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(1). De Republ., dial. 3, pag. 385.
sage doit être long-temps continué. | On recommande aux ouvriers en métaux le régime adoucissant et Ja diète lactée comme d’excellens préservatifs. Mais pour les garantir des vapeurs minérales quis’exhalent de ja matière qu'ils mettent en œuvre , on a proposé plusieurs moyens que nous allons indiquer.
Les anciens ont conseillé l’usage de ussus secs ou humides fixés au-devant de la face, des masques en verre , etc. ; mais l'insuffisance et l’incommodité de ces moyens les ont fait promptement abandonner. Le procédé de Macquart : qui consiste à placer dans les narines de, petites éponges imbibées de liqueur aromatique serait préférable , si son emploi n’exigeait pas que l’on üenne la bouche fermée , ce qui gêne beaucoup la respiration. On a aussi conseillé de faire respirer aux ouvriers plongés dans une atmosphère chargée de vapeurs nuisibles , un air pur , au moyen de longs tuyaux flexibles communiquant au dehors ; mais ce procédé n'empêche pas les émañations d’entrer par le nez. M. Brizé-Fradin a proposé ‘une appareil préservauif qu'il appelle tube d'aspiration , dont on trouve la description ;dans les Ænriales des Arts et Manufactures , t: L, pag. 203. Pour en donner une idée, nous le comparerons à une pipe à fumer dont la chambre renversée est remplie de coton écru , imbibé d’un liquide dont les qualités’varient suivant la nature des vapeurs qu’on: veut neutraliser. L'appareil est fixé sur la poitrine, et lorsqu'on veut en faire usage , on saisit avec la bouche le tuyau déla
pipe et on inspire ; l'air en traversant le coton y dé-
CAUSÉES PAR LES VAPEURS MINÉRALES. 5 pose ses principes nuisibles’et dévient propre à la respiration. Cet appareil ne remplit pas complétement son but, soit parce-qu'il est gênant et que l'air finit par ne pouvoir plus traverser le coton mouillé; soit parce que:les ouvertures du nez ne sont pas garanties. Si lon voulait se servir de cet instrument , il serait convenable de substituer au tuyau de verre un tuyau
flexible.
Dans un Mémoire sur l'hygiène des professions insalubres, inséré dans la Blbliothèque. universelle, t.1v, pag. 59, M. Gosse, de Genève, propose, pour garantir lesouvriers des vapeurs nuisibles, d’employer une éponge imbibée d’une liqueur convenable, et fixée sur la face avec des rubans. On choisit une éponge d’un tissu fin et serré, dont la forme se rapproche, autant que possible, de celle d’un . cône creux, et dont la base soit assez large pour couvrir le sommet du nez, la bouche et le menton. L'éponge imbibée d’eau pure suffit pour arrêter la poussière d’une nature quelconque; elle convient par conséquent aux broyeurs de couleurs, aux plàiriers, aux ouvriers qui tailent le grès, aux plumassiers , cardeurs de laine et aux chapeliers.… Elle suffit encore pour con denser les vapeurs mercurielles.
S'il s’agit de neutraliser des gaz ou des vapeurs acides, on substitue à l’eau une dissolution de potasse dans la proporhon d'une once sur huit onces d'eau. Une cau aiguisée de vinaigre , d'acide piri=
que, sulfurique , de chlore ( te muriatique OXi=
géné), pourra contribuer à modifier l'influence des miasmes animaux dans les amphithéâtres d’ana= tomie , dans les hôpitaux, dans les opérations des vidangeurs , des fossoyeurs , dans les professions où l'on emploie des substances animales , ammoniacales , telles que celles des écarrisseurs, des fabricans de colle-forte, etc. L’éponge imbibée d’eau de Chaux pourra servir , jusqu’à un certain point , à écarter momentanément l'influence de l'acide carbonique; et, imprégnée d’une dissolution d’acétate de plomb, elle pourra pareillement être utile dans toutes les occasions où l’on est exposé aux gaz hy= drogène sulfuré et hydro-sulfure d’ammoniaque ; comrne cela à lieu dans les fosses d’aisance. L’éponge pourra être encore utile pour garnir la châsse des lunettes destinées à se préserver des matières qui iritent et enflamment les yeux; ainsi les lunettes pourront être trés-avantageuses aux vidangeurs, aux fabricans d'acides, et en général à tous les ouvriers exposés à des émanations irritantes ou à une chaleur très-vive. On joindra à toutes ces précautions celle d'introduire dans le conduit auditif externe un peu de coton imbibé d'huile pour garanür la membrane du tympan.
M. Gosse joint à ces conseils l'exposé des expériences qu'il a faites sur lui-même pour. constater l'efficacité du moyen qu'il propose. L'éponge humectée nous paraît trés-commode pour ‘arrêter les poussières ; mais quand on l’humecte d’une disso-
lution acide ou alcaline, elle doit avoir l'incon-
CAUSÉES PAR LES VAPEURS MINÉRALES. | 7 vément d'irriter trop fortement la peau du visage. Dans ce cas, l'appareil de M. Brizé-Fradin, dans la confection, duquel on peut substituer MR au cOLOn , nous parait préférable.
