DES PLAIES DU GENOU
- Les plaies pénétrantes du genou peuvent être de deux sortes, comme toutes les plaies articulaires. Elles peuvent être produites par des instruments qui agissent de dehors en dedans, et pénètrent jusque dans la cavité synoviale , ou par les os qui composent l’articulation , et qui , violemment éloignés de leur situation naturelle , se luxent et déchirent les parties molles.
Les plaies produites par des corps qui pénètrent de dehors en dedans , peuvent offrir toutes les variétés que nous avons fait connaître èn traitant des plaies des articulations en général. Elles sont plus fréquentes que celles de toute autre jointure. La membrane synoviale du genou est plus qu’aucune autre exposée à être ouverte par des instruments vulnérants , parce qu’elle dépasse l’interligne articulaire , en avant et en haut , de 8 à 9 Centimètres , et qu’elle est placée si près de la peau qu’une incision peu profonde pénètre dans sa cavité. Les synoviales de l’épaule et de la hanche, quoique plus étendues en dehors de l’interligne articulaire , ne sont pas aussi exposées à être ouvertes, parce qu’elles sont protégées par des couches de muscles extrêmement épaisses.
Les plaies du genou, suites de luxations assez étendues pour que les os déchirent la peau , sont rares , les luxations permanentes de cette articulation étant très-rares elles-mêmes.
(t) Journal Je chirurgie, mai 1844..
Les plaies du genou , quelles que soit leurs causes, entrainent les conséquences les plus graves , du moment où elles sont assez étendues pour que l’air puisse pénétrer dans l’articulation , et que sa présence permette la décomposition des liquides qui sont sécrétés par la membrane synoviale ; c’est à cette décomposition des liquides , c’est à l’action des produits décomposés sur la membrane synoviale et sur l’économie tout entière, qu’il faut attribuer ^ comme nous l’avons démontré , l’extrême gravité des plaies des articulations. Mais au genou, cette putréfaction est plus grave et plus difficile à éviter que partout ailleurs ; elle est plus grave , parce que la cavité articulaire étant plus étendue, les liquides qui s’y accumulent sont en plus grande quantité; elle est plus difficile à éviter, parce que les anfractuosités et l’étendue de la membrane sont telles, que, quel que soit le siège de la plaie, les liquides ne peuvent s’écouler complètement.
Ce que nous avons dit sur le traitement des plaies articulaires en général , s’applique si bien à celles du genou, que je n’ai aucune considération spéciale à présenter sur ce sujet , j’insisterai seulement sur ce point , que la position complètement étendue est celle qui doit être préférée , car c’est dans cette position que la cavité articulaire a le moins de capacité et que l’air doit avoir le moins de tendance à y pénétrer.