‹ Traité des maladies des articulationsChapitre 5 sur 74 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

MALADIES TÜBERCÜLEÜSES DES ARTICDLATIOKS.

L’histoire des maladies tuberculeuses des articulations, réunie à celle des tumeurs fongueuses et à celle des abcès froids qui nous ont occupé dans lesrichapitres précédents, complétera les études que nous avions à^feire sW les maladies chroniques et graves que l’on a confondues/sous la dénomination de tuteurs hlanches.

De même qu’on avait donné le nom de carie aux infiltrations de fongosités, de pus ou de tubercules dans les os, de môme on avait donné celui de tumeurs hlanches aux productions de fongosités, de pus ou de tubercules dans les articulations. Tout en reconnaissant que ces diverses productions^ véritables lésions élémentaires, peuvent être réunies dans une même jointure , nous établissons qu’il est des cas où l’une d’elles existe îndépendament des autres, ou bien existe en plus grande proportion. Nous décrivons chacun de ces types principaux et peut-être nous est-il permis d’éviter par là l’incertitude et la confusion que présentent les descriptions dans lesquelles ou prétendu embrasser, sous le nom de tumeurs hlanches, des lésions aussi diverses que celles qui sont produites par des fongosités, des suppurations et des tubercules, isolés ou réunis en diverses proportions.

Les maladies tuberculeuses des articulations trouvent naturellement leur place à la suite des abcès froids. Si l’on compare ces deux maladies, soit au point de vue des lésions locales, soit au point de vue des diathèses dont elles sont les ejffets, l’on est frappé des nombreuses analogies qui existent entre elles : dans

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les unes comme dans les autres, il y a sécrétion d’une matière inorganisée et inorganisable, sans vaisseaux, qui tend à être rejetée au dehors et à déterminer l’ulcération dans les tissus au milieu desquels elle est déposée. Dans les unes et dans les autres, la sécrétion morbide se fait lentement, sous l’influence d’une affection constitutionnelle générale, et quelquefois sans douleur et sans trace d’inflammation.

S’il est des cas où l’on trouve uniquement la matière tuberculeuse, blanche, concrète, semblable au caséum paf ses caractères extérieurs; si, d’une autre part, l’on voit des abcès froids contenant seulement un liquide séreux et purulent; dans Fimmense majorité des cas, les productions tuberculeuses et purulentes se trouvent associées. Lorsque la maladie a débuté par des tubercules, des abcès froidsme tardent pas à se former, et l’on trouve presque constamment des grumeaux tuberculeux dans le pus et dans les parois de ces abcès.

Enfin, dans les productions tuberculeuses, comme dans les abcès froids, des trajets fistuleux s’ouvrent au dehors et persistent obstinément ; le pronostic est grave, la guérison difficile et les moyens locaux à peu près impuissants.

Les rapports, dans l’état local, que nous venons de montrer entre les maladies tuberculeuses et purulentes des articulations, se retrouvent dans la comparaison des diathèses dont elles sont les effets. Quoique la diathèse purulente chronique ne soit pas identique à la diathèse tuberculeuse , il existe incontestablement entre elles les ressemblances les plus nombreuses; et d’abord, l’une et l’autre tendent à donner naissance à des produits inorganisables et inorganisés, ‘différant au plus haut degré, sous ce rapport;, des diathèses qui prédisposent à la sécrétion de matières qui s’organisent, telles que les diathèses fongueuses et cancéreuses , etc. Les causes ' qui les produisent , telles que l’habitation prolongée dans des lieux humides et mal aérés , la masturbation , l’alimentation mauvaise et insuffisante, sont en grande partie, des causes débilitantes ; mais rien ne montre mieux leurs rapports que les influences héréditaires. L’on voit des parents tuberculeux dont les enfants sont sujets à des abcès froids dans diverses parties du corps, et

DES TOBEHCDLES.

