LUXATIONS DES VERTÈBRES DU COU. Ô
« rieure et gauche du rebord du trou occipital ; car cet os était « véritablement luxé sur la première vertèbre. »
Les signes physiques qui avaient pu faire reconnaître la maladie avant la mort , outre la douleur locale , la paralysie des membres et la difficulté de la déglutition , avaient été un léger gonflement au niveau des deux premières vertèbres cervicales , et rinclinaison de la tête sur le côté gauche,
M. Ollivier cite encore une autre observation du même genre, et qu’il tire de la dissertation de Sehupke sur la luxation spontanée de l’atlas et de Taxis. « L’altération occupait également le « condyle droit de l’occipital, la surface correspondante de « Tatlas et l’articulation de cette vertèbre avec Taxis du même a côté; la tête était penchée du côté ^faucAe ; la paralysie qui « s’était d’abord manifestée dans le membre supérieur droit a s’empara bientôt du côté gauche , et le malade mourut subi- « tement. » /
Cette observation est aussi incomplète que la précédente , puisqu’on ne dit pas dans quèl état était du côté gauche l’articulation de l’occipital avec Tatlas. Une circonstance qui étonne dans ces deux observations , c’est l’inclinaison de la tête du côté opposé a celui où s’était produite l’ulcération des surfaces articulaires. Cette inclinaison de la tête du côté sain avait déjà été observée par Rust. Cet auteur l’attribuait au gonflement des oS du côté malade ; mais , en supposant que ce gonflement s’observât quelquefois , l’explication de Rustne pourrait s’appliquer qu’à certaines variétés de la maladie, et non aux cas que nous venons de décrire , dans lesquels il y avait ulcération et non gonflement. Sans doute , l’inclinaison de la tête du côté opposé à l’ulcération dépendait des efforts opérés par les malades , pour diminuer la pression sur des parties souffrantes , et de la puissance des muscles qui permettent de pencher la tête d’un côté ou de Tautre.
De la luxation consécutive de Vatlas sur Vaxis.
Les déplacements de Tatlas sur Taxis sont beaucoup plus fréquents que ceux de Toccipilal sur Tatlas ; les conditions ana-
tomiques des articulations que forment ces os nous ont rendu compte de cette différence. Une autre particularité à noter , c’est que l’on trouve quelques cas de luxation atloïdo-axoïdienne sans altération de l’articulation de l’occipital avec l’atlas , tandis qu’il n’existe aucun cas où celle-ci soit luxée sans que l’union de l’atlas avec l’axis n’ait souffert quelque atteinte. Ce fait prouve que le mal débute généralement par l’articulation qui est le plus souvent lésée , et que de là il gagne l’articulation sup"#ieure , si une mort prématurée n’y met obstacle.
Je distinguerai ici , comme dans le paragraphe précédent, quatre sortes principales de luxations de l’atlas : une en avant , une en arrière, et deux sur les côtés.
A. Déplacement de l’atlas enavant. — Le déplacement del’atlas en avant est celui qui a été le plus souvent observé , c’est eu effet dans ce sens que le poids de la tête sollicite l’atlas qui cède d’autant mieux que ses ligaments capsulaires sont naturellement plus extensibles et qu’il est à peine retenu dans sa chute par le ligament transverse de l’apophyse odontoïde ordinairement rompu ou ramolli.
On peut distinguer deux degrés dans le chevauchement de l’atlas sur l’axis ; dans le premier , l’atlas entraîné en avant n’a glissé qu’en partie sur Taxis ; mais les ligaments odontoïden et transverse , dégénérés , ont été déchirés , et Tapophyse de Taxis écartée de Tare antérieur de l’atlas vient faire saillie dans le ca'^ nal vertébral, sans que les surfaces articulaires latérales des èëux premières vertèbres se soient abandonnées. Alors le déplacement est léger et le canal rachidien n’est pas rétréci d’une manière notable. M. Teissier (1) a cité un cas de luxation en avant de la première vertèbre sur la seconde , dans lequel Tapophyse odontoïde , légèrement cariée à sa pointe , appuyait sur la moelle ; ses ligaments transverses et supérieurs étaient en lambeaux. Les lésions étaient moins avancées dans les articulations arthrodiales qui facilitent les glissements de Tatlas sur Taxis ; leurs liens fibreux existaient encore et leurs cartilages étaient conservés , seulement ils étaient plus épais , plus mous et
^i) Thèsesw les luxations atloidorcixo'.dknnes, Pjiris^ 1341.
