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CONTUSIONS DE LA HANCHE

La profondeur à laquelle se trouve située l’articulation de la hanche^, les muscles épais qui la recouvrent, rendent impossibles les contusions directes de la capsule fibreuse et de la synoviale. Ce genre de contusions qui est très-fréquent au genou,, ne s’observe pas que je sache, dans la hanche. Cette articulation ne peut être contuse, du moins quand la peau reste intacte, qu’ autant que le grand trochanter ait été percuté. Si les^ coups ou les chutes portent sur cette éminence osseuse, l’é-

branlement qui lui'est communiqué peut se transmettre par le col et le corps du fémur jusqu’aux surfaces articulaires. Celles^ ci peuvent alors devenirle siège d’inflammations aiguës, difliciles à guérir^ ou de tumeurs fongueuses et d’abcès, si les malades sont prédisposés à ce genre de lésion.

Les expériences cadavériques montrent que les contusions sur le grand trochanter peuvent produire, indépendamment de la fracture du col du fémur dont nous n’avons pas à nous occuper ici, l’écrasement de sa lame compacte extérieure et l’enfoncement de cette lame dans le tissu celluleux brisé. Cet écrasement peut être sans doute une cause de la persistance opiniâtre des douleurs qui suivent certaines confusions de la hanche.

Le traitement que ces contusions réclament ne diffère pas de celui qu’exigent les contusions dans d’autres parties du corps. L’immobilité dans une bonne position est nécessaire pendant un certain temps; les réfrigérants longtemps continués pouvant être nuisibles, les applications de compresses trempées dans des eaux vulnéraires me paraissent surtout devoir être employées.

INFLAMMATION AIGUE DE l’aRTICDLATION DE LA HANCHE.

L’inflammation aiguë de l’articulation de la hanche par cause interne, semble assez commune, du moins à un faible degré. Bien de plus ordinaire que de voir cette articulation dans les rhumatismes aigus généralisés, devenir douloureuse et exécutant ses mouvements avec difficulté ; assez fréquemment aussi ce rhumatisme s’y fixe avec plus ou moins d’opiniâtreté.

La raison de cette fréquence des inflammations aiguës doit être attribuée sans doute aux dispositions anatomiques suivantes : le fond de la cavité cotyloïde est en rapport dans toute la surface qui n’est point recouverte de cartilages avec un tissu cellulo-graisseux, épais de 4 à Ô millimètres, et parcouru par un grand nombre de vaisseaux. L’artère qui se disîribue dans

INFLAMMATION AIGüE DE LA HANCHE. 3Ô3

ce tissu vasculaire peut être injectée, ainsi que toutes ses divisions, avec la plus grande facilité. Enfin, dans toute la partie où la synoviale articulaire est en rapport avec le col du fémur, elle est unie dans une grande étendue au périoste de l’os, et là elle est parcourue par un grand nombre de vaisseaux.

C’est dans les parties de la synoviale en rapport avec du tissu cellulaire et du périoste que les inflammations se développent avec le plus de facilité. J’ai eu surtout l’occasion d’observer ce fait dans les autopsies de malades morts à la suite de fractures du col du fémur.

En partant du principe que nous avons posé, savoir que l’aptitude d’une jointure à l’inflammation est en raison de l’étendue de ses rapports ^avec le tissu cellulaire et le périoste, on voit que celle de la hanche est plus disposée que toute autre à l’inflammation, si l’on en excepte toutefois le genou^ remarquable par la quantité de tisSu cellulaire sous-synovial, soit en avant et au-dessus de l’articulation, soit autour des ligaments croisés.

Sans aucun doute, si les altérations anatomiques qu’on peut observer dans les inflammations aiguës de la hanche avaient pu être révélées par des autopsies assez nombreuses, celles-ci auraient démontré des sécrétions de sérosité, de fausses membranes ou de pus ; mais jusqu’ici l’analogie seule nous permet d’assurer que toutes ces lésions existent à la hanche. Les occasions de les étudier ont manqué ou n’ont pas été saisies.

Cependant je puis citer l’autopsie d’un homme mort deux mois après l’invasion d’une inflammation aiguë très-intense de la hanche. Il y avait du pus dans l’articulation et le fémur était luxé sur l’os des îles, la surface interne de la synoviale et la capsule fibréuse étaient recouvertes de fongosités rougeâtres ; l’articulation avait donc été le siège d’une inflafîmation suppurative et pseudo-membraneuse , et les fausses membranes s’étaient organisées en se pénétrant de vaisseaux.

Les ^mptômes de l’inflammation aiguë de la hanche sont, d’une part, ceux qui indiquent un état pathologique de cette articulation, tels que la position fléchie et vicieuse du fémur sur le bassin, la fixité de cette position, l’allongement ou le Tome 2. 23

TaccouTcisseruent qui en sonl la suite, le gonflement général autour de la hanche, et spécialement celui des ganglions du pü de l’aine; de l’autre, les signes propres aux arthrites aiguës, telles sont : les douleurs vives que le malade ressent dans la hanche et le genou, lors même qu’il reste en repos; l’augmentation de ces douleurs par la pression et par le mouvement ; l’invasion brusque de la maladie, son aggravation rapide, et enhn sa coexistence, soit avec des inflammations plus évidentes dans des articulations superGcielîes, soit avec les symptômes généraux de la fièvre inflammatoire.

Avec cet ensemble de conditions, le diagnostic des inflammations aiguës de la hanche n’est pas très-difficile, si l’on se borne à en constater l’existence ; mais il est très-embarrassant si l’on veut porter la précision jusqu’à dire qu’il y a sécrétion de sérosité, ou sécrétion de fausses membranes , cette précision de diagnostic, qui est assez facile au genou, est presque impossible à la hanche où la palpation est inapplicable à cause de l’épaisseur des parties molles qui recouvrent l’articulation.

Les seules considérations spéciales que j’aie à présenter ici, sous le rapport thérapeutique, sont relatives au traitement mécanique et à l’importance de ramener la cuisse à une bonne position et de l’y maintenir pendant un certain temps.

Les malades qui font le sujet des observations destinées à démontrer la justesse des principes que je veux établir étaient dans deux positions bien distinctes; chez les uns, la cuisse affectée était dans la flexion, l’abduction et la rotation en dehors, c’est-à-dire dans la position où l’on observe l’allongement ; les autres avaient la cuisse fléchie et portée dans l’adduction et la rotation en dedans, c’est-à-dire dans celle qui produit le raccourcissement apparent.

Comme Je l’ai démontré, ces deux positions réunissent tous les caractères propres à aggraver les maladies de la hanche.

Lorsque la cuisse fléchie sur le bassin se porte dans l’ahduction et la rotation en dehors, la tête du fémur tend à s’échapper vers le côté interne de l’articulation ; il y a distension des liganients placés en dedans de la jointure, et tendance à la luxation spontanée sur le trou obturateur.

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