M A LA 15 TES
Lranes des deux bi>i fs du vaisseau , sont les souîs points de ressetnblarice entre les veiiips et lesaitères etnbrassées par des ligalures. La rompression , qui n'e?^* nn'ii>e ligature plus large , ve ptoduiraif aucune difPôrence dans ses re'sultats si on l'appliquait à une veine. Exercée sur une artère, il est bien connu qu'elle agit comme une ligature , mais avpc plus de lenfeur.
Ces expériences furent failes sur la vj?ine Jugulaire du cheval. Les veines du corps que l'on ouvre dans la saignée sont trop peti(es pour montrer d'une manière aussi ealisfaisante le mécanisme de la guérison. M. Travers dit en avoir examiné plusieurs après la mort, et à des époques plus ou moins éloignées II a trouvé , dans les plaies récemment faites, un pelii caillot et plus ou moins d'ecchymose dans le<issu cellulaire. La plaie présente une figure ovalaire , et lorsqu'elle est nouvelle , le renversement de ses bords est manifeste. La cicatrice conserve cette forme, quoiqu'à un moindre degré ^ elle est plus Iransparenie que le reste du cylindre, et peut facilement s'apercevoir, même lorsqu'elle est ancietme, en regardant la veine à la lumière. M. B. Travers dit n'avoir jamais observé que la membrane de la cicr.trice formât une poche ainsi qu'on la décrit pour les veines^ du cheval. I! n'y a aucune adhérence extraordinaire du tissu cellulaire et de la veine , et par conséquent il n'existepoint de connexion plus étroite entre les cicatrices des tégumens et de la veine que par-ioul ailleurs.
D'api es tout ce que nous venons de voir, il paraît, -L suivant M. Travers , que la membrane interne d'une' veiue , au lieu d'être aussi fortement disposée à l'inllamraatioD adhésive que le prétend Bidiat, est au contraire i-»
en la comparant avec celle d'une artère , très-peu sus-^ ceptible d'une (elle inflaramitlon. En outre, le mt>de de guerison et de division par l'ulce'ralion semble avoir îieu sans aucun signe de l'action inflammatoire sur la membrane interne.
Les arlères sont promptement et fortement disposées à l'adlîe'rence, et les hémorragies qui suivent la ligature après un certain laps de temps dépendent, soit d'un état morbide de l'artère, lequel emp^cbe son inflammation et la sécrétion de la Ijraplie , soit de la destruction. ]y&v l'ulcération ou la suppuration , d'une adhérence qui s'était établie. C'est par la dernière de ces causes que l'hémorragie est produite au bout de trente à quarante jours- car s'il n'y avait pas d'adhérence, elle surviendrait plus promplemetjt, La contraclilité de tissu serait d'un bien faibie secours , en supposant même qu'elle s'exerçât au degré que l'on suppose.
Les parois des veines n'adhèrent que difficilement entre elles après que ces vaisseaux ont été liés. Leurs plaies , dans les circonstances ordinaires , ne se cieatri* sent pas immédiatement , et leurs bouts divisés ne se contracl-ent ni ne s'enflamment. En outre , les hémorragies des veines se reproduisent très - facilement quand de gros vaisseaux ont été blessés , et ces aeeid'ens peuvent se manifester plusieurs jours après 1.1 blessure.
Le peu de disposition de la membrane des veines 'â s'enflammer n'est pas incompatible avec sa susccplibiKtë, après une excitation extraordinaire, à éprouver irne phlegmasie des plus intenses. Il n'est pas rare de trouvé? les actions morbides des parties très-difficiles à calmer' et à arrêter, quoique parfois ii ait fallu les causes les plos^
énergiques pour leur donner la preiniëie impulsion. Les diverses terminaisons de l'inflammation des membranes des veines, leurs divers étals d'adhe'rence , de suppuration , d'ulcération , et la disposition que la phlegmasie paraît avoir à s'étendre par continuité , sont des signes caractéristiques de l'inflammation du tissu cellulaire, ainsi qu'on le voit dans l'érysipèle et quelques autres affections , et doivent être en conséquence rapportés à la prédominance de ce tissu dans la composition de ces vaisseaux. Il paraît difficile d'assigner la nature de la cause immédiate de celle inflammation : si nous la rapportons à l'opération de la phlébolomie ou à toute autre cause analogue et purement locale, comment expliquer sa rareté après une opération aussi commune et aussi répandue que la saignée : encore ne parlons-nous point des autres opérations chirurgicales et des accidens oii les veines sont blessées, lacérées, contuses , comprimées, ulcérées, etc. En outre, nous verrons, dans l'histoire générale de cette maladie , qu'elle vient à la suite de modes opposés et divers d'irritation locale. L'insuffisance apparente de l'injure locale comme cause, la rapidité et la violence de l'inflamnialiou, et les symptômes sympathiques ou généraux très-intenses qui se manifestent , doivent d'autre part engager à regarder cette phlegmasie comme dépendant d'un état particulier de la constitution, et l'on ne peut admettre comme objections que des saignées subséquentes faites à ers malades n'ont pas été suivies d'effets locaux semblables. Cependant , si l'on chcrclie les rapports de la rareté des cas d'inflammation avec la fréquence de l'opération , on Irouveia , neuf fois «ur dix, que celte inflammation dépend d'une lésion lo-
DES ARTERES ET DES VEINES. 42g
cale , quoique simple. L'exposition à l'air de la cavité de la veine est une circonstance qui souvent n'accompagne point les lésions par lesquelles l'inflanimation est produite , et la veine peut être mise à nu et sa cavité à découvert sans qu'il en résulte rien de fâcheux. La non adhérence et rulcéralion de la plaie des tégumens est un effet de la suppuration élabh'e au-dessous. L'abcès souscutané , comme l'a observé J. îlunter , n'est rien si la veine et les parties soujacentes sont réunies. Chez l'homme , un abcès sous la plaie et une inflammation diffuse dans le tissu cellulaire sous-cutané, les vaisseaux lymphatiques , leurs ganglions , et même dans l'aponévrose , entraînant un gonflement œdémateux et une tension du membre entier, sont certainement des suites plus fréquentes de la saignée que l'inflammation de la veîne , surtout quand la plaie a été négligée ou mal traitée , ou quand on a laissé le malade se servir inconsidérément de son bras.
Il paraît que la jilaie d'une veine après la saignée ne se réunit pas directement, mais que le sang épanché en dernier forme uncoagulum sur la plaie , que l'agglutination est complète entre ca caillot et les bords de l'orifice qu'il occupe , et que ce caillot sert pour la production de la nouvelle rcembrane. Si, par une cause quelconque, la suppuration survient, le caillot est déplacé , et l'ulcération s'empare alors des bords de h plaie , en augmente l'étendue, lui donne une forme circulaire , et finit par détruire toute la circonférence du tube vasculaire.
J. Hunter, dontla perspicacité ne laissait rien échapper, avait vu que l'inflammatiou se développait entre la partie
45o MALADI.ËS
liée ou blessée et le cœur. L'inflammaljon ulcérative sur les bords de la plaie détruit le travail par lequel la réparation doit s'effocluer , et qui , par le renversement de ses bords et la présence du caillot , est rendu en quelque sorte étranger au canal. Voilà donc une cause d'irritation bien suffisante pour produire l'inflaïunjaliun à laquelle cette ineujbrane est si éminemment disposée. Ainsi rimperfcction de la réunion étend son influence sur la cavité de la veine; et si la présence d'un thrombuSy la destruclion de l'agglutination , le déplacement du caillot par des hémorragies secondaires , l'exercice immédiat et inconsidéré du membre, des frictions faites sur la plaie ou l'application d'emplâires agglulinatifs , qui souvent l'enflamment, sont tous ensemble, ou quelques-uns d'entre eux seulement , des causes suffisantes de rinflammaiion suppuraiive dans le voisinage de la plaie , ces mêmes causes jorédisposent aussi à l'accident grave qui nous occupe , quoiqu'on puisse souvent empêcher l'inflammation de s'étendre dans l'intérieur de la veine. Si la plaie des veines se guérissait comme celle d'une artère, elles ne seraient pas exposées, après la saignée, à l'inflammalion secondaire.
