OBSERVATION LVII
En 1807 , la grande veine saphène fut liée chez un homme de moyen âge , pour des varices des veines de la jambe qui causaient beaucoup de douleur et d'incommodités. On appliqua une seule ligature qui fut laissée plusieurs jours sur le vaisseau. Le malade se rétablit sans aucun symptôme fâcheux. Les veines qui entourent l'articulation du pied diminuèrent après l'opération, et cet homme se trouvant soulagé, retourna à ses occupations habituelles, qui exigeaient qu'il se tînt constamment sur ses jambes. Cinq ans après , lorsque je le vis , il avait été obligé de réclamer de nouveau les secours de l'art , attendu que les veines de sa jambe étaient aussi volumineuses et aussi incommodes qu'avant l'opération. On observa une grosse veine dans le trajet de la grande saphène, et cette veine passait au-dessous de la cicatrice qui existait à l'endroit où la saphène avait été liée précédemment.
D'après les observations qu'on vient de lire 5 il est évident , i'' que la hgature ou la
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division des veines variqueuses produit quelquefois 'des symptômes alarmaus et même funestes; 2" que l'état morbide des branches augmente, dans certains cas, après l'oblitération d'une partie d'un tronc veineux variqueux.
Un autre mode de prévenir l'augmentation des varices, en soulageant les veines inférieures de la pression de la colonne de sang dans la portion supérieure du vaisseau dilaté^ consiste à maintenir le membre dans une position horizontale et à employer conjointement la compression. Tous les chirurgiens connaissent les heureux résultats obtenus en tenant le malade au lit et en lui appliquant une bande autour de son membre , pour la guérison des ulcères variqueux des jambes. Jusqu'à la cicatrisation de l'ulcère, une bande commune est ce qu'il y a de plus convenable ; mais ensuite on préfère, en général, un bas lacé, parce que le malade peut lui-même l'appliquer avec plus de facilité et de soin. En Angleterre, le bas lacé se fait ordinairement avec du linge ; les chirurgiens français (1) ont recommandé particulièrement celui qui est fait avec de la peau ; mais la manière
(j) Dionis , Pftit, M. Bojer.
la plus convenable de comprimer le membre lorsqu'on veut empêcher Faccroissement des varices, consiste à l'entourer avec un bandage formé par des bandeJeUes de linge sur lesquelles on étend un emplâtre agglutinatif , qui est en même temps un bon topique pour les ulcères variqueux. Il est probable, toutes les fois que la dilatation est bornée à une petite portion de la veine , qu'on pourrait obtenir une guérison radicale en suspendant la circulation dans le vaisseau; cet elfet serait obtenu au moyen d'une forte compresse et d'emplâtres agglutinatifs. On a beaucoup vanté l'application des solutions astringentes sur les veines variqueuses, et dans quelques cas, on a employé avantageusement la glace pilée renfermée dans des vessies ou l'eau dans laquelle on avait fait fondre de la glace. La vésication de la peau qui recouvre les veines variqueuses a paru aussi favoriser le resserrement des vaisseaux dilatés.
Les varices des veines du scrotum et des testicules exigent rarement d'autres secours de l'art j que l'usage constant d'un suspensoire qui s'oppose, en général, aux progrès de la maladie. On a vu cependant des cirsocèles où la douleur et la gêne étaient si grandes que les malades ont préféré se soumettre à la
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castration (i), tandis qae d^autres fois on s'est contenté seulement d'extirper les veines ■variqoéUvSes (2). Sir Everard Home a rapporté une observation où il a divisé les téguniens et fait la ligature d'une large veine variqueuse venant du testicule : il survint des symptômes de fièvre; mais qand la plaie fut guérie, le testicule et ses vaisseaux avaient perdu la moilié du volume qu'ils avaient acquis avant l'opération. Neuf mois ensuite, on fit la ligature d'une autre veine du même testicule, et au bout de quelques jours, le testicule était diminué de beaucoup (3).
On donne le nom â' hémorroïdes à diverses sortes de tumeurs que l'on rencontre à la partie inférieure du rectum et à la marge de l'anus. Quelquefois ces tumeurs consistent en une dilatation des branches des veines
(1) î^oyez Gocch's Siirgery^xol. 11, p. 244*
(2) Voyez Charles Bell , Operaiiye Siirgery^ vol. î,
(3) P radical Observations on Ulcers oflhe legs, etc., page 555. Une dilalalion variqueuse des veines sperina-' tiques peut être prise très - souvent pour une Iiernie epiploïque. M. Astley Cooper donne le précepte suivant pour distinguer l'une de l'autre ces deux afFections : pla-r cez le malade dans une position horizontale et videz la tuîneur par la pression sur le scrotum : appuyez ensuite
hémoiToïdales. Les vaisseaux dilatés peuvent s'ouvrir parfois , et dans quelques cas , l'hémorragie est si considérable qu'elle nécessite l'emploi des lotions froides et astringentes, et des compresses. Il est des individus chez lesquels ces évacuations sanguines se font à de certaines périodes, et alors on les regarde comme salutaires, attendu que leur suppression paraît être nuisible à la santé générale du malade. Dans ces cas , si l'on i{en peut amener le retour par l'usage des fomentations tièdes, on obtiendra du soulagement en piquant avec une lancette les vaisseaux variqueux , ou en leur appliquant des sangsues. Le sang se coagule quelquefois dans la veine dilatée , et la tumeur devient dure , enflammée et très-douloureuse. Le coagulum est ensuite absorbé 5 mais les membranes épaissies de la veine et les parties environnantes forment une tumeur qui
fortement les doigts sur la partie supérieure de l'anneau abdominal, et engagez le malade à se lever : si la tumeur est une hernie , elle ne pourra pas reparaître tant qu'on continuera la pression sur l'aianeau ; mais si c'est un cirsocèle , la tumeur non-seulement reviendra , mais son volume sera encore augmenté par l'obstacle qu'apportera la compression au retour du sang dans l'abdomen, ( Fb/, CooPER , on Inguinal hernia, )
peut s'enflammer et occasionner une vive douleur. Il est donc, dans quelques cas, nécessaire de l'extirper par une opération chirurgicale; mais alors son traitement rentre dans celui des excroissances hémorroïdales provenant d'autres causes , et on ne peut le regarder comme faisant partie du sujet qui nous occupe.