CHAPITRE IV
thérapeutique générale des maladies articulaires.
Nous venons de traiter, dans des chapitres spéciaux, de l’anatomie pathologique générale, de l’étiologie, et du diagnostic des maladies articulaires, nous croyons devoir aussi consacrer un chapitre à part à la thérapeutique générale de ces maladies. Il est un grand nombre de moyens qui servent à remplir des indications communes à plusieurs d’entre elles , tels sont les appareils propres à redresser les membres, ceux qui servent à les immobiliser; tels sont encore les bandages compressifs^ les cautérisations , les douches , les bains de vapeur, les bains froids , les eaux minérales. Ces agents thérapeutiques ne peuvent être décrits dans l’article consacré à l’histoire d’une maladie, plutôt que dans l’article consacré à celle d’une autre. Si l’on en traitait à propos de l’une d’elles en particulier, on ne pourrait exposer, avec les détails nécessaires , les procédés à suivre dans leur emploi et les effets immédiats qu’ils produisent. Toutes ces difficultés disparaissent , si l’on décrit chacun d’eux dans un travail préliminaire ; la on peut insister avec les développements convenables sur leur mode d’administration , sur leurs effets immédiats, et sur quelques-unes des indications qui en commandent l’emploi.
En nous livrant à ces considérations générales , nous entreprenons pour la thérapeutique des maladies articulaires ce que nous avons déjà fait pour leur anatomie pathologique. Nous en avons décrit les lésions élémentaires, et nous avons mis l’observateur à même de reconnaître dans une autopsie, quelles sont celles . de ces lésions qu’il a sous les yeux , et comment elles sont associées. Après le travail qu’on va lire sur leur thé-
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rapeutique générale , le praticien saura • également quels sont les principaux moyens dont il peut disposer dans leur traitement ; il ne lui restera plus, au lit du malade^ qu’à choisir entre ces moyens. Il se guidera dans ce choix sur les indications dont les principes seront discutés spécialement dans l’histoire particulière de chaque ar thr opathie .
J’adopterai la division généralement suivie du traitement des maladies articulaires, en traitement local et en traitement général.
Quelle que soit la maladie des articulations que l’on ait à traiter, si les membres malades sont placés dans de mauvaises positions , on doit les ramener à une situation favorable. Ce but atteint , les os doivent être maintenus immobiles dans les rapports qu’on leur a donnés , si le mouvement aggrave les douteurs; on doit leur imprimer , au contraire, des mouvements artificiels , si c’est l’immobilité qui cause ou entretient les accidents. Il y a donc dans les arthropathies , abstraction faite du genre de lésion , un traitement mécanique dont on peut apprécier l’importance, en se rappelant ce que nous avons dit dans le chapitre consacré à l’étiologie. Sans doute , ce traitement mécanique n’èst pas toujours nécessaire ; il est des cas où les os qui forment une articulation sont placés dans des rapports convenables ; où l’on n’a besoin ni de les rendre immobiles, ni de leur imprimer des mouvements artificiels. Il en est d’autres , et ces cas sont nombreux , où les indications d’un traitement mécanique sont urgentes. Les moyens qu’on emploie pour y satisfaire sont , de toutes les parties de la thérapeutique locale , celles dont nous comprenons le mieux le mode d’action, que nous savons le mieux régler et sur lesquelles la science possède les données les plus positives.
Après avoir satisfait aux indications qui se déduisent de l’état physique des articulations , il faut étudier le genre de lésion dont elles sont affectées. En traitant de l’anatomie pathologique, nous avons montré que chacune des lésions élémentaires a un mode de guérison qui lui est propre. La congestion sanguine
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guérit par la rentrée dans la circulation de l’excès de sang qui engorge les vaisseaux ; l’accumulation de sérosité, par l’absorption de ce liquide ; celle de pus pu de tubercules , par l’élimination de ces matières ; les épanchements de lymphe plastique, par le passage de celle-ci à l’état celluleux ou fibreux; les ulcères , par la formation d’une cicatrice. ...
Mais s’il existe un rapport intime et rigoureux entre une mauvaise position et le traitement mécanique qui lui convient, il n’en est plus de même pour les lésions vitales dont nous venons d’étudier le mode de guérison ; quand une articulation est trop fléchieyi! faut l’étendre; quand elle est trop étendue, il faut la fléchir ; mais s’il existe une hydarthrose bien que l’on sache qu’il faudrait faire résorber là sérosité de la syno-? yiale , on est loin de distinguer nettement ce qui doit être employé pour y parvenir ; il faut tenir compte ici des phénomènes complexes qui accompagnent cette accumulation de sérosité. Si elle s’est produite avec un appareil inflammatoire, et que l’inflammation persiste encore , c’est le traitement antiphlogistique qui , mieux que tout autre , en produira l’absorption. Si tous les phénomènes inflammatoires ont disparu , les excitants géné-r raux et locaux pourront être nécessaires; dans quelques cas , on aura besoin de porter l’irritation jusque sur l’intérieur de la çayité qui renferme la synovie. Pour une même lésion élémentaire, il y a donc J suivant les phénomènes concomitants , des indications et des traitements locaux essentiellement différents les uns des autres.
Ces considérations démontrent que les moyens mécaniques sont les seuls parmi les traitements locaux des maladies articulaires que nous puissions faire connaître ici dans leur ensemble. Nous sommes obligé de renvoyer l’histoire des autres moyens aux articles que nous consacrerons à chaque espèce d’arthropathie. Seulement, comme il en est un certain nombre, tels que les applications extérieures qu’on fait sur les jointures, les douches locales et la cautérisation' dont les formules ou le mode d’emploi ne sauraient être placés ailleurs que dans ce chapitre général , je leur consacrerai une série d’articles, après avoir exposé les principes du traitement mécanique.