Quoique M. Travers regarde comme hors de doute l'existence de l'oblitération des veines , cependant il ne pense pas que l'union des parois de ce vaisseau se fasse comme le disent Hunfer et M. Hodgson , ou cominè on l'obseive dans les artères à la suite d'une inflanimalioa tr^s-intcnse. Le canal du vaisseau diminue lorsque l'ob" «Iruction est arrivée simplouienl , et il est alors rempli par des couches de coagulum j mais il n'y a ni tendance à la contraction de ce canal , ni aucune ùisposilion à l'adhe*-
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 45l
sion des parois du vaisseau , et la sécrëlion excessive dans l'un , cl le coagulum énorme dans l^autre , sont des barrières e'gales à celle union. La disposition de la membrane des veines à l'inflammation suj^purative , ou au moins à rinflamuiiilion mixte, esl une cii constance dé* favoiable à l'adhésion piimilive. Les rarois d'une veine ne s'unissent pas non plus l'une à l'autre lorscju'une suppuration abondante se fait sur la meuibrane interne. J. Hunier a probablement voulu déigner les veines lorsqu'il a dit que quelques surfaces ne présentent pas une aus''i grande aptitude que d'autres à l'union primitive ou inflammation adhésive , lorsqu'une grande quantité de liqueur albumineuseconcrescible (cojgulaiing- Ijm/jh ) esl sécrétée par ces surfaces («). Si l'iriflamma-' tion esl moins intense , si la veine reprend à-peu-près son apparence ordinaire , son canal alors se contracte graduellement jusqu'à l'obliléralion , et il se fait entre tes membranes du vaisseau un dépôt d'une matière qui augmenSe leur densité et leur épaisseur, et qui le change en un coidon cylindrique et solide, d'une durelé cartilagineuse , et dont la coupe transversale laisse voir le canal plus étroit que dans l'état sain.
M. Simpson de Saint-André , dans une opération pour extirper une tumeur du cou profondément située, fit la ligature de la veine jugulaire, qui était comprise dans une partie de la tumeur. Au bout de huit jours, il coupa la veine immédiatement au-dessous de la ligaiure^il la trouva sohde et presque carlilagineuse. M- Travers croit que cet état de la veine était l'eflet de l'épaississemeat z«-
(a) Hdkter. On tlie hlood and uiflammation ; p. 3i5.
43îî MALADIES
iersliliel des parois de ce vaisseau , t|ni finit par iiiijener son obîitëralion , car la situation des parties ne permettait pas d'admettre ici ]a présence d'un cailiot sanguin. It n'ose décider si , dans une veine variqueuse qui se consolide, c'est par l'épaissisçement înlerstitiel ou par un cailiot ëlendu et compacte que se fait roblitération -y cependant il paraît pencher pour le dernier procédé. Dans l'un et l'autre cas, il croit que la veine est définitivement réduite, par l'absorption inlerslitielle^ à cet état ligamenteux dans lequel se trouvent si souvent les vaisseaux oblitérés. Quoi qu'il en soit , il en conclut que dans la cure d'une varice, soit par la ligature , soit par la division de la veine , la guérison n'est jamais eifecluée par l'inflammation de la membrane interne («).
§ IV. Inflammation des Théines à la suite de la ligature du cordon ombilical.
Meckel a vu survenir chez un enfant, peu après îs naissance, des vomissemens, des coliques, la diarrhée, l'ictère, de la fièvre, et des phénomènes nerveux variés. La mort eut lieu au dixième jour de la naissance. A l'ouverture du cadavre, on trouva le péiitoinc enflammé , recouvert d'une fausse membrane, et un épanchement puriforme dans la cavité abdoujinaîe. TiCS branches de la veine porte , et surtout celles de la veine ombilicale, étaient très-luméfiées, leurs parois très-épaisses; celles de la veine ombilicale et ses premières branchea
(ij B. Trayehs. Onwounds and ligatures of veins , p. 282.
PES ARTiîRES ET DES VETNES. 455
dans le foie , avaient l'épaisseur d'une ligne ou deux , et étaient recouvertes d'une fausse membrane très-adhé-» renie. »
Osîander a fait connaître un fait analogue : « Un enfant fut attaqué d'un érysipèle qui s'étendit bientôt sur tout le corps; il mourut le troisième Jour de sa nais-^ sance. Les intestins et le foie étaient enflammés à leur extérieur, recouverts de fausses membranes, et enduits de matière purulente. La veine ombilicale était , depuis le nombril jusqu'au foie, remplie d'un pus jaune. Enfin Meckel nous a transmis l'histoire d'un enfant qui vint au monde avec une hernie inguinale étranglée, suite de la compression de l't^bdpmen durant l'accouchement. La hernie ne put être réduite que le troisième jour après la naissance j mais il resta des coliques très-vives , et du météorisme auquel vinrent se joindre l'ictère et des vomissemens. La mort arriva le septième jour. A l'ouverture du corps , on découvrit toutes les lésions propres à la péritonite; la veine ombilicale était très-enflamrnée, ses parois se trouvaient tapissées de pus, et sa surface interne offrait des ulcérations (a). »
3 "V . înjlammalion des veines crurales à la suite des couches.
Meckel a publié, dans la Dissertation de Sasse , plusieurs faits d'inflammation des veines crurales à la suite des couches. Schwilgué lui a emprunté l'histoire de la maladie d'une femme qui mourut plusieurs seinaines
(a) ScHWiLGtJÉ. Faits pour servir h l'iiistoire des inflammadoas - veineuses et artéiielles > Bibliotb. mcdic. , tome xyi , p- i i4-
après raccouchement. Peu de temps s'e'tait écoulé depuis sa délivrance, qu'elle éprouva de la fièvre, des tirailleinens douloureux dans l'abdomen et dans le bassin , qui disparurent 3 mais au bout d'environ trois semaines , il survint une fièvre erratique , de l'expectoration , une douleur dans la région du foie ainsi que dans la hanche gauche, et une douleur intolérable dans la cuisse du même côté. A l'examen du cadavre, on trouva la cavité abdominale remplie d'une matière purulente , le foie très-volumineux , et les poumons sains. Les vaisseaux cruraux étaient, ainsi que les nerfs du même nom, entourés d'une matière puriforme. La veine crurale , examinée depuis son origine jusqu'au genou , avait l'épaisseur et la consistance de l'artère 3 elle était remplie de pus et de sang, tandis que l'arlère ne contenait que de ce dernier. Les parois de la veine criaient sous les ciseaux j sa membrane interne, bien lavée, était plus spongieuse c[ue dans l'état ordinaire , et recouverte d'une fausse membrane très-dislincle, qui s'en laissait délacher par lambeaux. Ses valvules étaient en partie corrodées , déchirées , et en partie épaissies , tuméfiées , et de couleur foncée (a). »
M. Travers cite, d'après M. Wiison (ô) , une observation d'une inflammation de la matrice , provenant en apparence des veines utérines , après un accouchement récent, et il dit que dans d'autres circonstances la phlegmasie peut passer des parties enflammées jusqu'à ces vaisseaux. Il a vu l'inflammation s'étendre aux veines iliaques, à la veine cave inférieure, jusqu'à la
(rt) ScHwiLGUÉ , Mtmoire cite , p. 194.
