‹ Traité des maladies des articulationsChapitre 53 sur 74 · LUXATIONS DES VERTÈBRES DU COU · texte numérisé non relu

LUXATIONS DES VERTÈBRES DU COU

des cas de luxations latérales qui prouvent que les déplacements les plus considérables peuvent guérir par ankylosé malgré les compressions les plus grandes de la moelle ; je n’en veux que deux, preuves très-frappantes ; ce sont en même, temps deux exemples de transposition latérale de l’atlas.

Sandifort rapporte le fait de l’ankylose des trois premières vertèbres cervicales entre elles avec une luxation latérale transverse de l’atlas ; cette vertèbre a éprouvé un déplacement latéral tel qu’elle a intercepté les deux tiers du trou occipital , et que l’apophyse odontoïde s’est mise en rapport avec le bord gauche du même trou. Lavrrence cite, d’^après.ie docteur Wigan, un cas de guérison de luxation de l’atlas, dans lequel on trouva après la mort arrivée cinq ans . plus tard , un chevauchement considérable de l’atlas à gauche avec ankylosé sur l’axis ; l’apophyse odontoïde faisait saillie dans le trou occipital près du trou coudy lien antérieur droit.

Causes. ■

Les causes qui entraînent les lésions dont les déplacements des premières vertèbres sont la conséquence, sont toutes celles que produisent des maladies inflammatoires fongueuses, purulentes ou tuberculeuses de leurs articulations. Je n’ai pas à revenir sur ce que j’ai dit de ces causes dans la seconde partie de cet ouvrage ; je ferai seulement remarquer que chez les adultes la syphilis produit souvent dans les premières vertèbres cervicales des ulcères dont les luxations sont le dernier terme. M. Teissier a cité deux cas de ce genre; dans l’un d’eux il est question d’un jeune homme qui fut affecté d’une spondylarthrose des premières vertèbres à la suite d’une longue maladie véné-^ rienne; dans l’autre, il s’agit d’une fille chez laquelle des ulcères syphilitiques du pharynx amenèrent l’altération des trois prè-' mières vertèbres, à tel point qu’on pouvait toucher immédiatement les os affectés, et qu’un jour la malade expectora le corps tout entier de la troisième vertèbre.

Quant aux lésions qui précèdent les déplacements des premières vertèbres cervicales^ elles se rapprochent beaucoup de

celles qu’on observe habituellement dans les articulations des membres. Non seulement on y trouve des tubercules, des suppurations comme dans les corps des vertèbres dorsales et lombaires, mais les fongosités s’y produisent assez fréquemment.

Lorsque les moyens d’union de l’atlas ou de l’axis ont été affaiblis par des altérations anatomiques , la luxation n’arrive pas nécessairement; il faut, pour que ce résultat s’observé, l’intervention d’une cause physique; cette cause se trouve sans doute dans le poids de la tête, et ce qui le démontre , c’est que la luxation a presque toujours lieu en avant , c’est-à-dire, dans le sens où la tête est entraînée par son poids beaucoup plus considérable à la partie antérieure qu’à la partie postérieure de la colonne, et que toutes les fois que la luxation s’opère brusquement, elle est précédée d’une secousse imprimée à la partie supérieure du tronc. Ces luxations promptement mortelles ont été observées, tantôt lorsqu’on transportait des malades sans précaution d’un Ut à un autre, tantôt lorsque ces malades couchés horizontalement soulevaient brusquement le tronc sans tenir la tête entre les mains, comme ils sont conduits à le faire instinctivement.

Symptômes.

Les luxations spontanées des premières vertèbres du cou étant toujours consécutives à des lésions graves des os et désarticulations, les premiers signes qui doivent en faire craindre le développement sont ceux de ces lésions ; ordinairement celles-ci s’annoncent par une douleur profonde, plus intense dansle siège présumé du mal que dansle reste du cou, qui augmente par le mouvement de la tête et par la pression. En même temps des élancements se font quelquefois sentir dans les tissus superficiels voisins et s’irradient dans tous les sens, suivant assez bien les ramifications postérieures des premières paires cervicales et la direction du nerf spinal.

Le cou est raide et la tête est immobile lorsque le malade veut regarder un objet placé de côté, il se tourne tout d’une pièce et contracte l’habitude de rouler obliquement les yeux. Pour changer moins souvent d’attitude , il s’applique à assurer à sa tête

Page 1