‹ Traité des maladies des artères et des veines (volume 2)Chapitre 36 sur 46 · OBSERVATION LV · texte numérisé non relu

OBSERVATION LV

Un petit ulcère avait son siège près de la partie externe de l'articulation du pied de la jambe gauche, chez un homme de trentedeux ans. Les veines de la jambe étaient depuis plusieurs années dans un état variqueux, et peu de temps avant son admission à l'hôpital, une des branches dilatées de la petite veine saphène se rompit à la partie externe du pied et donna lieu à une hémorragie considérable. Le 27 décembre , la grande veine saphène fut divisée un peu au-dessus du genou. La plaie se réunit au bout de quatorze jours , et l'ulcère qui était près de l'articulation du pied ne tarda pas non plus à se cicatriser. On remarqua pendant l'opération que

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la veine divisée était si petite qu'on pouvait réellement douter si c'était la grande veine saphène ou simplement une de ses branches collatérales. A la fin du mois qui suivit l'opération 5 la dilatation variqueuse des veines de la jambe n'était que légèrement diminuée , quoiqu'on eût exercé sur le membre une compression constante. On remarqua alors qu'une veine variqueuse considérable s'étendait en travers du jarret , depuis la grande veine sapliène jusqu'à la petite veine saphène. Comme cette branche de communication semblait rendre inutile la première opération , on se détermina à la diviser aussi. Dans cette vue, on fît une incision aux tégumens qui recouvraient cette veine, près de l'endroit où elle s'ouvrait dans la petite saphène. La veine fut ensuite divisée ; on plaça sur la plaie une compresse qui fut assujettie au moyen d'une bande ordinaire. Le lendemain au soir , le malade se plaignit d'un mal de tête ; mais la plaie n'était pas plus douloureuse qu'on ne devait s'y attendre. La céphalalgie ayant continué, et en outre la langue étant chargée et le ventre resserré, on administra un purgatif le troisième jour après l'opération. Ses effets furent nuls relativement au mal de tête, qui augmenta beaa-

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coup le quatrième jour , et qui fut suivi d'un peu de délire pendant la nuit. Le cinquième jour, le malade se «plaignit pour la première fois de douleurs dans le membre, non dans jendroit de la dernière plaie, mais dans celui de la première, qui était cicatrisée depuis quelque temps. La douleur s'étendit supérieurement dans la cuisse. Le sixième jour^ elle était très-aogmentée ; la peau était brûlante, le pouls plus fréquent, et le délire continuait encore. Le lendemain , la plaie allait bieo; dans la soirée, la cuisse se tuméfia beaucoup ; la douleur dans le fraiet de la grande veine saphène était si forte f qu'on pouvait à peine toucher cette partie, et que le malade souffrit cruellement lorsqu'on le plaça de manière à recevoir une affusion d^eau froide qu'on avait ordonnée dans le cas où la chaleur de la peau continuerait. L'afFusion parut diminuer le mal de tête pendant un temps , et il y eut un soulagement général ; mais avant onze beureâ du soir^ la céphalalgie revint avec une violence extraordinaire et fut accompagnée d'^un délire constant. La figure étant rouge et le pouls très-plein , on tira quatorze onces de sang de Tarière temporale. On enleva la bande qui entourait la cuisse^ et ou ni à cette partie

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ime lotion avec l'extrait de saturne. Le jour suivant, la plaie fut recouverte d'un large cataplasme. Une transpiration très abondante eut lieu ; le délire augmenta et continua jusqu'à la mort. On ne put obtenir la permission d^exaininer le cadavre.

Sir Everard Home a observé que, dans certains cas, on voit une veine plus petite niaiclier parallèlement avec la veine saphène. Cette veine ^ après la ligature de la sapliène, se dilate et entretient la maladie (i). Dans une des observations rapportées (2) par sir Everard Home, les veines de la jambe augmentèrent de volume quelque temps après l'opération. Quinze mois après la ligature de la sapliène , une autre veine , dans l'endroit où l'ulcère avait eu anciennement son siège, s^ouvrit et donna lieu à une hémorragie abondante. A l'endroit où la ligature avait été appliquée , on découvrit deux veines très-larges qui furent comprises dans une seule ligature.

Dans un cas dont j'ai donné l'histoire précédemment (5) , les veines qui entourent l'ar-

(1) Pracdcal Observations on Ulcers qf the legs, etc., p. 2;;9, seconde édition.

(?,) Ibid. , case h , p. 5o8.

(5) Obnôi valion li.

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ftîculalion do pied devinrent variqueuses après l'oblitération de la grande veine saphène , et la circulation parut se continuer en partie par une veine dilatée qui marchait parallèlement avec la sapîiène j et en partie par des branches d'anastomoses qui s'ouvraient dans îa petite saphène. Dans les observations suivantes, des varices aux jambes augmentèrent de volume quelque temps après la ligature de la grande veine saphène : la circulation se continua de la même manière que dans celles dont je viens de parler»

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