‹ Traité des maladies des articulations, ou observations pathologiques et chirurgicales sur ces maladiesChapitre 6 sur 26 · OBSERVATIONS PRATIQUES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS PRATIQUES

Les faits que je vais exposer serviront à éclaircir quelques-unes des observations que j’ai rapportées relativement à l’inüammation de la membrane synoviale; ils rendront raison aussi de quelques circonstances qui peuvent se rencontrer dans la pratique , et dont la place n’était pas aussi bien indiquée dans l’histoire générale de la maladie , faite dans les pages précédentes. Quiconque se donnera la peine de comparer ces cas entre eux et avec ceux que je transcrirai ci-après, sera convaincu, ou je suis bien dans l’erreur, que la distinction des différentes maladies articulaires n’est pas seulement une matière de pure curiosité qui ne doive intéresser que l’anatomie pathologique;

mais que ces maladies sont différentes dans leur

marche, différentes dans leurs symptômes , et différentes dans l’emploi des remèdes appropriés.

IIIc. OBSERVATION.

John Adams, âgé de 47 ans, ressentit, le 21 Août 1811 , de la douleur dans le genou gauche, et s’aperçut au bout de quelques heures du gonflement de l’articulation. Il eut un légçr accès de fièvre.

11 fut admis à riidpiial St. -Georges, le 28 Août.' A celle époque, le genou était exlrêniement douloureux, sensible et tiès-luméfié ; le gonflement n’avait pas la forme des extrémités articulaires des os, mais il était' plus proéminent à la partie antérieure et inférieure de la cuisse , sous la portion inférieure des muscles extenseurs. Il était facile de sentir la fluctuation de la sérosité épanchée dans la membrane synoviale.

On tirit au moyen des ventouses huit onces de sang du genou. Celte perte de sang fut suivie immédiatement de l’abattement de la douleur et d’une diminution de sensibilité et de gonflement* On appliqua un vésicatoire le 3o du même mois.

Les ventouses furent répétées, le 9 et le 18 Septembre et le 4 Octobre; chaque fois, on fit l’application d’un vésicatoire.

Le 10 Octobre, il n’y avait dans l’articulation ni douleur ni sensibilité. Elle était roide et encore légèrement gonflée , mais on ne sentait plus de fluctuation ; le gonflement paraissait tenir entièrement à une substance solide. On ordonna

l’usage du Uniment stimulant , deux fois le jour.

Le 18 Octobre, il n’y eut pas le moindre signe du retour de l’inflammation ,* diminution de la roideur et du gonflement. On fit usage alors matin et soir des frictions d’amidon faites avec la main ; et peu de jours après, on ajouta à l’emploi des

fdicllons, des douches d’eau chaude dirigées sur le genou, à la hauteur de plusieurs pieds , durant une demi-heure , tous les malins.

Vers le milieu de Novembre, il fut renvoyé de rhôpilal, le genou étant presque aussi petit et aussi mobile qu’avant qu’il eût été le siège d’une inflammation.

IV* OBSERVATION

Robert Stewart, de l’âge de i8 ans, fut admis à l’hôpital St.-Georges, le 26 Janvier i8i4.

Il dit qu’environ sept semaines , avant son en-

Irée, le genou droit s’était enflé et était devenu douloureux sans aucune cause évidente^ la douleur et le gonflement avaient eu lieu vers le même temps ; la douleur était violente et accompagnée de fièvre. Environ une quinzaine avant son admission, la douleur et le gonflement avaient beaucoup diminué par l’application des ventouses sur le genou ; aussi les mouvemens de la jambe étaientils plus libres. Les ventouses avaient été répétées le jour qui précéda son arrivée à l’hôpital , et avalent produit le même soulagement.

