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BÉPLACEMENTS CONSÉCUTIFS DU GENOU, 23Ô

des muscles, consécutives à rulcération des ligaments.

M. Giine a traité un cas de ce genre par l’amputation, à l’hôpital Saint-Thomas. Il était la suite de ce qu’on appelle vulgairement tumeur blanche. La jambe était placée en avant, à angle droit avec la cuisse, ce qui lui donnait un aspect trèsbizarre ; lorsque le malade marchait à l’aide de béquilles, la plante du pied était la première partie du corps qui frappait la vue. La rotule était ankylosée avec le fémur , et le tibia était également soudé à la partie antérieure des condyles de cetos.

« On peut prévenir cet état en s’opposant à l’action des muscles, quand leur irritabibté commence à produire la déviation ; on y parvient à l’aide des attelles ; on peut aussi diminuer l’irritabUité du système par l’usage de la poudre d’ipécacuanha composée. J’ai vu, dans des cas de maladie de l’articulation de la hanche, l’action spasmodique des muscles fléchisseurs diminuée et toute déviation prévenue par la seule extension permanente du membre. Mais, comme cette extension est trèsdouloureuse pour le malade, quelque utile qu’elle soit, elle ne doit être pratiquée que très-graduellement. »

Les opinions d’A. Cooper sur les causes de la luxation en avant, qu’il faudrait attribuer, suivant lui, à la contraction spasmodique des extenseurs de la jambe, me paraît aussi contestable qne l’utilité delà poudre d’ipécacuanha composée, qu’il conseille pour prévenir le déplacement des os ; mais il me semble convenable de ne point discuter sur les causes et le traitement d’un genre de luxation tellement exceptionnel qu’il n’a été observé que par A. Cooper, et qui doit très-rarement se reproduire, si j’en juge du moins par les principes que j’adopte ■ sur les causes des luxations spontanées en général.

Luxation en arrière.

La luxation spontanée du tibia en arrière peut se faire pendant que la jambe est fléchie sur la cuisse, ou pendant que l’on fait des efforts pour l’étendre forcément. Dans le premier cas, le déplacement dépend sans doute, ainsi que le pense M. Vel-

MALADIES DES ARTICDLATIONS.

peau (1), de la traction des muscles postérieurs de la jambe qui, ne pouvant agir sur le talon, retenu par le lit, exercent toute leur puissance sur la partie postérieure du tibia qu’ils tirent en arrière.

Lorsque la luxation est opérée, la jambe étant fléchie sur la cuisse, l’extrémité inférieure du fémur fait une saillie plus ou ^ moins considérable en avant, et au-dessous de lui l’on observe une dépression en rapport avec le déplacement du tibia en arrière. La rotule, entraînée par cet os, est placée plus bas que dans l’état normal. La saillie du tibia, du côté du jarret, est difficile à apprécier, masquée qu’elle est par les muscles épais qui la recouvrent.

A l’autopsie de ces luxations, l’on trouve constamment les condyles du fémur aplatis à leur partie postérieure ; ils peuvent même présenter une ulcération plus ou moins profonde dans laquelle sont reçues les surfaces articulaires du tibia. J’ai fait l’autopsie d’un enfant affecté d’une tumeur fongueuse du genou, chez lequel l’ulcération des condyles fémoraux était d’un centimètre et demi de profondeur. Des cas de ce genre ne peuvent s’observer que lorsque les os sont ramollis par une infiltration de matières fongueuses, et que depuis longtemps le tibia déplacé exerce une pression sur les surfaces articulaires du fémur. - -

J’ai dit plus haut que la luxation en arrière se produisait souvent lorsque, dans une maladie du genou, on étendait forcément la jambe sur la cuisse. Sans doute, ce déplacement n’est pas à craindre dans les extensions forcées, lorsque les surfaces articulaires ont conservé leur poli et leurs formes, et qu’aucune adhérence n’unit des parties contiguës entre elles. La surface articulaire du tibia glisse alors sur celle du fémur en devenant de plus en plus antérieure à mesure que l’angle formé par les deux os s’efface. Mais si le tibia s’est creusé une cavité de réception en arrière des condyles fémoraux, sa surface articulaire ne peut plus glisser en avant pendant l’extension, et, si l’on s’obstine à opérer un redressement, l’axe du tibia reste en

(1) Dictionnaire en 25 volumes, article genou.

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