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DES CONTUSIONS DU G-ENOÜ

Dans l’étiide des eontusions du genou, comine dans celle des entorses de cette articulation , il faut distinguer les effets physiques produits directement par le corps vulnérant, des inflammations et des douleurs consécutives. Les erfets physiques , ayant seuls un caractère spécial , seront seuls examinés ici avec détail. Comme on a rarement l’occasion de les étudier par la dissection , nous avons eu recours à l’expérimentation cadavérique. Voici, dans l’ordre de leur gravité, ceux qu’elle nous a fait connaitre.

1° Rupture de la membrane synoviale. — Cette rupture a été démoiitréepar plusieurs expériences dans|lesquellesla contusion a porté sur les côtés de la rotule. Bien que la peau fût intacte, BOUS avons trouvé la synoviale déchirée et contuse dans une étendue plus ou moins grande : c’est cette déchirure qui explique en partie les épanchements de sang si fréquents au genou à la suite des contusions.

2® Jrrachement des ligaments ^ — Cet arrachement a été observé quelquefois sur les ligaments rotuliens , niais le plus souvent sur les ligaments croisés ^ ainsi qu’on le verra dans les expériences qui seront rapportées plus loin. Toutes les fois que la contusion détermine une luxation permanente ou temporaire , les ligaments croisés se détachent du tibia ou du fémur, en arrachant les lames de tissu compaete auxquelles ils s’insèrent. Le seul cas où nous ayons observé la rupture du ligament antérieur, est celui d’un vieillard de 60 ans environ , dont le ligament rotulien était ossifié dans l’étendue d’un centimètre et demi. Une percussion exercée sur la partie inférieure de ce ligament le détacha avec quelques fibres osseuses de l’épine du tibia.

3“ Fractures — Nous n’avons pas besoin d’insister sur ce fait , que les contusions du genou peuvent produire des fractures complètes de la rotule , du tibia et du fémur. Je ferai seulement remarquer que dans certains cas la continuité des os peut être conservée , la lame compacte qui les recouvre étant

seule fracturée et enfoncée dans le tissu celluleux. J’ai reconnu cet écrasement de la lame compacte du tibia et du fémur dans plusieurs expériences où la contusion avait porté sur le genou\, pendant que cette articulation était convenablement soutenue en arrière ; il peut servir à expliquer en partie les épanchements de sang consécutifs aux contusions , et à rendre compte de douleurs qui leur succèdent sans lésions appréciables.

4** Des luxations. — Ces luxations sont permanentes ou non permanentes. Elles se produisent surtout lorsque la contusion agit sur le tibia pendant que le fémur est soutenu , ou réciproquement. On pourra juger des lésions graves qui se produisent alors par les expériences suivantes :

A. La rotule et les téguments qui la récouvrent étant enlevés , le tibia étant placé fixement sur un billot élevé de manière à ce que le fémur ne fût pas soutenu à son extrémité inférieure , un coup violent a été porté sur cette extrémité. La luxation du tibia en avant , ou si on l’aime mieux , du fémur en arrière , a été produite ; les lésions snivantes ont été notées ; rupture du ligament croisé antérieur au niveau de son insertion dans l’échancrure du fémur; distension très-forte du ligament croisé postérieur-, rupture du ligament latéral interne avec arrachement des fibres osseuses de la face interne du condyle correspondant du fémur, rupture du ligament latéral externe à son insertion fémorale , violente distension des parties molles du creux poplité. C’est sur ces parties que le fémur luxé appuie.

B. Le membre inférieur droit étant placé sur un billot, de manière à ce que l’extrémité inférieure du fémur fût soutenue , le pied appuyant sur la table, des eoups ont été portés sur l’extrémité fémorale du tibia qui n’avait aucun point d’appui. On a observé , à la suite d’un coup violent qui a frappé cette partie ainsi que l’extrémité inférieure de la rotule , l’ascension de ce dernier os qui est venu se placer au-dessus de la poulie du fémur. Les parties disséquées, on a trouvé l’extrémité inférieure de la rotule fracturée, et appuyant sur l’extrémité supérieure de la surface inter-condylienne du fémur , où elle

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