(6) Medic. and Cliirurg. Transast. , vol. m , p. 65.
naissance de la veine cave hépatique. Les membranes de ces vaisseaux étaient très-épaissies , et leurs cavités pleines de caillots. Depuis les veines rénales inférieurement, la veine cave était remplie par une fausse membrane adhérente à ses parois. Il découvrit un abcès contenant qiwftre onces d'un pus bien formé, entre les veines rénales et hépatiques. Immédiatement au-dessous de la naissance de ces dernières , la cavité de la veine cave était resserrée et obli'érée par un dépôt de matière albumineuse. M. Wilson a observé des altérations semblables dans les veines de l'utérus , et s'étendant à la veine cave, dans le corps de deux femmes mortes peu de jours après l'enfantement 5 et le docteur Clarke (a) assure qu'il a trouvé du pus dans les veines utérines dans des cas de péritonite puerpérale {b).
Cette observation a été faite depuis très-long -temps par un médecin français des plus respectables et des plus savans. M. le professeur Chaussier a fréquemment trouvé dans les ouvertures qu'il a pratiquées de femmes mortes à la suite des couches, avec péritonite, à l'hospice de la Maternité , que les veines des viscères abdominaux étaient remplies d'une suppuration sanieuse^ et M, Ribes a rencontré sur une femme morte d'une inflammation du bas-ventre, quelques jours après sa couche, toutes les veines de l'abdomen gorgées de sanie purulente.
(rt) Practical Essajs on thc management of pregnancy , page 63 - 72.
(b) B. Travers , Mémoire cîié , p. a5i.
436 MAIiADIES
§ YI. Inflammation des veines de Vutêms et des ovaires à la suite de l'avortement.
« Une femme fit une fausse couche au septième mois de gestation, et le placenta n'ayant pu être extrait quiç par îes moyens de l'art, à cause d'une hémorragie très-ahi>pdante , il survint de la fièvre , une éruption miliaire , une douleur dans les lombes et dans le bassin. Une matière purulente s'écoula des organes génitaux et du rectum. Après la mort, on trouva, entre la paroi postérieure de î'utérus et le vagin , un abcès qui s'ouvrait dans le rectum. Les veines de l'utérus et des ovaires étaient enflammées, leurs parois épaissies , leur cavité ulcérée et remplie de pus. Toute la veine rénale droite et la portion de la veine cave qui reçoit cette dernière , étaient enflammées , rouges , tuméfiées , et pleines d'un caillot de sang qui , dans sou milieu , contenait une matière blanche , épaisse et puriforme (a). »
§ YH. Inflammation des veines par leur communication directe ou leur contact avec d'autres tissus malades.
M. le docteur Fizeau a publié une observation sur une suppuration dans les veines hépatiques avec affection organique des canaux biliaires. Nous croyons devoir rapporter la phlegmasie des veines dans cette circonstance à l'influence de la proximité ou du contact de ces vaisseaux avec une dégénérescence d'une partie des voies biliaires. Le sujet de cette observation était un jeune homme de vingt ans, très-studieux, d'un caractère doux, d'une consti-
(«) SCHWILGUÉ , ioC. cit. , p. 196.
îution délicate. Quoique né de parens sains, il avait presque toujours été malingre dans son enfance. La maladie qui le conduisit au tombeau commença et marcha comme une fièvre bilieuse très-intense 3 elle céda , à la fia du premier septénaire , aux moyens qu'on a coutume d'employer contre ce genre de fièvres. Elle revint avec le type intermittent ^ mais du reste avec les mêmes symptômes bilieux , et céda aux mêmes remèdes, les évacuans et les amers. Une seconde rechute fut combattue par les mêmes moyens 5 mais la jaunisse, qui ne se dissipa point, et l'enflure qui commença, annoncèrent que le principe du mal n'était pas détruit. Une troisième rechute eut lieu au bout de quelques jours ; la fièvre fut beaucoup plus violente ^ les accès ou plutôt les redoublemens, au nombre de trois ou quatre jiar jour, ne laissèrent aucun intervalle d'apyrexie. L'enflure fit des progrès , le ventre se gonfla , les hémorragies symptomatiques se manifestèrent, l'oppression devint extrême. On donna les apozèmes purgatifs , fébrifuges, et les apéritifs. Les vésicatoires furent mis aux jambes : les accès diminuèrent, s'éloignèrent; la fièvre redevint encore intermittente. Enfin , au bout de quelques jours, elle reprit le type rémittent , avec des redoublemens irréguliers , et conlinua ainsi pendant les quinze derniers jours de la vie. La nature de la maladie ne fut connue que dans les deux derniers septénaires. La continuité de la fièvre avec des redoublemens , comme dans la fièvre hectique de certaines phthisies aiguës , l'absence des symptômes bilieux , l'appétit, qui se conserva jusqu'au dernier mo" ment, la sécheresse , la couleur terne de la peau , etc. , tout indiquait assez manifestement une suppuration in=
terne j mais il n'efait guère possible d'en assigner le siège. La présence de l'iclère, au commencement de la maladie , portait à croire que le mal existait dans le foie; mais sa disparition lorsque la maladie s'est aggravée et mieux caractérisée , l'absence totale de la douleur ^t même du plus léger embarras dans la région du foie , l'intermittence de la fièvre pendant long-temps, semblaient éloigner l'idée d'une pblegmasie aiguë.
Ouverture du cadavre. Les cuisses et les jambes étaient infiltréesj l'abdornen contenait beaucoup de sérosité Jau— râlre. Nulle trace d'inflammation n'existait dans le péritoine ni dans le canal alimentaire. L'estomac , les intestins, pâles à l'intérieur et à l'extérieur ,- paraissaient dans l'état naturel. Ils contenaient un peu de mucosité blanchâtre, qui, vers le duodénum, semblait être du pus; point de matières fécales moulées ni colorées : cependant les selles avaient toujours été colorées. Le foie avait son volume naturel; pâle à l'extérieur', son tissu était parfaitement sain ; mais en l'incisant , on voyait sortir une grande quantité de pus des canaux que 1 on prit d'abord pour les conduits biliaires. En examinant leur volume et leur position, on reconnut que. c'étaient les veines hépatiques ; plusieurs avaient en e/Fet' le diamètre d'un gros tuyau de plume; de plus, ils étaien! tous isolés. Leurs parois , jidhérenles à leur enveloppe celluleuse, ne s'affaissaient point quand on les coupait transversalement, ainsi que le font celles de la veine porte. Enfin, ils n'étaient pas accompagnés des artères hépatiques et des conduits biliaires. Les gros troncs de ces canaux étaient pleins de pu.s , comme les plus pelils rameaux, tant qu'on pouvait les suivre; leurs
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 45g
parois étaient saines , ainsi que la membrane propre du foie. Il n'y avait pas de foyer de pus dans la substance de ce viscère, et malgré les recherches les plus exactes , il fut impossible de trouver l'origine de ce liquide : on remarquait seulement qu'il n'avait pas la même couleur par-tout. En général , il était très-fétide • mais dans des endroits, il avait une couleur lie de vin, quoique le tissu du foie fût très -sain ; dans d'autres , il était blanc eî, semblable au pus d'un phlegmon. Du reste , il paraissait accumulé en très-grande quantité , au point de distendre les canaux qui le contenaient j car , lorsqu'on les ouvrait, il sortait rapidement et à flots, comme d'un abcès volumineux. L'artère hépatique et la veine porte , avec leurs divisions, en un mot, les vaisseaux entourés de la capsule de Glisson , étaient dans l'état naturel. La vésicule biliaire était très-petite, vide; ses parois avaient une grande épaisseur, elles paraissaient presque aussi dures qu'un cartilage j mais la membrane interne était saine et enduite d'une très - petite quantité de liquide visqueux et jaune : le péritoine ne semblait pas non plus altéré. Les conduits cystique, hépatique et cholédoque étaient compris dans une masse de substance blanche, presqu'aussi dure qu'un cartilage , qui les entourait en entier , de même que les gros vaisseaux de la scissure transverse. On voyait de plus une fumeur grosse comme un petit oeuf de poule , d'un tissu blanc , homogène, ressemblant aux tubercules non suppures j et moins dur que le reste de la masse (a).
