CHAPITRE XYIL
UES malames extérieures aux articulations.
Nous avons décrit, dans les chapitres précédents, les inflammations aiguës, les fongosités, les suppurations qui se forment dans le tissu cellulaire et les muscles, consécutivement à des maladies articulaires qui se sont propagées de l’intérieur à l’extérieur. Cependant, les parties molles et les os placés au voisinage des articulations peuvent être le siège de lésions qui commencent primitivement dans leur épaisseur, et qu’il est souvent difficile de distinguer de celles dont le point de départ est dans les articulations elles-mêmes. Ces lésions sont aussi variées que celles des jointures : ce sont des solutions de continuité, des distensions et des contusions, des inflammations aiguës ou chroniques, dépendantes de violences
i)ËS MALADIES EXTÉEIÈÜÈES. 14?
Extérieures ou produites par des causes internes, dés abcès chauds et froids, des hjdropisies qui siègent spécialement dans les cavités séreuses placées au voisinagé des articulations, et enfin des fongosités et des tubercules.
Je me borne à indiquer l’existence de ces altérations. Ce serait entrer dans des développements qui ne se rattachent qu’indirectement au sujet de cet ouvrage que de les décrire avec détail, je me contenterai de quelques remarques sur quelques-unes d’entre elles.
Les hydropisies qui se forment dans des cavités naturelles j au voisinage des articulations , sont celles des séreuses qui facilitent le glissement de la peau sur les os, ou des tendons sur leurs gaines. Elles sont à ces dernières ce que les hydârthroses sont aux synoviales articulaires. Nous avons déjà signalé, en traitant des bydarthroses èii général, tom. 1®"^ page 456, les incertitudes qfie l’on peut [éprouver sur la question de savoir si quelques-unes de ces collections séreuses siègent dans les gaines tendineuses ou dans les articulations elles-mêmeSi Nous aurons l’occasion de revenir sur ces questions en traitant des maladies du genou et surtout dans l’article consacré aux maladies du poignet.
J’ai déjà signalé^ t. 2, p. 7, le cas extrêmement rare où des fongosités se forment, soit dans le tissu cellulaire, soit dans les os qui avoisinent les articulations, sans que celles-ci soient altérées elles-mêmes. C’est aux mains et aux pieds que l’on observe surtout ces fongosités indépendantes des synoviales articulaires. De toutes les maladies extérieures aux articulations, et qui peuvent être confondues avec celles de ces dernières, les plus fréquentes, sans aucun doute, senties abcès. Mais toutes les questions de diagnostic que soulèvè la comparaison des arthropathies avec les maladies de siège différent qui peuvent être confondues avec elles, doivent être examinées dans les articles consacrés à chaque articulation en particulier : elles ne peuvent être précises qu’à la Condition d’être spéciales. Qu’il nous suffise donc d’indiquer en général à quels signes on reconnaît que des altérations voisines des jointures n’existent pas dans ces jointures elles-mêmes.
Ces signes se déduisent avant tout de la foruie et du siège des altérations ; au lieu d’occuper en général tout le contour de l’articulation, elles sont placées seulement sur l’une des faces de celle-ci, et au lieu d’avoir la forme de la membrane synoviale distendue, ce qui est assez fréquent dans les maladies articulaires^ elles ont une forme differente; du reste ^ elles ne s’accompagnent ni de luxation spontanée, ni d’ankylose complète, ni de mobilité anormale des surfaces articulaires les unes snr les autres, ni de crépitation résultant de l’absorption des cartilages.
Le traitement des maladies qui siègent dans les parties molles extérieures aux articulations doit être basé sur des principes analogues à ceux que nous avons posés pour les maladies des articulations elles-mêmes, le succès en est seulement beaucoup plus certain.