‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 17 sur 98 · LL · texte numérisé non relu

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TO MALADIES fuyards, qui étaient tout-à-fait rasés) ; elle était couverte d’un capuchon de saîe. La mortalité des mineurs était alors excessive; leurs femmes étaient souvent veuves. Agricola rapporte que dans le mont Crapax, 1l y a des femmes qui ont eu jusqu’à septmaris. Les maladies auxquelles sont sujets ces ouvriers Sont ordinairement l'asthme , la phthisie, l'apoplexie, la paralysie , la cachexie, l’enflure des pieds, la chute des dents, les ulcères des gencives, les douleurs et les tremblemens des membres. de Quoique la condition des mineurs soit aujourd’hui beaucoup moins malheureuse, on ne peut douter cependant que leur vie né soit menacée de continuels dangers. Les avantages immenses que la société et le commerce retirent de lexploitation des minces , l'usage si muluplié et si nécessaire des mé-

taux dans presque tous.les arts, nous engagent à

. étudier les maladies des mineurs et à indiquer des

moyens Curaufs et préservaufs de leurs maladies. Plusieurs causes de mort environnent les mineurs, 1°. Les gaz délétères qui se développent dans Îles mines , qui asphyxient ou tuent les ouvriers. 2°. Les émanations des métaux qu'ils travaillent. 3°. Les inondations. 4°. Les blessures, etc. , etc.

4°. Gaz délétères. L'air des mines est vicié par la respiration des ouvriers , les eaux croupissantes, la décomposition des bois qui revêtent et soutiennent les puits étiles galeries , par les fumées des lumières employées pour les travaux, et par celle de la poudre brûlée pour faire sauter la mine. LEA

DES MINES. | If . À cette altération de l'air se joignent des gaz tréspernicieux qui se dégagent des pierres , des terres et des métaux qu’on extrait ; al est difficile d’assigner précisément leur nature. Il est vraisemblable qu'ils sont principalement formés par les gaz acide carbonique, hydrogène , oxide de carbone, et par la dissolution de diverses substances minérales dans le gaz hydrogène. Le gaz hydrogène sulfuré se trouve dans les houillières , et le gaz hydrogène arseniqué estsouvent dégagé naturellement dans les mines d'étain , d'argent et autres métaux.qui ont l’arsenic pour un de leurs minéralisateurs. Les mines de charbon, principalement celles qui ne sont pas bien conduites, laissent souvent échapper une vapeur tellement assou— ..pissante que les ouvriers ont de la peine à l'éviter , et qu'ils tombent de l'échelle par laquelle ils veu. lent $e sauver, #ils ne montent assez vite. Aux environs de Workington, comté de Cumberland , il existait une mine de houiile qui exhalait une odeur insupportable ; 1lavait We défendu aux ouvriers d'y ‘travailler; mais quelques-uns d'entreeux ayant voulu faire un essai , descendirent une lumitre, laquelle mit le feu à une vapeur si terrible, qu'elle tua six ouvriers, qu'elle blessa beaucoup d’autres personnes, et fit entendre une explosion à six lieues de loin. Heureusement ces redoutables gaz n'existent pas toujours dans les’mines , surtout lorsqu'elles sont bien percées ; M. le professeur Fodéré à passé six heures entières dans de vieilles galeries de mines d'argent, pratiquées autrefois dansles Afpes par les Sarrasins ,

12 MALADIES | ; sans s'apercevoir du mauvais air. Mais ils se déve loppent quelquefois tout-à-coup , et l’on doit surtout les craindre lorsque les ouvriers péneétrent avec leurs outils dans les fentes ou cavités où se trouvent déposées des matières arsenicales, qu'ils viennent à communiquer avec d'anciens puisards contenant des eaux staynantes, ou bien lorsqu'ils brisent des nuinéraux prêts à se décomposer par le contact de l'air, tels que les terres SHARE MES pyriteuses et lee

On a remarqué que ces gaz se renouvellent avec beaucoup de promptütude, surtout dans les saisons chaudes et humides ; leur action estaussi plus délétère quand on n'est pas entré depuis quelques jours dans la mine. L'événement affreux qui vient d’avoir lieu (juillet 1821) au Creuzot , prés d’Autun, en estune preuve bien déplorable. Pendant la suspension des travaux du samedi soir au lundi mauün, 1l s'était formé dansune des minesde charbon un amas considérable de gaz hydrogène ; au moment où les ouvriers sont parvenus au foyer de lamine, à 550 pieds sous terre, al s’est fait une explosion tellement forté que l’on a vu une colonne de feu s'élever à environ trente-deux pieds itadeshidel äntrés du’puits: dix-septhommes oM été vicumes de cet épouvantable désastre ; les uns ont élé asphyxiés et les autres brülés ou mutilés. Les mineurs ne doivent donc jamais descendre dans la mine le lendemain des fêtes et dimanches sans de grandes précautions. ii |

7 exhalaisons des mines étaient Mrs regar—

| DÉS MINEURS. ) 15 dées comme des esprits , des spectres qu'on ne pouvait mettre en fuite que par des prières et desjeünes. On peut lire à cé sujet Kirker, dans son Monde souterrain. Mais ces prétendus esprits , auxquels quelques mineurs croient encore, ne sont que des vapeurs plus ou moins épaisses auxquelles la crainte donne desfigures. Ces vapeurs ont été distinguées par les mineurs en trois espèces qui produisent des effets différens : tels sont le feu brisou , le ballonet la moffette.