Reçu à l’hôpital , le genou était encore trèsenflé , et l’enflure s’étendant sur la partie antérieure et inférieure de la cuisse sur les mus-

des extenseurs, paraissait dépendre principalement d’une substance solide répandue dans

l’articulalion ; on clislinguait irès-peu de sérosité. Il n’y avait que peu de douleur et de sensibilité y, et l’articulalion n’était susceptible que d’un mouvement borné ; le malade disait qu’il la sentait moins roide qu’auparavant.

Le 27 Janvier, on lira 8 onces de sang du genou au moyen des ventouses, et puis on apj)liqua un vésicatoire.

Le 5 Février, le vésicatoire était guéri ; le gonflement avait beaucoup diminué ; la substance solide qui se trouvait répandue fut absorbée en si grande quantité, que la forme des extrémités articulaires des os put être appréciée. Le vésicatoire fut répété.

Le 18 F évrier, l’articulation était à peine plus grosse que dans l’état naturel, mais elle était encore un peu roide. Cette tension disparut par l’emploi des frictions mercurielles camphrées, et le 20 de ce meme mois, il fut renvoyé de l’hôpital comme guéri.

V". OBSERVATION

John Hannam, homme vigoureux et dans la force de l’âge, fut reçu à l’hôpital St.-Georgcs et commis aux soins de M. Keate, le 22 Mai 1811.

Il rapporta qu’il y avait six ans qu’il s’était foulé le genou, lequel devint en peu dJieures gros et douloureux. Dans l’espace d’un mois la dou-

leur et le gonflement disparntent ^ et il reprit ses fonctions de soldat dans un des rëginiens des gardes à cheval : mais depuis ce temps, il éprouva ce qu’il appelait une faiblesse de la jointure; le gonflement et la douleur reparaissaient sitôt qu’il se livrait à un exercice un peu fort. Un an et demi avant son entrée à l’Iiôpilal , il eut la fièvre i^depuîs ce temps , le genou fut plus enflé et plus douloureux ; dans cet état , quelquefois mieux , quelquefois plus mal , il se vit obligé d’abandonner le service, ne pouvant remplir son devoir.

A l’époque de son admission, le genou était gros; cette grosseur tenait en partie à la sérosité Versée dans sa cavité, en partie à l’épaississement des parties molles. Le gonflement s’étendait quelque peu sur la partie antérieure de la cuisse, et proémlnait de chaque côté du ligament de la ro-tnle. L’articulation était engourdie, mais admettait, quoique imparfaitement, la flexion et fextensiom En repos, il éprouvait quelque douleur; mais elle était bien plus forte toutes les fois qu’il essayait d’exercer le membre. Il y avait dans l’aine une glande lymphatique engorgée.

Le genou reçut plusieurs fois l’application des ventouses, tant que le malade resta à l’hopiial. Les vésicatoires et les liniinens slimulans furent mis en usage, et veis la fin de Septembre, il prit

SOtî

son exeat y se trouvant mieux que lors de admission ; mais il ressentait de la douleur toutes les fois qu^l faisait un exercice peu modéré , et l’articulation devenait grosse et roide, moins cependant qu’auparavant. Le gonflement paraissait

alors tenir entièrement à une matière solide, car il

ij’v avait pas de signe sensible de fluctuation.

Seize mois après , j’eus occasion de le revoir. Je trouvai très-peu de changement dans l’état du genou j il disait que lorsqu’il prenait plus d’exercice qu’à l’ordinaire , ou qu’il s’exposait au froid , finflammalion survenait, et le gonflement augmentait; mais que sitôt qu’il observait le repos quelque temps , ces symptômes éprouvaient toujours de l’amendement.

Les trois observations précédentes suffisent pour éclaircir les caractères ordinaires et la marche propre de la maladie. Celles qui suivent expliqueront certaines circonstances qui, bien qu’elles soient moins fréquentes, se montrent quelquefois , et qui , par cela meme, sont d’une grande importance pour le chirurgien.

