CONTUSIONS DU GENOU
était retenue par la distension des ligaments fibreux qui , du tibia et du fémr.r, se portent à la rotule, et par les rugosités de cette partie inférieure de la rotule , résultant de la fracture; le tibia était luxé en arrière , et le ligament croisé postérieur rompu.
Ô*’ Épanchements sanguins. — Il n’est pas d’articulations où ces épanchements soient plus considérables et plus fréquents que dans celle du genou. À la suite d’une contusion , l’on voit fréquemment la cavité synoviale se remplir de liquide ; à en juger par les autopsies et par les symptômes , ce liquide , en grande partie formé par la sérosité ^ peut être teint par la matière colorante du sang , et mélangé à des grumeaux fibrineux. Dans le premier cas , l’on ne peut distinguer l’épancbement que l’on a sous les yeux de celui qui se forme dans les hydartbroses simples ; mais lorsque des caillots de sang sont mélangés à la sérosité , la fluctuation est d’autant moins distincte que ces caillots sont en plus grande proportion. Quelquefois , ainsi que M. Jules Cloquet l’a observé , le toucher produit une crépitation obscure semblable à eelle que l’on épruuve lorsque l’on divise avec les doigts les caillots d’une saignée. Si , à une époque rapprochée delà contusion, l’hématocèle peut être difficile à connaître , le diagnostic devient plus facile quelques jours après l’accident. A mesure que la résorption du sang s’opère , la peau prend une teinte violette , puis légèrement jaunâtre. C’est sans doute un temps assez long après que les contusions ont altéré le genou , que l’on peut observer un bruit que M. Velpeau a désigné sous le nom de bruit cataire. Il paraît que ce bruit est semblable à celui que produit le toucher de l’amidon, et qu’il est dû à une diminution du poli des surfaces articulaires. L’autopsie n’a pas permis de reconnaître l’état du genou dans les cas où ce bruit a été observé ; il me paraît probable, d’après les détails que donne l’auteur , qu’une ulcération superficielle de la face profonde de la rotule en est la cause la plus ordinaire.
Dans certains cas l’épanchement de sang à la suite des contusions , au lieu de se faire dans l’articulation , s’opère dans le tissu cellulaire superficiel et dans celui qui entoure la membrane
synoviale. M. Malgaigne (1) a cité un cas dans lequel les caillots sanguins épanchés entre le fémur et la membrane synoviale, avaient acquis une ' telle dureté et formaient des tumeurs si inégales que l’on put croire un instant que le fémur était fracturé.
Ici se bornent les considérations particulières que nous avions à présenter sur les contusions du genou. Nous renvoyons pour les autres parties de leur histoire à l’article contusion en général.