Le feu brisou , terou ou feu sauvage, sort avec sifflement des souterrains, et paraît dans la mine sous la forme de toiles d'araignées : si cette vapeur rencontre les lampes des ouvriers , elle s'allume avec une explosion très-violente.

Le ballon est la plus singulière et la plus dangereuse des exhalaisons : c'est une poche arrondie , sus- Los en l'air, formée par une vapeur CircONn= : scrite : quand les ouvriers l’aperçoivent , ils n’ont d’autre ressource que dans la fuite; mais si malheureusement le ballon crève avant qu'ils aient le temps de se soustraire à son acuon , 1l frappe subitement d'asphyxie ceux qui se trouvent dans la mine. On présume que cette vapeur , ainsi que la précédente, ne sont que du gaz hydrogène. À F

La moffeite est une vapeur épaisse qui se forme surtout en été, et qui se dégage principalement quand on ouvredes fosses profondes, des minesriches en mineral, el surtout de celles qui sont fermées depuis longtemps avec les déblais. Ceue vapeur est

L4, MALADIES mortelle et‘tuc sur-le-champ ceux qui la respirent, Elle paraît être composée en,g grande parue de gaz ‘azote, et ne fait point varier nn dns le mercure dans le bäromètre ni dans le thermomètre. Les mineurs sont avertis de saprésence quand:la lumière de leurs lampes diminue : in$truits par l'expérience ls faient le plus vitequ'il leurest possible. Gette vapeur les frappe d'asphyxie, et le moindre mal qu'elle occa= sione est De toux convulsive « qui dégénère ordinairement en phthisie. Ceux qui se sont tréuvés dans un espace où celte vapeur s'était répandue à un degré supportable , ont éprouvé un sentiment de formication considérable par tout le corps , surtout aux extrémités , à Ja face et à la tête. | Voici les symptômes qu'ont présentés les hommes . soumis à l'acuon de ces vapeurs malfaisantes : d'abord ils sentent un. malaise ; une anxiété considérables ; ; la poitrine se serré ; la respirauion devient difficile ; , Courte et fréquentes-les maladesont quelquefois des nausées €t des. vomissemens; la tête devient .pesante ;' les. sens. s'obscureissent ; il y a des mouyemens irréguliers dans les muüseles , des tremblemens et souvent de légères convulsions , perte de . connaissance ; le, pouls.est insensible; la face se gon= fle . devient livide : ; les.yeux sont ouvertset saïllans, ‘lea. mâchoires serrées et le ventre ten@n ; des.ecchymoses, rougeitres se montrent sur différens endroits de la peau; enfin, de cet état, les asphyxiés passentiplus ou moins promptement àda mort. H est probable queices. Yapenrs sigissent sur le cerveau et

sur le ‘système nerveux ; leurs effets ont beaucoup d’analogie avec ceux qu'on remarque chez les animaux placés dans le vide de la machine pneumatique ou dans des gaz non respirables.

Quand on.a pu retirer promptement les ouvriers, on a quelquefois réussi à les sauver en enlevant leur$ vêtemens , en les exposant à l'air frais, en les arrosant d’eau et de vinaigre , ou simplement endes couchant sur le ventre dans un creux d’où l’on vient d ‘enlever du gazon frais, ou, comme cela se pratique en Angleterre , en les enveloppant à l’a libre de houille mouillée dans les mines de ce combustible. Le docteur Frewen, de Sussex, a rappelé àJa vieunjeune homme asphyxié par la vapeur d’une howulhere, en le faisant plonger dans l’eau froide et mettre ensuite dans un lit chaud. De légeres fricuons sur le corps, l’insufflation de l'air dans le nez et la bouche au moyen d’ une canule et d’un soufilet , l'inspiration de l'alcah volatil des eaux spiritueuses, lirritation des narines avec les barbes d’une plume, les lavemens avec du sel.et du vinaigre, lapphication de la moutarde, des ventouses aux jambes et aux cuisses,; tels sont les moyens qui, employés avéc opiniätreté , ont ramené à la vie des personnes qui-semblaient ne Jaisser aucun espoir. .[iorsque. de petits hoquets annoncent que la vie n’est pas éteinte, on ent la, bouche-ouverte avec un morceau de bois placé entre les dents , on fait pénétrer quelques cuillerées de vimaigre. mélé de deux parties d'eau; à son défaut ,:on peut donner de l’eau-de-vie également étendue d’eau.

