‹ Traité des maladies des articulationsChapitre 49 sur 74 · LUXATIONS CONSÉCUTIVES DES DEUX PREMIÈRES VERTÈBRES DU COU · texte numérisé non relu

LUXATIONS CONSÉCUTIVES DES DEUX PREMIÈRES VERTÈBRES DU COU

Les luxations consécutives des deux premières vertèbres du cou diffèrent autant des déplacements que nous avons décrits jusqu’à présent, que les articulations de l’occipital avec l’atlas et de l’atlas avec l’occipital diffèrent de celles qui unissent les corps des vertèbres dorsales et lombaires. Les observations que l’on a recueillies sur ces déplacements sont aujourd’hui assez nombreuses et suffisantes pour permettre d’en tracer une histoire générale. En les résumant je supposerai toujours que c’est la vertèbre supérieure qui se luxe sur la vertèbre située au-dessous, en d’autres termes, que l’occipital se luxe sur l’atlas et l’atlas sur l’axis. G’est à tort que plusieurs auteurs admettent que c’est l’atlas qui abandonne l’occipital et l’axis l’atlas; car l’os qui se déplace est toujours le plus mobile et le plus rapproché de la paroi supérieure du tronc.

LUXATIONS SES VEETÉBRES î)ü COU. 0*29

Tous les auteurs ont confondu dans une môme description les luxations de l’occipital sur l’atlas et celles de l’atlas surl’axis^ mais si dans la nature on trouve des lésions complexes, il faut que nos descriptions, pour être claires, s’appliquent aux éléments de ces lésions ; nous devons analyser et faire à part l’histoire de chacun d’eux. Pour me conformer à ce principe , je traiterai d’un côté des luxations de l’occipital sut l’atlas, et de l’autre des luxations de l’atlas sur l’axis. Il est à remarquer que cette dis^ tinction n’est applicable qu’aux phénomènes physiques de ces luxations et aUx inductions qu’on en peut tirer pour le traite^ ment mécanique. Les causes des déplacements dont il s’agit ici, les altérations qui les accompagnent , les symptômes rationnels qui les caractérisent aux diverses époques de leur développement, et les moyens thérapeutiques généraux qui peuvent leur être opposés, offrent la plus complète ressemblance et ne doivent pas être exposés dans des articles distincts. -

De la luxation èonséciitive de V occipital sur i’ atlas.

La luxation consécutive de l’occipital sur l’atlas est rare ; elle coexiste toujours avec des lésions dans l’articulation de l’atlas avéc l’axis, et c’est à peine si ôn peut en recueillir six ou huit exemples dans la science.

Il est facile de se rendre compte de la rareté dé cètté luxation. L’atlas reçoit les condyles de l’occipital dans deux cavités étendues et profondes ; des ligaments épais, auxquels il faut joindre ceux qui vont de la tête à l’axis, unissent ces deux os entre eux, et les mouvements qu’ils exécutent sont extrêmement bornés.

Si l’on fait attention au contraire à la mobilité de l’atlas sur l’axis, à sa rotation si facile et si étendue, à la laxité de ses ligaments inférieurs, on comprendra pourquoi toutes les impulsions que reçoit la tête retentissent dans l’articulation atloïdoaxoïdienne, et pourquoi cette articulation est si souvent le siège des déplacenients consécutifs.

Lorsqu’on recherche à apprécier par les faits consignés dans les auteurs quelles sont les diverses variétés de luxation occipitoatloïdienne, leurs caractères anatomiques et leurs symptômes ^

MALAOIES DES ABTÎCÜLATIOKS.

an ne trouve que des observations incomplètes recueillies dans un autre but que le nôtre, et dont il est difficile de dégager les observationsqui peuvent éclairer le sujet qui nous occupe. Ainsi, tantôt ce sont des exemples de lésions de la moelle qu’on sepropose de mettre en lumière , tantôt c’est de l’affection tuberculeuse des os, de l’état des cartilages dont il est surtout question, et s’il est parlé de la luxation consécutive , ce n’est que d’une manière secondaire.

Cepeadant,"malgré ces difficultés, jecrois pouvoir établir qu’il existe quatre variétés de luxutions de l’occipital sur. l’utlas , une en avant, une en arrière et deux sur les côtés.. Celles-ci, comme on le verra, peuvent se produire isolément, mais elles se commuent le plus souvent avec la luxation en avant et quelquefois avec la luxation en arrière.

1®. Déplacemént de V occipital en avant. — M. Ollivier d’Angers rapporte (1) l’observationd’unmaçonqui mourut à 21 ans d’une affection fongueuse des deux premières vertèbres cervicales ; l’occipital s’était déplacé en avant et avait produit la compression du bulbe rachidien et la mort. Entre autres lésions on trouva à l’auteqisie l’arc antérieur de l’atks rompu dans son milieu, et le corps de Taxis entièrmient détruit. L’arc postérieur de la première vertèbre et les lames latérales de la, seconde étaient dans leur intégrité parfaite, mais les intervalles qui séparent Toccipital de Tatlas et Tatlâs de Taxis étaient remplis et écartés par une matière fongueuse, analogue à celle qu’on remarque autour des articulations affectées de tumeur blanche. L’occipital était extrêmement incliné en avant et l’apophyse épineuse de Taxis faisait en arrière une saillie considérable. La moelle présentait une dépression transversale au niveau de l’arc postérieur de Tatlas qui l’avait fortement comprimée.

L’auteur ne dit pas ce qu’était devenue l’apophyse odontoïde de Taxis; mais puisque le corps de cette vertèbre était compU-tement détruit, il faut en conclure que son apophyse Tétait aussi et que l’occipital avait perdu les liens qui l’y attachent. C’est ce que fait supposer d’ailleurs l’extrême mobilité de la tête , qui

(1) Traité des maladies de la rnoslU épiniére, 1. 1, p. AOO.

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