DU COUDE
rieurs et postérieurs sont également distendus , également relâchés 5 les ligaments latéraux ojffrent peut-être moins de tension que dans aucun autre état de la jointure. Tout concourt donc à permettre un agrandissement de la cavité qui peut, dans cette demi-flexion , acquérir une amplitude qu’elle n’acquiert dans aucune autre situation.
Des positions dans les maladies du coude.
Les malades dont le coude est affecté ne maintiennent presque jamais cette articulation dans l’extension ou dans la flexion forcée ; le plus souvent ils ndoptent une position intermédiaire plus ou moins rapprochée de la flexion à angle droit. L’avanthras est tantôt dans la pronation, tantôt dans la position moyenne entre la pronation et la supination ; on ne le voit jamais dans la supination complète.
Les épanchements rapides de liquides séreux ou purulents peuvent contribuer à placer l’avant-bras dans une flexion à angle droit et dans la position intermédiaire à la pronation et à la supination. Mais la cause qui influe le plus puissamment sur les rapports de l’humérus et de l’avant-bras, cé sont les points d’appui que choisissent les malades pour assurer au coude une position stable. S’ils portent le bras en écharpe, l’avant-bras est nécessairement fléchi sur le bras et le radius se place au-dessus du cubitus; si, étant couchés , ils préfèrent, pour éviter la compression de l’abdomen , faire reposer leurs membres sur les côtés du tronc, la main , pour être solidement fixée , a besoin de reposer sur sa face palmaire ; elle se porte alors dans la pro' nation et l’avant-bras s’étend légèrement sur le bras.
Pour bien comprendre les effets des positions dans les maladies du coude , il faut se rappeler que ces positions peuvent offrir une association d’éléments complexes qu’il est utile d’analyser. Comme l’on peut observer la flexion ou l’extension de l’avant-bras sur le bras, la pronation ou la supination du radius sur le cubitus, et que ces mouvements élémentaires peuvent se combiner diversement entre eux, je vais en étudier les effets isolément.
L’extension de l’avant-bras sur le bras constitue une position évidemment mauvaise ; elle entraîne la distension des parties molles , placées au-devant de l’articulation , et , si elle devient permanente , elle empêche le membre supérieur de remplir la plupart de ses fonctions.
La flexion forcée n’a pas moins d’inconvénients. Lorsqu’elle existe , la synoviale est distendue en arrière et sa persistance entraîne également une inutilité presque complète du membre malade.
La position dans laquelle l’avant-bras fait un angle droit avec l’humérus n’entraîne aucun de ces inconvénients.
La supination de l’avant-bras s’observe trop rarement dans les maladies du eoüde^ pour que nous ayons besoin d’en étudier les effets. La pronation est au contraire très-fréquente^ lorsque le malade couché fait reposer son bras à côté de lui. Cette pro-nation est nuisible pour plusieurs raisons. Tandis que l’extré-^ mité inférieure du radius se porte en dedans et en arrière , son extrémité supérieure se porte en dehors et en avant. Ce dépla^ cernent ne peut avoir lieu sans que la synoviale et les ligaments ne soient distendus , et qu’il n’y ait tendance à une luxation spontanée. Dans la pronation forcée , le cubitus tend à se porter en arrière de l’humérus , comme le prouvent certaines luxations traumatiques. Cette tendance entraîne nécessairement la distension de la capsule synoviale en avant.
Tous ces inconvénients disparaissent si l’avant-bras se place dans une position moyenne entre la pronation et la supination.
En résumé , la position la plus convenable dans les maladies du coude est celle où l’avant-bras fait un angle droit avec l’humérus, et dans laquelle l’avant-bras est placé dans une situation intermédiaire à la pronation et à la supinations Dans cet état , il n’y a distension d’aucune partie molle ; aucune luxation consécutive ne tend à se faire , et si l’ankylose a lieu, le membre est dans la position la plus favorable à l’exercice de ses fonctions.
Du traitement mécanique dans les maladies du coude.
Dans le traitement mécanique des maladies du coude , on a surtout pour but de ramener cette articulation à une position favorable ou de la maintenir fixée dans cette bonne position.
