OBSERVATION LUI
Une femme âgée de cinquante ans était depuis long-temps tourmentée d'un ulcère qui avait son siège un peu au-dessus de l'articulation du pied avec la jambe droite. Les veines de la jambe et du pied étaient vari-
(i) P radical Observations on Vlcers , page 53o^„ 2* édition.
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queuses ; et comme probablement Fopiniâtreté de l'ulcère dépendait de cet état des veines , on lia avec une seule ligature la grande veine sapliène, un peu au-dessous du ^enou. Quatre heures après l'opération, la malade éprouva une douleur Violente au côté gauche de la poitrine, qu'elle exprima par des signes seulement, parce que sa respiration était si fréquente et si laborieuse qu'elle ne pouvait parler. Bientôt après l'apparition de ces symptômes , elle vomit une grande quantité de sang; son pouls offrait soixante pulsations par minute ; elle n'avait aucune douleur à la jambe. On lui tira quatorze onces de sang du bras; la respiration en devint plus facile et le pouls plus fréquent. Quatre heures après la saignée , les symptômes s'aggravèrent de nouveau ; la respiration fut plus difficile, et la malade se plaignit d'une grande douleur à la poitrine. On enleva la ligature qui était autour de la veine. Les symptômes s'apaisèrent sur-le-champ ; la malade se trouva plus à son aise, et son pouls s'éleva à quatre-vingts pulsations. Pendant la nuit suivante, elle vomit un peu plus de sang; à d'autres égards, elle était assez bien , et ne se plaignait que d'un* peu d'abattement. Le genou était lrô*<louîoureux , et il présentait un peu de tuméfac*
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tion le quatrième jour. Le pouls était faible. Le gonflement et la douleur du genou ont disparu le sixième jour. Le douzième , la malade était parfaitement rétablie. La plaie au-dessous du genou ainsi que Tulcère qui avait son siège près de l'articulation du pied , étaient presque entièrement guéris. Tout était cicatrisé le quinzième jour; mais la malade se plaignait de douleurs à la jambe quand elle se trouvait dans une position droite, et ses veines avaient évidemment augmenté de volume. Le dix-huitième jour, le membre était très - douloureux ; la veine paraissait être imperméable au-dessous de la partie qui avait été liée , et plusieurs varices du gras de la jambe étaient plus dures qu'avant l'opération. Il y avait beaucoup de tuméfaction dans les veines qui entourent l'articulation du pied j et la malade se plaignait d'y éprouver de grandes douleurs. Six semaines environ après cette opération , une grosse veine fut liée un peu au-dessus de la partie externe de l'articulation du pied , avec une seule ligature qu'on enleva immédiatement. Bientôt après, la fièvre se déclara, et il y eut deux vomissemens , mais qui n'étaient pas sanguins. On tira quatorze onces de sang du bras; dans la soirée, îe pouls était naturel; le membre devint doUT
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loureux ; mais la douîeur cessa dès qu'on euÊ enlevé la bande. Le jour suivant , le pouls était uaturcl : comme depuis vingt -quatre Iieures, il y avait une rétention d'urine, on introduisit une sonde dans la vessie, qui en fit rendre trois pintes. Le lendemain , l'urine fut encore retenue; mais dans la soirée, une évacuation naturelle de ce fluide soulagea la malade. Les opérations avaient produit en apparence l'oblitération des vaisseaux auxquels des ligatures avaient été appliquées. Comme d'autres veines du membre étaient variqueuses et qu'elles occasionnaient beaucoup de gêne et de douleur, on fit de la même manière la ligature de deux des plus grosses, neuf semaines environ après la première opération dont nous avons parlé. Les ligatures furent enlevées immédiatement après leur application. Au bout de trois heures , la malade vomit un fluide légèrement teint de sang. Seize onces de ce liquide furent tirées du bras , et le pouls , qui, avant la saignée , était plein , devint plus mou et plus fréquent. Le vomissement ne reparut pas le lendemain ; le pouls était lent et faible , et la malade éprouva de nouveau une rétention d'urine. Le second jour, le pouls devint presque imperceptible j il y eut du délire et
des vomissemens pénibles qui furent soulagés par un opiat. Le troisième jour, les symptômes augmentèrent d'intensité ; mais ils furent calmés par une saignée du bras de liuit onces. On pouvait à peine sentir le pouls Je quatrième jour , et les autres symptômes étaient les mêmes que les jours précédens. Le cinquième, il y eut du mieux; mais le sixième jour, la malade éprouva un léger délire, ainsi qu'une grande difficulté de respirer ; le pouls était fréquent. On fit une saignée de huit onces : le pouls devint plus plein après la saignée. Dès ce moment, la santé générale commença à s'améliorer ; les incisions se guérirent; et en peu de temps, la malade put marcher sans difficulté. Deux ans après , elle fit neuf milles pour aller rendre visite à son chirurgien, et elle n'éprouvait plus aucune incommodité de son ancienne affection (i).
(i) Dans ce cas, l'oblitëralion cle la veine fut due à î'npplication de la ligature qu'on enleva immédiatement après. Quand une veine est embrasse'e par une ligature mince, la surface interne du vaisseau est lacérée, l'iuflammation survient ; et si les parois opposées du tube sont maintenues eri contact par la compression, leur adhérence s'obtient d'une manière très-prompte.
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Comme la division des veines dans les amputations et dans d'autres blessures est rarement suivie de ces symptômes violens qui sont quelquefois la conséquence de la ligature d'une veine dilatée , on a proposé pour la guérison des varices un autre moyen. Ce serait d'oblitérer une portion du vaisseau en je divisant en travers, et de supprimer en-^ suite l'hémorragie par l'application des compresses et des bandages. On a fait l'essai de cette pratique ; mais dans les cas qui suivent ,, elle n'a pas eu d'heureox résultats.