externe qu'on avait prescrit la veille fut continué; cependant l'on ajouta de l'eau de poulet nitrée^ à prendre alternativement avec la tisane ; et l'on prescrivit des lavemens émolliens.
» La nuit fut agitée. A la visite du 25 , M. Larrey trouva les vaisseaux extrêmement gonflés. Une céphalalgie violente et le délire se manifestaient ainsi que de ti es -forts hatlemens dans les vaisseaux jugulaires. Le pouls du bras sain élait fébrile et nerveux. On cuvrit la veine jugulaire gauche, dans l'intention de désemplir les vaisseaux du cerveau , de calmer les battemens douloureux, et de prévenir une apoplexie dont il était menacé. Le sang sortit en arcade de la veine jugulaire ; il était vei'meil et présentait tous les caractères du sang artériel. Celte saignée dissipa en grande partie les
574 MAIiADIES
niéur dépendent de l'étendue de la plaie, qui établit une communication entre l'artère et
Laltemens el: les douleurs de léîe : le blessé fui calme j mais il éîajt toujours privé du sommeil.
» Le 34, les mêmes .'■yra])tômes s'élaienl encore agravés : on fit une lioisième saignée du bras. L'insomnie, les céphalalgies continuèrent, à quelques varialions pi es, jusqu'au neuvième jour • dans cet intervalle l'on pratiqua une quatrième saignée du bras. La plaie faite par l'inslrument avait été cicatiisée dès le huitième jour. Vers le dixième on aperçut un gonflement dans les veines du membre malade , lesquelles étaient jusqu'alors restées affiiissées. La céphalique donnait des battemens^ la chaleur et la sensibilité s'étaient développées dans toute l'étendue du bras et dans le pli du coude. L'avanl-bras et la main étaient encore fioids et insensibles; point de pouls. I>a tumeur anévrismale avait diminué de volume^ et n'occupait qu'un très -petit espace sous la clavicule et derrière le muscle grand pectoral; mais le bruissement était plus fort. Le malade prit quelques crèmes de riz, de légers potages et du vin de Bourgogne, mais eu irès-petite quantité. Il avait recouvré l'usage dp la parole.
>> Plusieurs jours se passèrent dans cet état r cependant les douleurs de tête te calmèient par degrés; le malade retrouva le sommeil , et l'on vit s'éloigner de lui le dan*ger imminent oii il avait été. La chaleur du bras s'étendait graduellement , ctpaivint jusqu'à la main en pru de jours. Dè>-lors des mouvemens se manifestèrent Mi' cs- Êivemcnl dans les muscles du bras et de l'avaul-bi t-s , et avec eux la ieiisibilité reparut dans loiiles ces parties, La
©ES ÀRTi^RES ET DES VEINES. 5']5
la veine : celle ciiconsLance détermine la quantité de sang qae la dernière reçoit de l'autre. Quand la dilatation des veines est parvenue à un tel degré que ces vaisseaux sont capables de contenir le sang qui est versé dans leur intérieur à chaque pulsation de l'artère , le volume de la tumeur devient stationnaire. Je ne connais pas d^ cas oii la tumeur ait augmenté après cette période , et où l'intervention de l'art soit devenue né-
main resLiit toujours immobile, et le ninlade ne cessait d'y éprouver un fourmiliement exlrèineineut clou- Joureus que les linimens narcotiques ne pouvaient calmer.
>> La tumeur anévrisraale avait entièrement disparu avant le vingtième jour. Le bruissement s'est conservé au même d^gré, ain^i que les ballemens des veines du coU' el du bras , notamment ceux de la cépbalique. A cette époque, l'on supj)riuia les topiques i:;!acés et les émr.Isions , sans discontinuer la îisaue j -on peimit l'usaged'aliiuens lét^ers et nourrissans. Le bras s'est maintenu dans le méiiie élat sans avoir j>erdu de son embonpoint,.. La chaleur , In sensibiiilé et les mouvemeiis s'y sont ré-, tablis par deg-'és;, et a.iiès !e cinquante-cinquième jour , on a senti de irès-légères pulsalions dans les deux artères radiale et cubitale. Le bruissement a été moins sensible et a paru diminuer^ les veines ont été moins gonflées^ leurs ballemens plus laibles. »
( Noie du traduGùeitr. },
cessairenAii contraire, on rapporte de nombreux exemples dans lesquels celte maladie est restée stationnaire pendant plusieurs années en ne causant que peu ou point d'inconvéniens. Guillaume Hunter, qui le premier a décrit cette aifection (1) ,• en rapporte deux exemples : dans l'un la tumeur est demeurée sans faire aucun progrès pendant qua- , torze ans 5 et dans l'autre cinq ans (2). Le docteur Cleghorn parle d'un cas où la maladie est restée dans le même état durant cinq
(1) Voyez Médical obseivalions and imjui n'es , vol. i, p. 540 j aiid. vol. Il, p. 590. Scarpa dit j « Guattani a publié deux observations de varice anëvrisiuale avant quo les recliercbes du docteur Iluntcr sur ce genre particulier d'ancvrisnie fassent connues en lialie, et l'on ne peut pas élever le plus petit doute sur la véritable nature de la maladie qu'il a décriie. ÎI faut par conséquent reconnaître qu'il a une part égale dans le mérite de la découverte. ( Rcjlex. et Obs. anal, chinirg. sur V Anev. , tiad. par Delpech , p. 4i^-) ^ ce sujet, il est bon de faire observer que les rechercbes du docteur Hunier sur celle maladie ont été publiées en 1757 et en 17^34, tandis que Guatlanx i/avnil pas vu son premier malade avant 176c), et que son ouvrage n'a paru qu'en 1772. Un exemple de celle flifection se trouve aussi dans Sennerl, Optra omnia ^ tçm. V, lib. .Vj part, i , cap. xnii.