LüXATIONS DBS VBBTÈBBES DD GOD. Ô3Ô
pius rouges que dans l’état normal. M. Nichet (28® observation 2® Mém.) a cité un cas semblable dans lequel , dit-il , l’apophyse odontoïde n’étant plus maintenue dans sa position normale par le ligament transverse ramolli et déchiré, s’était luxée en arrière et comprimait la moelle , sans qu’il y eût aucun déplacement des masses latérales de l’atlas sur l’axis.
Il est rare que le déplacement soit aussi limité , et le plus souvent la première vertèbre glisse tout entière sur la seconde et la luxation est complète. Alors, si l’apophyse odontoïde n’a pas disparu, on la voit rétrécir- le canal rachidien, comprimer la moelle jusque dans le trou occipital, au centre duquel elle vient se placer. Lorsque l’atlas se porte ainsi en avant de l’axis , ses condyles laissent à nu , en arrière , dans une étendue plus ou moins grande , les condyles de raxis son arc antérieur se porte en avant et son arc postérieur s’avance plus ou moins dans le canal vertébral , dont la partie supérieure se trouve de la sorte entraînée ên avant par le déplacement de l’atlas.
Il n’est pas toujours nécessaire que le tissu osseux des premières vertèbres soit altéré pour que la luxation ait lieu. M. Sédillot a publié (1) un exemple de luxation de l’atlas sur i’axis,: qui causa subitement la mort. Les deux vertèbres n’étaient altérées ni dans leur forme ni dans leur consistance ; mais leurs ligaments étaient détruits par une aflection tuberculeuse. L’apophyse odontoïde faisait saillie dans le trou occipital et comprimait directement le bulbe rachidien au travers d’une perforation de la dure-mère. Mais le plus ordinairement , les os présentent des lésions graves ; M. Ollivier d’Angers {2) cite le cas d’une femme de 38 ans, chez laquellese produisit une luxation consécutive en avant de la première vertèbre sur la seconde , à la suite de la carie et de la destruction de l’apophyse odontoïde et de ses ligaments. Les capsules articulaires des masses latérales s’étaient graduellement relâchées , de manière que les surfaces articulaires de l’atlas ne recouvraient plus que la moitié antérieure des surfaces articulaires de l’axis. Malgré
(1) Gazette médicale, 1833,, p. 822.
(2) Maladie de la moelle, 1. 1 , p. 408.
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ce déplacement , la moelle n’était nullement comprimée par l’arc postérieur de la premièrè vertèbre. La destruction de l’apophyse odontoïde avait rendu cette portion de la partie antérieure du canal rachidien plus profonde , et formait un plan très-incliné en avant qui compensait plus que suffisamment la saillie postérieure formée par l’arc de l’atlas.
Il existe dans la science beaucoup d’ohservations qui montrent que la luxation de l’atlas en avant peut se consolider et guérir malgré l’altération des os et malgré une compression considérable et prolongée de la moelle. Ainsi , G. Goetz a inséré dans les archives de Reil , l’histoire d’un jeune homme de 16 ans qui mourut d’apoplexie à la suite d’une altération des premières vertèbres. A l’autopsie , on trouva une ankylosé complète de l’occipital avec l’atlas et avec l’apophyse odontoïde. La première vertèbre était portée en avant, de manière que l’apophyse odontoïde soudée avec l’occipital faisait saillie dans le trou de ce nom qu’elle rétrécissait de moitié. Cependant , malgré la compression très-forte de la moelle épinière , il n’y avait pas eu paralysie des membres. Duvérney , dans son traité des maladies des os (1) , cite un cas de ce genre très-remarquable ; il s’agit d’une pièce anatomique qu’il conservait , et dans laquelle il y avait ankylosé des^ six premières vertèbres et luxation de la première sur la seconde. « Le corps de la première vertèbre , dit l’auteur , était poussé en avant , en sorte que l’articulation de l’apophyse odontoïde avec l’atlas n’avait plus lieu; cette apophyse ne laissait qu’environ deux lignes d’espace d’elle à la partie postérieure de la première vertèbre. » On voit au Muséum d’histoire naturelle une pièce tout-à-fait semblable , et que Daubenton a décrite. La première vertèbre a été déplacée et poussée si loin en avant, qu’il ne reste qu’un espace de trois lignes entre l’apophyse odontoïde et l’arc postérieur de l’atlas.
Les exemples dans lesquels les individus ont dû vivre assez longtemps pour que l’ankylose pût s’établir , montrent toute la différence qu’il y a entre une compression modérée mais subite
;j) Tome p. 151.