VP. OBSERVATION.*

^ün jeune gentleman de l’âge de i5 ans environ, 'eut , en Juillet 1817 , une inflammation de la mem-

brane synoviale d\in desgenoux, accompagnée des symptômes ordinaires. On tira du genou du sang par les sangsues et les ventouses j Ton fit des lotions froides, et la violence de finflammalion se calma. Au commencement d’Octobre , on appliqua un vésicatoire, et sur la fin du même mois, le genou se trouvait dans l’état suivant : Il était plus gros que l’autre ; l’engorgement avait la forme des extrémités articulaires des os, et semblait tenir à un épaississement de la membrane synoviale. La jointure ne permettait qu’un mouvement trèsborné , et lorsqu’il était porté trop loin elle devenait douloureuse. On prescrivit alors l’usage des frictions avec un liniment stimulant.

La maladie se maintint dans cet état jusque vers la mi-Novembre* alors le gonflement tomba soudainement et disparut presque tout-à-fait. Mais le même jour, il se plaignit d’une douleur aigue à la tête dans la direction des tempes au front , au-dessus même des sourcils. Cette douleur le quitta peu d’heures après, et laissa une légère indisposition; pendant plusieurs jours elle revint périodiquement sous la forme d’un paroxisme nocturne très-violent, mais seulement de la durée de quelques minutes. Des sangsues et des vésicatoires furent apposés à la tête et aux jambes , et des purgatifs furent administrés. Au bout d’une semaine la douleur cessa; mais il fut pris

grande somnolence quesnivii bienlôtle strabisme, la confusion des objets , et la cessation presque totale de la parole j et après avoir resté dans cet état une semaine environ, il mourut. Le corps ne fut pas ouvert,

Vir. OBSERVATION.

James Burton , âgé de 4o ans, bit admis à l’iidpilai St. -Georges , le 2 Juin i8i5 , pour une maladie du genou gauclie. Il dit qu’il y avait deux ans que l’articulation était douloureuse et enflée* elle ne le fut d’abord que légèrement , mais ensuite la douleur et l’enfiûre augmentèrent • il observait que les symptômes empiraient toujours à l’approche d’un temps froid ou humide. Pendant les neuf derniers mois , il était incapable de faire usage de l’articulation, même pour suffire a ses occupations ordinaires. -A diverses reprises on employa les vésicatoires et les cautères, mais ils ne procuraient qu’un soulagement passager. A l’époque de son admission , le genou était tuméfié, et celte tuméfaclion provenait de la sérosité répandue dans la caviié de la membrane synoviale. Les deux mains appliquées sur les côtés de la jointure, il était facile de distinguer la fluctuation du liquide. Les parties molles étaient tant soit peu épaissies, mais non pas considérablement. Le malade éprouvait peu de dotileur, si çe n’est

dans le niouvenjent ; il élait incapable d’amener da jambe en an^ie droil, mais il l’étendait entièrement. L’en^or^en)ent de Tarticulation paraissait plus considéral)le qu’il ne l’était effectivement, à cause de l’amincissement des muscles de la cuisse et de la jambe.

On tira du sang au moyen des ventouses applb quées sur le genou, et ensuite on apposa successivement plusieurs vésicatoires. Il prit cinq grains de caloniélas , en pilules, chaque soir* le 2 Août, on mit un vésicatoire qui fut entretenu avec de l’onguent de sabine. Au bo^t de trois semaines , il ressentit de la douleur et un sentiment d’irritation qui s’étendait a la cuisse et à la jambe. Ces symptômes furent attribués à la pi ésence du vésicatoire , et ils cessèrent dès que la surface vésicatoriée fut recouverte par l’épiderme. Le 20 Septembre, il sortit de l’hôpital, n’offrant d’autre symptôme qu’un peu de roideur dans l’articulation.