On doit avoir rarement recours aux stignées et aux vomiufs. F Pour prévenir les us dont nous venons de parler , les mineurs doivent prendre plusieurs précautions : 1°. ils ne doivent j jamais retourner dans la mine le lendemain des fêtes et dimanches , surtout dans les mines de houille , avant qu’un d'eux y ait descendu couvert de hinges mouillés et armé d’une longue perche ; au bout de laquelle est une lumière ; il se couche le ventre contre 'terré et mét le feu à la vapeur. Dés que l’inflammauon a eu lieu, 1l n’y a plus de danger, et lon peut pénétrer dans la mine. Ce même homme , dans les mines qui ont coutume de produire des fils blancs ou toiles d'araignées (feu brisou ) , les cherche , écoute leurs craquémens , et les saisit avec la main avant qu'ils puissent S’allumer. 2°, Lorsqu'on fait des galeriés d'écoulement pour se débarrasser des eaux , les ouvriers doivent s’éloigner dans le moment.,où on leur livre passage, et sur- tont ne reûtrer qu'après avoir essayé l'air que a pris la place de l’eau. 3°. Pour se préserver des accidens dela môflette , il'est prudent, avant de se mettre à l'ouvrage ; , de descendre dans la mine, au moyen d'une corde , un flambeau allumé qu’on doit diriger de loin à l’aide d’une poulie de renvoi, de peur d’ explosion. Si là flamme reste vive et brûlé comme dans Patmosphère ordinare , il n’y a rien à craindre, l’airn’est point méphitique ; mais si élle diminue et s'éteint, c'est un signe certain ne Pr n'est point relie: : il faut'alors le corriger

par des fumigations d'acide muriatique oxigéné , en=. tretenues dans les galeries ; par le ventilateur de Hales ou de Duhamel , où par un fourneau plein de charbons allumés qu’on place à l'entrée de la cavité, et au cendrier duquel on adapte un long tuyau qui plonge très-avant dans la cavité même. On conçoit combien 1l est important de parvenir dans les mines sans craindre l'explosion de; gaz , et en même temps voir ce qui sy passe. La lampe de sûreté , imaginée par sir Humphry Davy, célébre chimiste anglais , présente ce double avantage. Cet instrument , dont on trouve la description et la gravure dans les Annales de Chimie et de Physique, tom. V, pag. 315, est très - simple et n’est pas cher. M. Chèvremont y a ajouté quelques modifications qui rendent cette lampe plus parfaite. L’autorité devrait forcer les mineurs à en faire usage. Les directeurs des mines doivent pratiquer des percemens larges , faire mastiquer les scissures qui lais— sent échapper les vapeurs, multiplier les puits d’ainage et les communications entre les galeries , et employer tous les moyens pour s'opposer à la stagnation de l’air et de l'eau. On trouve des vues très utiles sur cet objetdans un Mémoire de Jars, sur la Circulation de l'air dans les Mines, imprimé dans les Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1768. Les Saxons et les Anglais, occupés de temps immémorial, les uns à l’extraction des métaux, les autres à celle du charbon de pierre , sont devenus nos maîtres en ce genre de perfectionnement. IL faut

15. MALADIES visiter, en Angleterre, les mines de houille de Newcattlé, pour cotinaître jusqu'où peut aller Pindusue huttaine cherchant à concilier 14 sûreté avec les avantages du gain : on y voit, à droïteetà gauche, un grand nombre de puits ouverts qui conduisent à des galeries souterraines , larges , bautes, plusieurs pavées en fer fondu pour la facilité des roulages , ven ülées de tous les côtés , non-seulement par les ouvertures, mais encore par un grand nombre de roues rnisés sans cessé en mouvemient par des machines à vapeurs , qui sérvent à l'épuisement des eaux, à inonter la bouille, même Îles ouvriers , et à charrier la fumée au dehors. Le mauvais air produit par la destraction lente des bois qui servent à étanconner, et lés accidens qui résultent des éboulemens , devraient aussi donner lieu à l'obligation de n’étanconner qu avec la pierre niême du minerai, lorsque sa consistance le pérmét, ou bien, dans les terrains mobiles, d'y süppléér par des colonnes en fonte (x). 2°, Émanations des métaux, Lies métaux que l’on xtrait des mines fournissent des molécules qui, As par les ‘ouvriers , leur sont trés-funestes. M. Alibert, dans son 7raïté des Maladies de la peau, dit que les nrinéurs exposés aux émanations des oxi- ‘dés ‘iétalliqués ont souvent le 7 dévoré par des érupüôns prurigineuses.

Ceux qui exploitent les mines de mercure, Sur-

tout de celui qui est vierge , sont très-sujets à Ja sali-

(1) Biblioth. univers. , ‘ans 1817.

vation et aux tremblemens. [ À pee, si l’on en croit Fallope dans son Traité des Métaux et des Fossiles, les mineurs peuvent-ils y travailler trois ans. Au bout de quatre mois, au rapport d'Etmuller, dans sa Minéralogie , chapitre du Mercure , leurs membres sont agilés de tremblemens, convulsifs ; les ouvriers. deviennent sujets à la paralysie et au vertige , et tous ces maux sont produits par les vapeurs mer Litiahies -Une lettre de Venise, écrite àla Société royale de Londres, et insérée dans ses Actes philosophiques, nous apprend que dans les mines de mercure de Fréjus, aucun mineur ne peut travailler six heures de suite. On y lit qu'un de ces ouvriers ayant eu l'imprudence d'y rester six mois, fut tant imprégné de mercure , qu’en posant un morceau de cuivre sur ses lèvres onen le frottant avec le doigt , il le blanchissait en très-peu de temps. L. Tozzius , dans là seconde partie de son Traité de#bratique, chap. de l Asthme , nous avertit que les mineurs sont tréssujets à cette maladie; leurs dents sont aussi irès- -vacillantes ; et tombent assez souvent. | Le reméde qu'on met en usage, dans le Pérou, pour faire ces- -sér la salivation et le tremblement , consiste à faire passer limdividu qui en est atteint, et qui, pour l’ordinaire , estextrêémement maigre et épuisé, dans une température chaude , et on l’emploie à la culture de Ja terre d’une manière proportionnée à ses forces. -Par ce moyen ,‘ilsue beaucoup ; la sueur, dit don Ülloa , entraîne avec elle le mercure dont son corps -est imprégné , et 1l ne tarde pas à se rétablir,