Dans les affections cancéreuses et carcinomaleuses d'une certaine étendue , dans les érysipèles plilegmoneux , j'ai
^a) Bibliothèqae médicale, tome xxxviii, p. 209.
assez fréquemment rencontré, après la mort des sujets, du J3US dans les veines et une rougeur très-remarquable dans lés artères , non-seulement dans le voisinage des parties affectées, rnais encore dans des régions Irès-éloignées , et siirlout dans les principaux troncs vasculaires. Quelques personnes paraissent avoir fait de pareilles observations. M. Langsîaff a trouvé les veines des parties avoisinant celles qui étaient le siège d'un fongus malin remplies par une substance molle et pulpeuse , semblable pour sa texture à celle de la tumeur elle -même; et M. Travers a vu la veine jugulaire interne malade et enflammée dans le corps d'un homme qui avait succombéaux désordres produits par un carcinome de l'estomac et du foie.
M. Pâtissier a observé, sur un sujet mort du tétanos, la membrane inSerne des oreillettes et des ventricules du cœur, surtout du côfé droit, d'un rouge très-in(ense , principalement à la base des valvules milrales et tricuspides ■ la membrane interne de l'aorte , des carotides primitives , des sous-clavières, de la veine cave inférieure, àes veines Jugulaires et de J'arlère pulmonaire, présentaient une rougeur qui diminuait à mesure qu'on s'éloignait du cœur. Cette rougeur ne disparaissait point p«r des lotions répétées, ni même en raclant la membrane avec un scalpel.
Mon ami le docteur Raikem m'a envoyé de Volterra , oii il exerce la médecine avec distinction , des observations et des noies précieuses dont je rae suis servi pour la rédaciion de cet article. Je citerai le fait suivant, qui déiiioiilie que l'inflammation des veines coïncide quelquefois avec des lésions organiques des poumons.
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 44 r
Un homme âgé de cinquante ans , d'une stature élevée, dévoré par une phlliisie pulmonaire , était réduit ali dernier élat de consomption. Il se plaignait d'une douleur dans la région lombaire , et avait les membres inférieurs infiltrés, lorsqu'il fut enlevé par une mort subite le lo mai 1809.
A l'ouverture du cadavre , on vit que les poumons étaient remplis de tubercules dont plusieurs étaient en suppuration. Une partie de ces viscères se trouvait dans cet état d'induration rouge qu'on nomme communément hépatisation.
Les cavités du cœur ne contenaient que quelques gouttes de sang liquide.
La veine cave inférieure , immédiatement au-dessous de l'origine des veines émulgentes , renfermait une matière concrète , molle , blanchâlre , fibrineuse , tellement adhérente à sa partie postérieure , qu'on ne pouvait l'en détacher sans emporter des portions de la membrane interne. Cette substance solide s'étendait jusque dans les veines iliaques , crurales , et dans les principales divisions de ces dernières, acquérant une couleur rouge de plus en plus foncée, diiidnuant par degrés de consistance, mais remplissant toujours le calibre de ces vaisseaux. La veine crurale, cicaminée attentivement, présenta dans sa cavité une matière concrète , rouge , noirâtre , molle et adhérente à la membrane interne.
Cette membrane , considérée à la partie inférieure de îa veine cave , était rouge , épaissie , et se séparait trèsfacilement de la membrane propre. Dans les branches fournies par l'extrémité de ce tronc , On ne distinguait aucune trace d'une semblable lésion : toutefois, en plu-
sieurs points de l'étendue des veines crurales, l'on découvrit que la membrane interne était déchirée et soulevée par du sang coagulé, extravasé entre elie et la membrane celluleuse.
Les artères iliaques et fémorales contenaient un peu de sang liquide.
Le péritoine renfermait quelques onces de sérosité." Les membres inférieurs étaient très-infiltrés {a).
M. Ribes a souvent rencontré l'inflammation des veines dans les parties affectées d'érysipèle. Il dit que si cette maladie se termine par suppuration , ce qui est très-rare , les parois des veines sont rouges, surtout la membrane inlerne, dont l'épaisseur est augmentée, et leur cavité est remplie par du pus. Dans le cas de gangrène, elles sont noires , se déchirent facilement , et contiennent de la sanie.
« Si l'on examine les vaisseaux sur le cadavre d'une personne morte ayant un érysipèle qui se soit terminé par suppuration gangreneuse , l'on observe , à moins que la gangrène ne soit portée à un très-haut degré , que les parois des veines sont un peu dilatées, qu'elles ont .acquis une assez grande épaisseur, que leur membrane interné, à la circonférence et au voisinage du foyer, est rouge et visiblement enflammée : elles contiennent du pus ou une véritable sanie. M. Ribos a rencontré quelquefois cette sanie jusqu'à plusieurs pouces au-delà du foyer du mal (,b).
(a) Observations snr roblitc'ration et l'inilammaiion des vcioes. ( .Mérmnre mafiuicrit , par M. Raikem. )
(/') TOxpose soramaixe fjc quelqncs reclierchcs anaiom.- {iliysiol, et
5 IX. De V liiflammalion des veines produite par un» nrétaslase.
Quoique la théorie des me'tastases ne soit point encore parvenue au degré de perfection que fout esprit exact et sévère doit désirer , il n'en reste pas moins démontré , même pour les plus sceptiques' , qu'il est dans les maladies certains principes qui peuvent se déplacer , ou que , pour parler une langue plus nouvelle, l'irritation fixée d'abord sur un point peut se porter sur un autre , et y occasionner des désordres qui se manifestent à nos sens par des signes le plus souvent équivoques , et qui demandent parfois une grande sagacité pour être saisis et appréciés.
Un jeune garçon de quatorze à quinze ans , d'un teint pâle, d'une constitution faible, fut affecté d'une éruption cutanée que l'on prit pour la gale, et qui disparut bientôt par quelques frictions pratiquées avec un onguent. Il ne tarda guère à se déclarer des douleurs vives et continues dans toute l'étendue du membre abdominal droit , qui devint le siège d'une infiltration séreuse , et la fièvre se joignit à tous ces accidens.
Vers le milieu du mois de mars 1809 , le malade entra à l'hôpital ; il présentait alors tous les symptômes généraux de la maladie que M. le professeur Pinel appelle fièvre adjnamique continue ; la maigreur était considérable ^ la cuisse et la région inguinale du côté droit offraient un gonflement œdémateux excessivement doulou-
palhoîogiqnes , par F. Ribes, t. viii, p. 6î4 àes Mémoires de la ^ociéié lutidicale d'cmulatioQ de Paris.
444 MAIiADIES
reux, quoique la surface de ces parties n'offrît aucune diiFe'rence cle couleur et de température avec l'e'tat naturel. La jambe gauche e'iait un peu infiltrée.
