CLASSIFICATION
ments, les cartilages ou les os ; si ces tissus sont atteints isolément ou simultanément , quelle altération chacun d’eux a éprouvée ; quel trouble fonctionnel se manifeste localement ou dans l’ensemble de l’économie; quelles causes spéciales ont entraîné les accidents.
On comprend maintenant l’intérêt que j’ai mis à l’étude des variétés élémentaires de siège, de lésions, de causes, d’indications dans les artbopatbies, et l’étendue des développements dans lesquels je suis entré en me livrant à cette étude dans la première partie de cet ouvrage. Car, il faut bien plutôt cherchef à mettre entre les mains de l’observateur les éléments nécessaires à la solution des problèmes qu’il est appelé à résoudre, que vouloir d’avance prévoir tous les cas qu’il peut rencontrer, et donner une description détaillée de chacun d’eux. On imite par là le rninéralogiste qui, loin de décrire toutes les variétés des minéraux qui couvrent la surface du globe, se borne à en faire connaître les éléments et à tracer les règles qui permettent de reconnaître comment ces corps élémentaires sont associés dans un minéral donné.
Cependant il ne suffit point d’avoir ainsi étudié tous les éléments du mal; il faut encore, dans un tableau particulier, peindre les principaux cas d’affections articulaires que l’on rencontre dans la pratique. Mais quels sont ces cas principaux? d’après quels principes doit-on les diviser et les classer?
On peut résoudre ce problème, soit en adoptant un principe de classification que l’on suit dans toutes ses conséquences^ soit en se conformant aux divisions non systématiques qui ont cours dans la science, et qui, depuis longtemps admises, peuvent être considérées comme naturelles. C’est ce dernier parti que nous avons cru devoir prendre. Nous sommes persuadé qu’il importe plus d’éclairer les questions que de les exposer dans un ordre différent de celui qui est généralement adopté, et c’est en suivant cet ordre que nous pouvons profiter le plus aisément des travaux de nos ' devanciers, et inettre le lecteur à même de comparer les recherches contenues dans cet ouvrage à celles qui sont consignées dans les livres qui traitent des mêmes matières.
Qa’on examine, du reste, tous les inconvénients qui seraient attachés à une classification systématique dans laquelle nous distribuerions les maladies articulaires d’après la seule considération du siège des lésions, de leur nature ou. de l’ordre des causes qui les produisent ; classifications qui, comme celles de ïournefort et de Linnée, en botanique, serait fondée sur la considération d’un seul ordre de phénomènes, et l’on, demeurera convaincu que nous rapprocherions des maladies qui doivent être placées à de grandes distances, et que nous séparerions les uns des autres des états qui doivent être intimement rapprochés.
Ainsi, en basant sur le siège des lésions anatomiques la division des maladies articulaires, comme MM. Brodie et Velpeau l’ont fait pour quelques arthropathies, on séparerait des lésions de même nature, et, par exemple, l’histoire de l’inflammation serait exposée dans autant de chapitres séparés qu’il y a d’espèces de tissus dans les articulations. Après avoir décrit, celle des synoviales, il faudrait revenir à celle des ligaments, puis à celle des os, du tissu cellulaire, etc. Heureux encore si, après toutes ces descriptions, on avait traité complètement le sujét. Il n’en serait rien cependant, car il resterait encore à décrire les inflammations qui envahissent plusieurs tissus à la fois.
Cependant si une division, au lieu d’être basée sur le siège, est fondée sur la nature des lésions articulaires, comme l’a fait Lobstein, très-incomplètement, il est vrai, dans son Traité d’anatomie pathologique, on est obligé de décrire successivement chacune des lésions anatomiques, les inflammations, les abcès, les tubercules, par exemple ; l’on confond alors dans une même description des états très-difîerents par leur marche et leur traitement , comme les inflammations aiguës et chroniques , les abcès chauds et les abcès froids, et surtout des maladies très-diSerentes par leur origine , comme celles qui sont de cause traumatique ou celles qui dépendent d’une diathèse générale.
Enfin, si l’on adopte pour principe de classification la nature des causes, et que l’on divise les maladies articulaires en maladies traumatiques, rhumatismales, scrofuleuses, syphilitiques,