+ Bernard de Jussieu , dans son Mémoire ( 4cad. des Sciences, année 1719) sur la mine dé mercure d’'Almaden en Espagne , rapporte que les ouvriers libres qui peuvent se promener au dehors , qui observent les règles de propreté , ne sont sujets à aucune maladie, ou toutau plus à quelques légers tiemblemens ; tandis que les esclaves , qui ne sortent jamais de la mine, qui sont sales et malpropres, sont pris d’enflure des parotides , d’aphthes , de salhiva- «on, de pustules, de scorbut , de tremblemens considérables. \é

Les ouvriers -qui travaillent dans les mines de plomb ont, d’après la remarque de Stl}, une figure qui leur est propre, et qui les fait aisément reconnaître ; leur physionomie est celle de Ja tristesse et d’une profonde mélancolie , et a quelque chose de sinistre et de menaçant. Ces hommes sont sujets à la paralysie et & la colique métalliques. On doit les traiter par la méthode de la Charité, comme nous Pindiquons à l’arucle des Peintres en bätimens.

Ceux qui exploitent les mines de cuivre sont su- -jets aux coliques, à la diarrhée, à la dysenterie. On “doit traiter ces maladies par des émolliens , la tisane d'orge , de gomme arabique, le lait, etc.

Les mines où entre l’arsenic sont trés - funestes aux ouvriers. Les maladies produites par les vapeurs -arsenicales ont quelquefois une marche lente , mais non moins dangereuse ; il survient, un peu de fievre, de la maigreur, des coliques, et les malades

restent impotens de leurs membres. Les boissons

| DES MINEURS. 2% mucilagineuses , les huiles, le lait, les bains sont trèsconvenables aux artisans qui manient les substances arsenicales. F4 | | il

[Dans les mines de witriol, les mineurs sont ordinairement atteints d’un étouffement violent, Gahen, dans son Zraité des Vertus des médicamens simples, décrit une caverne de Chypre dans laquelle les ouvriers puisaient une liqueur qui servait à faire le vitriol. Il rapporte qu’étant descendu environ à la profondeur d’une stade, il vit une eau verte qui disuillait par gouttes du haut du rocher, et qui tombait dans une espèce de lac. Il sentit une odeur suffocante, et il observa que les ouvriers nus portaient. l'eau vitriolique avec le plus de vitesse possible. Or, rien n'est plus dangereux pourles poumons que l'acide vitriolique. | | . Dans les mines de Misme, d’où lon uüure le pompholix noir (oxide de zinc sublimé), les bras, les jambes des mineurs sont rongés d’ulcères jusqu'aux o$, au rapport d'Agricola.

Les vapeurs minérales sont aussi très - nuisibles aux yeux des ouvriers. Horstius a guéri une ophthalmie causée par des vapeurs métalliques , et rebelle à tous les moyens externes, par les remèdes minéraux administrés à l’intérieur. On vante, pour ces maladies , les collyres faits avec l’écaille de cuivre. Les anciens connaissaient la vertu de ce métal dans ces affections; car Macrobe remarque que Ceux que travaillaient dans des mines de cuivre avaient tous jours les yeux en trés-bon état.

“Sennert, dans son ouvrage sur Ja discussion des Chimistes avec les Galénistes , rapporte qu’un médecin qui pratiquait prés des mines de Misnie , a trouvé en Substance, dans les cadavres des mineurs, les métaux qu'ils avaieñt urés de la mine pendant leur vie. Statius , dans une lettre à Junius, qui demeurait alors dans les montagnes de la Dalmatie , en parlant des hommes qui sortaient derces mines; nous les'a dépeints brillans de la couleur d'or qu’ils reuraient des entrailles de la terre. | Malgré l'opinion de Sennert, nous ne croyons pas que l’on ait observé dans les cadavres des mineurs des molecules métalliques. En effet, les recherches des modernes pour découvrir la présence du plomb , du mercure, etc., dans nos ofganes, ontété imfructueuses jusqu'a ce jour,

5°. Inondation. Les nüneurs , dans leurs souterrains, peuvent être surpris par l’eau ; le lecteur se rappelle sans doute que la fosse Beaujonc, dépendant d'une grande mine de houille, au voisinage de Liége, fut subitement inondée le 28 février 1812; le souterrain où se trouvaient les ouvriers , au nombre de quatre-vingt-treize , étant le plus profond, et communiquant avec d’autres souterrains plus rappro chés de la surface de la terre , les ouvriers se reti= raient dans ces derniers à mesure qu'ils étaient chassés par l’eau : on peut croire que l'air atmosphérique y fut extrêmement condensé ,'qu'il s’y manunt pur » €t que les gaz délétères furent absorbés, puisque les hommes purent y vivre, et qu'on puty conserver la lumière d’une lampe , ce qui n'au-