Tous les moyens de la thérapeutique rais en œuvre ne purent calmer les souffrances intolérables du jeune malade , auquel il était survenu un dépôt purulent et circonscrit dans le tissu cellulaire sous-cutané de la partie antérieure et supérieure de la poitrine, lorsqu'il expira !e 4 avril de la même année.
ouverture du cadavre. Habitude du corps décolorée et blafarde^ face ressemblant à celle des phthisiquesj poumons mous, gorges de sérosité, peu crepitans , dune pesanteur spécifique inférieure à celle de l'eau commune.
Cœur flasque , pâle, contenant une assez grande quantité de sang fluide et séreux. La veine cave, à deux pouces au-dessous du diaphragme, présentait les traces d'une lésion qui s'étendait jusqu'à sa partie inféiieure. La membrane interne de celte veine était devenue opaque et épaisse d'une demi-ligne, noirâtre en plusieurs endroits , blanchâtre en quelques autres ; elle n'avait que très-peu de résistance et se séparait facilement de la tunique celluleuse correspondante j enfin la même membrane adhérait à une matière blanche, sans cohésion, comme médullaire, qui, en rapport avec la face libre de la membrane interne du vaisseau , augmentait de plus en plus de masse à mesure qu'on s'approchait davantage do la naissance des veines iliaques primitives.
Avant de se bifurquer, ce gros tronc veineux était dilaté et compiclement obstrué par la substance concrète dont il vient d'être parlé , et qui ressemblait à de b fibrine altérée, d'une teinte rougeâlre , et contenant
dans ses interstices un peu de liquide sanguinolent.
La veine iliaque primitive gauche était obstruée par une pareille concrétion blanchâtre, et les branches qui en partent , quoique fort dilatées , se trouvaient entièrement vides.
La veine iliaque primitive du côté droit était remplacée par une sorte de canal ligamenteux , à parois épaisses , d'un calibre extrêmement étroit , et qui allait se perdre et disparaître dans un vaste foyer purulent formé dans le tissu cellulaire qui environne les vaisseaux hypogastriques et iliaques , ainsi que la face externe et droite de la vessie. Malgré les recherches les plus rninu~ lieuses, on ne put découvrir le moindre vestige delà veine crurale^ son trajet était occupé par une traînée de pus circonscrit dans la route de ce vaisseau sanguin. Cette suppuration s'étendait jusqu'au jarret.
Les veines de la jambe droite étaient rétrécies et remplies de fibrine solidifiée , et il n'existait aucune lésion apparente dans le reste du système veineux.
Les artères étaient vides et saines quant à leur tissu et à leur calibre.
Le foie présentait une couleur rouge foncée , et un volume supérieur à celui qui convenait à l'âge et au développement du sujet. La rate avait aussi un volume plus considérable , et les ganglions lymphatiques du mésentère étaient tuméfiés. Le tissu cellulaire sous-cutané des membres abdominaux'contenaitde la sérosité (a).
Il est impossible de ne pas reconnaître ici une itiflamination de la membrane interne des veines , annoncée
(a) M. Raikbm, Menaouc cil».
chez ce sujet par des douleurs atroces dans les parties qui correspondent aux veines les plus vivement enflaolme'es , par une tumëtaclion cedémaleuse des parties voisines , par une fièvre continue j et constatée^ après la mort par l'épaississement , l'opacité, la couleur noirâtre ou blanchâtre de la membrane interne de la portion inférieure de la veine cave abdominale 5 par les adhérences qu'avait contractées cette membrane avec la substance molle, blanche et friable qui remplissait sa cavité; par la transformation de la veine iliaque, du côté droit en un canal ligamenteux, à parois épaisses, d'un calibre fort étroit 5 enfin, par la destruction d'une grande portion de cette dernière veine et de la crurale, qui était remplacée par une collection de pus.
Cette observation démontre que les tissus veineux peuvent s'enflammer par une cause interne, car c'est à la suite d'une métastase que la maladie se déclara , et quoique l'inflammation fût bornée à la veine cave abdominale et aux troncs iliaque et crural , elle fut méconnue pendant la vie , et devint néanmoins funeste , à cause 1° de son intensité, 2." de sa terminaison par suppuration , 50 et peut-être aussi par l'oblitération de la partie inférieure de la veine cave et de ses principales divisions.
11 arrive rarement qu'une cause interne suffise pour produire l'inflammation des veines 3 cependant il est reconnu, d'après plusieurs faits recueillis et publiés par J. P, Frank (a), et par son fils Joseph Frank , que la membrane
(a) Ac frequens venarum inflammatio , tum spontanca , luni maxime per externas lœsionas iiiducta , de proprio his vaiU sensit
DES ARTÈRES ET t)ES VEINES. 447
interne du système artériel , ainsi que celle des gros troncs veineux , peuvent s'enflammer par ime cause interne.
Les le'sions que l'on observe à l'ouverture du corps des personnes qui sont mortes du typhus sont extrêmement variées j mais j'ai le plu» souvent trouvé des traces d'inflammation sur les méninges, et surtout dans les veines de ces parties, ainsi que dans les sinus cérébraux. Le typhus ne serait-il , dans quelques cas, qu'une phlegmasie des veines encéphaliques? On a pu voir dans les faits que nous avons rapportés que plusieurs médecins avaient reconnu, dans l'inflammation des tissus veineux, les symptômes qui caractérisent le typhus.
§ X. Inflammation des veines par des causes méca" niqnes ou chimiques y la présence des vers , etc.
Quoiqu'on ne puisse pas nier dans certains cas l'existence d'une cause interne dont on ignore la nature, iî faut reconnaître cependant que l'inflammation des veines dépend bien plus souvent encore d'une irritation mécanique ou chimique, permanente ou temporaire, exercée sur la membrane interne de ces vaisseaux.
Quelques faits particuliers portent à croire que des vers peuvent se développer dans la cavité des veines,
sat apertè testantur. Hinc siniiles in venis , a phlogosi per îh~ ternam siiperfîciem diffusa, effectua, pruritum, ai do rem , do" lores ) tumores ohlongos , funisque tensi , aut variis nôdis intersecti j Jiguram assumentes , ahscessus , concretiones , durilies tunicaruni admitti oportet : quœ singula, recentiorunh ohseivata , et sectio pathologica confirmant. ( De Curand. homin . Morbis , Epitome , auct. J. P. Frank ; lib. K ,p. Il ,p. ^Q. Mtfnnhemii , 1807.)
448 MAIiADIES
îrriler leurs parois , et produire l'inflammation. Treutler {^) , Fahricius (è) et Rudolphi (c) , décrivent des vers qui avaient été trouvés dans les veines. Mais pour les hommes qui font autorité en helminthologie , l'existence de ces vers est fort incertaine} les uns les nomment po-^ Ijstoma venanim , d'autres Jiexathjridiwn venarum, Kudolphi les place parmi îes espèces douteuses, et il me paraît donner de bonnes raisons pour ne pas eu admettre l'existence.
Un irritant quelconque porté sur la membrane interne des veines peut , comme on doit facilement le concevoir, provoquer l'inflammation de ce tissu. C'est en effet de qu'on a vu arriver lorsque du pus ou de l'ichor provenant d'un ulcère de mauvaise nature ou d'une plaie fra^îpée de pourriture d'hôpital , a été absorbé par les veines qui partaient des surfaces traumatiques, et circulait avec le sang dans ces vaisseaux. Enfin des expériences bien faites ont démontré que toute matière irritante ou acre injectée dans les veines déterminait promplement la phlegraasie de ces vaisseaux.
M. le docteur Bodson nous a montf é, à la Société ana-
(a) Observ. pattiolog. anat.
