‹ Traité des maladies des articulationsChapitre 62 sur 74 · DÉPLACEMENTS CONSÉCUTIFS DU COUDE · texte numérisé non relu

DÉPLACEMENTS CONSÉCUTIFS DU COUDE

Les déplacements consécutifs sont rares dans les maladies du coude ; la luxation de l’bumérus en avant ne serait possible qu’autant que l’avant-bras serait porté dans l’extension forcée , ce qui n’a jamais lieu que sous rinfluence d’une cause traumatique; l’on n’a jamais non plus l’occasion dè voir l’avant-bras se porter en dedans ou en dehors de l’humérus , soit parce que les saillies et les enfoncements que présentent les surfaces articulaires s’opposent à ce genre de déplacement, soit parce que la mobilité de l’articulation scapulo-humérale est telle que le bras accompagne l'avant-bras dans tous ses mouvements.

Lak seule luxation que l’on observe à la suite des m aladies du coude est celle de la tête du radius, en dehors et en arrière. Lobstein, dans son anatomie pathologique, a cité des cas de ce genre ^ et j’ai eu moi-même l’occasion de les étudier.

Si quelque chose confirme les principes que j’ai établis sur le rapport qui existe entre les positions des membres et les luxations consécutives ,, c’est cette observation que la seule luxation spontanée qu’on voit au coude est en rapport avec la seule position vicieuse qui puisse produire une luxation dans cette jointure. Neus. avons vu en effet que la pronation forcée qui produit le déplacement de la tête du radius était souvent au coude une conséquence du besoin qu’éprouve au lit le malade de donner

un point d’appui fixe à son membre, en faisant reposer l’avantbras sur sa face anterieure. C’est dans cette position que la tête supérieure du radius tend à se porter en arrière , et c’est dans cette position vicieuse qu’elle s’échappe de sa cavité;

Je ne doute pas que le moyen mécanique le plus sûr pour prévenir la luxation du radius'en arrière soit de maintenir l’avant-bras dans la position intermédiaire à la pronation et à la supination , et lorsque la luxation s’est produite il faut, pour y remédier , ramener l’avant-bras à cette position moyenne et exercer une pression sur la tête du radius. Les gouttières que j’ai décrites permettent d’atteindre aisément ce but.

Page 1