Au commencement de Juillet i8i5, le même malade revint se confier à mes soins. A cette époque, les deux genoux étaient distendus par la sérosité j l’épaule droite était enflée, mais à un moindre degré ; il y avait une collection de fluide dans la membrane synoviale qui forme la game des tendons, sur la partie postérieure de chaque poignet. En examinant le genou droit le

plus gros des deux, la main appliquée sur la partie éprouvait une sensation comme si elle eût été produite par une quantité de petits corps mobiles d’une consistance molle , contenus dans, la cavité de la jointure. Les articulations étaient libres et très-peu douloureuses j le malade dit que toutes ces tumeurs s’étaient manifestées trois mois environ après sa sortie de l’hôpital, par une légère douleur qui alla toujours en augmentant.* Je pense que ces corps mobiles qui furent sentis dans le genou , étaient des fragmens de lymphe coagulable qui , se trouvant répandus sur la surface interne de la membrane synoviale ,, s’étaient détachés par la suite : semblables à ceux qui se forment quelquefois dans la cavité d’une bourse muqueuse enflammée y et dont j’aurai occasion de parler ci-après. Je n’ai point été à meme d’observer la marche subséquente de la maladie chez ce malade, ni même de certifier par la dissection, l’exactitude ou la fausseté de celte opinion , relativement à ces fragmens de matière mobile. Ils sont certainement d’une nature^ différente de celle des cartilages mobiles qui se sont rencontrés dans d’autres cas.

VHP. OBSERVATION.

Amv Brookes, âgée de 54 , fut reçue à l’hô«

pilai Sl.-Georges^ le lo Juin 1818.

II y a trois ans , son genou devint gros et douloureux , et la douleur et le gonflement avaient toujours duré depuis , quelquefois à un degré plus grand, quelquefois à un degré moindre. A l’époque de son admission, le genou était trèsj gonflé, et ce gonflement provenait du fluide rassemblé dans sa cavité. La douleur répondait dans l’articulation et s’agrayait par le mouvement, mais elle n’était pas assez intense pour l’empêcher de reposer la nuit, ou de vaquer à ses occupations habituelles. L’exarnen du genou donnait à la main une sensation, comme si l’on distinguait dans l’articulation une substance molle et mobile; et si l’on remuait la rotule tantôt d’un côté , tantôt de l’autre, l’on entendait un crépitement.

Durant Je temps qu’elle demeura à l’hôpital , on lui tira du sang du genou , deux fois par les ventouses et une fois par les sangsues; on appliqua deux vésicatoires. Le i5 Juillet, elle reçut son exéat comme étant guérie ; il n’y avait ni gonflement ni douleur; la matière mobile ne s’apercevait plus , et l’on distinguait à peine le crépitement.

Le crépitement qui fut observé dans ce cas , et dont je ne connais pas la cause, ne se rencontre que dans quelques circonstances. II est difierent de celui que j’ai trouvé dans^les cas qui laissent à croire

que les cartilages sont assez détruits pour meiiie l’os à découvert.

L’observation suivante fournit l’exemple d’une maladie qui, je sache, n’a jamais été décrite par aucun auteur de palliologie ou de chirurgie* Un des symptômes le plus remarquable, qui engendra la maladie, est une inflammation des membranes synoviales. Comme elle se rapporte au sujet qui m’occupe maintenant , j’ai pensé qu’elle ne

pouvait être mieux placée qu’ici.

IX« OBSERVATION

Un gentleman, âgé de 4^ ans, se plaignit vers le milieu de Juin 1817, symptômes ressemblans à ceux de la gonorrhée; il y avait écoulement purulent de l’urètre, avec ardeurs d’urine et érections douloureuses. Le 25 Juin, il commença à éprouver quelque douleur dans les pieds : le 24? cette douleur fut plus forte, mais pas assez pour qu’il ne pût parcourir quatre mille en se promenant. Les yeux étaient légèrement enflammés.

Le 20 Juin , la douleur des pieds fut plus grave ; la conjonctive des yeux était frappée d’une violente inflammation, et accompagnée d’une abondante évacuation de pus.