M. Rigaud de Lisle, dans son travail sur La mauvais air des marais Pan assure que linterposiuon d’une étoffeentre le visage et le gaz suffit, dans certains
cas , pour préserver de leur action délétère. $ il en est ainsi, on peut conseiller à tous les ouvriers qui travaillent en contaet avec des substances nuisibles, de se couvrir la figure avec de la mousseline ou de la gaze ployée en plusieurs doubles, qui, en tamisant l'air, retient les molécules pulvérutentes.
out en convenant de: l'avantage des appareils que nous venons de faire connaitre , on ne peut se dissimuler qu'ils ne remplissent leur but qu’en génant ouvrier dans son travail; ajoutons que les artisans sont si peu jaloux de leur santé, qu'ils dédaignent de s’entourer de préservaufs et de les porter avec eux. Il faut donc chercher des moyens simples , peu coùieux, qui ne génent en rien le travail des ouvriers et qui soient indépendans de leur volonté. M. d’Arcet a découvert un procédé qui-présente toutes ces con- ‘ditions , et qui détruit linsalubrité des ateliers où se dégagent des vapeurs nuisibles. Cet habile chimiste est vérificateur des essais à la Monnaie de Paris ; avant lui, sur sept vérificateurs ses prédécesseurs , trois avaient succombé à des maladies causées par les vapeurs de l'acide nirique dont on sert pour s’assurer de la pureté de largent. Avant remarqué que
l'air extérieur rentrait par le tuyau de la cheminée dans le laboratoire et renvoyait les vapeurs nitriques dans la figure de l'artiste , il pensa qu'il fallait établir un courant d'air ascendant qui pousserait les vapeurs : dans la cheminée. En conséquence, il imagina de construire un fourneau dit d'appel, dont le tuyau s'ouvre à une distance calculée dans la cheminée, et dont la chaleur dilatant l’air de celle-ci, augmente son tirage (1). En même temps on place à une fenêtre un vasistas ; 1l s'établit alors dans l’atelier un courant ascensionnel qui entraîne avec rapidité dans la cheminée les vapeurs et les gaz nuisibles.
Le fourneau d'appel peut être celui d’un poële ordinaire ; il doit être placé de manière à porter le plus directement possible les vapeurs au centre du tuyau de la cheminée ; il doit monter jusqu’à deux mètres au MOINS au-dessus du plafond de l’atetier.
En général, le tirage de la cheminée sera d'autant plus rapide, que son ouverture. sera plus petite par
rapport à la largeur du tuyau de la cheminée ; on ne doit faire communiquer celle-ci ni avec des poë-
les, ni ayec d'autres cheminées. On ne doit BODE \
(1) Ce qu'on nomme #rage d'une cheminée n’est que l'effet produit par l'ascension de Pair dans le tuyau de cette cheminée. Pour que cét effet ait lieu , il faut éChauffer convenablement la colonne d'air dans le tuyau de la cheminée , et laisser affluer dans la pièce on elle se trouve assez d’air du dehors pour pouvoir remplacer continüellement celui qui éstentraîné vers la partie supérieure du bâtiment.
DES MINEURS. ja 9
placer de mitres à la partie supérieure; comme on le fait ordinairement, mais bien lui conserver toute l'ouverture qu’elle a vers le haut, et la couvrir seulement d'un toit en tôle pour empêcher la pluie d'y pénétrer. | |
La découverte de M. d Arretest uniiverilable serai vice rendu à l'humanité; elle peut être appliquée à l'assainissement d’un grand nombre de professions.
Les personnes qui désirent avoir des détails plus étendus sur la manière de construire les cheminées pourvues d’un fourneau d'appel , doivent lire l’excellent ouvrage de M. d'Arcet, lequel a pour ütre : Mémoire sur l'art de dorer lé ir onze, Par M. d’Arcet. Paris, 1818, in-8.
Maladies des Mineurs.
[ La fouille des mines était autrefois un supplice des criminels les plus coupables. On lit dans Galionius À ( Traité des Tourmens des Martyrs) que les anciens chrétiens étaient condamnés à l'extraction des métaux. Saint-Cyprien, dans une lettre écrite à plusieurs évêques et diacres que la cruauté des empereurs avait condamnés à la fouille des mines, les exhorte à se montrer le véritable or du Christ, pendant qu'ils sont occupés à urer du sein de la terre l'or et l'argent qu'elle recèle. Pignorius, dans son Traité des Esclaves , nous offre, d’après une ancienne peinture, le portrait d’un mineur bien propre à à faire voir leur malheureuse condition. Ils avaient en effet la tête
à. demi rasée (ce signe distinguait les esclaves des