{b) Fasciola umblœ fabricil faun. Groenland , p. 839 , n" 3i4- Rudolphi le uonime Distoma seriale. Habitat in sanguine donali salmonis alpini aggregata et multis ramijicationibus dispersa, ut facile tœnia crederelur per sanguinem transparens ; continua collum suum prolongans , Jlectendoque Jiinc inde rapinam quasi qucerens , oui se adliœrens locum eliam mutare potest. In sanguine vero quietœ , sociis sïiis annexée , collum vix conspi' cuunt.
(c) Entozoorum siwe vermium inteatinalium Hist, natur. , vol^ I , p. 35i , et sc(j. j vol. II , p. 45ô«
ÎDEâ ARTÈRES ET DÉS VEINÉS. 449
tomiqiie, les veines iliaque primitive et crurale gauches d'une femme âge'e de soixante ans , morte à la suite d'une carie de la quatrième vertèbre dorsale , d'une paralysie des membres abdominaux et d'une partie du tronc , épaissies , contenant du pus consistant et rougeâtre , tandis que du sang veineux non altère' se trouvait , soit dans les veines de la jambe , soit dans la veine cave inférieure. Des concrétions fibrineuses étaient renfermées et en grand nombre dans les veines affectées , dont elles obstruaient la cavité; quelques-unes y étaient adhérentes ; d'autres , dont il en existait une assez considérable dans la veiné iliaque primitive , étaient libres. La plupart de ces concrétions , plus ou moins consistantes à l'extérieur , contenaient tin pus épais et rougeâtre. Cette femme portait un large ulcère à la plante de chaque pied , et le membre abdominal gauche offrait seul de l'infiltration (a).
En i8i2 , un Castillan , prisonnier de guerre, nommé Joachùn GonzaVes ^ âgé de trente-trois sins, d'un tempérament bilieux, d'une constitution détériorée par les chagrins , par la misère de la captivité et par une diarîhée chronique , portait au pied droit un vaste ulcère couvert de pourriture d'hôpital , et qui s'étendait sur toute sa face supérieure. Au milieu de la couche gris sale qui reparaissait à mesure qu'on l'enlevait , on voyait î'arcade formée par les deux veines saphène^ , ainsi que les rameatix qui s'y rendent , former une saillie. Ces teines, disséquées pour ainsi dite par la pourriture, étaient grossies de moitié , dures et résistantes sous lé
(a) Société anatomiqae , procès-verbal de la séance du 21 plu^ TÏôse an i3'.
il, iï9
45o M A T. A DI ES
doigt; l'enduit qui les couvrait était d'autant plus épais et plus adhérent , qu'on l'examinait sur une partie de la veine plus anciennement à découvert. Celte partie de la veine, de dure et gonflée qu'elle était, devint pulpeuse et molle dans l'espace de quatre a cinq jouis , et l'on ne pouvait pas suivre son mode de destruction , par sa confusion avec les autres tissus. La mort du malade arriva , mais l'examen du corps ne. fut point fait (a).
« Sasse ouvrit à un chien les vaisseaux cruraux de chaque côté ; il les frotta de teinture de cantharides et rapprocha les tégumens. Deux jours après, ils parurent rouges à l'extérieur; leur cavité était en partie enduite, et en partie obstruée par une matière couenneuse. Il amputa la cuisse à un chien , fit la ligature Ses vaisseaux j puis la toucha avec de la teinture d'euphorbe : au bout de deux jours , les vaisseaux étaient enflammés , recouverts d'une matière blanche , et a l'intérieur tapissés par une fausse membrane. Un abcès de la grosseur d'une fève existait dans la veine crurale , près du ligament de Poupart. I.a veine était rétrécie et presque oblitérée. De pareils effets ont été produits par Sasse lorsqu'il a injecté de la teinture d'euphorbe , de cantharides j ou bien une solution d'opium, soit dans l'abdomen , soit dans les veines jugulaires (b). v>
De tous les faits rapportés jusqu'ici, nous pouvons en déduire des conséquences que nous regarderons comme pouvant former l'histoire générale de l'inflammation des^ veines."
(a) M. Lgnguf.t , ouvrage cite , p. 28, (i) kJCHwiLGUÉ , Me'naoirc cite, p. 197.
BÈS ARTERES ET DÉS TeINES. 45 î
§ XI. Description générale de la plilegmasie des Veines.
Causes, L'augmentation de l'action du cœur et des artères, ou d'autres causes internes dont on ignore la na» tare, peuvent produire l'inflammation des veines ^ elle coïncide quelquefois avec des lésions organiques variées ; ia contiguité de ces vaisseaux avec des tissus enflammés , leur communication avec des surfaces ulcérées ou trau-= raatiques , peuvent aussi anaener leur plilegmasie.
Toutes les lésions produites sur leurs parois, les décliiremens , les plaies qui ne se cicatrisent pas primitive--ïiient , les contusions, ou la simple compression exercée sur ces vaisseaux {a) , les corps étrangers dans leur cavité, les irritations mécaniques faites sur leur membrane interne , les matières acres injectées dans leur canal , les ligatures appliquées sur elles avec oU sans excision , son£ autant de causes dont nous avons démontré l'existence d'après des observations.
J. Hunter croit qu'on peut regarder comme causé principale de l'inflammation de la veine après la saignée, îe défaut de disposition à la réunion par première intention. De cet état de non adhérence primitive résulte que les lèvres de la plaie n'étant pas convenablement rapprochées , tous les irritans peuvent agir sur la veine , Sur sa membrane interne et produire l'inflammation (b).
Les phlegmasies des veines sont idiopathiques , sympathiques, symptomatiques et métastatiques.
{a) J. Hunter.
{h) Médical and philosophical Commentants , hy a Society in Edinburgh. Vol. vi , part, i^ p. 430"
^ XII. Caractères phj-siologicjues des injîainmatîons des veines.
Les signes à l'aide desquels on reconnaît l'inflainmalion des veines ne sont pas toujours faciles à saisir, surtout si la phlegmasie réside dans les jDetits vaisseaux , on iîîême dans les troncs , lorsqu'ils appartiennent aux cavités splancliniques.
1°. Caractères locaux. Les circonstances comrnémoraîives , la douleur dans le trajet de la veine , le gonfleraent du tissu cellulaire voisin, quelquefois îa rougeur de la peau , sa tension, sa sensibilité et sa rénitence'le long du cours de la veine j plus tard , une corde noueuse, tendue , douloureuse , affectant la direction propre au vaisseau, sont les phénomènes les plus ordinaires de ces inflammations ; s'il existe une plaie on peut voir sortir du sang altéré ou du pus plus ou moins épais par l'orifice de la veine. Dans celte circonstance, peu après la lésion faite au vaisseau , il y a de la douleur dans la blessure, le gonfle.nent survient, la plaie ne se réunit point par première intention , ses bords deviennent durs , ou s'il y a cicatrisation , un abcès se forme sous la cicatrice, et bientôt la déchire. Les douleurs qui suivent le trajet du vaisseau enflammé se dirigent plus particulièreuient vers le cœur que vers les extrémités ; elles augmentent par la pression , et on les a quelquefois prises pour des douleurs rhumatismales. Une sensaiion de chaleur brûlante suit absolument la même direction que la douleur.
o.o. Caractères généraux. Il est rare que l'inflammation d'une veine , surtout si elle a quelque développemeiit , ne soit point accompagnée d'urx trouble général
ou d'un véritable état fébriîo, dont l'intensité variera suî- ^ vant celle de l'inflammation , suivant l'étendue de la maladie , son siège , l'imporiance du vaisseau , et la tendance vers telle ou telle terminaison. Il est à remarquer que plusieurs médecins ont observé dans ces circonstances les phénomènes propres au typhus, et moi-même, chez plusieurs sujets qui avaient succombé aux accidens du typhus , j'ai trouvé , comme je l'ai déjà dit , des traces évidentes d'inflammation dans les veines encéphaliques et dans les sinus veineux du crâne. La durée de ces inflammations est parfois très-courte; le plus souvent elle est continue; cependant il paraît, d'après l'observation, de M. Fizeau , que cette phlegmasie peut être rémittente , et offrir de véritables redoublemens dans ses symptômes.