Ces symptômes redoulJèrent d’intensité ; le poul frappait les doigts de 80 à 90 fois par minute *, la

langue étaii chargée ; le rualadc ne pouvait fermer l’œil 5 et était inquiet toute la nuit. Les deux pieds se gonflèrent de partout , il y avait inflammation des membranes synoviales des maléoles : je crus apercevoir que cette affection du pied provenait de l’inflammation des membranes synoviales, des articulations du tarse, du tnétatarse et des orteils. Il disait qu’il ne pouvait mieux comparer la douleur qu’il éprouvait, qu’à celle que lui donnerait la compression du pied sous une vis.

Le 27 Juin , le genou gauche fut douloureux, et le jour suivant la synovie distendait excessivement la membrane synoviale de l’articulation. Alois le malade" fut entièrement perclus, forcé de garder le lit, et incapable de changer de position sans secours. L’inflammation des yeux et de l’urètre avait légèrement diminué.

Le 5o Juin , l’inflammation des yeux et de l’urètre s’était beaucoup amendée, et l’écoulement purulent était moins abondant. Les souffrances des articulations étaient aussi moins graves , et les pieds moins gros. Le jour suivant le genou était pareillement diminué. >

Il continua à se rétablir, et le 10 Juillet le gonflement des pieds était encore moins gros, et celui du genou avait presque entièrement disparu. Le poul continuait à battre de 80 à 90 fois par minute^ la langue était encore chargée. 11 éprouvait

(le la douleur dans les pieds ei dans le genou, mais moins forte que précédemment : la nuit n’était pas tout-à-fait calme.

Le i3 Juillet, il se plaignit de douleur dans le genou droit, et le jour suivant la même douleur se réveilla dans le coude droit et dans l’épaule.

Le genou droit fut ensuite distendu par la sérosité versée dans la cavité de la membrane synoviale, mais non pas au même degré que dans l’autre genou ^ le gonflement tomba bientôt après. L’épaule et le coude ne furent jamais sensiblement tuméfiés.

Le 1®’'. Août, toutes ses soulfrances avaient cessé. Les yeux et l’urètre n’étaient plus enflammés , et l’écoulement purulent à peine perceptible.

Le 5 Août, il n’éprouvait plus de douleur que celle que produisait le mouvement ; les articulations cjui avaient été affectées, étaient engourdies j mais il avait la force de marcher avec des béquilles.

Depuis lors, il se rétablit progressivement. La roideur des jointures diminua très-lentement j mais il fut libre de toute Incommodité : il resta plus de temps à recouvrer l’usage de l’épaule que celui des autres articulations.

En Décembre suivant, 1817 (a celte époque il avait presque, mais non entièrement, recouvré Fusage de ses membres ), il eut une nouvelle atla^ que de la maladie. Les symptômes furent les

mêmes qu’auparavant; ils se succédèrent dans le même ordre, suivirent la même marche, mais d’une manière moins violente. Celle seconde attaque dura environ six semaines , et le laissa presque impotent.

En Mars 1818, il fut affecté d’une ophtalmie, mais d’une nature différente de celle qui avait eu lieu l’été précédent. L’inflammation s’établit dans les tuniques propres de l’œil; il paraissait probable qu’elles n’allaient pas tarder à former adhérence avec l’iris, et à détruire ainsi les organes de la' vision, si l’on n’avait pas arrêté ses progrès par des saignées répétées et l’usage du mercure.

Pour que l’iiistoire de la maladie fût exposée aussi simplement que possible, j’ai dû décrire les symptômes sans dire jusqu’ici le traitement qui fut employé. — Des sangsues et des vésicatoires appliqués au genou; des linimens rubéfiants mis en usage sur les genoux et les épaules; et des fomentations, s’il y avait forte douleur, formaient les principaux remèdes topiques. Parmi les divers médicamens qui furent prescrits, aucun ne parut produire plus de bien que le vin de colchique. C’est par l’emploi de ce médicament que commencèrent à s’amender non-seulement les souffrances et les tuméfactions des articulations, mais même l’inflammation purulente des yeux et de l’urètre ; et je suis très-porté à croire que c’est à lui que le

inaiadc dut un rétablissement plus prompt qu4l ne ratteudail (i).