(2) Médical oùseryalions and inr^uin'es , vol, j| , p. 3pG , 40Q,
DES ARTÈRES ET DES VEINES. Syy
ans (i) , et Benjamin Bell (2"! dit qu'au bout de vingt ans , la seule altéralion qu^on pût observer dans le bras de ce malade était une légère tuméfaction des veiiies qui communiquaient avec la varice. Le docteur Hunter a dit à Benjamin Bell que la première fois qu'il observa cette maladie, elle n'offrit aucun changement pendant les trente-cinq ans qui suivirent l'époque de la blessure. Bell parle aussi d'un autre cas de varice anévrismale qui n'a causé aucune incommodité pendant treize années, quoique le malade, qui était matelot, se livrât aux travaux les plus rudes (3). Scarpa rapporte une observation dans laquelle la tumeur n'augmenta pas pendant quatorze ans , et où , pendant tout ce tem ps , le malade n'éprouva d'autre incommodité dans le bras qu'un engourdissement passager (4). J'ai vu sur une personne cette maladie exister durant trois ans , sans présenter la plus légère
(i) Médical observations and inqidries , vol. m , p. I 10.
(2) System of Surgery , vol. m , p. 199. Note. Seventk édition.
{i) Ibid.
(4) l\eflex. et Observ. anat.-chirurg. sur l'Auévrisme , triad par Dejpech , p. 4^0.
modification : les auteurs de chirurgie citent un grand nombre de faits semblables.
Il est évident que la tumeur, dût - elle s'ouvrir, la meilleure manière de la trailer serait de lier Tarière tant au-dessus qu'audessous de la plaie faite à ses parois. Je ne connais néanmoins aucun cas où celte opération ait été pratiquée , et le seul mode de traitement qu'on ait jusqu^à présent employé pour la guérison de la varice anévrismale est la compression.
Il est possible que la compression effectue la guérison, soit en oblilérant le canal de l'aitère blessée , soit en plaçant en contact les parois opposées de la veine et en occasionnant leur adïiérence, en sorte que l'ouverture de comujunicalon entre l'artère et la veioe soit Ruinée. Scarpa rapporte, d'après Auguste et Antoine Brambiila, deux exemples de guérison obtenue par l'emploi de celle" méthode : dans le premier, le traitement fut entrepris quatre jours après l'accident , et l'on exerça la compression en plaçant sur la tu- , meur un tampon de charpie Ireiùpé dans uno lolion stypti([ue; on mit par-dessus des compresses graduées, et sur le tout, on fit plusieurs tours de bande. On apporta l'altenlion la plus scrupuleuse à renouveler l'appareil
tontes les fois qu'il se relâchait , et au bout de six mois , le «naïade se trouva radicalement guéri. L^autre malade était un enfant de quatorze ans chez lequel la compression fut employée quinze jours environ après Papparitioa de la tumeur. Au bout de quatorze semaines d'un traitement assidu, cet enfant fut: guéri , et le seul vestige qui restât à la place de la varice anévrismale fut une très -petite tumeur du volume d'un pois (i). Guatlani donne une observation semblable (2) , et Monteggia a remarqué , pendant la guérisoii d'une varice anévrismale qui était effectuée par la compression, qu'un coagulum s'étaifc formé dans la tumeur, qui devint dure, perdit ses pulsations et disparut bientôt après (5). La possibilité de produire un anévrisme entre Tartère et la veine, en empêchant le passage du sang de l'une dans l'autre, quand les tuniques des deux vaisseaux ne sont pas intime^
(i) Re'fîex. et Ohs. .mat.-cliiiurpf. sur l'Anévr. , (rad. par DelpecU , pag. [\'ii. — Acla acadcniiœ cces. reg. Joseph, medico-clif rurgicœ , Iciu. 1 , Dissert, de Aneu-^ rysmale 7'enoso , p. 85 et !!'g.
