‹ Traité des maladies des artères et des veinesChapitre 28 sur 52 · SECTION IL · texte numérisé non relu

SECTION IL

Tolauï.

Hommes,

Femmes.

Des Symptômes et du Diagnostic de Il Anévrism^e.

L^apparition d'une tumeur offrant des pulsations dans le voisinage d'une artère , fera soupçonner à tout chirurgien prudent l'existence d'un anévrisme. Mais il existe plusieurs maladies qui, par leur siège ou par d^'autres circonstances , peuvent offrir les symptômes des anévrismes, tandis que, dans d'autres cas , des anévrismes ont l'apparence d'autres afifections. Le traitement respectif est si différent, et une erreur à cet égard peut avoir des suites, si dangereuses, qu'il est de la plus grande

importance de se faoïiliariser avec leur diagnostic. Les symptômes qui indiquent l'existence d\ui anévrisrae sont bien plus obscurs lorsque la maladie a son siège au thorax ou à l'abdomen , que lorsqu'elle a lieu aux membres. Les anévrismes du thorax ou de l'abdomen deviennent le plus souvent funestes avant qu'on ait sur leur existence cette conviction intime qu'on ne tarde pas à acquérir pour les tumeurs anévrismales extérieures ; et les viscères qui entourent les premiers sont sujets à une variété d'aifections dont la plupart des symptômes sontégalement communs, aux anévrismes de l'aorte et de ses premières, ramifications. Je considérerai donc , i'^ les progrès et les symptômes des anévrismes au thorax et à Fabdomen; et 2^* j'offrirai quelques observations sur les circonstances propres à faire distinguer les anévrismes des artères des membres des autres affections avec lesquelles on pourrait les confondre.

liOrsqu'un sac anévrismal naît de l'aorte , immédiatement au-dessus des valvules semi-lunaires .les symptômes en sont très-équi-^ Toques , parce que la tumeur arrive rarement à un volume assez considérable pour se manifester au dehors , et eu outre parce que les symptômes qui en résultent ressemblent à

ceux de plusieurs maladies du cœur. Le pouls esten général faible et intermittent ; l'action du cœur est irrégulière et accompagnée de palpitations fréquentes ; il existe dans la poi- trine un sentiment deconstriction et une douleur intense qui s^étend du sternum jusqu'aux bras et enfin une difficulté de respirer proporlionnée au volume delà tumeur. Quand le sac naît de la partie antérieure de l'aorte ascendante, il est en opposition avec les cartilages des cinquième et sixème côtes qui sont graduellement absorbés, et alors la tumeur paraît au dehors. Quand il provient de la partie antérieure de la courbure de l'aorte , les cartilages des troisième et quatrième côtes sont détruits; tandis que , s'il existe à la partie supérieure de la courbure de l'aorte ou à Tartère innorainée , il monte au-dessus du sternum et des clavicules.

Les progrès des anévrismes de la partie supérieure de la courbure de l'aorte méritent une attention particulière, parce qu'il est facile de les prendre pour des anévrismes des artères carotides et sous-clavières. La tumeur paraît d'abord au bas du cou et monte graduellement. Le sternum et les clavicules empêchent sa sortie en avant, et compriment la base de cette portion du sac qui s'avance à Texte-

lOb MALADIES

rieur. Cetie circonstance fait paraître ]a maladie comme naissant au-dessus du thorax , et Pespèce d'étranglement occasionné par la résistance des clavicules et du sternum devient dans certains cas si considérable , qu'il fait paraître possible la ligature de l'artère entre le sac et le thorax. J'ai vu plusieurs anévrisines de la partie supérieure de la courbure de l'aorte qui s'avançaient au-dessus du sternum et des clavicules , et dans un cas, Tespace entre la tumeur et le sternum était gi considérable, qu'on proposa la ligature de Fartère carotide pour cause d'anévrisme ; mais la dissection fit voir qu'il avait son siégea l'origine de l'artère innominée et de la courbure de l'aorte (i). Si l'on eût tenté cette opération , il est évident que le résultat en eût été funeste, La fréquence des anévrismes de la partie supérieure de la courbure de l'aorte donne une importance très -grande à ce qu'on soit prévqnu de celte particularité de leurs progrès.

Les anévrismes de l'aorte thoracique , en comprimant la trachée et l'oesophage, causent

(i)Un cas assez semblable à celui-ci est rapporté par M- Allan Burns. jT^ojez Bvrtss , on the surgical Analomy of ihe head and nech , etc. , c'est-à-dire , Anatolïiie chirurgicale de la tête et du cm , p. 52.

de grands obstacles à la respiration et à la déglutition , et sont souvent pris pour des maladies des poumons ou pour des resserremens de l'œsophage. Quand les progrès de cette affection ont détruit les os et que la tumeur fait saillie à l'extérieur , la pression qui avait lieu sur lesparties internes est diminuée etles symptômes sont adoucis. Toutefois les anévrismes du thorax deviennent souvent funestes par la pression dusac sur des organes importans situés dans le voisinage. A mesure que la tumeur se développe, elle contracte des adhérences avec les viscères environnans et elle s'ouvre fréquemment clans leurs cavités. Lesanévrismes delà base de l'aorte se répandent en général dans le péricarde; quelquefois ils adhèrent à l'artère pulmonaire , et deviennent funestes en s'épanchant dans sa cavité (1). Quand le sac nait de la courbure de l'aorte , il s'ouvre le plus souvent dans la trachée-artère (2) et quelquefois dans l'œsophage

(i) T^oyez une obseivalion rapportée par le docieur Wells, dans les ïransaclions d'une Société pour l'accroissement des connaissances médicales et chirurgicales, vol. iiij

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