J^ai eu occasion de voir quatre autres cas^ dans lesquels eut lieu un semblable concours de synq)tomes.

Un gentleman eut huit attaques de cette maladie, La première eut lieu dans sa vingtième année , et les autres à divers intervalles dans le cours des dixsept ans qui suivirent. Dans l’une d’elles, le premier symptôme fut l’inflammation de l’urètre , avec écoulement de pus , bien que des circonstances particulières ne lui permissent pas de soupçonner qu’il se fût exposé à contracter cette Infection. Ce symptôme fut suivi d’une ophtalmie purulente, et de l’inflammation de la membrane synoviale. Dans

(i) Rarement M. Brodie fait entrer en ligne de compte l’état du tempérament parmi les symptômes, tant qu’il ne s’agit que de maladies, qu’il juge comme purement locales. Cependant, sans avoir la prétention de faire une critique rigoureuse , je crois que dans cette observation il était peut - être assez à propos de dire si la constitution du malade était ou n’était pas favorable à la persévérance de l’affection locale. 11 est probable qu’il était essentiel de le notei\, puisque ce ne fut qu’après l’avoir, fortifié que la maUdie articulaire eut une solution que les remèdes topiques stuLs ne purent amener.

trois attaques, l’ophtalmie purulente fut le premier symptôme, et fut suivie de l’inilammalion et de l’écoulement de Furètre; alors les membranes synoviales s’affectèrent , et dans les autres quatre attaques , l’afFeclion des membrarjes synoviales eut lieu sans inflammation préalable des yeux’ou de l’urètre.

/La maladie ne se bornait pas aux membranes synoviales des articulations, mais elle s’étendait aussi à celle des bourses muqueuses. Dans quelques-unes des attaques, les muscles de l’abdomen étaient douloureux, sensibles et sujets à se contracter spasmodiquement; et il y avait quelquefois empêchement à la respiration , qui paraissait tenir à une semblable affection du diaphragme. La forme aigue de la maladie, .dans ce cas , dura depuis six semaines jusqu’à trois mois, mais il s’écoula presque un an avant le recouvrement parfait de l’usage de ses membres. Le dernier accès commença en Juillet i8j7 ; et au commencement de Mai 1818, étant encore boiteux, il fut atteint d’une inflammation très-violente delà sclérotique et de l’iris d’un œil, qui fut domptée par d’abondantes saignées et par l’administration du mercure.

Un autre Gentleman fit le récit suivant de ses souffrances : Dans l’année i8og, il eut des symptômes analogues à ceux de la gonorrhée; ces symptômes ayant duré quelque temps, donnèrent lieu à l’inflammation et à l’engorgement d’un

testicule ; ces phénomènes furent suivis d’une ophtalmie purulente et de l’inflammation des membranes synoviales. En i8t4, il eut une pareille attaque à l’exception de l’engorgement du testicule; et en i8i6, lorsque je fus consulté, il souffrait encore d’une inflammation chronique des membranes synoviales des genoux et des maléoles, suite de la dernière attaque qui paralysa, pour ainsi dire, les membres inférieurs.

Dans un quatrième cas, le malade souffrit d’une ophtalmie grave qui fut accompagnée de l’inflammation de l’urètre, et par suite les articulations furent prises : mais je n’ai pas eu occasion de suivre la marche de cette maladie , et je n’ai rien su de particulier.

Dans le dernier et .cinquième cas, le malade avait à se plaindre d’un rétrécissement de l’urètre. Il avait eu^ déjà quatre attaques de la maladie qui durèrent quelques années. L’inflammation de l’urètre fut le premier de tous les^ symptômes ; il fut suivi d’une ophialmie purulente, et ensuite de l’inflammation des membranes svnoviales, et du gonflement de presque toutes les articulations. Dans deux de çes attaques, il attribua l’écoulepient de l’urètre à une infection gonorrhoïque , et dans les deux autres , à l’usage des bougies.

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