Ces phlegmasies des veines peuvent être confondues avec celles des artères, des vaisseaux lymphatiques ou des nerfs. Dans le premier cas, la douleur et les autres caractères extérieurs se dirigent du point oii l'artère a été lésée vers les branches et les rameaux de ce vaisseau. Dans le second cas, la douleur remonte bien du côté du cœur , mais les ganglions lymphatiques se tuméfient , deviennent douloureux, et souvent la peau offVe deux ou trois lignes flexueuses rouges , qui paraissent peu après la lésion du vaisseau ou la simple piqûre, et l'en-î gorgement de tout le membre ne tarde pas à arriver.
Enfin , si c'est le nerf qui est le siège de la maladie, la douleur se propage du côté de son origine à un cenire commun , mais surtout du côté de ses rameaux; elle est instantanée , elle suit immédiatement la piqûre , et celte douleur a des caractères très-variés , ainsi que nous le
voyons dans les névralgies, qui souvent ne sont que des inflammations chroniques des nerfs.
§ XIIÏ. Caractères anatomiques des inflammations des veines.
Les terminaisons des inflammations des veines peuvent se faire par des modes très-variés. Nous ne possédons p^s de faits bien authentiques qui prouvent que la résolution s'opère dans quelques cas , et que le vaisseau reprenne ses propriétés antérieures , et remplisse les fonctions aux'*? quelles il a été primitivement appelé.
L'union de ses parois, l'oblitération de sa cavité, la suppuration , l'ulcération et la gangrène arrivent le plus communément,
Nous dirons que ces inflammations se présentent sous les formes suivantes : i° inflammation adhésive | 2° inflammation suppuratoire • 5® inflammation ulcéreuse | ^° inflammation gangreneuse; 5** inflammation élimi?? natoire.
1°. Inflammation adliésive des veines.
3. Hunter et M. le professeur Dupuytren pensent que l'inflammation adhésive peut exister dans les veines, et c'est en effet par elle que les plaies de ces vaisseaux se réunissent en vingt-quatre ou trente-six heures. Il faut cependant distinguer la cicatrisation de la tunique des veines d'avec celle de la membrane interne : la première , lorsqu'elle est divisée, se réunit à la manière des plaies du tissu cellulaire ; mais il n^en est pas de même cle l'adhérence delà ihenibrane interne j elle ;e fait plus
tard et plus difficilement , rinflammation s'emparant beaucoup moins aisément de ce lissu. Cependant la cicatrisation des solutions de continuité des parois des veines reste quelque temps faible et facile à déchirer. Douze ou vingt-quatre heures après une saignée , on peut , par une légère percussion ou par la distension , rompre cette cicatrice. C'est même par ces manœuvres qu'on change l'inflammation adhésive en inflammation suppuratoire, et qu'on la propage plus ou moins loin dans la cavité des veines et parfois jusqu'au cœur.
3. Hunier a pourtant considéré l'inflammation adhésive des veines comme un moyen d'arrêler les progrès de la phlegmasie , et il dit que , par la compression exercée sur les parois des veines , on les fait adhérer ^ on borne la maladie en s'opposant à ce que le pus qui s'est formé au-dessous de l'adhérence puisse arriver plus loin, M. B. Travers croit, au contraire, que cette inflammation adhésive est rare dans les veines j qu'il faut une vive irritation pour la provoquer , et que la phlegmasie développée passe rapidement à la suppuration , ou bien qu'il s'épanche dans le vaisseau une grande quantité de matière albumineuse qui en remplit le calibre , l'oblitère , finit par adhérer aux parois ; mais ici ce n'est pas l'inflammation adhésive proprement dite , dans laquelle il ne doit se faire qu'un suintement peu abondant sur les surfaces entre lesquelles l'adhérence doit s'établir.
Le peu de disposition à l'inflammation adhésive oiFert par la membrane interne des veines , semble s'opposer à l'analogie qu'on a cru reconnaître entre elle et les tissus séieux.
2°. Inflammation suppuratoire.
L'inflammation suppuratoire est assez commune dans les veines ; la plupart des observations que nous avons rapportées en démontrent l'existence. Ce mode d'inflammation offi'e urje grande disposition à s'étendre de plus en plus sur les surfaces affectées , et le pus mêlé au sang en circulation dans ces vaisseaux est , avec la continuité des tissus, un puissant agent de propagation de la phlegmasie. C'est dans ces circonstances que les phénomènes gé-s néraux prennent de l'intensité, et que le danger pour le malade devient des plus graves. Si l'inflammation diminue, le pus, d'ichoreux , de séreux ou de blanc et con^ sistant qu'il était, se change en matière albumineuse, et l'adhérence secondaire ou l'oblitération du vaisseau eri est la conséquence.
3°, Injlammation ulcéreuse.
Nous possédons plusieurs exemples bien authentiques d'inflammation ulcéreuse des veines. M. Portai rapporte , dans son Anatomie médicale {a) , qu'il rencontra sur le cadavre d'une femme une ulcération de la veine cave supérieure.
M. Travers cite une observation oii l'on voit que la veine "jugulaire interne a été oblitérée par la pression d'une tumeur située profondément sur le côté droit de la trachée-artère, et recouvrant les gros vaisseaux. Le sujet, vers la fm de sa vie , avait rendu du pus et du sang par !}a bouche et par le rectum. A la dissection des parties ^
(<?) Vol. m , p, 354,
après la mort , on trouva que la tumeur contenait du tissu cellulaire gangrené et du sang en putréfaction.
La veine jugulaire interne était remplie, dans une certaine étendue, par un caillot de sang; mais on apercevait au-dessus de ce coagulumune ulcération établissant une communication avec la poclie de la tumeur, en sorte que le sang qui revenait de la tête passait en partie par le kyste. Il existait aussi une ulcération qui faisait communiquer le kyste avec l'œsophage, de manière que les matières renfermées dans la tumeur pouvaient passer par le canal alimentaire.
On a fréquemment observé que si les plaies des veines ne se terminaient point par première intention, la sup-^ puralion qui se formait soit dans les membranes du vais^ seau , soit dans tes tissus voisins, était bientôt accompagnée d'ulcération des bords de la plaie; que peu à peu l'ouverture s'agrandissait, et qu'il n'était pas rare de voir toute la circonférence du vaisseau détruite par ce travail , et la continuité cesser d'exister dans son canal par les progrès de cette ulcération. Enfin l'on connaît plusieurs exemples d'ulcération de la membrane interne de la veine, mais sans perforation de toute l'épaisseur des pa-? rois du vaisseau,
4°. Inflammation gangreneuse.
La fréquence de la suppuration àes veines semble faire croire que la gangrène peut aisément frapper ces vais^ seaux. Fj'observation démontre pourtant le contraire.