(2) De sjHrn'o Brae/ùi Ancurysmale HUiorla iv, pag. 224. Th. Laiiih. edhl. elpraf. est.
(5) Insllluzioni chlrurglche di G. B. Alordeggia f^ parle prima^ capo vu , § ^>og, p. lyl- ■^'î-'.poll,. 1809.
38o MAIiADIES
ment unies, paraît avoir détourné les chirurgiens de tenter la guérison de cette maladie par la compression , et ils se sont, en général , contentés de recommander au blessé l'exercice modéré du membre.
Il est nécessaire , pour la formation d'une varice anévrismale, que la veine soit en contact immédiat avec l'artère, qu'il y ait une communication directe entre les plaies des deux vaisseaux , et qu'enfin les bords de ces mêmes plaies soient intimement unis par l'inflammation adhésive. Si la veine n'est pas en contact immédiat avec l'artère , ou si le sang rencontre quelque obstacle dans son passage de l'une dans l'autre, en conséquence de l'obliquité de la plaie, de l'emploi de l,a compression ou de toute autre cause , le tissu cellulaire qui unit la veine et l'artère peut se dilater en forme de sac anévrismal qui servira de communication entre les deux vaisseaux. Dans ce cas , la veine sera éloignée à quelque distance de l'artère, et le sac anévrismal sera situé entre elles deux ; le sang passera d'abord de l'artère dans le sac et du sac dans la veine dilatée. Cette variété de la maladie peut être appelée avec juste raison anévrisme variqueux, pour la distin^ || guer de la varice anévrismale.
DES ARTÈRES ET DÉS VEINES. 58l
Si l'ouverture par laquelle le sac anévrisnial communique avec la veine n'est pas assez large pour permettre au sang qui vient de l'artère de se rendre aisément dans l'autre vaisseau , il est évident que le sac anévrismal augmentera de volume et exigera une opération chirurgicale. Il est probable que la ligature de l'artère au-dessus de la tumeur produirait la guérison de cette maladie, ainsi que cela a lieu par le même nî03^en dans les anévrismes circonscrits. La diminution de la force du sang après la ligature favoriserait la formation du coagulum , qui finirait par remplir le sac et par oblitérer son ouverture de communication avec la veine. Je ne crois pas toutefois qu^on ait encore essayé cette opération (i) (2). Dans les seuls
(i) Scarpa recomraancie cette opération si l'anévrisme est circonscrit , mais s'il est diffus , on doit le traiter comme les anévrismes diffus en général. Voyez Scarpa, Rcjlex. et Observ. anal.-chirurg. sur V Ané\>rîsme , (rad. par Delpech , p. 424 » § x.iv-
(2) Nous venons de voir que M. Hodgson, dans le cas oii l'on peut croire la ligature de l'artère nécessaire , conseille de la pratiquer au-dessus et au-dessous de la tumeur, tandis qu'ici il paraît penser qu'une seule ligature, placée sur l'artère au-dessus de la maladie, peut sufïire. Comme il dit n'avoir aucun «lit par devers lui pour ap-
38si MALADIES
exemples connus jusqu'ici de celte maladie^ 3es sacs furent ouverts et les deux extrémités
puyer son senlimcnl , Je vais rapporter une observation qui n'est pas sans intérêt, et qui déinontreia que, dans , ces anévrismes variqueux ou varices anévrisinales, le Jîliis si*ir est toujours de comprendre la tumeur entre deux ligatures. L'operaiion dont je vais parler fut pratiquée à Chaiilot par un des plus habiles et des plus célèbres chirurgiens de Paris , auquel je servis de second.
