INFLAMMATION AI&ÜE DE LA HANCHE. 3ÔÔ
Lorsque la cuisse fléchie se porte dans l’adduction et la rota= tion en dedans, la tête du fémur tend à s’échapper en arrière et en dehors de l’articulation ; il y a distension de la capsule fibreuse et de la synoviale à leur partie externe et supérieure, tension du ligament rond, et tendance à la luxation spontanée sur l’os des îles.
Mais lorsque le rnemhre inférieur est médiocrement étendu et dirigé parallèlement à l’axe du tronc prolongé , lorsqu’il est, en un mot, dans la situation où il se trouve lorsqu’on se tient debout sur les deux pieds, les membres placés parallèlement, il n’y a plus dans l’articulation de la hanche aucune distension des ligaments, aucune tendance aux luxations consécutives. Cette position est d’ailleurs celle où la cuisse remplirait le mieux ses fonctions, si elle venait à s’ankyloser ; on doit donc faire tous ses efforts pour la substituer aux positions dont ]’ai démontré les inconvénients.
Pour opérer cette substitution il faut avant tout faire coucher le malade horizontalement sur le dos, fixer le bassin, et exercer des tractipus sur la jambe, afin d’étendre celle-ci sur la cuisse et la cuisse sur le bassin ; ôn doit aussi faire des efforts pour faire cesser l’adduction ou l’abduction. On verra dans l’observation à’ÉtienneUe Danguin, p. 358, affectée d’une inflammation de la hanche, que l’on a pu se livrer à des efforts assez violents pour ramener la cuisse dans l’axe du tronc, sans que le redressement qui en est résulté ait été suivi d’aucun accident.
Si l’action des mains est restée insuffi§;ante et que la jambe soit toujours pliée sur la cuisse et la cuisse sur le bassin, il faut recourir aux appareils qui servent à redresser le genou ; ce redressement ne peut s’opérer sans que l’extrémité inférieure du fémur ne s’abaisse et, par suite, sans que la flexion de la cuisse sur le bassin ne soit diminuée.
Lorsque le membre malade a une direction qui s’éloigne peu de celle qu’on veut lui donner, il suffit pour achever son redressement de le placer dans le grand appareil qui embrasse le tronc et les deux membres inférieurs, et dont j’ai indiqué ailleurs la disposition. Le membre, déposé dans ce moule, fait des efforts continuels pour s’y engager ; des pressions conve-
MALADIES DES ASTICDLATIONS.
nables aident à cet effet, et le redressement désiré ne tarde pas à être obtenu.
Lorsque le membre malade a été ramené à la position droite et étendue, on peut assurer son immobilité à l’aide du même appareil (voyez pl. XV, fig. 1 et 2). Celui-ci a prise sur le tronc et les deux membres inférieurs, il se moule sur les formes des parties qu’il embrasse, il ne peu! tourner ni à droite ni à gauche, il assure l’immobilité sans exercer de compression^ et l’on peut, lorsqu’il est appliqué, mettre la hanche à découvert sans produire le plus léger ébranlement.
En substituant, dans les inflammations aiguës de la hanche, la position droite et médiocrement étendue, aux positions du bassin et des membres inférieurs dont j’ai cherché à démontrer les inconvénients, en faisant usage pour atteindre ce but des appareils dont je viens d’indiquer brièvement la disposition, j’ai obtenu des résultats que l’on pourra apprécier en lisant les observations que je vais rapporter. Celles-ci sont d’autant plus remarquables que les malades qui en sont le sujet avaient été traités pendant un temps assez long à l’aide de tous les moyens usités, et qu’après avoir échoué par ces moyens, j’ai vu les douleurs se calmer et l’inflammation diminuer sitôt que le membre a été redressé et maintenu immobile. Dans les cas où l’inflammation aiguë était survenue dans une articulation saine, celleci est revenue à son état normal ; et lorsque la phlegmasie aiguë était entée sur une maladie articulaire chronique, le mal a été ramené en quelques jours à son état ‘primitif, qui n’était point la guérison, mais bien la disparition des symptômes qui étaient venus aggraver l’affection préexistante.
Les deux premiers faits qui vont suivre ont rapport aux inflammations aiguës de la hanche qui s’accompagnent d’abduction et de rotation de la cuisse en dehors.
Observation. — Inflammation aiguë dans une articulation coxofémorale qui n’avait jamais été malade ; position vicieuse de la cuisse, qui est portée dans la flexion, l’abduciion et la rotation en dehors ; redressement ; emploi du grand appareil ; cessation prompte des douleurs ; guérison. — Joseph Signorette, de Grenoble, tailleur de pierres, âgé de 29 ans, avait toujours joui d’une santé excellente, lorsqu’au mois de sep-