‹ Traité des maladies des artères et des veinesChapitre 30 sur 52 · SECTION III · texte numérisé non relu

SECTION III

JDe la Guèrison spontanée et du Traitement médical de VAnèvrisme.

Un des points les plus importans de l'anatomie pathologique est la connaissance des procédés au moj^en desquels la nature elïecloe parfois la guèrison d'une maladie. Cette branche de la pathologie nous apprend à ne pas renoncer au traitement d'une affection contre laquelle nous n'avons pas de remèdes assurés , et elle nous indique souvent la manière d'aider la nature dans ses méthodes curatives. De telles recherches au sujet de l'anévrisme peuvent paraître d'abord superremarquer que , dans ces cas de tumeurs sanguines communiquant avec la cavité d'une artère par une trèspetite ouverture, îes pulsations isochrones à celles du pouls sont insensibles dans îes premiers temps de la ma-^ jadie ;, lorsque surtout la tumeur est encore placée profondément dans l'épaisseur de nos tissus, et que dans la dernière période du mal, le mouvement des parties affectées est moins une pulsation distincte qu'une espèce de vibration bu de trémoussement. Ce phénomène mérite toute l'attenliou des gens de l'art j il peut éclairer leur conduite, et leur faire juger k priori si la maladie offerte à leur observation est une tumeur sanguine produite par }a dilalaliou du tube artériel, ou par l'érosion d'un poinlt dos parois de ce canal, ( Note du traducteur.)

jHues. La grande hardiesse déployée par la chirurgie moderne dans les opérations qui y ont rapport , la puissance reconnue de la circulation collatérale dans toutes les parties du corps , et la précision donnée à l'application de la ligature semblent établir un remède efficace et certain. Ces motifs peuvent en apparence rendre moins important tout ce qui a rapport aux anévrisraes des extrémités. Mais lorsque nous considérons que , dans le plus grand nombre des cas , la maladie a son siège au thorax ou à l'abdomen ; que la chirurgie ne peut étendre ses opérations à ces parties ; que ces cas sont considérés en général comme sans ressources, et qu'à côté nous voyons l'art arrêter quelquefois les progrès de la tumeur et aider la guérison naturelle , alors peut-être ces recherches ne nous paraîtrontelles pas dépourvues d'un puissant intérêt pratique.

Les procédés par lesquels est effectuée la guérison spontanée de l'anévrisme sont les suivans , d'après mes observations particulières et les exemples que j'ai rapportés :

1°. L'enlèvement de toute la tumeur par le sphacèle, à la suite de l'inflammation trèsintense excitée par la distension des parties environnantes.

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2". La position prise par la tumeur qui , par sa pression , peut oblitérer la portion supérieure ou inférieure de l'artère en communication avec le sac.

3^. L'amas graduel de la fibrine du sang dans le sac anévrismal et dans l'artère qui s'y rend, finit par les oblitérer et par permettre ensuite l'extirpation de la tumeur. Je vais considérerles circonstances propres à produire ces effets, et je cliercherai ensuite à en déduire les moyens par lesquelsl'art peut les seconder.

L Quand un anévrisme des extrémités a acquis un volume énorme , les parties environnantes en éprouvent quelquefois une distension si considérable que la gangrène survient , et que la tumeur dégénère en une vaste niasse en suppuration. Si les forces du malade peuvent supporter le travail de la nature, la maladie disparaît au moyen des escarres qui , se détachant successivement, sont remplacées par un ulcère de bonne nature qui finit par se cicatriser. On prévient, dans ces circonstances, l'hémorragie de l'artère qui communique avec le sac par les moyens employés pour s'opposer à l'effusion du sang des vaisseaux des parties gangrenées. Dans les cas de sphaçèle , le sang se coagule dans les artères et dans les veines de la partie , et leurs cavités sont

oblitérées à une distance considérable par des amas de fibrine. Le même effet a lieu fréquemment dans l'artère d'une poche anévrismale attaquée de gangrène : on doit alors espérer que le sphacèle s'étendra assez loin pour produire ce résultat. La formation d'une escarre sur le point le plus distendu de la tumeur est la manière la plus ordinaire dont ont lieu les hémorragies des anévrisraes externes : le plus souvent cependant, le sphacèle ne se propage pas assez loin pour oblitérer l'artère. L'observation suivante recueillie à l'hôpital d'York à Chelsea, présente la guérison d'un anévrisme inguinal volumineux au moyen du sphacèle.

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