‹ Traité des maladies des articulationsChapitre 29 sur 74 · DÉPLACEMENTS CONSÉCDTIFS DU GENOU · texte numérisé non relu

DÉPLACEMENTS CONSÉCDTIFS DU GENOU

jâmais on n’observerait de luxations spontanées ; mais autant il est facile de prévenir le mal , autant il est difficile de le guérir j et tous les jours l’on est conduit à gémir sur les conséquences graves qu’entraîne la négligence d’un bon traitement mécanique des maladies du genou» Tous les jours on voit des malheureux qui ne peuvent plusse servir de leurs membres déformés , qui avaient cependant en eux les forces nécessaires à une guérison complète , puisque leurs suppurations se sont taries , et que leurs genoux se sont ankylosés. Appelé au début du mal, on aurait placé les os dans de telles conditions, que l’ankylose opérée, la marche eût été facile. Mais une fois que les déplacements sont complets , que les os sont soudés entre eux, l’on reste impuissant devant des difformités qu’il eût été facile de prévenir.

La difficulté que l’oii éprouve dans le traitement curatif des luxations spontanées doit être attribuée , d’une part , aux adhérences solides, de l’autre, aux déformations des surfaces articulaires qui coexistent ordinairement avec elles. Si les adhérences sont osseuses , elles rendent la réduction impossible , et si elles sont fibreuses , elles nécessitent, pour se rompre, des efforts qui exposent à fracturer les os , et peut-être à reproduire des altérations qui étaient guéries ou en toie de guérison. •

Dans le plus grand nombre des cas, les déformations des surfaces articulaires sont un obstacle plus grand que les ankylosés incomplètes à la guérison des luxations spontanées. D’une part, ces déformations rendent la réduction impossible , comme on le voit , par exemple, lorsque le tibia est logé en arrière dans une profonde excavation creusée dans les condyles du fémur ; dé l’autre, elles ne permettent de retirer aucun avantage de la réduction, si on parvient à l’opérer. Si des ulcérations profondes ont détruit l’un des côtés des Surfaces articulaires , il se fait , après le redressement , un vide entre ces surfaces , dans le lieu de l’ulcération. Après cette coaptation incomplète et irrégulière, le O est sans force , il ne peut servir au malade , et les

,s / i sans cesse à reprendre la position où leur contact est

i- . ne que possible .

. .u’ilen soit de Ces difficultés, s’il n’y a point d’èdhé-

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rences , el si la déformation des surfaces articulaires n’est pas trop considérable, l’on peut tenter la réduction. Dans ce but , l’on doit commencer à étendre le genou s’il est fléchi , au moyen des machines décrites pag. 16ô et suiv. ; le redressement en partie opéré , je ne connais.aucun moyen qui me paraisse offrir autant de chances de succès que l’emploi de l’appareil représenté planche XIV , fig. A. Cet appareil doit être sans volets au niveau de l’articulation, afin d’offrir dans cette partie plus de résistance ; à son aide, l’on peut exercer une traction continue sur -là jambe , que l’on saisit avec un bandage amidonné duquel part une, courroiè qui va se rendre au tourniquet placé au bas de l’appareil. La contre-extension est faite par la partie supérieure de la gouttière qui est bien matelassée , et qui vient appuyer contre le pubis et contre l’iscbion. Cette èxtension continue achève de remédier à la flexion en arrière , à la déviation en dehors et même au chevauchement , s’il existe. En plaçant ensuite des coussins entre l’appareil et le membre , on peut exercer des pressions qui portent le fémur en arrière et en dehors , et le tibia en dedans et en avant. Sans aucun doute , par la combinaison de ces moyens qui remplissent parfaitement le ])ut mécanique auquel ils sont destinés', on peut remédier au déplacement ^ si celui-ci n’est maintenu ni par des adhérences , ni par des déformations des surfaces osseuses.

Je ferai remarquer ici que, si je n’ai pas employé l’appareil que j’indique pour réduire des luxations de genou , j’ai reconnu plus d’une fois avec quelle précision il agit pour remédier , soit au chevauchement , soit aux déplacements latéraux des fragments de la cuisse ou de la jambe fracturée.

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