‹ Traité des maladies des articulations, ou observations pathologiques et chirurgicales sur ces maladiesChapitre 7 sur 26 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Ulcération de la Membrane synoviale (i).

Lirsqü’un abcès s’est formé dans une articulation , il se fait une ouverture ulcérée à la membrane synoviale, à travers laquelle la matière s’évacue. Les deux observations suivantes sont les deux seules que j’aie vues, ou l’ulcération de la membrane synoviale se soit présentée comme affection primitive, La circonstance la plus remarquable qui lies accompagnait, est qu’une maladie légère en apparence et fixée dans une partie qui ne concourt en rien aux fonctions vitales, ait produit un tel désordre dans l’économie , qu’il ait pu amener la mort. Ce n’est pas cependant le seul exemple de cette nature ; il n’y a pas de chirurgien et de physiologiste qui ne puisse se rappeler de nombreux exemples qui démontrent qu’une impression faite sur un point du système

(l) Xe ne conçois l’ulcération de la membrane syno- 5 viale, comme maladie primitive^ que tout autant qu’il y aurait eu déchirement spontané de cette membrane; [ car autrement il est impossible de la concevoir sans in- £ flammation préalable; et dès lors quelque précipitée que O soit l’inflammation, elle n’est jamais que secondaire.

nerveux, peut déranger el anéanlir louuà-faii les fondions de la machine animale.

X^ OBSERVATION

Une jeune demoiselle de neuf ans, en jouant, le premier Janvier 1808, tomba et se fit une entorse à la banehe. Elle éprouva si peu d’ineommodité, qu’elle se promena ee jour, eomme k l’ordinaire. Le soir, elle dansa; mais comme elle fut prise de frissons, elle fut transportée à la maison et mise au lit. Le lendemain, elle se trouva très-indisposée, et se plaignait de douleur à la cuisse et au genou : le jour suivant, elle souffrit de la hanche et eut beaucoup de fièvre. Les symptômes persistèrent ; elle tomba dans le délire, et mourut précisément unesemaine après l’accident.

On fit l’examen du corps, le jour suivant: les viscères du thorax et de l’abdomen furent trouvés dans un état parfaitement sain. La cavité cotyloïde de la cuisse malade contenait environ une demionce de pus très-foncé ; et la membrane synoviale i qui enveloppe le cou du fémur était détruite par ' l’ulcération, dans l’étendue d’environ un schelling j ( un franc. )

XP. OBSERVATION.

Un homme d’un âge moyen, qui avait reçu isj V une contusion dans une épaule, fut admis à l’hô- pital Sl.-Georges, dans l’iiiver de 1812. Il se ifi

plaignait de douleur et de sensibilité dans l’épaule; on pouvait distinguer un peu de gonflement ; mais sa maladie principale était une fièvre, analogue par son caractère, au typhus; et dont il mourut, peu de jours après son admission.

En examinant le corps, on trouva environ une demi-once de pus limpide dans la cavité glénoïde. La membrane synoviale portait des traces d’une inflammation générale, et la portion qui s’épa-» nouit sur le col de riiumérus était détruite par l’ulcération , dans l’étendue d’un sixpence ( un demi-franc) environ (i).

(i) Ces deux observations, surtout la dernière, sont assez analogues dans leurs pbcnomèues à certains accidens qui arrivent dans les maladies dites fièvres typhoïdes ; ces fièvres donnent souvent lieu , quand leur issue doit être funeste , aux charbons , quelquefois au i gonllement presque instantané des articulations Pour que le premier cas fût entièrement conforme à cette observation , il faudrait supposer ; que la chute de la jeune personne aurait développé une maladie : imminente 5 le second se trouve parfaitement semblable L aux affections articulaires qui éclatent sur la fin des 1 symptômes de malignité, d’où je pourrais conclure c qu’ici Pulcération de la membrane synoviale n’est qu’un accident très-secondaire, si je mettais en doute que l’auteur peut méconnaître de tels faits.

Il est à croire que les charbons sont ici analogues au gonflement articulaire j c’est le même phénomène.

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