DES MINEURS. 29 rait pas, en lien très=yraisenblablement. : Si, les ou vriers. avalent. ÉLÉ, PORESLANIS et resserrés par. des éboulemens ou toute, rauire cause. Les ingénieurs jugèrent fort bien, par le ;secours, ph la BéRmEtre souterraine , de ae 11, OÙ, CES malheureux vien draient enfin .abontir. ét. .trayailler pour se dégager : ils y firent aussi travailler en dehors, C'était au lien qu'on,normail la Aure de Mamonster F éloignée de cent soixante mêtres de la fosse qui avait d’abord été inondée. Enfin , après six jours de La vauux in LÉ rieurs eL. eXIÉrICUTS ;. Qui se correspondirent à mer veille, on fit entrer le jour. dans ces affreux souterrains, et,.1l en sortit, avec les précautions convenables, soixante-quatorze hommes myans, de qnatrevingt-treize., Ge fair, gloricux pour l’huruanné, doit engager à ne pas perdre l'espérance dans des circonstances analogues , et présente un modele à suivre, tant. pour la direction des lrayaux que pour les précautions qu'on a prises, paur-ne pas faire tout dé suite jouir du grand air et de,la lunnere des hom- «mes, qui, en: avaient été privés pendant six, jours, et .qui n'avaient pas pris. de nourriture (M. Fodéré ). On,peut consulter, à ce sujet, le Moule du mois de mars 1812. ’ Le

: 49. Blessures. Les mineurs sont exposés à des chutes fréquentes ; souvent un échelon qui casse , un pied mal assuré, l'état d'ivresse , etc., leur font faire des chutes mortelles. Le plus petit morceau de pierre ou de charbon qui. tombe sur eux du haut de louyerture supérieure, des blesse grièvement ; plus

gros, il les mutile ou les écrase. Quelquefois des blocs ‘dé pierre d’un ‘volume considérable se déta- ‘chent de la partie supérieure des galeries. Quoique les ouvriers puissent prévenir ce danger en frappant avec leurs outils l'endroit qui les menace et quirend'alors un bruit plus sourd , cependant ils sont souvent victimes de leur imprévoyance.

5*. Anémie. On à décrit sous cé nom une maladie caractérisée par une faiblesse générale, qui attaqua épidémiquement, pendant l'an 1 1, les ouvriers d’une galerie dans une mine de charbon de terre en exploitation à Auzain , pres de Valenciennes. Tous les ouvriers qui Ont travaillé dans cette galerie ont été successivement attaqués de cette maladie. Cette galerie, Située comme lesautres, était à cent vingt toises au-dessous du sol, et percée de la même manière : seulémentelle était plus longue, et le renouvellement de l'air y était moins facile. L'air de cette galerie a été analysé par M. Tuiégeard , qui y a trouvédu gazhydrogène sulfuré et une assez grande proportion de gaz acide carbonique. L’anénuie présentait les caractères suivans : invasion par des coliques violentes, des douleurs d’entrailles et d'estomac , une gêne dans la respiration, des palpitations , la prostration des ‘forces, le météorisme du ventre , déjections noires et vertes. Durée de cet état Hand dix ou douze jours, et même plus: alors cessation des douleurs abdominales , pouls faible , concentré, accélére ; peau décolorée et portant une teinte jaune ; marche difficile et accompagnée d’une extrême fatigue ; pal-

af 1

pitations fréquentes, visage bouffi ; sueurs habituelles. Ce second état se prolonge pendant plusieurs mois et même au-delà d’une année , avec dépérissement et émaciation. Enfin les premiers symptÔômes se renouvellent : douleurs de tête affreuses , fréquentes défaillances, difficulté de soutenir la vue de la lumière ét l'impression du son, météorisme du ventre, déjecüons purulentes : une mort prompte termine ces derniers accidens. |

Il y avait une distincuon très-importante à faire entre les malades, suivant l’époque de l'épidémie ; ceux qui furent frappés les premiers présentérent, ‘en général , les symptômes qu'on vient de décrire ; ‘mais dans la suite, on ne remarqua plus de ces invasions subites par des coliques violentes et des douleurs ‘abdominales ; la maladie parut prendre une marche moins aiguë ; elle se déclarait par un affaissement qui n'obligeait pas d’abord de suspendre le travail ; 1l “allait en augmentant par degrés ; ‘il s'y joignait des ‘douleurs de tête , des palpitations, des tintemens d’oreille , des anxiétés précordiales ; tamtôt de la consipation, tantôt des déjections alvines trop abondantes ; la peau se décolorait et prenait la teinte jaunâtre qui est propre à cette singulière maladie , etqui lui a fait donner le nom de maladie jaune. La cou- | Jeur de ces malades n’est point celle de la jaunisse ; “elle ressemble davantage à la teinte que prend la cire ‘qui a jauni en vieillissant. Plusieurs malades, outre ‘ce symptôme constant, se plaignaient de battemens de cœur continuels, qu’on pouvait apercevoir à {ra

vers leurs vêtemens , même dans l’état de repos ; et qui se faisaient ressentir comme sidé écho au sommet de Ja tête.