Lorsque nos parties sont sphacelées et tombent en putréfaction , la nature, toujours sage et prévoyante, a
458 MA li A DIE s
voulu s'opposer à la mort générale en mettant des bornes aux accidens de la mort partielle. Les veines et les artères résistent long-temps aux effets de la gangrène, qui détruit tous les tissus au milieu desquels elles se trouvent. Cependant ces vaissçaux ne sont pas dans l'état sain j déjà l'inflammation les travaille, et une abondante quantiîé de matière albumineuse mêlée à un peu de sang les remplit , bouche leur canal dans une étendue plus ou moins considérable, et s'oppose ainsi aux hémorragies. Plus tard , les vaisseaux , isolés de tous côlés nar la destruction des autres tissus, et "ne recevant plus de nourri^ ture, meurent par une sorte d'inanition^ un travail se fait dans un point, mais toujours au-dessous de la terminaison du caillot, La partie du vaisseau dépouillée des parties ambiantes se sépare , et ce travail inflammatoire, par lequel les parties privées de vie sont séparées des autres, est ce que je nomme, d'après M. le professeur Dupuytren , inflammation éliminatoire.
5". Inflammation élim.inatoire.
Lorsqu'une ligature a été placée sur une veine ou sur une artère, c'est par cette inflammation éliminatoire que le vaisseau est séparé dans toute l'épaisseur de la ligne embrassée par la ligature , que celle-ci se détache , et qu'une portion du vaisseau forme une véritable escarre. Dans l'artère, si la ligature n'est pas trop large et qu'elle soit convenablement serrée , il y a une inflammation modérée au-dessus et au-dessous. Un suintement léger d'une matière concrescible se fait sur la membrane interne j l'adhérence primitive en résulte ; un caillot de figure conique, albumineux à sa base et sanguin à son
sommet , se forme près cle l'adhérence des parois vascu^ ïaires, pour s'opposer à l'effort du sang j et par une in-?flammalion éliminatoire , l'artère est peu à peu détruite dans le point correspondant à la ligature, laquelle finit par tomber: cette chute se fait du dixième au quinzième jour si le vaisseau seul a été compris dans l'anse de fsî , quelle que soit sa nature^ mais elle se fait plus ou moins attendre si cette ligature est médiate et si elle comprend des parties fibreuses. Ce caillot n'est point adhérent à la membrane interne dans les premiers jours j par une inflammation qui survient dans les tissus du vaisseau , ii finit par adhérer.
Si une cause quelconque vient s'opposer à l'union des parois vasculaîres , dans les points les plus voisins de la ligature , et lorsque le caillot n'est pas encore adhérent, l'hémorragie peut se faire • et si Ton veut alors employer les ligatures d'attente, on divise facilement toute Fépaisseur des parois artérielles dans un point où le cail-^ lot n'occupe pas tout le calibre du vaisseau , et oîi , par-^ conséquent , il ne peut pas adhérer à la membrane interne. Celte section des parois de l'artère, par une ligature de réserve, s'opère d'autant plus promptement que l'inflammation a fait perdre aux tissus des artères leur résistance , et qu'ils se laissent diviser comme des parties frappées de la dégénérescence lardacée. Ces observations sur le mode de résistance des tissus enflammés , et sur la véritable cause des hémorragies consécutives , appartiennent à M. le professeur Dupuytren j et j'ai été souvent à même d'en vérifier et d'en reconnaître la Justesse et l'imporfance.
3i une hémorragie survient peu de temps après qu'une
46o MALADIES
ligature a été place'e sur une artère , ce n'est pas immédiatement au-dessus du premier fil qu'il faut en serrer un second , mais dans un point éloigné oii les parois artérielles ne sont point enflammées.
Une ligature large a-t-elle été appliquée sur une artère, la section des parois vasculaires n'a pu être opérée j l'union primitive de la membrane interne ne se fait point j c'est l'inflammation suppuratoire et l'inflammation ulcéreuse qui surviennent ^ et lorsque toute l'épaisseur de la paroi du vaisseau a été détruite par ce travail , l'hémorragie en est la conséquence.
Dans les veines, les choses se passent un peu différemment.
L'inflammation adhésive étant plus diflicilement excitée dans ces vaisseaux , et la membrane interne n'ofl"rant pas la même facilité à être divisée que celle des artères , l'adhérence primitive ne s'y fait point ou que très-difiicilement. La facilité que les tissus de la veine ont à se laisser distendre par le sang est encore une circonstance défavorable à cette union primitive. Il faut une irritation plus forte et plus durable pour que la veine s'enflamme. La matière albumineuse seule est sécrétée si la phlegmasie est modérée , ou bien à cette sécrétion se joint la formation du pus si l'inflammation est intense. Alors l'inflammation s'étend sur une des surfaces , soit par la force de l'irritation qui a agi , soit parce que le pus a circulé dans la partie de la veine placée entre la ligature et le cœur, et c'est sans doute à cette propagation de la phlegmasie que nous devons le développement des symptômes généraux, la gravité de la maladie, et souvent la mort du sujet.
iJES ARTÈRES ET DÈS VEINES. 46i
Les parties de la veine situées près de la ligature s'enâamaient , les membranes des veines acquièrent de l'épaisseur, le canal du vaisseau se remplit, et dans une grande étendue , d'une matière albumineuse concrète qui adhère bientôt aux parois vasculaires et rend la veine imperméable au sang. Alors les inflammations ulcéreuse et éliminatoire divisent toute l'épaisseur du vaisseau dans îa ligne circulaire embrassée par la ligature,
§ XIV. Traitement,
Le traitement des inflammations des veines doit éfre dirigé d'après les mêmes principes que celui des autres plilegmasies : il faut d'abord rechercher la cause : si c'est à !a suite d'une saignée , s'assurer si la pointe de la lancette ne s'est pas brisée , et si une portion de l'instrument n'est point restée dans les parois du vaisseau.
Lorsque l'inflammation est locale, on a conseillé de la faire cesser brusquement dès son début par des lotions ou des fomentations froides, de la glace pilée , des préparations saturnines. Plus avancée , la maladie sera combattue par l'application des sangsues sur le trajet du vaisseau affecté , par des fomentations relâchantes , des ca-* taplasmes émolliens , des onctions huileuses , mucilagineuses , des bains tièdes , des topiques opiacés, camphrés ou narcotiques.
J. Hunter , E.eil et M. Abernelhy pensent qu'il faut et qu'on peut provoquer l'inflammation adhésive au-dessus et au-dessous du point affecté pour borner la maladie , et s'opposer à ce qu'elle gagne de proche en proche les troncs veineux principaux et le cœur lui-même. Cette
:AîiAï)ÏÈs
adhérence empêcherait aussi que le pus circulant avec Je sang allât irriter la membrane interne des veines sur toute la surface qu'il viendrait à parcourir. Cette inflanimalion adhésive est obtenue, suivant les auteurs que je viens de citer , par une compression exercée convenablement sur la veine. D'après ce que nous avons dit précédemment, il paraît que l'on ne peut pa5 compter sur lés bons effets de cette compression , parce qu'il est très-difficile d'obtenir l'inflammation adhésive.
Un moyen plus certain serait de couper transversalement et en totalité la veine qui est le siège de la maladie , et à une certaine distance du mal, pour faire cesser la continuité des tissus , et s'opposer ainsi à la propagation de la phlegmasie. L'on conçoit que cette opération n'est praticable que dans les cas où la veine affectée est d'un calibre médiocre , facilement accessible aux instrumens , et lorsqu'on ne peut pas craindre de léser une artère ou un nerf importans, ou lorsque la veine que l'on veut diviser n'est pas d'un calibre qui puisse produire uns' hémorragie inquiétante.
La prudence exige que , dans l'opération de la phlébotomie, on tâche toujours de réunir par première intention les diverses parties intéressées, et que si de nou* velles émissions sanguines sont désirées peu de temps après la première , on ne détruise pas le travail de la cicatrisation primitive pour obtenir du sang par la même ouverture , mais qu'on en pratique une seconde sur urt autre point, et, s'il est possible , sur une veine différente.
Si l'inflammation s'est terminée par suppuration , otf
»ES ARTERES ET DES TEIKES. 463