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DES MALADIES DU CODDE

Les maladies du coude sont les mêmes que celles des autres articulations; elles ont, toutes choses égales d’ailleurs, moins de gravité que celles du genou auxquelles on doit surtout les comparer. Je me contenterai de signaler les parties de leur histoire qui me paraissent mériter quelques considérations spéciales. Après avoir traité des injections forcées , des positions et du traitement mécanique, je donnerai quelques détails : 1® sur les entorses du coude ; 2“ sur ses inflammations ; 3° sur les collections de liquide quise forment dans sa cavité; 4° sur ses déplacements consécutifs.

Des injections forcées de liquide dans l'articulation du coude.

Oa peut pratiquer l’injection du coude à travers l’humérus. Dans ce cas , il faut porter le foret sur le point le plus élevé de l’épicondyle , et lé pousser obliquement de haut en bas , et d’arrière en avant, jusque dans l’articulation. Pour prévenir la perforation du ligament antérieur , il faut maintenir l’avant-bras dans la demi-flexion , de telle sorte que la pointe du foret rencontre les surfaces cartilagineuses du cubitus et avertisse par son frottement contre celles-ci , qu’il a pénétré dans la cavité articulaire. Si l’on injecte à travers le cubitus^ on peut perforer l’olécrâne ou l’apophyse coronoïde , et , pour favoriser le succès de rexpérîénee , il faut couper le bras à sa partie moyenne , puis mettre l’avant-bras dans l’extension, afin d’éviter toute méprise sur les mouvements de flexion qui doivent se produire.

Sous l’influence des injections dans le coude , l’avant-bras est constamment ramené à une position fixe et telle , qu’il fait presque un angle droit avec l’humérus ; de plus , il exécute un mouvement intermédiaire à la pronation et à la supination. Voyez pl. IV, fig. 2.

Cette position est constamment la même dans toutes les expériences. Si l’avant-bras est dans l’extension , il se fléchit ; s’il est dans une flexion complète et forcée , il s’étend , et dans ces deux cas , il se fléchit ou s’étend jusqu’à ce qu’il fasse avec le bras un angle de 80 degrés environ ; cette demi-flexion combinée avec cette demi-pronation persiste tant que dure la plénitude de la jointure; on ne peut ni l’augmenter ni la diminuer sans déterminer quelque rupture par laquelle le liquide s’échappe de la synoviale.

Pendant l’injection , les surfaces articulaires de l’humérus et des deux os de l’avant-bras cessent d’être en contact, et la couche solidifiée de liquide qui les sépare a 1 ou 2 millimètres d’épaisseur. Mais ce liquide s’accumule en quantité plus grande à la partie antérieure , et surtout à la face postérieure de l’articulation , où les ligaments articulaires soulevés permettent une plus grande collection du liquide. On en trouve autour de la tête

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du radius une couche assez épaisse , mais peu ou point sur les parties latérales de l’articulation , où les ligaments très-épais sont difficilement soulevéspar le liquide.

La position que prend l’articulation du coude sous l’influence d’une injection forcée , est celle où sa cavité offre son maximum de capacité. Qu’on fléchisse ou qu’on étende forcément l’articulation , le liquide rompt la capsule articulaire. Cette rupture se fait le plus souvent en arrière , au-dessous du triceps brachial , et quelquefois en avant , au niveau de la cavité coronoïde de l’humérus. Ces deux points sont ceux où la synoviale est le moins soutenue par les ligaments. A la suite des ruptures, il se fait des épanchements de liquide là où il existe le moins d’obs-^ tacle à leur passage en arrière. L’extravasation peut s’étendre presque au niveau des insertions supérieures du triceps , en décollant celui-ci tout autour de l’humérUs.

On peut se faire une idée nette^de la position de l’avant-hras pendant l’injection forcée, de la forme et du volume de la capsule fibreuse , en considérant la fig. 2 de la planche IV.

On peut expliquer la position fixe de l’avant-bras sur le bras pendant l’injection forcée du coude par des considérations analogues à celles que nous avons présentées en traitant des effets produits par l’accumulation des liquides dans d’autres jointures.

Ainsi, l’étendue de la membrane synoviale située en arrière des ligaments latéraux est plus considérable que celle qui est située en avant. Or , ces ligaments latéraux constituant en quelque sorte le point fixe;, celui où les os peuvent le moins s’écarter, on voit que, si la force qui tend à éloigner les unes des autres les surfaces articulaires agit dans une plus grande étendue en arrière qu’en devant , la flexion devra en être la conséquence. Celle-ci s’arrêtera lorsqu’il y aura égalité de surfaces articulaires en avant et en arrière des ligaments latéraux.

L’articulation est dans sa position fixe lorsque tous les ligaments sont portés à un égal degré de tension. Le bras étendu, le ligament postérieur est replié sur lui-même et rentre en quelque sorte entre l’humérus et l’olécrane ; l’avant-bras plié sur le bras , c’est le ligament antérieur qui offre le même relâchement. Dans la flexion à angle droit , les ligaments anté-

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