‹ Traité des maladies des articulations, ou observations pathologiques et chirurgicales sur ces maladiesChapitre 14 sur 26 · XXXVII^ OBSERVATION · texte numérisé non relu

XXXVII^ OBSERVATION

Anne White , âgée de vingt -un ans, fut reçue a- 1 l’hôpital St. -Georges, le 8 Janvier i8i4-

Elle dit que, trois mois avant son entrée, elle € avait été saisie d’une douleur dans le genou gauche. [ La douleur fut d’abord légère , mais peu à peu elle d augmenta de violence : dans moins d’un mois ^ ^ après l’invasion de la douleur, la jointure se gon- 3 fla , mais légèrement. Une quinzaine environ avant I son admission elle avait ressenti une douleur b dans le coude gauche , sans gonflement.

■A l’époque de son entrée à l’hôpital , le genou

était enflé, niais peu à la vérité; le gonflement avait la forme des os de l’articulation, et dépendait d’une collection de lirpiide dans le tissu cellulaire, et non d’un fluide contenu dans la membrane synoviale.

Pendant ie jour ,1a douleur du genou était violente , mais non constante ; elle avait lieu par accès qui duraient quelques minutes : pendant la nuit elle était plus permanente, et si vive qu’elle troublait cruellement le sommeil. Dans sa plus grande violence, la douleur se prolongeait et retentissait dans la cuisse et dans la jambe. L’articnlalion pouvait bien être mue, mais le mouvement aggravait la douleur. Il y avait une sensibilité extrême sur la pai lle interne du genou ; la peau éiali légèrement plus rouge qu’à l’ordinaire , mais la rougeur était plus prononcée à un période qu’à l’autre.

La malade se plaignait aussi d’une douleur dans le coude, qui s’étendait supérieurement dans le bras, et inférieurement dans l’avanl-bras ; i’articulatioii n’éiait pas lout-à-fait gonflée. Anne Wbite était tombée dans l’amaigrissement; sa langue était blanche, son pouls pelil et vile, et quelquefois plein.

Aussitôt après son entrée, on appliqua sur le genou des sangsues qui calmèrent un peu la douleur. Le 11 Janvier, on ouvrit avec le caustique le coude des deux côtés, et le i5 du même mois on

fit la même opération sur le genou.— Le 17, la douleur du coude était presque entièrement éteinte ; celle du genou ne l’était pas tout-à-fait.

Les cautères furent entretenus par l’application réitérée du caustique. La douleur et le goiiflement du genou disparurent insensiblement , et la malade revint à la santé. Les plaies artificielles ne c se cicatrisèrent qu’à la lin de Mai ; à cette époque le gonflement du genou était effacé , et la douleur du genou et du coude avait cessé.

xxxvnie. OBSEaVATION.

Un gentleman de l’âge de vingt-quatre ans , vers la fin de l’année 1816 , ressentit dans les maléoles de la jambe gauche une légère douleur , qui s’aggravait surtout lorsque quelque chose obligeait les surfaces articulaires de la jointure d’agir l’une sur l’autre; par exemple, lorsqu’on marchant dans la rue il lui arrivait de rencontrer avec le talon une pierre qui dépassait le niveau des autres. Il aperçut aussi un petit gonflement sur la partie antérieure et externe de l’articulation , audevant de la maîéole externe.

Le 6 Janvier 1817 , se trouvant au bal, il dansa, et le lendemain la douleur s’était beaucoup aggravée. Cet exercice contribua aussi à amener la tuméfaction générale de l’articulation , qui s’abattit par le repos dans l’espace de vingt-quatre heures;

-mais la douleur persista et augmenta tellement , que ce pied ne pouvait soutenir le poids du corps ; il ne pouvait marcher sans faide de quelqu’un , «t, quelque temps après, sans béquilles. Dans le mois de Mai suivant , un gonflement général s’empara de l’articulation , et on ne put venir à bout de le résoudre tacilement.

Le 5o Juin 1817 il vint me consulter ; il se trouvait dans l’état suivant :

Lue légère luméiaction générale et œdémateuse «

envahissait toute l’articulation; elle avait été déter- ' minée par une petite inflammation du tissu cellulaire externe. Une douleur constante et grave répondait à la cheville du pied; elle augmentait lorsque le malade se tenait debout , et lorsque les surfaces cartilagineuses frottaient l’une contre l’autre , si la main placée derrière le talon les rapprochait. Des mouvemens convulsifs et douloureux du membre , l’empêchaient de dormir pendant la nuit. ^

11 était venu me consulter chez moi ; en retournant à la maison il tomba de cheval, et se tordit le pied. Cet accident fut cause d’une inflammation , qui rendit tous les symptômes encore plus graves. »

On lui conseilla de rester à la maison dans un repos absolu, et de ne jamais poser le pied à terre. On appliqua des sangsues et des lotions froides ;

on répéta les sangsues. Ce traitement neutralisa rinflammation occasionnée par l’accident , et diminua l’intensité de la douleur. A la fin d’Août, on apposa un vésicatoire sur chaque maléole , que l’on entretint avec l’onguent de sabine. Ces premiers vésicatoires guéris, on en appliqua d’autres que l’on entretint de la même manière : et dans l’intervalle des applications des vésicatoires, on enveloppa fortement l’articulation dans des bandelettes étendues d’emplàtre de savon.

\ ers la fin de Septembre il se trouva si bien ^ qu’ayant quelques aflaires qui exigeaient sa présence, il put sortir quelquefois en voiture.

Le 20 Décembre, on pratiqua à l’aide du caustique une issue derrière ia maléole interne. Cette opération donna lieu à beaucoup d’irritation et de souffrance ; en conséquence on laissa marcher la I plaie vers la cicatrisation , une quinzaine environ après la chiite de l’escarre. Il en retira toutefois un ^rand bien, car dès qu’elle fut cicatrisée , il ne res- I sentit plus de douleur ^ le gonflement avait diminué.

Le 20 Mai 1818, il se trouvait dans l’état sui»* I vant : il était affranchi de toute douleur ; il lui était 1 possible de mouvoir l’articulation 5 il pouvait sans I inconvénient supporter le poids du corps sur le i pied. Il y avait encore quelques restes de gonfle-^ ^jnent. Lorsque l’articulation était mise en mouve-

ment , il était aisé d’eiiten(ire le bruit du frottement* et alors si on appliquait les doigts sur la jointure, ils recevaient i’irn pression de deux surfaces dures et raboteuses agissant i’une sur faulre.

Page 1