A l'ouverture des cadavres, on trouva tous les valsséaux artérielset veineux vides de sang coloré, et ne contenant qu'un peu de liquide séreux.

Après avoir employé vainement la plupart des toniques , M. Hällé eut recours à la limaille de fer, qui produisit une amélioration et une guérison très- ; promptes. On peut donc regardèr le fer comme le reméile propre à cette, maladie: aussi les directeurs de l'établissement des mines d’Auzain, aux premiers signes de faiblesse, ‘font suspendre le travail de Pouvrier affecté, lui donnent: la lnmaitle de fer mêlée dans des tablettes de’chocolat; Ponvrier-se rétablit bientôt, etau bout de quelques jours retourne à son ouvrage. Ces détuils sont extraits de Particle Anemie du Dictionnuire des Sciences médicales.

G°. Asthme. Les ouvriers qui travaillent dans les houillières sont sujets à une espèce d'asthme dont les premiers symptônies se développent dans lajeunesse et augmententinsensiblement. Les accèssont caractérisés par tine toux d'abord sèche, puis accompagnée d’une expeclorauon de: crachats épais. «Ges ouvriers sont haletans pour peu qu'ils s’'agitent, qu'ils courent ou qu'ils montent ; cette gêne de la respiration s’aceroît avec l'âge. Les accès ne paraissent, dansle commen cemént, que deux ou trois fois l’année ; leur durée est de sept à onze jours; 1ls se terminent par des sueurs. Les boissons mucilagineuses, une diète modérée,

DES MINEURS. 3 l'application de quelques sangsues et de vésicatoires volans sur: la poitrine , conviennent dans le‘traitement de cette maladie. Pour en prévenir le retour ; les malades devraient changer d'états mais, outre qu'ils. sont fortement attachés à celui qu'ils exercent, leur apathie leur fait-censidérer comme insurmontables les. difficultés d’en ‘apprendre ‘un autre.

F 7°. Rhumatismes: Dans beaucoup de mines lhumi-

dité esttelle qu'il tombe constamment une espèce dé . pluie sur les mineurs, qui n’en étant guère préservés que par une veste; un pantalon etiüne che mise en toile .écrue, sont très-exposés à contracter des rhumatismes.

Les maladies des mineurs varient suivant les mines qu'ils exploitent :: ainsi dans les mines de mercure, les ouvriers éprouvent le tremblement mercuriel ; dans les minestde plomb , ‘la colique saturnine , etc: Toutes ces maladies doivent être traitées par des remédes particuliers que nous ne pouvons pas détailler 1CI. En général ; dans les maladies des mineurs, Pexpérience à prouvé que les évacuations sanguines les jettent dans une affaissement qui ne tarde pas à leur devenir funeste. Les vomiufs , les purgaufs et les sudorifiques leur conviennent beaucoup mieux: Agricola dit que le beurre est très-utile à ceux qui travaillent dans les mines de plomb.

Les anciens avaient beaucoup de soin de la santé des mineurs, suivant Jul. Pollux (1. vir, ch. 32 };

ls garantissatent leurs mainistet leurs jambes par des

gants et des.éspèces de bottes; ils les enveloppaient de sacs de cuir et leur faisaientiattacher à la bouche des vessies pour qu’il n’avalassent'pas la poussière per- nicieuse répandue dans les mines, et qu'ils pussent respirer l'air contenu dans leur cavité. Kirker conselle aux ouvriers des mines d’arsenic de se couvrir le visage de masques de verre qui sont plus propres et plus sûrs. Une éponge mouillée appliquée sur la bouche et le nez, est le meilleur moyen dese préserver des molécules métalliques. Dans les houillières il s'élève quelquefois beaucoup de poussière qui pénètre dans les poumons des ouvriers et les excite à la toux : 1ls s’en garantiront en appliquant sur la figure deux ou trois doubles de gaze.

Plusieurs médecins anglais ont observé que, sur une grande quantité d'individus qui travaillent , en Angleterre, aux mines de charbon. de terre , danslesquelles l'air est chargé de molécules sulfureuses , il n’en est aucun qui soit attaqué de la phthisie pulmonaire. M. Clappier rapporte dans l’ancien Journal de Médecine tom. xvinr, pag. 69 , l’histoire détaillée d’un artisan qui, devenu phthisique à la suite d’un crachement de sang , alla respirer l'air sulfureux d’une mine de charbon de terre , et guérit complétement par ceseul moyen.

| Malgré les causes nombreuses de destruction qui menacent les mineurs, il paraît que. la majeure partie jouit d’une santé vigoureuse et d’une force athlétique. Il y a long-temps que la force des m1neurs de Cornouaillés a passé en proverbe. On à vu

parmi ces ouvriers des exemples de grande vieillesse : tel est ce mineur suisse, mort en 1723 à l'âge de centneufans, et John Taylor de Leadilhs en Écosse, qui parvint à l’âge de cent trente - deux ans. Les mineurs commençant leur état à sept ou huit ans, l'habitude les fait résister à l’influence délétère des souterrains. Étant obligés de travailler le tronc penché en avant, 1ls ont la plupart la poitriné plate , enfoncée, et la colonne vertébrale courbée.

