‹ Traité des maladies des articulationsChapitre 54 sur 74 · LUXATIONS BBS VERTÈBRES DU COU. S · texte numérisé non relu

LUXATIONS BBS VERTÈBRES DU COU. S

i’immobilUé la plus complète; les muscles de son cou sont presque toujours contractés dans ce but, et ses mains viennent sans cesse en aide à sa tête pour lui servir de support, soit en arrière quand il se lève, soit sous le menton quand il reste assis. Rust attachait tant d’importance à ces derniers signes qu’il les regardait comme tout-à-fait pathognomoniques de l’affection des premières vertèbres connue sous le noin de tumeur blanche.

En même temps une grande gêne se fait sentir dans la déglutition, sans qu’on aperçoive encore aucune rougeur, aucune tuméfaction au fond de la gorge ; mais l’inspection du pharynx et le toucher avec le doigt ne tardent pas à y faire reconnaître le plus souvent un abcès et quelquefois une tumeur dure que produisent ou la fonte purulente des premières vertèbres ou le gonflement du tissu spongieux de leur corps. La gêne de la déglutition et de la respiration devient alors plus considérable, et l’on pourrait prendre la tumeur du fond de la gorge pour un polype, sans les symptômes antérieurs qui ont caractérisé une altération des vertèbres, telles que la rigidité du cou, l’immobilité de la tête et les douleurs profondes du rachis à la région cervicale.

Ce sont sans doute les troubles de la respiration et de la déglutition, ainsi que les tuineurs qui y donnent lieu, qui avaient fait méconnaître par les anciens la véritable cause du mal ; ils croyaient le plus souvent à des angines graves, là où existait une lésion profonde des vertèbres du cou. Mais le timbre de là voix qui reste constamment pure suffirait pour distinguer ces deux maladies quand les signes concomitants ne viendraient pas apporter des éléments précis de diagnostic,

Une conséquence de la tumeur du pharynx c’est la proéminence du menton qui, en se portant en avant, agrandit un peu l’isthme du gosier rétréci par la tumeur. Mais quand le mal est arrivé à ce degré de gravité , les changements de rapports ne tardent pas à survenir entre les vertèbres malades. Le premier signe de ces déplacements est la direction vicieuse que prend la tête; elle s’incline tantôt à droite tantôt à gauche , et la face tournée de côté et en bas regarde dans le sens opposé. Quelque-

fois la tête s’abaisse directement en avant et le menton repose sur le sternum ; c’est en général quand la maladie des vertèbres est double et qu’elle existe des deux côtés du cou. On a vu aussi la tête se renverser en arrière et sur l’une et l’autre épaule, et il n’est pas rare que dans le cours de la maladie elle change de position. Il ne faut donc point induire de la position de la tête telle ou telle altération précise des articulations latérales des vertèbres du cou ; il n’y a pas une corrélation nécessaire entre l’inclinaison de la tête et la lésion anatomique des vertèbres. En même temps que la tête se déjette de côté ou en avant, on peut constater la déviation des apophyses épineuses des premières vertèbres cervicales. Mais il est souvent difficile d’apprécier ces déplacements ; la tuméfaction des parties molles et la douleur dè l’exploration ne permettent pas toujours d’arriver avec le doigt jusque sur les apophyses des vertèbres, et le gonflement de leurs arcs postérieurs ou la saillie et la direction anormale de leur sommet peuvent encore en imposer et induire en erreur* J’ai dit en étudiant chaque luxation en particulier quels signes sensibles faisaient distinguer l’une de l’autre,, les luxations de l’occipital et de l’atlas , je me borne ici à faire connaître leurs symptômes communs.

On comprend que des déplacements considérables de l’atlas sur l’axis ou de l’occipital sur l’atlas amènent la compression et l’inflammation de la moelle et déterminentsouvent des troubles fonctionnels plus ou moins considérables. Le fourmillement des membres supérieurs, leur engourdissement, leur agitation convulsive ou leur paralysie sont les divers degrés de changement survenus dans les organes du mouvement. Ceux de la déglutition et de la respiration éprouvent des perturbations non moins grandes par suite de la compression des nerfs qui les animent; aussi, à la gêne toujours croissante de leurs fonctions, voit-on succéder peu à peu des paralysies complètes ; cependant dans un grand nombre de cas, le terme en est rapide et la mort arrive brusquement, par le chevauehement instantané des vertèbres et la compression immédiate de la* moelle.

Il ne faut pas oublier que lorsque la luxation se produit lentement, la compression et l’affaiblissement de la moelle peuvent

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