TRAITEMENT GÉNÉRAL DES ÜALADIES ARTICULAIRES
Quelle que soit la maladie articulaire constitutionnelle que l’on ait à traiter, il est des indications communes auxquelles on doit satisfaire : il faut soustraire le malade aux causes productrices dé son, affection, il faut rétablir ses fonctions diminuées ou supprimées, employer diverses médications, suivant les conditions dans lesquelles il se trouve, et, dans l’insuffisance de ces moyens, recourir à des métiiodes spéciales, le plus souvent empiriques.
Il est inutüe d’insister sur la nécessité de soustraire le malade aux causes productrices de son état, le simple énoncé de cette proposition en emporte en quelque sorte la démonstration avec lui. Il n’est pas moins évident que l’on doit s’appliquer à rétablir dans leur état normal les fonctions diminuées ou supprimées. Cette indication ne se présente toutefois que lorsque le dérangement d’une fonction, au lieu d’être consécutif, est cause de la maladie que l’on a à traiter^ ou qu’il contribue à l’entretenir.
Dans les malades artieuîàîres eoiïstitHti©imelle&, les foiietinns que l’on est le pliis sotrrent appelé à rétablir sont celles de la peau. Faisons remarquer ici que Pétat normâi deces fonctions est bienloin de se caractériser par une sécrétion plus ou moins facile et abondante dé sueurs. (Beaucoup dé rbumàtisants et de scrofuleux transpirent abondamment après- le moindre exercice.) La peau accomplit régulièrement ses fonctions, lorsque la sueur est acide, qu’elle à l’odeur quî M est propru, et qui tarie en nature et ën intensité , suivant les' individus, lorsqu’elle cèntient les sels qui appartiennent à sou état noiœal, tels que les chlorhydrates de soude et d’ammoniaque ; enfin, lorsque le malade, convenaMément têtu, n’^y éprouvé aucun sentiment de froid.
Toutes ces conditions se trouvent rarement réunies dans les maladies articulaires- dépendantes d’une ^affection générale. Les cas où l’on doit s’appliquer à les rétablir a’observent lorsque les malades ne peuvent transpirer, quels què soient les exercices auxquels ils' Se livrent, lorsqu’il sont sujets a des sueurs abondantes et passives , que; la transpiration a perdu son odeur, que la circulation cutanée est languissante, les extrémités habi^ tuellemenl froides, où qù’un sentSmenf dé glace se fait sentir au niveau dés arfieulatiOns maladés. .
Des indications spéciales en rapport avec la cause se présentent également à remplir, lorsque les aa-lteopalhîes sont consécutives à quelques maladies antérieures. Ces indications ne sont pas obscures lorsqu’il s’agit d’ùn ulcère a reproduire, d’une éruption du cuir chevëlu à ranimer ; mais que faire de spécial quand une maladie quelconque des jointures succède à une petite-vérole, à une scarlatine, à une rougeole? C’est ce qu’il est difficile de décider. Comme l’on s’est beaucoup plus appliqué eu médecine à rechercher deO remèdés qu’à remplir des indications, on se trouve arrêté à chaque pas dès; que l’on veuf chercher les moyens d’atteindre Un but parfaitement déterminé comme celui qui nous oceupe ici.
Quoi qu’il en soit. On voit combien de modifications exigé le traitement général des maladies articulaires, suivant la nature des fonefioïïs normales où' pathologiques dont l’altération a pu
contribuer à les produire. Certaines conditions dans lesquelles les malades peuvent se trouver placés doivent influer également sur le choix et le mode d’application des méthodes thérapeutiques. .
Ainsi la chlorose peut compliquer ou non des arthralgies rhumatismales scrofuleuses; de là certaines indications spéciales : le malade peut être très-irritable ou d’une sensibilité obtuse, il peut être pléthorique ou peu. sanguin, il peut avoir un froid habituel aux extrémités, de la tendance à des frissons qui parcourent succèssivement diverses régions du corps, il peut avoir la fièvre ou ne l’avoir pas ; toutes ces circonstances entraînent de certaines modifications dans le traitement. Je me contente de les indiquer : ce serait embrasser en quelque sorte la pathologie tout entière que d’examiner avec détail comment on se dirige dans le choix des moyens propres à remplir chacune de ces indications.
Si après avoir satisfait aux indications rationnelles que nous venons d’examiner, la guérison n’est point obtenue, l’on doit recourir aux méthodes empiriques ; ce sont ces dernières dont on peut attendre les résultats les plus avantageux dans les maladies chroniques des articulations, nous leur donnerons une large place dans l’étude que nous allons faire des moyens de traitement.
Les moyens généraux que l’on a conseillés et que l’on peut mettre en usage dans les arthropathies sont de deux ordres : les uns font partie des ressources de l’hygiène; les autres, tirés de la matière médicale, ne sont jamais employés dans l’état de santé.