Les dangers dont sont menacés les mineurs , l’absence du soleil et de ce qui frappe ordinairement nos sens , l’idée d’être séparé du monde par une distance assez. considérable , et d’être comme enfoui dans les entrailles de la terre, l'aspect noiret lugubre des hommes éclairés par la pâle lumière des lampes, toutes ces circonstances, qui devraient inspirer des pensées tristes , n’empêchent pas les mineurs d’être gais et de chanter en travaillant.

Ils se dévouent généreusement pour sauver leurs semblables. Quand il est survenu une explosion dans ‘une mine, on voit les ouvriers des établissemens voisins accourir et se disputer l'honneur de descendre -le premier.

Ces ouvriers se nourrissent de pommes de terre, de pain de seigle et de cochon salé; ces alimens grossiers et difficiles à digérer sont très-appropriés à leur genre de travail. C’est en effet un des moyens -les plus puissans pour conserver. leur santé que de

leur faire prendre une nourriture qui exerce forte-

ment les puissances digestives , et qui, en montant

à leur ton les autres organes, les fait résister à l’action des vapeurs minéreles. C’est par la même raison que les boissons fermentées et les liqueurs fortes ‘leur conviennent : aussi font-ils un grand usage de bière ) de vin et d'eau-de-vie ;1ls fument beaucoup, et sont persuadés que la pipe les préserve du mauvais air. Buchan, dans son Traité de Médecine domestique , conseille aux mineurs d'éviter la constipation en mâchant un peu de rhubarbe, ou en avalant une quantité suffisante d'huile d'olive.

11 est avantageux à ces ouvriers de se laver souvent la figure et tout ‘le corps, et de changer d’habit en quittant leur travail.

Les ouvriers qui manient ettransportent les substances métalliques urées du sein de la terre, sont ‘exposés à plusieurs maladies semblables à ‘celles des mineurs.-Il en est de même de ceux qui demeurent près de certaines mines. On assure que les mines voisines du Cap de Bonne-Espérance exhalent des vapeurs d’arsenic si meurtrières qu'aucun animal ne saurait vivre dans leurs environs. Dans la Cärmiole , où 1l existe beaucoup de mines, l'air y devient de temps en temps si malsain, qu'il se développe très-souvent

.des maladies épidémiques.

Maladies des Fondeurs de métaux.

Les ouvriers employés au grillage et-à la fonte des

métaux sontexposés à des maladies quelquefois plus dangereuses que celles des mineurs. Le’ feu dont ils

DES FONDEURS. Br

se servent dans leur travail réduit une partie des

métaux en vapeurs ; et, malgré les précautions qu'ils prennent, ils absorbent une assez grande quantité d’émanations qui occasionent des maladies souvent mortelles. Le plomb, l'étain, le cuivre , le mercure, lantimoine, l’arsenic, pur ou combiné, sont les métaux dont les fondeurs ont le plus à se mélier. Rien n’est plus nuisible que les vapeurs arsemicales. Takenius Îles ayant respirées une fois, manqua de perdre Ja vie. :

Ramazzimia observé que ceux qui grillent et fondent lesmétaux sont sujets à l'asthme, aux engorgemens de la rate et au marasme. Voici comment Hippocrate nous dépeint le métallurgiste : «l’homme qui travaille les métaux,, dit ce grand médecin (1), a lhypochondre droit gonflé , la rate volumineuse , le ventre tuméfié, dur; sa respiration est dificile, son teint pâle etlivide.» Les fondeurs sonten outreaffectés des maladies que produit: chaque métal en paruculier : ainsi le plomb leur donne la colique métallique ; le mercure , le treniblement convulsif; le cuivre et l’arsenic ; des coliques intestinales, de l’amaigrissement et une peute fièvre hectique.

Si la fonte et le grillage des métaux se font à Pair hbre, les ouvriers doivent, pour se garantir des vapeurs métalliques , s'attacher une éponge mouillée sur la bouche et sur le nez. Si, au contraire, ces

opérations se pratiquent dans un atelier , nous pen-

(1) 4 Æpid., n° 19. :

net MALADIES: :

eHe.n’est pas trés-dangereuse;. parce qu’elle est pet volaule, et qu’elle contient-plus.d’étain que de mercuré. | Her

Les: ouvriers qui travaillent au tain sont sujets à des douleurs dansles aruculations, à des maux de tête, et à un tremblement qui commence par les mains, etdevienit bientôt général s'ils sont très-assidus à leur travail pendant plusieurs années; leur figure devient pâle:et prend l'expression de livresse ; leur intelligence et leurmémoire diminuent insensiblement ; 1ls tombent dans l’idiotisme , et après avoir langui dans cet état pendant plusieurs années:, ils périssent: ordinairement de consomption ou sont frappés d’apoplexie. Ces ouvrieré peuvent rarement exercer leur état plus. de huit ou‘douze ans , à cause des maladies. qui leur surviennent. |

Le tremblement. qu'ils, éprouvent. a beaucoup. d'analogieavéc celui, des, doreurs; ilest produit par les émanations mercurielles. M. Burdin jeune, à qui nous avons emprunté la plupart des détails précédens , rapporte (1) l’histoire d’un ouvrier qui ne pouvait rien toucher sans être exposé à le casser ; ses jambes se contractaient d’une: manière tellement dé- ; sordonnée, que lorsqu'il deseendait un escalier, il était quelquefois obligé de sauter deux ou trois Marches : pour éviter tout danger , ilsavait pris l’ha= bitude de les descendre à reculons sur ses mains : il buvait dans un plat, afin de porter plus aisément la

(1) Dictionnaire des Sciences médicales , t. iv, pag. 276.

