‹ Traité des maladies des artères et des veines (volume 2)Chapitre 35 sur 46 · OBSERVATION LIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION LIV

Un homme de moyen âge était depuis longtemps incommodé d'un état variqueux des veines de la jambe gauche, et d'un ulcère indolent qui avait son siège près de l'articulation du pied du même côté. Le 26 juin 180g, on découvrit la grande veine saphène , en , divisant la peau qui recouvre ce vaisseau , à l'endroit où il passe sur le condyle interne du fémur. La veine fut ensuite incisée avec le bistouri. L'écoulement du sang , qui survint immédiatement après la division de la veine , fut aisément arrêté par la compression. Les bords de la plaie furent maintenus en contacÊ

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au moyen de bandelettes agglutinatives sur lesquelles en fixa une compresse avec une bande ordinaire. Le malade éprouva peu de douleur pendant l'opération , mais ensuite il se plaignit de faiblesse. Dans la soirée et le lendemain , il alla bien et n'eut aucune douleur. On lui administra un purgatif qui produisit deux ou trois évacuations alvines. Sur les trois heures du matiu du second jour après l'opération , il eut du frisson et un peu de délire. A midi, le pouls était faible et fréquent , la langue légèrement chargée ; il se plaignait de céphalalgie et d'un malaise général; il avait de l'inquiétude; ses forces étaient abattues , et il paraissait éprouver une grande anxiété. D'après son rapport , le membre n'était pas douloureux ; il n»était ni rouge ni distendu , et la pression n'y produisait aucune douleur. Les bandages et emplâtres furent enlevés; la plaie ne s'était pas réunie , mais elle semblait bien aller. On appliqua un cataplasme sur l'ulcère , et le malade prit une potion composée avec la mixture camphrée , le vin antimonial et l'opium. Dans la soirée , il fut un peu plus fort ; on lui administra trente-cinq gouttes de teinture d'opium. Le troisième jour au matin , il était mal à son aise, et il vomit quelques alimens

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qu'il avait pris à sou^ déjeûner. A midi ^ le pouls était fréquent et faible, la langue couverte d'un enduit brunâtre; il se plaignait de mal de tête et d'un grand abattement. La cuisse était un peu rouge , mais elle présentait très-peu de sensibilité et de douleur. Dans la soirée, la rougeur, la douleur et la sensibilité du membre avaient augmenté et s'étendaient supérieurement dans le trajet de la grande veine sapbèue. La faiblesse et la fréquence du pouls continuaient. On tira liuit onces de sang de la cuisse au moyen des ventouses scarifiées et l'on répéta l'opiat. Pendant la nuit , le malade baissa de plus en plus, et il mourut le quatrième jour sur les trois heures du matin.

A l'ouverture du cadavre , on trouva les glandes inguinales un peu tuméfiées. Les petites veines du tissu adipeux à la partie interne de la cuisse étaient gorgées de sang. La plaie externe contenait une petite quantité de matière purulente, les bouts de la grande veine saphène ^ qui avait été divisée dans l'opération , étaient réunis par une lymphe coagulable; une portion de la veine, au-dessous de la plaie , se trouvait un peu contractée dans son diamètre; mais sous tous les autres rapports, elle avait son apparence

naturelle. On enleva la totalité de la veine au-dessus de la plaie , jusqu'à sa jonction avec la veine fémorale. Sa membrane interne était plus rouge et plus vasculaire qu'à l'ordinaire; il ny avait aucun épanchement de lymphe coagulable ou de pus dans sa cavité , qui ne présentait d'ailleurs aucune altération morbide. Tous les viscères de l'abdomen étaient sains. Une portion de la veine cave qu'on enleva avait l'apparence naturelle.

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