‹ Traité des maladies des artères et des veinesChapitre 20 sur 52 · SECTION V · texte numérisé non relu

SECTION V

De la Dilatation contre nature des Artères.

La maladie que je vais actuellement décrire consiste dans un élargissement permanent et contre nature de la cavité d'une artère, et en général, elle s'accompagne de quelque altération morbide de ses mem-

fi)A. MoRGAONi , Epist. XVII , art. 12.

branes. Quoique plusieurs auteurs , et notamment ceux qui ont écrit sur la pathologie des vaisseaux sanguins , s'en soient occupés , on Va toujours confondue avec l'anévrisme , et par le défaut de connaissances précises sur son anatomie , il en est résulté un grand nombre de discussions opposées dans lesquelles on a enveloppé jusqu'à l'histoire de cette affection. J'espère cependant, lorsque je traiterai de la fornmtion de l'anévrisme , démontrer clairement les différences qui existent entre ces deux maladies ; je me bornerai pour l'instant à décrire les apparences et lès symptômes de la première.

Son siège le plus ordinaire est dans la portion ascendante et dans la courbure de l'aorte, qui , dans quelques cas , se trouve dilatée d'une manière extraordinaire , et qui forme alors une large poche ou sac , commençant en général immédiatement au-dessus des valvules semi-lunaires. Les membranes de l'artère , épaissies d'une manière remarquable et encroûtées de matière calcaire ou athéroniateuse , forment Tenveloppe du sac. Il y a une sorte d'uniformité dans cette condition XQorbide du vaisseau , puisqu'on rencontre les mêmes altérations dans les différentes parlies du saç , et cette circonstance me parait

démontrer que les membranes artérielles sont le siège de la maladie. En effet , c'est dans la membrane interne que se dépose la matière calcaire , et si Ton trouve cette substance dans toutes les parties du sac , on en pourra conclure qu'il est formé par la membrane interne , de sorte que «l'identité de maladie indique l'identité de structure (i) )>. Au. reste cette membrane est très-épaissie et ressemble au péritoine dans un sac herniaire ancien. Des poches ou sacs plus petits naissent souvent sur les côtés du grand kyste > et sont entourés d'une croûte calcaire. D'autres fois les membranes dilatées paraissent s'être ouvertes dans quelque endroit, et un anévrisme est pour ainsi dire enté sur l'artère dilatée. Cette circonstance, pourrait sans doute faire confondre la maladie avec un anévrisme; mais dans ces cas, rendi'Oît où commence le col du sac est lrès-manifesle,et son enveloppe 31 e présente pas ces apparences morbides particulières aux membranes artérielles. Une autre particularité qui distingue aussi ces di^ lataîions de la plupart des anévrismes est qifon n'y trouve jamais de coagulum lamellelix , camme dans ces derniers. M. Allaii

(ijBicHAT, Anaîoiïiie générale > lome II , p. syj.

Burns (i) cite un cas où il a rencontré quelques couches de coagulum ; mais la dilatation avait une telle étendue, qu'elle avait produit des fentes dans les membranes du sac , où il s'était déposé de la fibrine. La dilatation se termine souvent brusquement à la courbure de l'aorte ; mais d'autres fois elle va en diminuant graduellement. Parfois la dilatation est partielle et occupe seulement un côté du vaisseau , qui forme une poche semblable à un anévrisme ; mais de telles dilatations partielles contiennent très- rarement du coagulum lamelleux. Je considérerai les différences essentielles des deux maladies quand je traiterai de Ja formation de fanévrisme.

Cette condition morbide des artères se rencontre plus fréquemment dans faorte ascendante que dans tout autre vaisseau , du moins je Ty ai observée un plus grand nombre de fois que dans toute autre partie du système sanguin. Je l'ai trouvée aussi à l'aorte thoracique et abdominale , et les angles où se fait la bifurcation des artères offrent souvent une dilatation remarquable , surtout aux divisions

(i) Burns , On diseases of the heart , c^est-à-dire, des Maladies du cœur, p. 206.

des artères carotides et iliaques ; quelquefais cependant , quoique le vaisseau soit fort dilaté, ses membranes ne présentent aucune altération remarquable de structure.

Cette maladie , observée par Senac (i) , Morgagni (2) , Lieutaud (5) , Haller (4) , ïxicberand (5) , Scarpa (6) , Pelletan (7) et Blackall (8) , a été confondue par ces auteurs , à Fexception des trois derniers , avec Fanévrisme. Les symptômes qui l'accompagnent , quand elle a son siège dans l'aorte ascendante, sont les mêmes que ceux que j'ai décrits comme constituant ceux de Fangine de poitrine, et se trouvent exposés succinc-tement dans les observations suivantes.

( I ) Traite de la Structure du cœur , f. i , liv. m , ch. vu, p. 407.

(2) Epîst. XVII , art. 17 , 23 ; xvui , 28 ; lxiv, 12 , etc. (5) Historia analomico-medica , Hb. ii, sect. 7, p. loi.

(4) Opuscula pathologica, obs. xxii.

(5) Kosograpliie chirurgicaie , t. iv , p. 72.

(6) Réflexions et Observations anatomico-chirurgicales sur l'auévrisaie y traduction de M.Delpech, chap. v, p. 7 1 . et suiv.

(7) Clinique chirurgicale , t. i , p. 88 , 90 , 9 1 .

(8) Observations on the nature and cure of dropsies.

and on anginapectorîs , etc. , c'est-à-dire , Observations

sur la nature et le traitement des hydropisies et sur l'au-» gine de poitrine , p. 36o , 564.

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