ïéciproquement des parents affectés de diathèses purulentes dont les enfants sont affectés de phthisies tuberculeuses. Évidemment des maladies qui se transmettent ainsi par hérédité ont les plus grands rapports entre elleSi

Qu’on fasse l’autopsie de malades sujets à des suppurations chroniques, et fréquemment l’on trouvera des abcès et des tubercules existant tout à la fois chez eux dans diverses parties du corps ; or, l’on sait que les lésions qui se développent simultanément se ressemblent toujours à de certains degrés.

Si nous poursuivions la comparaison entre les diathèses purulentes et tuberculeuses, sous le rapport de la gravité du pronostic, du peu d’influence des traitements internes, de la nécessité d’éviter des médications actives, perturbatrices, qui deviennent souvent dangereuses, nous ajouterions de nouveaux traits aux rapprochements que nous avons déjà établis entre elles.

Ces rapprochements, en éclairant le sujet spécial de ce chapitre, nous dispensent d’entrer dans de longs développements sur les affections tuberculeuses des jointures. Nous éviterons par là de répéter en grande partie ce que nous avons avancé dans le chapitre précédent. Je me contenterai donc de signaler les particularités suivantes, relatives sprtout à l’anatomie pathologique et au diagnostic.

Anatomie pathologique.

Les tubercules siègent tantôt isolément dans les os, tantôt isolément dans les parties molles qui concourent à former les articulations ; le plus souvent, ils existent simultanément dans les os et dans les parties molles.

Les tubercules des os ont été, dans ces derniers temps, le sujet de recherches importantes, dues, les premières à Delpech, les autres, à MM. Nichet et Nélaton. On peut, en rassemblant les travaux de ces auteurs, établir les propositions suivantes : la matière tuberculeuse existe dans les os à l’état d’infiltrartion ou à l’état de masses plus ou moins considérables. Lorsqu’elle est infiltrée dans les cellules osseuses, elle leur donne un

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aspect blanchâtre, elle peut en être exprimée, et en détermine à la longue la mortification. Quand elle est accumulée en masses plus ou moins considérables dans des cavités osseuses, elle se présente sous forme de masses blanches^ molles^ concrèteSj semblables en tout point aux tubercules volumineux que l’on trouve dans les glandes T du' cou ou du mésentère. Les parois de la cavité dans laquelle elle [est rassemblée sont en général lisses intérieurement et infiltrées elles-mêmes de tubercules. Entre ces deux degrés extrêmes (dans l’im d’eux il n’y a aucune absorption des cellules osseuses, et dans l’autre ces cellules sont complètement absorbées), il existe plusieurs états intermédiaires ; ce sont ceux où le centre de la cavité osseuse est occupé par des fragments poreux et nécrosés, plongés au milieu de la masse tuberculeuse qui les infiltre , et dont le volume est d’autant plus petit que l’on s’éloigne davantage du moment où ils ont été formés.

Il est rare que les masses tuberculeuses n’ulcèrent point les os du côté du périoste ou des cavités articulaires ; autour d’elles se forment alors des abcès froids qui, dans le premier cas, se répandent dans le tissu cellulaire, et dans le second s’accumulent dans la cavité synoviale.

Il est une question relative à l’anatomie pathologique des tubercules qui a été vivement controversée entre MM. Nichet et Nélaton, c’est celle qui est relative à la densité des os dans lesquels la matière tuberculeuse est infiltrée. Suivant M. Nélaton, ces portions osseuses seraient constamment indurées; suivant M. Nichet, elles seraient ramollies dans un certain nombre de cas. Si je consulte les observations que j’ai faites, je n’hésite point à dire que tantôt il y a ramollissement, tantôt induration, mais que ce dernier état est celui qui s’observe dans la grande majorité des cas. Comment comprendre deux résultats si opposés. Voici l’explication qui me paraît le plus solidement appuyée sur les faits.

La matière tuberculeuse étant naturellement molle et incapable de s’organiser, est une cause nécessaire de ramollissement; jamais , par elle-même , elle ne peut indurer les tissus au milieu desquels elle est produite, mais à côté d’elle

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