‹ Traité des maladies des articulationsChapitre 52 sur 74 · LUXATIONS DES VERTÈBRES DU GOÜ · texte numérisé non relu

LUXATIONS DES VERTÈBRES DU GOÜ

de la moelle qui fait mourir à rinstant même , et une compression considérable mais lente et graduée , à laquelle l’organe s’habitue sans qu’il survienne quelquefois aucun trouble remarquable des fonctions.

Dans la luxation directe de l’atlas en avant on observe une projection antérieure de la tête ; le col paraît plus court, la peau forme des plis sous le menton , et celui-ci , supporté par la main du malade, vient quelquefois chercher un point d’appui sur le sternum. En arrière, la saillie considérable de l’apophyse épineuse de Taxis que Tàtlas a mise à découvert par son déplacement est plus remarquable que dans aucun autre chevauchement des vertèbres cervicales. Je me borne à ces signes physiques j’exposerai plus loin les troubles fonctionnels qui leur donnent de la valeur.

B. Déplacement de l'atlas en arrière. ^ On ne connaît pas un seul exemple de luxation de l’atlas en arrière. La barrière qu’oppose l’apophyse odontoïde de Taxis à Tare antérieur de TatlaS explique suffisamment ce fait. On ne pourrait concevoir là possibilité de la luxation postérieure de la première vertèbre que par la destruction de l’apophyse de Taxis ou par celle de Tare osseux qu’elle retient en avant; mais Texpérience prouve que , même alors , la luxation de Tatlas, au lieu de se faire en arrière, se produit en avant. La raison de cette anomalie apparente se trouve dans la position de la tête , dont ta plus grande partie est placée en avant de la colonne vertébrale , et penche de ce côté.

C. Des déplacements de V atlas sur les côtés. — Il faut distinguer dans les luxations des masses latérales de la première vertèbre deux espèces de déplacements : 1“ celui qui se fait par un mouvement exagéré de rotation de Tatlas sur Taxis, et c’est le cas le plus ordinaire ; 2“ celui qui a lieu par transposition latérale de Tatlas à droite ou à gauche.

La première espèce , à moins qu’elle ne s’allie avec une luxation de Tatlas en avant ou sur les côtés , n’apporte presque aucun changementdans la capacité du canal vertébral et n’entraîne jamais la mort d’une manière brusque. Mais il est rare que le déplacement se réduise ainsi à un mouvement simplement exa-

géré et permanent de l’atlas ; le plus ordinairement , il se combine avec une projection en avant de la masse latérale luxée. Dans ce cas , l’apophyse odontoïde perdant ses rapports avec la première vertèbre , rétrécit plus ou moins le canal vertébral et comprime la moelle épinière.

Delpech rapporte (1) l’observation d’un soldat allemand atteint d’une affection tuberculeuse des premières vertèbres, et qui mourut subitement par suite d’un brusque déplacement de l’atlas sur l’axis, à. l’autopsie, dont l’auteur a reproduit les détails dans ses planches, on trouva le corps entier de la deuxième vertèbre cervicale détruit par une masse tuberculeuse. Le côté droit de 1 atlas était porté en dehors et en avant et avait abandonné complètement - la masse correspondante de l’axis. L’apophyse odontoïde était détruite dans ses trois-quarts inférieurs , et son sommet qui semblait dévié par suite du déplacement de l’atlas, était venu se fixer contre le trou condylien antérieur droit. La mort avait succédé à une forte contusion avec déchirure de la moelle à la hauteur de la première vertèbre cervicale déplacée.

M. Nichet a rapporté une observation semblable dans son premier Mémoire sur le mal de Pott ; seulement, au lieu d’une luxation latérale droite en avant , il y est question d’une luxation latérale droite en arrière. C’est un soldat de 22 ans qui en fournit l’exemple; voici un résumé de l’autopsie : la tête du cadavre conserve son inclinaison à gauche , et la face est tournée à droite.... à gauche les surfaces articulaires de l’atlas et de l’axis sont en contact; à droite la première vertèbre .est éloignée de la seconde de 5 à 6 lignes ; la masse latérale droite de l’atlas est portée en arrière , et l’arc antérieur comprime la moelle par son côté droit. Malgré ce déplacement, l’articulation atloïdo-axoïdienne est intacte et le ligament transverse est entier.

Nous voyons ici un nouvel exemple de l’inclinaison de la tête du côté opposé au déplacement des surfaces articulaires.

Comme pour ' les luxations de l’atlas en avant, on peut citer

Ort/toinof-phie, t. I, p. 217.

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