Louis F. , âgé de vingt-deux ans, d'un tempérament sanguin, plélliorique , vint à Paris, au mois de juillet i8i4, pour se faire traiter d'une tumeur qu'il portait à la partie supérieure et interne du bras gauche. En septembre 1812 , il se fit au bras une blessure, qui donna lieu à une hémorragie considérable, et qui fit présumer que l'artère humérale avait été lésée. Cependant la plaie , sur laquelle on exerça une compression assez forte, se cicatrisa^ et toutes les inqaiétudes étaient dissipées, lorsque, six semaines après l'accident, le malade s'aperçut d'un battement exiraordinaire et d'un bruissement particulier à l'endroit de la cicatrice. L'absence de tout autre symptôme alarmant, et l'avis d'un médecin qui lui conseilla de ne pas songer à sa maladie, et de se servir de son bras comme à l'ordinaire, firent qu'il se tint tranquille sur son état jus(ju'au mois de mai i8i4- A cette époque, il se fornia , sous la cicatrice, une tumeur assez considérable, molle, présentant à son contre des baltemons isochrones à ceux du pouls , et un siisurnts qui s'élcnd.nt assez loin, non-seulement dans la tumeur, mais encore daùs la veine voisine, qui, comme toutes celles du bras,
de l'artère furent liées dans cet endroit. Le premier de ces cas est rapporté par M. Park
se trouvait dilatée, surtout quand le malade avait ce niefn]>re pendant. Si fa main était élevée, la tumeur devenait plus molle , le bruissement moins considérable; si l'on comprimait l'artère au-dessus de la fumeur, celle-ci disparaissait ; elle n'augmentait pas quand l'artère élait comprimée au-dessous j le naaiade se servait parfaitement de son bras, il n'éprouvait aucune douleur j mais il était continuellement tourmenté par l'idée de sa maladie el était décidé à tout essayer pour s'en débarrasser. Le chirurgien qui le vit reconnut de suite un anévrisœe variqueux , complifipjé d'un anévrisme faux consécutif j il proposa l'opération , et le malade l'accepta. Elle fut pratiquée le 8 Juillet 1814 > suivant la méthode de Hunier. Elle fuTexécutée avec une promptitude et une simplicité dignes de l'habilelé de l'opérateur. L'artère, isolée de toutes les parties voisines, fut seule comprise dans la ligature^ les battemens cessèrent entièrement. Une seconde ligature au-dessous de l'ouverture de l'artère parut inutile • cependant, peu après l'opération , le membre devint froid et insensible. Malgré tout ce qu'on put faire, les doigts ne recouvrèrent ni leur sensibilité ni leur chaleur anlérieurej bientôt ils furent entraînés dans la flexion , et on ne les redressait qu'avec beaucoup de peine. Le quatrième jour, il y eut une légère hémorragie; elle cessa dès que l'appareil fut levé. Le treizième jour, les ligatures tombèrent. Il n'y eut rien d'extraordinaire pendant le traitement ; cependant on commençait à sentir un léger bruissement à l'endroit de l'ancienne tumeur; plus tard,
de Liverpool (i). La maladie commença uns semaine environ après une saignée du bras. Au bout de quatre mois, la tumeuf était aussi grosse qu'une noix; elle avait des pulsations comme un anévrisrae, et son volume
ce bruissement et les battemens singuliers, que l'on ne savait à quoi attribuer, augmentèrent au point de donner quelques inquie'ludes. On exerça pendant long-temps une compression assez forte, dont les effets furent à-peu-près nuls. La main privée de mouvement se trouvait renversée sur l'avanl-bras , et les doigts élaient fortement portés dans la flexion.
Ces accidens , qu'on ne pouvait imputer à la ligature de quelque nerf , puisque nous avions la certitude que l'artère seule avait été liée , empêchèrent cependant le chirurgien de placer une seconde ligature au-dessous de la tumeur pour la faire disparaître définitivement , car elle se montra de nouveau, et les veines du bras restèrent tros-dilalées, même au-dessus de la blessure.
Je crois que la seconde apparition et la persistance de cette tumeur doivent être attribuées à l'emploi de la métliode de Hunier, et qu'on peut expliquer ce pliéuomène en l'attribuant aux mêmes causes que celles qui produisent , soit le retour des battemens dans les tumeurs anévrismales ordinaires , peu de temps après que l'artère a été liée bien au-dc-sus de la maladie, soit les hémorragies qui se font par le bout inférieur d'une artère divisée , lorsqu'il n'a point été compris dans une ligature particu-* hère. (Noie du traducteur.)
(i) Médical facts and observations , vol. iv, p. ru.
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diminuait beaucoup , mais ne disparaissait pas entièrement par la pression. Le sifflement et la sensation vibratoire particulière qui caractérisent la varice anévrismale se distinguaient très-bien à une certaine distance du centre de la tumeur et vers l'aisselle. La veine basilique était très-distendue , mais non à ce degré qu'on observe généralement dans ia varice anévrismale. Quoiqu'on eût défendu au blessé tout exercice violent de son bras, la tumeur n'en fit pas moins des progrès rapides en peu de mois. Une année après l'accident, il vint à l'infirmerie pour des douleurs violentes qu'il éprouvait dans la tumeur, qui était alors enflammée et en suppuration. Le lendemain de son entrée , la tumeur s'ouvrit , et il n'en sortit qu'une petite quantité de pus ; mais au bout de quelques jours, le sang s'en échappa en abondance. Le sac externe ou la varice anévrismale étant ouvert et le coagulum enlevé , on aperçut dans le fond de sa cavité une ouverture semblable à celle que l'on fait ordinairement dans l'opération de la saignée : le sang artériel coulait abondamment par cette ouverture toutes les lois qu'on diminuait la pression du tourniquet. Une sonde que l'on y introduisit pénétra à près d'un pouce de profondeur j