‹ Traité des maladies des articulations, ou observations pathologiques et chirurgicales sur ces maladiesChapitre 15 sur 26 · XXXIX®. OBSERVATION · texte numérisé non relu

XXXIX®. OBSERVATION

Mary Taylor, âgée de cinquante ans, fut admise à l’hopltal St.-Georges, le 3 Décembre i8og.

Elle dit qu’en Juillet dernier, elle avait éprouvé une violente entorse de l’épaule droite de la part de son mari, qui l’avait tirée avec force par le bras. Bientôt après elle ressentit de la douleur dans cette articulation , qui graduellement devint très grave. A l’époque de son admission à I Lopilal , il n’y avait aucun changement dans l’apparence externe de l’épaule , ni le plus petit gonflement apparent ; mais elle se plaignait d’une douleur constante et violente , qui s’aggravait toutes les fois qu’on essayait de lui mouvoir le bras. La douleur était si vive pendant la nuit , qu’elle ne pouvait dormir ; il lui était impossible de se coucher sur le côté, qui était le siège de la maladie.

Le bras fut porté en écharpe ; on appliqua un vésicatoire sur l’épaule , que l’on entretint au moyen de l’onguent de Sabine.

Dans moins d’une quinzaine , les symptômes furent très-améliorés. Au commencement de Janvier 1810, elle n’avait que très-peu de douleur, et

dormait bien îa nuit: vers le milieu de Février elle sortit de rhôpilal , libre de tous symptômes. Quoiqu’on lui eût conseillé de s’y présenter comme malade' externe , pour entretenir plus long-temps le vésicatoire^ elle ne reparut plus à la consultât] on 5 probablement parce qu’elle n’éprouvait aucune incommodité de sa maladie , et qu’elle ne jugeait point nécessaire de prolonger le traitement, puisque les symptômes n’existaient plus.

J’ai observé précédemment que l’ulcération des cartilages articulaires est assez souvent compliqué de l’inflammation de îa membrane synoviale ; mais il arrive que tantôt c’est l’ulcération , tantôt l’inflammation qui est la maladie primitive. De meme que la cornée de l’œil est dans quelques cas la cause , dans d’autres la suite de l’inflammation de la conjonctive. Dans le dernier période , lors*^ que l’organisation de l’articulation est complètement détruite , cette complication doit toujours exister : il serait superflu de prouver l’évidence de ce fait y mais il arrive que les deux maladies se combinent dans le premier période , et avant que îa suppuration s’établisse.

L’observation suivante , que je rapporte pour éclaircir ce point , démontre que l’ulcération du cartilage peut avoir été la maladie primitive et rifi-*

flammallon de la membrane synoviale consécutive : du moins les symptômes cpii se présentérent sont plutôt en faveur de cette supposition que de toute autre.

XL". OBSERVATION

John Child, âgé de trente-trois ans^en Avril i8i4, ressentit une douleur dans un genou j cette douleur ne lut d’abord que légère, mais petit à petit elle devint très-intense. Elle répondait principalement a la tête du tibia , sur les bords latéraux du ligament de la rotule. Au bout de cinq mois, pour la première fois, farticulaüon se tuméfia , et le gonflement fut bientôt énorme ; dès-k>rs il se trouva dans la nécessité de ne plus quitter la chambre. On appliqua successivement cinq vésicatoires , et le gonflement et là douleur diminuèrent tellement qu’au bout de trois semaines JohnChild reprit ses occupations habituelles. Néanmoins la douleur et le gonflement reparurent après cinq ou six jours , et c’est à cause de cela qu’il fut admis à l’hôpital St. -Georges le 26 Octobre.

A cette époque il se plaignait d’une douleur qu’il rapportait à la tête du tibia , sur les bords latéraux du ligament de la rotule. La douleur était si cruelle qu’il ne pouvait souvent fermer l’œil de la j:iuit : le genou était très-enflé ; une effusion de liquide dans la cavité articulaire était cause

de ce gonflement, qui avait la meme forme que , dans les cas ordinaires de l’inflammation de la membrane synoviale.

Le 29 Octobre on enveloppa l’articulation, dans presque toute son étendue , d^un vésicatoire. — Le 7 Novembre, le gonflement et la douleur avaient dirni nué. On apj)liqua un autre vésicatoire que l’on tint ouvert avec de l’ongueni de sabine, jusqu’à la fin du mois; alors il se cicatrisa, et il fut remplacé par un troisième que l’on entretint de la même manière.- — Le 2 Décembre il sortit de pital de sa propre volonté : id douleur à ccue époque n’était presque rien , mais elle n’était pas tout-à-fait calmée; le genou n’était gonflé que lé^ gèrement , et le peu de gonflement qu’il y avait dépendait moins d’un fluide contenu daris l^u iiculation, que de l’épaisissement des parties molles, suite de l’éut iuflammaioire où elles avaieat été ^|)Oriées.

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