DES MIROITIERS. 55 boisson à sa bouche , et pour éviter:que le verre ne se brisät entre ses dents , par la contraction convulsive de ses mâchoires. Lorsqu'il était dans cet état, il devenait plus irascible, et la colère augmentait tellement les tremblemens qu'il était obligé de s’asseoir pour ne pas tomber. Les boissons spiritueuses suspendaient cet état déplorable.

Quand le tremblement est faible et récent, on le. guérit aisément par le repos , l'éloignement des ateliers , les bains , le séjour à la campagne, et par lusage des boissons adoucissantes ; 1l n’en est pas de même lorsqu'il est ancien et qu'il s’est renouvelé plusieurs fois : sa guérison est alors ‘très-difficile. Le traitement est le même que celui indiqué pour les doreurs. Cependant M. Burdin pense que le régime émollient est préférable aux médicamens sudorifiques , toniques et excitans. et

La manufacture des glaces de Paris, effrayée de la” perte successive de ses ouvriers, chercha à diminuer les dangers qui les menacent; elle imagina de les employer six jours à l’étamage et de les occuper ensuite pendant un mois et demi à d’autres travaux. Cette sage précaution n’ayant pas été suffisante , elle a décidé que les ouvriers étameraient un seul jour par semaine. Quant aux miroiliers de la ville, qui sont forcés, pour gagner leur vie, de se livrer chaqne jour à l’étamage , ils doivent travailler dans un atelier vaste , bien aéré , se couvrir la figure d’un mouchoir de mousseline ployé en plusieurs doubles, se nourrir de laitage et d'alimens doux. Mais le moyen le

52 MALADIES sons qu'il serait trés-avantageux d'y établir une Ses d . , $ £ ) 4) cheminée munie d’un fourneau d’appel.

Les fondeurs étant exposés aux inconvéniens d’une grande chaleur , peuvent se rafraîchir avec de loxi-. crat ; 1ls doivent éviter les boissons froides.

Maladies des Doreurs sur métaux.

Pour bien apprécier les maladies auxquelles sont exposés les doreurs , il faut connaître les procédés qui constituent l’art de dorer. Voici un apercu de ces procédés.

L'objet que l’on veut dorer , et qui a été fondu et coulé en bronze , est porté au ciseleur ou au tourneur; lorsqu'il est terminé , il est livré à l’ouvrier doreur , qui le fait recuiré et le déroche , en dissolvant la surface oxidée du métal avec de l'acide nitrique ou de l'acide sulfurique affaibli. Lorsque le métal est bien nettoyé, que le décapage est complet, et qu'il présente par-tout l’éclat métallique, on le lave à grande eau et on le fait sécher, soit en T'essuyant avec des linges propres , soit en le rou- Jant dans la tannée sèche, et dans du son ou de la sciure de bois. |

Le doreur prépare l’amalgame d’or et de mercure, et l’applique ensuite sur la pièce, au moyen d’une espèce de pinceau fait avec des fils de laïton , et appelé gratte-brosse, qu'il mouille avec un peu d’acide nitrique pur, ou.ayec de l'acide nitrique contenant an peu de mercure en dissolution. Il étale l’amal-

DES DOREURS. s% gamé le plus également possible ; en ayant: soin de charger davantage les endroits qui doivent êtrei:mis au mat ou en or moulu , et de ne charger ,-au contraire , que. légèrement les parties qui doivent être brunies. Le doreur lave ensuite la hFqnE à l’eau, la fait sécher, et l'élève peu à peu jusqu'à la tem pérature nécessaire pour décomposer l’amalgame d’or, et pour volatiliser tout le mercure sans faire rougir le bronze. L’ouvrier a soin, pendant cette opération, de retirer souvent la piece du feu, pour la brosser en tous sens avec la brosse ordinaire , afin d'y étendre également l’amalgame , qui devient plus fluide en s’échauffant, et qui ressort alors des pores du cuivre. ” Lorsque tout le mercure est volé ; Où recouyre la pièce, si on le juge convenable , d’une nouvelle couche d’amalgame ; on la passe de nouveau au feu , et on recommence cette opération autant de fois qu'il est nécessaire pour obtenir la dorure qui est demandée. Lorsque la, pièce est terminée , on la lave dans de l'eau aciduléé ayec du vinaigre; eton l'y nettoie en la frottant en tous sens, ayec! des gratte brosses neuves et rudes ; on passe de l’eau claire dessus , on la sèche en a roulant dans de la tannée , dans de la sciure de bois ou dans du son biensec , et on la nettoie avec un linge propre ou avec ‘une brosse. Arrivée à ce point, la pièce a une couleur jaune sale , et peut recevoir à volonté le mat, la couleur d'or moulu , le bruni, ou la couleur d'or

rouge. (M. d'Arcet.)

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