SECTION IL
JDe t Ulcération des Membranes artérielles.
L'ulcération survient rarement dans une artère dont les tissus n'ont pas éprouvé précédemment quelque altération morbide. Il n'est pas rare d'en rencontrer dont la circonférence offre des dépôts calcaires et l'intérieur un amas de matière athéromateuse(i). Les membranes artérielles sont parfois si complètement détruites par de semblables ulcérations , que le sang, en passant dans le tissu cellulaire qui entoure le vaisseau , en forme une espèce de sac , et tel est un des modes de production de l'anévrisme. Quelquefois une matière purulente peut sortir de dessous les bords de pareilles ulcérations. J'ai vu un large ulcère situé immédiatement au-dessous des valvules semi-lunaires de l'aorte qui contenait une quantité considérable de pus (2). Néanmoins on rencontre rarement du pus dans ces ulcères , parce qu'il est emporté par le sang qui circule dans le vaisseau, à mesure qu'il est sécrété. Il n'est pas improbable que la mem-
(1) Planche i , fig. i.
(2) Ibid,, fig. 7.
DES ARTÈRES ET DES VEINES. li>
brane interne des artères , pendant l'inflammation , puisse sécréter du pus sans qu'il y ait pour cela d'ulcérations , comme on en voit desexempîes dans les membranes séreuses. Mais le cours du sang dans le vaisseau empêchera toujours de reconnaître un tel état.
Plusieurs hémorragies passives, comme l'apoplexie , l'hématémèse , Ihémoptysie etc. reconnaissent pour cause cette condition des artères. L ' ulcération provient fréquemment aussi des parties environnantes, et l'inflamïnation n'appartenant pas alors aux inflammations adhésives, et conséquerament n'ayant pas le pouvoir de fermer le canal artériel , il en résulte des hémorragies. Cela arrive souvent dans les ulcères cancéreux et phagédéniques. J'ai été témoin d'une ulcération . étendue de l'estomac qui avait gagné l'artère coronaire, et qui occasionna unehématémèse funeste pour le malade. Dans un autre cas , une tumeur squirrheuse était attachée à la face postérieure de l'estomac ; l'ulcération s'étendit à l'artère splénique, et le résultat fut le même. L'hémorragie pulmonaire doit fréquemment son origine à l'altération que subissent les artères du poumon par des vo-r miques , comme dans le cas qui suit.
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