‹ Traité des maladies des artères et des veinesChapitre 32 sur 52 · I. 3LO · texte numérisé non relu

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et le défaut de sensibilité n'en persistaient pas moins. La douleur était abattue , la fièvre moindre , la chaleur du membre commença à revenir et la tumeur à diminuer. Dès-lors le malade se rétablit progressivement. Cependant il s'écoula un temps fort long avant que les parties eussent repris leur sensibilité naturelle et que l'œdème fût disparu. Au bout de six mois , il ne ressentait nulle incommodité de cette affection , si ce n'est que la partie supérieure de la cuisse malade avait quatre pouces de plus de circonférence que celle du côté opposé à la même hauteur. Le membre resta douze ans dans cet état, après quoi la tumeur commença à augmenter de nouveau, et fit éprouver au malade de cruelles douleurs à la suite d'exercices pénibles.

Depuis ce temps, la tumeur augmenta graduelle ment. Lorsque je la vis , vingt ans après son apparition , elle avait acquis un volume considérable 5 mais elle n'avait aucun des caractères d'un anévrisme. Elle paraissait comme charnue , ne présentait pas de pulsations , et l'on ne pouvait y découvrir aucune fluctuation. Elle continua à augmenter encore pendant deux ans : alors son sommet s'ulcéra et il en sortit une grande quantité de matières brunâtres mêlées de caillots qui ressemblaient

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t)eaucoup à du coagulum lamelleux dans on état de putridité : aucune hémorragie ne survint. Il résulta de cette évacuation une large cavité dont la surface paraissait ulcérée: le malade mourut de la fièvre et de l'irritation qui en furent les suites. A l'ouverture du cadavre , on trouva la tumeur formée d'une substance charnue dans un état de suppuration ; mais aucun vaisseau sanguin considérable ne communiquait avec sa cavité. L'artère fémorale , avant de pénétrer dans le tendon du triceps , était oblitérée dans une longueur de trois pouces. Le corps du sac était appuyé en haut sur la portion obstruée de l'artère , qui devait avoir été comprimée entre le sac et le fémur ,• au-dessous de la partie oblitérée les membranes artérielles étaient dans une condition morbide remarquable , et elles étaient dilatées sous forme d'un petit sac au jarret (1). Tl paraît probable , dans ce cas , que la guérison del'anévrisme fut la suite de l'oblitération de la partie supérieure de l'artère comprimée entre la tumeur et le fémur. Une action morbide paraît s^êlre développée quelques années après dans la poche , qui devint une tumeur sarcomateuse remplie d'un fluide

(i) Planche IV, fig. 6»

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grumeux , mêlé de caillots , très-semblable à du coagulum lamelleux dans un état de putridité (i).

On a vu la pression d'un sac anévrismal oblitérer une artère adjacente. M. Astley Cooper cite un exemple dans lequel la cavité de Vartère carotide commune fut fermée par la pression d'un anévrisme de l'aorte qui s'étendait en haut vers le cou , sur le côté de la trachée (2). J'ai rencontré la cavité de l'artère sous-clavière gauche oblitérée par la pression d'un anévrisme de la courbure de l'aorte. A l'origine de l'artère sous-clavière , il y avait aussi un petit anévrisme dont la guérison. spontanée avait commencé par l'amas de coagulum lamelleux , à la suite de l'occlusion de cette partie du vaisseau communiquant avec l'extrémité humérale du sac. Sous ce rap-

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(i) J'eus occasion de voir ce malade pendant qu'il était traité par M. Freer de Birmingham , auquel je suis aussi redevable d'avoir pu examiner les parties enleve'es après la mort. M. Freer a rapporté le commencement de î'histoire d e ce fait dans ses Observations sur l'Anévrisme, p, 106 -, la suite a été postérieure à la publication de l'ouvrage de M. Freer.

(2) Medico- Chirurgical Transactions, publised by the médical and chirurgical Societj of London^ yo\. ij p. 12, pi. a, %. 2.

port, ce cas sert à faire connaître le mode de guérison provenant de la pression d'un anévrisme sur la partie inférieure d'une artère qui communique avec le sac. Il est intéressant aussi en ce qu'il sert à démontrer la puissance delà circulation collatérale , lorsque la source immédiate de la nutrition serait détruite dans l'exlrémiié supérieure par l'oblitération de Tartère sous-clavière avant qu'elle ait donné naissance à aucune branche.

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