A; Des moyens de ramener le coude à une bonne position. — Les mouvements que l’on doit imprimer à l’avant-bras lorsqu’on veut lui donner avec l’humérus les rapports les plus convenables , varient suivant que le coude est trop étendu , trop fléchi, ou qu’il est placé en pronation forcée. Quelle que soit celle de ces positions vicieuses à laquelle on ait affaire, les efforts exercés avec les neains suffisent ordinairement pour la faire cesser . Mais si çes efforts sont impuissants , l’emploi des machines devient nécessaire.
Manget eite dans son Trésor de la Chirurgie un instrument qui peut tout à la fois étendre et fléchir le coude. Il est composé de deux gouttières articulées au niveau du coude , et pouvant s’étendre ou se fléchir à volonté. Une tige de fer est placée sur le côté interne de l’appareil , et offre à ses deux extrémités un pas de vis qui correspond â un écrou fixé à l’extrémité des gouttières la plus éloignée de l’articulation malade. Comme les pas de vis et les écrous cheminent en sens contraire quand on fait tourner la tige à l’aide d’un petit levier qui la traverse dans son épaisseur , on rapproche ou on écarte ces écrous , et partant les deux gouttières et avec elles le bras et l’avant-hras qu’elles renferment.
J’ai fait dessiner, pl. XVI, fig. 2^ un appareil assez semblable à celui de Manget, mais qui peut-être est plus simple, puisque les deux gouttières y sont supprimées. Deux bracelets entourent, l’un le poignet à sa partie inférieure , l’autre le bras à sa partie supérieure. Au côté externe de ces bracelets sont fixées par une charnière deux tiges de fer qui, réunies, ont la longueur qui doit séparer tes deux bracelets lorsque le membre est complètement dressé. La tige supérieure porte un pas de vis sur une partie de son étendue; un écrou peut monter ou descendre sur cette vis : cet écrou appuie sur l’extrémité supérieure
de la tige anti-brachiale ; lorsqu’on le tourne de manière à le faire descendre, l’avant-bras est nécessairement étendu sur le bras. Cet appareil doit être très-puissant pour redresser le coude trop fléchi.
Dans le cas où l’avant-bras serait trop étendu sur l’humérus et où l’on voudrait le fléchir, il serait aisé, je pense, d’y réussir au moyen de l’appareil suivant : le hras et l’avant-hras seraient saisis par des bracelets comme dans la fig. 2 de la pl. XVI. Sur le devant du coude on placerait l’extrémité concave d’une béquille dont le manche serait long de 20 à 30 centimètres ; une courroie placée au-devant du bracelet inférieur passerait sur l’extrémité du manche de la béquille comme sur une poulie de réflexion, et viendrait se rendre à une boucle fixée en avant du bracelet supérieur. Evidemment , en serrant cette courroie , on fléchirait l’avant-bras sur le hras, car, tandis que l’on exercerait une compression sur la partie antérieure du coude , on agirait sur les deux bras de levier que l’on veut faire mouvoir sous l’angle le plus favorable.
Un appareil destiné à faire cesser le mouvement de pronation ou de supination serait assez difiicile à construire ; si l’on prenait une croix et qu’on assujettît à l’avant-bras sa longue portion au moyen d’un bandage amidonné, l’on aurait deux ailes latérales , auxquelles il serait facile d’attacher des lacs qui iraient se rendre à des tourniquets au moyen desquels on pourrait faire tourner graduellement l’avant-bras et le ramener à cette position moyenne dont il est dangereux qu’il reste écarté. Cet appareil, comme les précédents, n’existe qu’en projet,
B. Des moyens de maintenir le coude fixé dans une bonne position. — On se rappelle que la position la plus convenable dans les maladies du coude est celle où l’avant-bras, faisant un angle droit avec le bras , est placé dans une position moyenne entre la pronation et la supination. Le moyen le plus simple et le plus usité pour assurer la fixité dans cette position est l’emploi d’une écharpe.
Pour que celle-ci ait tous les avantages qu’elle peut procurer, il faut que l’avant-bras et la main soient bien soutenus dans toute